Ancienne ferme seigneuriale, l'ensemble est vraisemblablement édifié en 1764, date gravée sur une pierre enchâssée dans le mur du porche-pigeonnier.
Au début du XXe siècle, la ferme fait l'objet d'une importante campagne d'agrandissement avec l'ajout d'un passage couvert, d'une remise, d'un poulailler, d'une porcherie et d'un fournil en appentis. Ces constructions assurent la fermeture de l'angle nord-ouest de la cour. À la même période, une charretterie est édifiée à l'extérieur de la cour, en bordure de la rue et du chemin conduisant au portail d'entrée. Selon la tradition orale, elle est construite à partir de matériaux de remploi, notamment des briques et des poutres provenant d'anciennes maisons situées en face de la ferme. L'ancienne charretterie donnant sur la cour est alors transformée en étable à vaches et ses ouvertures sont murées.
Dans un dernier temps, une grange isolée est construite à l'arrière de la ferme. Détruite par un incendie, elle est démolie vers 1960.
L'exploitation agricole cesse en 1968. Le logis est alors profondément remanié : la façade sur cour est recouverte d'un enduit ciment, masquant l'ancien parement de briques blanchies à la chaux ; les voûtains en brique sur poutres sont dissimulés par un plafond plâtré ; la couverture en chaume, encore présente au début du XXe siècle, est remplacée par une toiture en tuile flamande mécanique ; enfin, deux fenêtres sont percées dans le pignon sur rue.
Parallèlement, le bâtiment perpendiculaire au logis, qui abritait successivement une étable à vaches puis une laiterie, est transformé en habitation destinée à la location. Plusieurs ouvertures y sont percées, les combles sont aménagés avec l'ajout d'une grande lucarne rampante sur le versant donnant sur la rue et la couverture en tuile flamande est remplacée par de la tuile flamande mécanique.