Dossier d’aire d’étude IA59005734 | Réalisé par
Tachet Nicolas (Rédacteur)
Tachet Nicolas

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.

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  • inventaire topographique, canton de Cassel
Le canton de Cassel : le territoire de la commune de Buysscheure
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  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

  • Aires d'études
    Communauté de communes de Flandre Intérieure-Cœur de Flandre Agglo
  • Adresse
    • Commune : Buysscheure

Implantée à une dizaine de kilomètres à l’ouest du mont Cassel et aux portes directes de l’Audomarois, la commune de Buysscheure s’inscrit dans un paysage contrasté, structuré par l’eau et par les grandes ouvertures agricoles de la plaine flamande.

Le territoire est traversé par un dense réseau hydrique, comprenant notamment la Poel Becque, le Paradis et l’Yser, dont la source jaillit sur la commune. Ce cadre compose un paysage d’openfield typique des Flandres, où alternent prairies humides, parcelles bocagères et terres de polyculture.

En 1793, la commune compte 764 habitants. La géologie locale et la proximité de Saint-Omer influence l'utilisation de brique jaune (argile plus calcaire qu'ailleurs) que l'on retrouve sur la commune (église [IA59005846] et ferme [IA59005856]).

Elle atteint 950 habitants en 1826, un niveau démographique élevé, conforme aux dynamiques régionales du XIXe siècle. En 2022, l’Insee recense 580 habitants et 248 maisons, dont 18,9 % datées d’avant 1919 (43 maisons anciennes), témoignant d’une évolution maîtrisée du bâti et d’une bonne conservation des structures anciennes.

Buysscheure s’articule autour d’un axe principal, la Popelier Straete (rue du Peuplier), et d’un carrefour formant le cœur historique où se trouvent aujourd’hui encore l’église, le premier presbytère, les anciennes écoles et les anciens équipements artisanaux. Les habitations se dispersent ensuite en hameaux, en fermes isolées ou le long des chemins secondaires.

La commune est traversée d’est en ouest par la ligne TGV, infrastructure contemporaine qui marque la physionomie du paysage tout en s’inscrivant dans les grandes lignes d’organisation territoriale du secteur.

Le toponyme Buysscheure, attesté dès le XIIIᵉ siècle (Buiscura en 1200, Boiscure en 1254), proviendrait du flamand busk ("bois") et skure/skurjon ("grange"), évoquant un habitat né d’un défrichement forestier. Le village se forme autour d’un noyau agricole structuré probablement dès le Moyen Âge, puis se consolide aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Au début du XIXe siècle, Buysscheure connaît une densification du bâti et une structuration administrative plus nette. Le cadastre consulaire de 1803 montre encore de nombreuses zones boisées, tandis que celui de 1833 atteste de l’apparition de nouveaux habitats, notamment l’ancienne école implantée au sud-est de l’église et accolée au premier presbytère. Au cours du XIXe siècle se développent ensuite l’école de garçons, l’école de filles, ainsi que divers bâtiments publics ou artisanaux (forge, café), qui accompagnent la croissance démographique et la vie communautaire.

Au XXe siècle, la commune est marquée par les événements de la Seconde Guerre mondiale. Deux casemates sont implantées dans le cadre de la ligne CEZF (Commission d’étude des zones fortifiées) : CEZF – OOST HOUCK Nord et CEZF – OOST HOUCK Sud, situées à l’extrémité occidentale du dispositif. Bien que non achevées, elles participent à la défense du secteur des Flandres lors de la bataille de Dunkerque (2 mai – 4 juin 1940). Jusqu’au milieu du XXe siècle, Buysscheure compte également deux moulins implantés sur la commune, dont un moulin en bois daté de 1737, démoli en 1945.

Plusieurs éléments du patrimoine rural flamand subsistent ou sont attestés, comme les barrières de prairie traditionnelles dites "barrières à cul" ou binnenweide, dispositifs de fermeture des pâtures fonctionnant par bascule verticale, dont la partie haute est constituée d’une souche d’orme prolongée de son tronc, servant de contrepoids. Deux exemples sont encore visibles dans la Langhemast Straete. La commune s’enrichit aussi au XXe siècle d’une œuvre contemporaine : le groupe sculpté de Jean Ceriez (ill.), implanté Langhemast Straete, représentant un globe entouré de quatre enfants, créé pour rappeler la responsabilité collective envers la planète. On recense également une œuvre d'art réalisée avec les vestiges de l'avion de Franck Fazekas, pilote américain abattu lors de la Seconde Guerre mondiale sur le territoire communal (ill.).

Aujourd’hui, Buysscheure conserve un ensemble cohérent de bâtiments témoignant des différentes périodes de son développement : église, presbytère, écoles successives, fermes, maisons de journalier, chaumières, constructions agricoles et dispositifs traditionnels. L’ensemble compose une lecture continue de l’évolution du village, depuis ses origines médiévales jusqu’aux interventions contemporaines.

Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Tachet Nicolas
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