Photographe du service régional de l'Inventaire général Hauts-de-France.
- opération ponctuelle
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes du Grand Roye - Roye
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Commune
Tilloloy
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Adresse
rue de Flandre
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Cadastre
2025
D
221
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Dénominationschâteau
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Destinationschâteau
Le château de Tilloloy constitue un cas rare, parmi les châteaux picards sinistrés en 1914-1918, de reconstruction complète, conduite avec le souci de restituer non seulement l'édifice mais l'ensemble du domaine. L'opération, menée dans les années 1930 par Thérèse d'Hinnisdal (1878-1959), sa propriétaire, et l'architecte Albert Montant (1882-1941), associe une restitution minutieuse (relevés, réemploi de matériaux, ateliers spécialisés) et le recours au béton armé. Elle propose moins un retour à l'état d'origine qu'une image du passé, qui éclaire la manière dont une famille aristocratique se représente sa demeure dans l'entre-deux-guerres. Les archives du château permettent de suivre le chantier de reconstruction avec une précision peu commune.
Pour la constitution de ce dossier, le Service Régional de l'Inventaire remercie mademoiselle Charlotte d'Andigné et sa famille de lui avoir permis la consultation des archives du château de Tilloloy (Somme) et monsieur Raymond de Nicolaÿ pour la consultation de celles du château de Régnière-Écluse (Somme). Ses remerciements s'adressent enfin à madame Christiane Nansot, représentant mademoiselle Charlotte d'Andigné, et à monsieur Hervé Lambelin, gérant du château de Tilloloy ; à monsieur Aurélien Marty, directeur de l'association du domaine de Régnière-Écluse ; à monsieur Gérard Comyn, ancien maire de Tilloloy.
Toponymie, site et situation
Le toponyme Tilloloy — issu de tilia (tilleul) et tillictum (lieu planté de tilleuls) — évoque sans doute l'aspect boisé du site primitif, et c'est précisément cet arbre qui donne longtemps au domaine l'un de ses traits les plus remarquables : une grande avenue formée par deux doubles rangées de tilleuls, partant du château vers le nord sur une distance d'un bon quart de lieue (DENIS, 1787, p. 33). Elle aurait été parcourue à pied au début du mois de juin 1678 par Louis XIV qui faisait à Tilloloy une halte d'une nuit sur sa route du camp de Wetteren en Flandre à Saint-Germain (ODON, 1928, p. 617 ; LEVANTAL, 2019, p. 24).
Situé à l’extrémité sud-est de la plaine du Santerre, le village occupe une position charnière : en marge des grands centres urbains picards (à une quarantaine de kilomètres à vol d’oiseau d’Amiens, à une cinquantaine de Beauvais) mais au cœur d’un espace de confins longtemps exposé aux conflits. L’implantation du château d’origine, sur le plateau santerrois ouvert et vulnérable, lui conférait d’ailleurs une dimension stratégique, sur la bien nommée « route de Flandre », axe majeur reliant l’Île-de-France (Paris est à moins de cent kilomètres) et la Picardie aux villes marchandes des anciens Pays-Bas espagnols.
L'affirmation seigneuriale des Raisse dans la première moitié du XVIe siècle (1480-1557)
La documentation relative à l’histoire ancienne du château de Tilloloy est lacunaire, en dépit de la conservation in situ d'un remarquable fonds d'archives. La destruction du chartrier seigneurial en 1793, lors d’un autodafé ordonné par le révolutionnaire Gracchus Babeuf sur la place de Roye, peut expliquer les manques constatés.
Tilloloy est à la fin du XVe siècle aux mains des Noyelles. Le 25 septembre 1480, Gilles de Waziers et Marie de Noyelles, sa femme, cèdent la terre de Tilloloy à Pierre de Raisse (alias Rasse), seigneur de la Hargerie, chambellan du duc de Bourgogne. C'est un rejeton d'une vieille maison flamande bien possessionnée autour de Lille, qui tire son nom de la terre de Râches, près de Douai et dont les armes les font prétendre à descendre d'une branche cadette de la première maison des comtes de Hainaut.
Au début du XVIᵉ siècle, Tilloloy appartient François de Raisse (1478-1557), petit-fils de Pierre (mort en 1480 ou 1481) et fils d'Adam (mort entre 1494 et 1511). La mention la plus ancienne connue de lui se trouve dans les Chroniques de Louis XII de Jean d'Auton, qui rapporte qu'en octobre 1501 un certain « Françoy de la Largerye » participe à une escarmouche victorieuse contre les Turcs sur l'île de Lesbos (D'AUTON,1889, p. 189). L'un des amiraux de la flotte n'est autre que Jacques de Fouquesolles, son beau-père. Sa carrière au service de la couronne est bien attestée par le Catalogue des actes de François Ier : il perçoit une pension royale en 1525-1526, exerce la charge de maître d'hôtel ordinaire du roi lors du séjour de ce dernier à Malines en 1528, prend part aux préparatifs des funérailles de Louise de Savoie en 1531, et est nommé commissaire spécial du roi en Picardie en 1542-1543. Entre 1528 et 1533, il intervient également dans les négociations diplomatiques menées avec Henri VIII d'Angleterre et la régente des Pays-Bas espagnols au sujet de territoires situés aux confins septentrionaux du royaume. Un acte de 1551 révèle enfin l'étendue des faveurs dont il a bénéficié : il s'y dit seigneur usufruitier de Crèvecœur, Arleux, Rumilly et Saint-Soupplet en Cambrésis, terres qui lui ont été concédées successivement par Louis XII, François Ier et Henri II. Homme de cour autant qu'homme de bien, François de Raisse se distingue également par sa générosité. Il fait don de 6 000 livres pour la réparation du toit de Notre-Dame de Boulogne, sanctuaire auquel sa femme — qui possède des biens dans le Boulonnais — est sans doute attachée. Grand bienfaiteur de l'Hôtel-Dieu de Paris, il est aussi l'un des initiateurs du bureau des Pauvres, ancêtre de l'Assistance publique (LEURIDAN, 1883, p. 155 / MARTY, 2017, pp. 106-108 / BOURRILLY et de VAISSIÈRE, 1905, pp. 356-357 et 365-366 / Letters and papers, 1872-1876 et BUSBY et al., 1993, pp. 224-229).
À Tilloloy, la trace laissée par François de Raisse demeure difficile à appréhender. La chapelle édifiée vers 1534 — devenue l’église paroissiale — porte sur sa façade les chiffres seigneuriaux F et A, unis par une cordelière de veuve, renvoyant sans ambiguïté à François de Raisse et à Anne de Fouquesolles. Si l’édifice remonte aux années 1530 - à en croire un cartouche sur la piscine du chœur qui portait l'année 1534 -, donc du vivant du seigneur (mort en 1557), la présence de l’emblème de veuvage suggère toutefois une intervention ou une reprise postérieure, dont les circonstances ne sont pas encore éclaircies (CHATELLAIN, 2025, pp. 50-52). Le dossier bleu du cabinet des titres relatif à la famille de Rasse indique cependant que lui et son épouse « ont baty la chapelle De Tilloloy, tel, qu'elle est aujourdhuy, ainsy que cela se uoit, par leurs armes, qui sont aux voûtes, sur les vitres et sur la porte de la dite chapelle, dans laquelle ils sont enterrés, et Représentés, sur un tombeau, couchés; ensuitte de deux autres tombeaux pareilles, aux armes De Rasse aussy » (BNF, dossier bleu Rasse).
L'intégration dans le patrimoine de la maison de Soyecourt dans la seconde moitié du XVIe siècle (1557-1596)
En janvier 1528, Antoinette de Raisse (alias Rasse) (v.1512-1566), fille unique de François, épouse Jean III de Soyecourt (prononcé « Saucourt ») (1512-1533) par contrat de mariage passé à Roye devant les notaires Jean Gontier et Jean de Sorel. Par cette alliance, Tilloloy entre dans la mouvance de l’une des plus anciennes lignées nobles de Picardie, qui prétend descendre d'Hugues Capet, tenant son nom d’une terre voisine de Tilloloy. François de Raisse mobilise ses relations de cour pour favoriser l’ascension de son gendre. Comptant parmi les protégés du connétable Anne de Montmorency, grand maître de France et futur connétable, il sollicite l’appui de ce dernier afin d’obtenir pour lui obtenir une place auprès d’Éléonore d'Autriche, récemment devenue reine de France. Il présente son beau-fils comme issu de « de bonne race et bonne ancienne maison de cette Picardie » et rappelle qu’il a servi auparavant auprès de l’amiral de Brion, Philippe Chabot (D'ADHÉMAR, 1955 ; MARTY, 2017, p. 107). Probablement encore par l'entremise de son beau-père, il obtient le collier de l'ordre de Saint-Michel. Il meurt prématurément en 1533 et sa veuve se remarie l'année suivante avec Louis d'Ongnies, futur comte de Chaulnes, surintendant des Finances de Charles IX de 1561 à 1567 (BNF, dossier bleu Soyecourt).
Leur fils, François III de Soyecourt (v.1529-1596), élevé auprès du Dauphin, poursuit l’inscription familiale dans les affaires du royaume. Placé par son grand-père auprès du duc de Guise, il accompagne le cardinal de Lorraine à Rome pour assister à l’élection du pape Jules III. Militaire, il participe aux principaux théâtres d’opérations de son temps, notamment aux sièges de Metz (1552) et de Mons (1572), s’emparant de cette dernière ville avec l’appui de Ludovic de Nassau et résistant près de vingt-quatre jours à l’artillerie espagnole. Retiré en Picardie avec le collier de l'ordre de Saint-Michel, il s’installe à Regnière-Écluse, puis, à la mort de son grand-père en 1557, à Tilloloy. Entretemps, en 1555, il épouse à Meung-sur-Loire, dans l'Orléanais, Charlotte de Mailly. Issue d’une des plus anciennes maisons de Picardie, elle lui donne six enfants : trois fils qui meurent avant leur père et trois filles. Charlotte meurt à Pâques 1595, François III en janvier 1596 ; tous deux reposent dans le chœur de la chapelle de Tilloloy.
À la mort de François III, l’essentiel de ses biens, considérables, échoit à sa fille aînée Françoise, héritière universelle (MARTY, 2017, pp. 113-114 et BNF, dossier bleu Soyecourt).
Des Soyecourt aux Belleforière-Soyecourt (1596-1646).
Françoise de Soyecourt épouse en 1580 Ponthus de Belleforière, issu d’une famille vassale des Bernemicourt, tirant son nom d’une terre de la châtellenie de Lens en Artois et possédant depuis le XIVe siècle la terre d’Ytres, près de Douai. À l’époque de son mariage, il est militaire (MARTY, 2017, p. 141). Le 13 février 1578, il avait signé l’acte connu sous le nom de Sainte-Ligue à Péronne, un engagement d’une grande partie de la noblesse picarde visant à défendre la foi catholique et à s’opposer aux protestants ainsi qu’aux catholiques jugés trop tièdes. La même année, il avait reçu le gouvernement de Corbie, charge consistant à diriger la garnison et à administrer la cité au nom du roi. C'est à Corbie qu'il trouve la mort en 1590, tué d’un coup d’arquebuse au cours d'une attaque par les partisans d'Henri IV. Son corps est ramené à Tilloloy et inhumé dans la chapelle seigneuriale.
Leur fils, Maximilien de Belleforière-Soyecourt, comte de Tilloloy, se distingue également comme militaire. Conseiller d’État en 1620, il est nommé lieutenant général du roi en Picardie et Boulonnais en 1635, commandant les troupes et veillant à la sécurité des places fortes, tout en reprenant la charge de son père à Corbie. Le cardinal de Richelieu le félicite en 1635 pour le soin qu’il prend à maintenir les fortifications de la ville (Correspondance et papiers d'état du cardinal de Richelieu, article Maximilien de Belleforière). En 1618, il épouse au château de Roissy Judith de Mesmes (?-1659), issue d’une grande famille parlementaire parisienne, qui apporte à leur mariage une dot de 100 000 livres (AD Somme ; 1B79, f°114). Il accroît bientôt l’étendue de ses biens autour de son château de Tilloloy.
Du château rasé (1636) au château de la réhabilitation (1645)
En août 1636, la prise de Corbie par les Espagnols après neuf jours de résistance entraîne la disgrâce de Maximilien de Belleforière-Soyecourt. Accusé de capitulation fautive, averti par son beau-frère, le duc de Chaulnes, de son arrestation imminente, il prend la fuite en Angleterre et sa tête est bientôt mise à prix. Un conseil de guerre présidé par Louis XIII, réuni dans l'hôtel du duc de Chaulnes à Amiens, le condamne à mort par contumace pour lèse-majesté : il doit être décapité, son corps tiré à quatre chevaux et sa tête exposée sur une lance au-dessus de la porte Saint-Denis à Paris. Ses biens seront confisqués au profit du Roi, qui les attribue à l'Hôtel Saint-Louis des Invalides ; ses bois seront coupés, ses maisons rasées, son écusson effacé. Son exécution en effigie a lieu à Amiens et à Paris.
Sa belle-famille intervient auprès du secrétaire d'État Chavigny et du chancelier Séguier pour tenter d'épargner le château de Tilloloy, où Madame de Soyecourt a son douaire et son habitation (Bibliothèque de l'Institut de France, Collection Godefroy, ms Godefroy 254-276, f°97, lettre de Roissy à Séguier touchant la maison de Tilloloy, 1636). En vain : le capitaine Sézille, lieutenant de la prévôté, dispose d'un ordre daté de Chantilly le 31 octobre pour procéder à l'arasement du château, ce qu'il fait bientôt avec le concours des villageois (GUERVIN, 1954, pp. 669-670).
Après la mort du cardinal de Richelieu en 1642, Judith de Mesmes, retirée depuis la condamnation de son époux au couvent de Picpus, entreprend les démarches en vue d'une révision du procès, aidée par sa parenté et notamment par son frère Henri, président à mortier au Parlement de Paris. Maximilien de Belleforière-Soyecourt rentre en France en 1643, se justifie et est réhabilité en septembre. Ses biens lui sont restitués et le jeune Louis XIV lui octroie le 8 octobre un pouvoir pour commander en Picardie, charge dont il se démet quelques jours plus tard. Dans ce contexte de réparation politique et symbolique, la reconstruction du château commence : le 26 avril 1645, le maître-maçon Blaise Carbon pose la première pierre du « pavillon neuf », sous la direction de maître Claude Dobry (GUERVIN, 1954, p. 675 et DECAGNY, p. 98). Dès 1646, cependant, Maximilien se retire chez les Jacobins de la rue du Bac à Paris, laissant à son fils la poursuite et l'achèvement du chantier. Il rédige son testament (AN, Minutier central, étude XCI, liasse 281) et décède le soir même, le 22 mars 1649. Il est inhumé dans l'église de son couvent. Son cœur est rapporté à Tilloloy, déposé dans l'église dans une enveloppe de plomb cordiforme.
La poursuite de la reconstruction par Charles-Maximilien marquis de Soyecourt (1619-1679)
C'est son fils Charles-Maximilien qui mène à terme la reconstruction du château de Tilloloy. Le résultat est un château de style Louis XIII élevé sur une plateforme aux fossés maçonnés. Associant briques (polychromes formant ici et là cœurs et losanges) et pierres (réservées aux chaînages d'angles et aux encadrements des fenêtres), il est composé d'un corps central à deux étages, large et élevé, couronné d'une balustrade aveugle et couvert d'un toit à la Mansart. Ce corps central se prolonge de chaque côté d'un corps de logis à un seul étage cette fois. Le tout est flanqué de deux ailes plus larges d'un seul étage également. Le fronton triangulaire orné de guirlandes portait le blason des Belleforière-Soyecourt. La cour était encadrée de longues terrasses qui rejoignaient deux pavillons placés aux angles antérieurs. Ceux-ci répondaient symétriquement au château et fermaient la perspective de la cour avec au centre, la grille, installée entre deux petits pavillons de portier. Cette composition inscrit Tilloloy dans la lignée des grands domaines classiques où l’accès lui‑même devient une mise en scène, entre parade et contrôle.
Charles-Maximilien fait aussi aménager le grand parterre, que la tradition attribue à André Le Nôtre, ainsi qu'une avenue percée en ligne droite depuis l'avant-cour jusqu'au village de Laucourt, sur près de trois kilomètres, bordée de 1 774 tilleuls (MARTY, 2017, p. 146). Vers 1670, il fait édifier les grandes écuries, pouvant accueillir jusqu'à vingt-quatre chevaux : bâtiment de prestige à l'image de sa charge éminente de grand veneur de France, grand officier de la Maison du roi en charge des chasses royales, reçue en 1669. Au premier étage du château se déroulait une longue galerie décorée de tableaux de prix. La chambre du roi — Louis XIV y passe la nuit du 2 au 3 juin 1678 — était tendue de splendides tapisseries dont les sujets étaient tirés de la vie de Cyrus, et ornée du grand portrait du roi par Hyacinthe Rigaud. Cyrus le Grand, fondateur de l'empire perse achéménide, cumule des vertus utiles à la propagande monarchique et placer un tel cycle dans la chambre du Roi revient à construire une analogie implicite entre le roi et cet archétype antique. Au final, cette déclaration de puissance dans l'art de bâtir fait écrire en 1690 à Madame de Sévigné que Tilloloy est une bel et bien une « maison royale ».
Charles-Maximilien est alors l'un des grands seigneurs les plus en vue à la cour de Louis XIV, « si à la mode et fort en faveur », selon le témoignage de Saint-Simon dans ses Mémoires. Libertin surnommé le « grand Saucourt », il se signale par quelques frasques restées célèbres : Tallemant des Réaux rapporte ainsi qu'il cède aux instances de la présidente Lescalopier, dite la Feuillantine, que sa mère avait fait cloîtrer dans un couvent de Roye, et qu'il court la délivrer (TALLEMANT DES RÉAUX, 1657 et LORET, livre II, lettre XLIII, octobre 1651). Grand duelliste, il acquiert une triste réputation en prenant part au duel qui rend veuve le 5 février 1651, pour une banale querelle entre libertins, la marquise de Sévigné. Mais c'est surtout la passion de la vénerie qui le définit aux yeux de ses contemporains : « Saucourt, riche entre les plus riches, grand chasseur de cerfs et de biches » (La Muze historique, livre IV, lettre XXXVI, septembre 1653), renchérit le poète Jean Loret, et Madame de Sévigné le dépeint « parlant de chasse à tout propos, et cavalier fort expert à galoper à la queue des chiens » (HUGUET, 1939). Molière se serait d'ailleurs inspiré de ses traits et lui aurait demandé conseil en matière de vénerie pour son personnage de Dorante dans Les Fâcheux, pièce composée pour la fête donnée le 17 août 1661 au roi par Nicolas Fouquet en son château de Vaux-le-Vicomte.
Charles-Maximilien s'était distingué à la bataille de Lens en 1648. En 1652, il obtient l'autorisation de lever un nouveau régiment de Soyecourt, composé de dix compagnies de deux cents hommes, qui tient garnison à Rue pendant sept ans. Il en devient le gouverneur, et Jean Loret relate son entrée dans la ville en termes hauts en couleur : « Soycourt [sic], riche et grand seigneur, en qualité de gouverneur avoit fait son entrée à Rüe, [...] non point monté sur un bidet, mais sur un grand cheval d'Espagne, avec un habit de campagne qui presque valoit un trézor, car il étoit tout brodé d'or. [...] Le gouverneur de la province, y faisant un voyage exprès, le visita trois jours après ; et ledit Soycourt, qui se pique d'être abondant et magnifique, le régala d'un grand repas auquel on ne s'épargna pas » (La Muze historique, livre III, lettre XXVII, juillet 1652). En 1653, il acquiert la prestigieuse charge de grand maître de la garde-robe, achetée pour 400 000 livres. Par cette charge et ses qualités de courtisan, il se rapproche encore du roi, qui l'estime hautement et l'élève au titre de marquis de Soyecourt. Il suit dès lors le monarque dans la plupart de ses déplacements, participe aux conférences qui aboutissent à la signature du traité des Pyrénées en novembre 1659 et figure parmi les témoins du mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Autriche, célébré le 9 juin 1660 dans l'église de Saint-Jean-de-Luz, scène immortalisée par la Manufacture des Gobelins où il est représenté. En 1661, il reçoit le collier de l'ordre du Saint-Esprit ; en 1669, à l'âge de cinquante ans, il entre dans le cercle très restreint des grands officiers de la Couronne en recevant la charge de grand veneur de France. C'est en cette qualité qu'il reçoit le roi à Tilloloy en juin 1678.
À cette brillante carrière s’ajoute un mariage éclatant avec Marie-Renée de Longueil, fille du marquis de Maisons, qui apporte une dot de 400 000 livres. Leur union, célébrée dans les cercles de la haute noblesse de cour, trouve peut-être un écho dans la littérature contemporaine : plusieurs auteurs ont proposé d’identifier le couple à Telaste et Mélisante, les deux jeunes mariés évoqués par Madeleine de Scudéry dans La Clélie (LOSKOUTOFF, 2006). Cette présence dans l’entourage immédiat du roi place les Soyecourt au cœur du milieu de cour qui fréquente naturellement les écrivains et les artistes participant à l’éclat du règne. Jean de La Bruyère entretient ainsi des relations suivies avec la marquise de Belleforière : il aurait été vers 1679-1680 le précepteur de l’un des fils du grand veneur, et la marquise l’aurait aidé à rembourser un emprunt de 20 000 livres (COUAILLIER, 1963). Par ces relations, qui font écho aux évocations de Molière, de Madame de Sévigné ou de Madeleine de Scudéry, se dessine l’environnement social et culturel dans lequel s’inscrit la maison de Soyecourt : celui de la haute noblesse de cour, associée sous Louis XIV à la fois au gouvernement du royaume et au rayonnement intellectuel du Grand Siècle.
L'union du grand veneur avec la fille du marquis de Maisons donne naissance à cinq enfants, dont trois fils : l'un meurt en bas âge ; les deux autres tombent à la bataille de Fleurus en 1690, éteignant de fait la branche aînée des Belleforière. Charles-Maximilien meurt en 1679 à Paris et est inhumé dans l'église des Grands-Augustins. Son épouse meurt en 1712 au château d'Amy et est inhumée à Roye.
La grande restauration de 1753-1755
L’aînée des deux filles, Marie-Renée de Belleforière (1657-1739), épouse de Timoléon-Gilbert de Seiglière (?-1695), recueille l’essentiel de l'héritage familial. Mariée à peu de frais, cette alliance avait fait jaser à la cour, Saint-Simon le premier. Ce dernier dénonce le décalage entre l’importance des biens transmis et la condition jugée médiocre de l’époux : « mariée pour rien à ce vilain, hérita, comme on l’a vu ici en son temps, de tous les biens de sa maison par la mort de ses deux frères sans alliance, tués tous deux à la bataille de Fleurus. À ces grands biens, il en venoit d’ajouter de plus considérables depuis peu d’années par l’héritage entier de tous ceux du Président de Maisons. »
De cette union naît un fils unique, Joachim-Adolphe de Seiglière (1686-1738), marquis de Soyecourt, qui mène une brillante carrière militaire le conduisant au grade prestigieux de brigadier des armées du roi en 1719. Son mariage, l’année suivante, avec la fille du marquis de Feuquières ne suffit pas à infléchir un destin que Saint-Simon décrit avec une sévérité extrême : ce « Soyecourt en masque et vilain », « dont la vie honteuse a même déshonoré jusqu'à la bassesse de sa naissance » s'est « perdu de débauche, de jeu et de toutes sortes d’infamie ». Il se réfugie à Venise où il meurt en 1738, après avoir dilapidé une part notable de sa fortune. Le mémorialiste voit dans ce destin l’exemple même des mésalliances imposées aux filles de la haute aristocratie qu'on ne veut pas doter et qui sont appelées parfois à transmettre les biens de leur maison à des familles jugées de fait indignes.
Un partage intervenu en 1746 attribue la jouissance de Tilloloy à l’aîné des fils du marquis de Soyecourt, Louis-Armand de Séglière (1722-1791), qui hérite également du château de Maisons, célèbre demeure élevée par François Mansart pour le président de Longueil — « d’une beauté si singulière, qu’il n’est point d’estrangers curieux qui ne l’aillent voir comme une des plus belles choses que nous ayons en France », selon Charles Perrault — ainsi que de l’hôtel du Président de Longueil (aujourd’hui hôtel Pozzo di Borgo), rue de l’Université, qu’il fait réaménager.
C’est dans ce contexte qu’intervient la grande campagne de travaux engagée à Tilloloy. Dès 1753, plusieurs expertises signalent en effet l’état préoccupant du château, longtemps négligé. Les désordres structurels sont attribués notamment à l’insuffisance des chaînages métalliques — ancrages et tirants — indispensables à la stabilité des maçonneries. L’absence de ces dispositifs, dès l’origine, a fragilisé les trumeaux et les abouts de poutres, accélérant le processus de dégradation (SEYDOUX, 2002, p. 271).
Le marquis confie alors à l’architecte parisien Louis-Claude Boullée une restauration complète, touchant à la fois les structures, les élévations et les aménagements intérieurs. La réception des travaux, partiellement réalisés, intervient en novembre 1755 (SEYDOUX, 2002, p. 336). L’importance des travaux se mesure aux montants engagés. Jean-Baptiste Le Roy, maître maçon, perçoit 54 475 livres pour le renouvellement de la plupart des linteaux, le ravalement général des façades, la réfection intégrale des parties hautes — souches de cheminée, lucarnes, frontons sculptés — ainsi que la couverture d’ardoises et diverses reprises de maçonnerie sur les dépendances, murs et douves sèches. Pierre Lathuille, maître menuisier, reçoit 19 560 livres pour le renouvellement d’une grande partie de la charpente et le remplacement des planchers, portes, lambris et fenêtres des étages. Antoine Picher, maître serrurier, touche quant à lui 10 015 livres pour l’exécution et la pose de trente-six garde-corps en fer forgé, de la rampe de l’escalier secondaire, de celles des entresols et de la rampe de l’escalier d’honneur. Le coût total atteint 115 481 livres, auxquelles s’ajoutent 2 180 livres d’honoraires pour l’architecte. Au cours de cette campagne, on surélève le grand-salon qui atteint alors une hauteur de six mètres cinquante et on remplace les œils-de-bœuf des corps de logis par des lucarnes.
Les rapports de visite des années 1750 permettent d’entrevoir les dispositions antérieures. Le grand vestibule central, conçu comme un espace de circulation, était initialement fermé par des grilles plutôt que par des portes — comme au château de Maisons, disposition singulière dont témoigne encore, en 1792, le transfert de ces éléments vers l’avant-cour. Ce vestibule commandait l’escalier d’honneur menant au grand appartement du piano nobile, où se trouvait notamment la chambre du Roi, tandis que les autres appartements se développaient aux extrémités du rez-de-chaussée et de l’étage. Du côté des jardins, la façade sud ouvrait presque directement sur les fossés : un pont-levis donnait accès à un parterre de broderies, orné de vases de pierre et lui-même enfermé dans une clôture maçonnée (Atlas de Trudaine).
Si cette campagne de travaux s’accompagne d’un renouvellement profond de la distribution intérieure et des décors, l’ordonnance extérieure est, quant à elle, rétablie dans ses dispositions antérieures. La restauration conduite entre 1753 et 1755 apparaît ainsi comme fondamentalement conservatrice dans son expression architecturale, mais profondément restructurante dans l’organisation interne du château : elle illustre une volonté de préserver l’image et le rang de la demeure tout en l’adaptant aux exigences de confort et de représentation du XVIIIe siècle (SEYDOUX, 2002, pp. 271-272). Le 12 octobre 1768, le jeune roi du Danemark, qui fait son grand tour d’Europe sous le nom d’emprunt de « prince de Travendal » et est en route vers Paris, fait l'honneur de sa visite à Tilloloy (MARTY, ²002, p. 46).
Révolution et transmissions contrariées
La fin du XVIIIe siècle place la terre de Tilloloy au point de rencontre d'une mécanique successorale savamment ordonnée et d'un effondrement politique brutal. À la mort, en septembre 1791 à Paris, de Louis-Armand de Seiglière de Belleforière, marquis de Soyecourt, bientôt suivi en décembre par son frère Antoine-Adolphe, marquis de Feuquières, s'ouvre l'effet d'une substitution fidéicommissaire instituée dès 1738 par leur grand-mère, Marie-Renée de Belleforière, héritière des Longueil, au profit des mâles et des aînés mâles. Les trois frères, constitués fidéicommissaires les uns des autres, étaient héritiers présomptifs et exclusifs en cas d'extinction de la ligne masculine : ses deux frères aînés étant morts avant lui sans postérité mâle, Joachim-Charles, comte de Soyecourt (1725–1794), ancien maître de camp de dragons quand il quitte l'armée en 1761, hérite ainsi de tous les biens provenant de son aïeule, dont le château de Tilloloy.
Pendant la Terreur, il s'y réfugie car il s'y sent plus en sûreté qu'à Paris. Son intendant cherchant à le perdre pour masquer des irrégularités de gestion (de SARS, p. 82), il est bientôt attiré à Paris par un subterfuge et est arrêté en son hôtel de la rue de Verneuil le 12 février 1794, puis incarcéré à la prison des Carmes. Une délégation d'habitants de Tilloloy et de ses autres terres vient demander sa libération, vainement. Fouquier-Tinville le fait bientôt transférer à la Conciergerie et, après un simulacre de procès qui ordonne la saisie et la vente de tous ses biens, il est envoyé à l'échafaud. Cette fin dramatique met un terme à la troisième maison des seigneurs et marquis de Soyecourt. Un cultivateur de Liancourt-Fosse fait bientôt apposer les scellés sur le château de Tilloloy où l'on doit inventorier le mobilier. C'est à cette époque que des individus font irruption pour briser les armoiries des frontons, mutiler les tableaux et emporter les papiers afin d'alimenter un autodafé sur la place du marché de Roye. Ces actions auraient été fomentées par l'ancien feudiste Gracchus Babeuf, qui connaissait bien les lieux puisqu'en 1784 le marquis de Soyecourt lui avait confié la révision de ses terriers (MARTY, 2017, p. 174).
Son épouse est arrêtée un jour après son mari, le 13 février 1794, et est enfermée à la prison de Sainte-Pélagie, où elle meurt de privations et de maladie six semaines plus tard. L'aînée de leurs filles, Catherine-Louise-Sylvine (1754–1794), la « veuve d'Inisdal » (sic) dont Alfred de Vigny parle dans Stello (1832), est exécutée vingt-quatre heures après son père, soit trois jours avant la chute de Robespierre.
Tilloloy échappe cependant à la vente à l'encan : la loi du 18 prairial an III vient en effet interrompre à temps la liquidation. Le pays reconnaissant les excès commis pendant la Terreur, les présumés conspirateurs exécutés sont désormais traités en victimes et leurs héritiers se voient accorder la restitution des biens confisqués. En sa qualité d'aînée survivante de Joachim-Charles comte de Soyecourt, Éléonore-Raymonde (1755-1820) hérite de la plupart des propriétés de son père, dont Tilloloy. Elle avait elle-même échappé de peu à la guillotine. Avec sa sœur Camille (1757-1849), religieuse carmélite, elle est l’une des deux seules survivantes des sept enfants de Joachim-Charles, comte de Soyecourt. Elle partage ensuite son existence entre Paris et son château du Santerre jusqu’à sa mort, en 1820 (MARTY, 2017, p. 162).
Dans la famille d'Hinnisdal - Camille d'Hinnisdal (1804-1858)
Éléonore-Raymonde, comtesse de La Tour-en-Woëvre, lègue, par son testament olographe rédigé en 1818, Tilloloy et la moitié de ses biens aux trois mineurs d’Hinnisdal, ses petits-neveux, petits-enfants de sa sœur aînée Catherine-Louise-Sylvine (1754-1794). Sa sœur Camille, supérieure des Carmélites, se dépouille à la même époque de la totalité de ses biens au profit des mêmes très jeunes héritiers.
Leur mère, Mélanie de Villeneuve-Tourrettes (1778-1848), veuve de Joachim d’Hinnisdal depuis 1814, assure leur tutelle. Elle s’emploie sans doute, en attendant leur majorité, aux seuls travaux nécessaires au château. Le parterre avait été mis en culture pendant la Révolution mais les charmilles du parc, « libérées par une longue absence de coupe », sont « de la plus grande beauté », notent dans un procès-verbal de visite dressé en 1821 les architectes parisiens François Guillemot et Henri-Christophe Bourdon.
La succession, évaluée à plus de quatre millions de francs, est liquidée en avril 1831, à la majorité des trois enfants, devant maître Charles Gondouin, notaire à Paris. Le domaine de Tilloloy, d’une superficie de 316 hectares, revient alors à Camille d’Hinnisdal (1804-1858), qui épouse l’année suivante le comte Ferdinand de Schulenburg-Oeynhausen (1798-1860). L’état de dégradation du bâti explique une estimation modeste du château, des écuries et des dépendances (75 000 F), à laquelle s’ajoutent 7 250 F pour le mobilier. L’ensemble de la propriété — comprenant terres labourables, futaies, taillis, moulin et prairies — atteint néanmoins une valeur supérieure à 620 000 F (MARTY, 2017, p. 194 et p. 196).
La comtesse de Schulenburg fait surtout procéder à d’importants aménagements extérieurs. Elle fait supprimer les maçonneries des fossés, dont les matériaux sont vendus. Elle fait abattre les murs qui fermaient la cour et le parterre, ainsi que les pavillons indépendants qui encadraient la cour. Elle fait poser la grille actuelle (entre deux pilastres de pierre prolongés par des murs-bahuts de forme concave). La grille semble de dimensions plus modestes que l’actuelle et sa partie supérieure proviendrait de l'ancienne grille de la cour.
Elle fait dessiner le parc dans le goût romantique. Elle fait bâtir probablement en 1867 une fabrique de jardin, un ermitage rustique dédié à Saint-Camille, à la limite ouest du parc.
Elle fait enfin établir en 1858 par les frères Duthoit un projet de restauration du fronton des écuries et des couronnements sculptés du château (SEYDOUX, 2002, p. 336). N’ayant pas eu d’enfant avec le comte de Schulenburg, elle fait de son neveu Henri (1841-1922) son légataire universel. Dans son testament olographe de juillet 1854, déposé chez le notaire parisien Émile Fourchy, elle lui abandonne tous ses biens, à l’exception d’une somme de 200 000 F destinée à financer la construction et l’entretien d’un hospice placé sous la protection de saint Camille de Lellis, qui sera effectivement inauguré à Tilloloy en 1869.
Dans la famille d'Hinnisdal - Henri d'Hinnisdal (1841-1922)
Henri d'Hinnisdal (1841-1922) prend possession de Tilloloy à sa majorité, en 1862. Maire de la commune de 1875 à sa mort, il en est de loin le premier propriétaire foncier. Il réside ordinairement à Paris, dans l'hôtel de Béthune-Sully (60 rue de Varenne), qui lui vient de son épouse, Marie de Béthune-Sully, et appartient à la société fermée du faubourg Saint-Germain. Le domaine, administré au quotidien par un régisseur, est sa grande affaire : le château, long de 60 m, offre plus de 1 000 m² de plancher, au centre d'un parc de 150 ha clos par 7,5 km de murs et parcouru de 18 km d'allées (MARTY, 2002, pp. 45-46).
À partir de la fin des années 1870, Henri d'Hinnisdal engage sur l'ensemble du domaine une campagne qui prolonge l'engagement de sa tante mais en renverse le parti. Le domaine que Camille d'Hinnisdal avait ouvert, dissous dans un parc romantique aux limites incertaines, se referme : les murs sont remis en visibilité, les fossés comblés sont recreusés et leurs maçonneries en partie rétablies, les portes d'accès reçoivent des noms, et de nouvelles allées, nommées elles aussi, rayonnent depuis le rond-point de Jupiter, à l'entrée du parc de chasse nouvellement établi. Sans rétablir à l'identique l'état que donne à voir l'Atlas de Trudaine, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l'ensemble retrouve une ordonnance qui lui est semblable, réinterprétée au goût de la fin du XIXe siècle. Le bâti est concerné au même titre que le paysage. Le fronton des grandes écuries, où les armes des Belleforière s'associent à un décor cynégétique, en offre l'illustration : le décor antérieur ayant été martelé à la Révolution, il paraît relever moins d'une réparation que d'une recomposition, qui évoque le Grand Siècle, le grand veneur de Louis XIV et le séjour du roi en juin 1678.
Plusieurs intervenants sont attestés : l'architecte amiénois Edmond Duthoit (1837-1889), collaborateur de Viollet-le-Duc, dont l'historicisme sait recomposer, à partir de modèles anciens, une image crédible du passé et dont les dessins conservés au château concernent notamment les communs et les écuries ; son ancien collaborateur Henri Bernard, devenu en 1897 architecte en chef des monuments historiques en poste à Compiègne ; et le paysagiste parisien Henri Duchêne (1841-1902), dont une facture de 1885 atteste la présence à Tilloloy en qualité de maître d'œuvre, probablement dans le cadre de la reprise du jardin.
Cette recomposition ne s'arrête pas aux bâtiments et aux tracés : elle passe aussi par des éléments rapportés, qui inscrivent le domaine dans un temps long. Les noms des allées (route du Roy, allée Sévigné) le placent déjà sous le signe de l'Ancien Régime, et des pièces sauvées d'autres demeures prolongent cette lecture. Vers 1906, Henri d'Hinnisdal fait remonter à Tilloloy, dans l'axe de la porte charretière des écuries, le portail de l'hôtel d'Hinnisdal de la rue Cassette, cédé par la sœur du comte d'Hinnisdal à l'Institut catholique de Paris : fabrique de jardin Belle Époque par sa fonction, il est d'abord une relique de la maison familiale. En 1909, il fait dessiner par Henri Bernard les piédestaux de vases qu'il a rachetés au château voisin de Champien, alors en liquidation. Dans les deux cas, le comte paraît agir moins en propriétaire qu'en dépositaire, soucieux de soustraire à la dispersion des témoins d'un art de vivre aristocratique dont il pressent peut-être la fragilité. À l'intérieur du château, dans le vestibule, un tableau généalogique tiré de l’œuvre du Père Anselme domine une chaise à porteurs armoriée : dès le seuil, le château tient un discours sur la filiation et la légitimité de la maison. Une inscription latine de l'élévation ouest le résume : le comte et son épouse s'y présentent en continuateurs plutôt qu'en bâtisseurs, restaurateurs d'un édifice élevé par leurs prédécesseurs.
Le désastre de la Première Guerre mondiale
La guerre interrompt brutalement cette entreprise. À peine quatre semaines après la mobilisation générale, l'armée allemande passe à Tilloloy dans la nuit du 30 au 31 août 1914, et la ville voisine de Roye tombe le 25 septembre. Le 1er octobre, le château est gravement atteint par l'artillerie allemande ; le lendemain, l'église et le presbytère sont touchés à leur tour, puis, le 4, l'hospice. Les habitants se réfugient dans les caves des maisons. Le 8 octobre, contraint de quitter Tilloloy, Henri d'Hinnisdal est reçu par le sous-préfet de Montdidier, à qui il demande, pour lui et ses deux filles, un laissez-passer pour Paris, et confie sa tristesse : « Les obus pleuvaient, tous malheureusement trop bien ajustés sur mon pauvre château. Et je vis de mes yeux anéantir l'œuvre de restauration à laquelle j'avais travaillé depuis ma jeunesse. […] À quoi bon avoir consacré sa vie à l'embellissement d'un des plus beaux châteaux de France, celui que Madame de Sévigné a décrit avec tant de charmes et de louanges, si ce n'est pour le voir aujourd'hui en cendres ! » (MARTY, 2002, p. 42). Le village est évacué le 11 octobre, et un incendie achève de ravager le château en novembre.
Le domaine demeure ensuite près de deux ans et demi à proximité immédiate de la ligne de front, jusqu'au repli allemand du printemps 1917. Le parc, naguère lieu de chasse et de sociabilité, devient un espace militaire, que documentent le plan topographique du 20 août 1915 et les archives photographiques de l'ECPAD. La Légion étrangère y séjourne durant l'été 1915, et Blaise Cendrars en a livré un témoignage littéraire dans La Main coupée (1946). Le site est de nouveau engagé dans la zone des combats lors de l'offensive allemande de mars 1918.
Un château détruit à reconstruire
Dès le repli allemand du printemps 1917, le comte d'Hinnisdal confie à Jacques Hermant, architecte en chef du gouvernement, le soin d'établir un constat précis des destructions et d'évaluer le coût de la restauration. Le relevé de l'édifice ruiné date du 3 novembre 1917, et le constat est sans appel : « L'aile de gauche et le bâtiment central ne forment plus qu'un amas de décombres. […] L'aile de droite est encore debout mais éventrée, fissurée, criblée d'éclats et de trous d'obus et rien n'en pourra être conservé que les balcons qui pourront être descellés. […] Il convient de remarquer qu'une très minime partie des vieux matériaux pourra être réemployée dans la reconstruction… » (AD Somme, 10R1223). À la mort du comte, en 1922, sa fille Thérèse (1878-1959), assistée de l'architecte Albert Montant, collaborateur d'Hermant, prend en charge la conduite du projet et s'impose comme la principale instigatrice de la reconstruction du domaine. Dans le partage intervenu entre les deux héritières, sa sœur, la comtesse de Lubersac, lui cède en décembre 1922 ses droits à indemnité au titre des dommages de guerre du château (AD Somme, 10R1223).
Les premières années sont dominées par les incertitudes administratives. L'évaluation d'Hermant, contrôlée par l'architecte Kirchmann, rejoint celle de Chambet, architecte désigné par la commission cantonale, mais l'État la rejette néanmoins. Un chantier s'ouvre pourtant dès 1923, concentré sur les communs et les bâtiments d'exploitation agricole, où le statuaire Peyranne restaure le fronton de Duthoit, ainsi que sur le pavillon droit du château, dont le gros œuvre est alors restitué. Faute de financement stabilisé, Thérèse d'Hinnisdal doit l'interrompre dès 1924. Les travaux du château ne reprennent qu'à la fin de 1929, après la fixation définitive de l'indemnité à 1 967 000 F (valeur 1914), dont 719 000 F pour le seul château. Le gros œuvre est conduit de mai 1930, phase de nivellement de la cour, à 1932.
Les élévations associent la brique, réemployée autant que possible, au grès des soubassements. Les maçonneries, exécutées au sable de Rollot et à la chaux grasse, restituent l'aspect des parties conservées dans le calibrage et la teinte des briques, la hauteur des joints et la nature du jointoiement, mais les motifs géométriques en brique surcuite (losanges, cœurs) ne sont pas tous repris. La pierre de taille, de Saint-Maximin, de Margny et de Vassens, présente une patine grise qui diffère de la blancheur de la craie picarde d'origine. Le béton armé est employé pour les planchers, les linteaux des baies, la volée haute du grand escalier et les charpentes, dessinées en septembre 1931 et réalisées par l'entrepreneur parisien Campazzi. Seule la charpente de bois du pavillon ouest, restaurée, a été conservée. Les sculptures des frontons, restituées d'après des maquettes en plâtre (conservées, semble-t-ii, dans les combles) sont de Peyranne.
Les principaux marchés de décoration sont réceptionnés en décembre 1932, et les aménagements intérieurs se poursuivent en 1933. Ils font appel à des entreprises et à des ateliers spécialisés, souvent parisiens. Les lambris sont fournis par Riffet, Muller et Fiévé. Les stucs marbrés du vestibule et les ornements en stuc-pierre et plâtre modelé du grand salon et de la salle de billard, restitués d'après des photographies anciennes, sont de Gilbert Vexenat. Pierre Pouyet, fumiste, pose les cheminées ; le poêle de la salle à manger est restauré par le sculpteur-décorateur Jules Visseaux, et la maison Jansen fournit une boiserie d'époque Louis XV en châtaignier. Les ferronneries du grand escalier et des trente-six balcons de façade sont réalisées par Marcel Bergue.
Propriétaire du domaine et personnalité inclassable, Thérèse d'Hinnisdal suit personnellement le chantier, dont la pose de la première pierre, en présence des ouvriers, des habitants et du curé, fait un événement de la vie du village. Elle entend restituer le château dans son état de 1914, et le cahier des charges élaboré par les architectes est d'une précision exceptionnelle : relevés systématiques lors de la démolition des ruines, récupération méthodique des matériaux, réemploi largement privilégié, exécution selon les standards des constructions aristocratiques d'avant-guerre. Tout ne peut cependant être restitué : certains motifs de brique surcuite sont abandonnés, la pierre employée diffère de l'origine, et le béton armé, notamment pour les charpentes, introduit des techniques du temps. La perte du grand tableau généalogique, détruit dans les ruines, donne lieu à une commande : le comte Louis d'Adémar de Cransac de Panat, artiste autodidacte, en livre un nouvel exemplaire en octobre 1932, après quatre mois de travail. Engagée dès 1930, la restauration des murs de clôture du parc et de ses portes participe de la même recomposition de l'unité domaniale.
Cette volonté de reconstruire « à l'identique » ne paraît pas relever du seul choix esthétique. On peut y lire une affirmation de continuité dynastique, le château étant le support de la mémoire de la lignée, et le rebâtir tel qu'il était revient à refuser la rupture de la guerre. La restitution d'un domaine clos, avec ses communs, ses grilles et son parc de chasse, réaffirme aussi un modèle d'organisation du territoire hérité de l'Ancien Régime, à un moment où l'aristocratie foncière est fragilisée, et répond au traumatisme de la destruction des châteaux des zones de front. Toutefois, reconstruire dans les années 1930, avec des artisans spécialisés, à partir de photographies et de relevés, c'est produire une image du passé plus que le passé lui-même, ce que Montant traduit en parlant de « reconstitution » plutôt que de « reconstruction ».
Au cours de la Seconde Guerre mondiale
Achevé en 1933, le château est à nouveau exposé pendant la Seconde Guerre mondiale. Fréquemment occupé par des officiers allemands, il n'en a globalement pas souffert, hormis en mars 1941 quand des ouvriers hollandais, agissant sur l'ordre d'un officier, procèdent à la destruction d'une table de pierre et d'un lambris couvert de carreaux de Delft dans une dépendance du château (AP Château de Tilloloy, non coté).
À la mort de Thérèse d'Hinnisdal, à Tilloloy en 1959, le domaine passe à sa nièce, la marquise Léon d'Andigné, puis à la fille de celle-ci, Mademoiselle Charlotte d'Andigné. L'ensemble, château reconstruit, communs et parc, est classé au titre des monuments historiques en 1994, dans un contexte où l'on redoutait que le tracé d'une ligne de TGV ne traverse le domaine. Cette reconnaissance remarquable pour un édifice largement reconstruit au XXe siècle paraît consacrer moins l'authenticité matérielle stricte que la cohérence et la qualité d'un projet de restitution.
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Période(s)
- Principale : 2e quart 20e siècle
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Auteur(s)
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Auteur :
Montant Albertarchitecte attribution par sourceMontant AlbertCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Architecte formé à l'École des beaux-arts de Paris. Associé de l'architecte parisien Jacques Hermant (1855-1930). Ce dernier s'étant retiré progressivement à l'aube des années 1920, c'est lui qui construit en brique et béton l'église de Dancourt (Somme) au début des années 1930 et qui "reconstitue" entre 1930 et 1933 le domaine voisin de Tilloloy (Somme) pour la comtesse Thérèse d'Hinnisdal (1878-1959).
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Auteur :
Hermant Jacquesarchitecte attribution par sourceHermant JacquesCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Fils de l'architecte Achille Hermant (1823-1903). Il est, parmi les architectes de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, un pionnier pour l'utilisation du béton armé dans la construction des bâtiments en participant aux travaux de la première Commission du ciment armé qui devait permettre la rédaction de l'Instruction ministérielle relative à l'emploi du béton armé de 1906.
Après avoir été l'élève de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris (promotion 1874), où il enseigne par la suite, il est Architecte en chef de la Ville de Paris et du Gouvernement, président de la Société des architectes diplômés par le Gouvernement (1914-1920), membre de la Société des artistes français, membre du Conseil supérieur d'architecture de la Préfecture de la Seine, membre du Conseil supérieur des HBM.
1880 : Second grand prix de Rome. 1889 : Médaille d'or et d'argent à l'Exposition universelle. 1900 : Grand Prix à l'Exposition universelle. 1901 : Médaille du Concours de façades de la ville de Paris. 1906 : Médaille du Concours de façades de la ville de Paris.
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Auteur :
Campazzientrepreneur attribution par sourceCampazziCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Entrepreneur établi à Paris, au n°39 de la rue Bénard. Il a dessiné en septembre 1931 puis réalisé la charpente en béton armé du château de Tilloloy (Somme).
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Auteur :
Duthoit EdmondDuthoit EdmondCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Edmond Duthoit est l'un des plus fidèles élèves d'Eugène Viollet-le-Duc qui l'appelait : « mon jeune aide de camp ». Aimé et Louis Duthoit, ses père et oncle, travaillent également auprès de Viollet-le-Duc. Edmond Duthoit a la charge, entre autres, de s'occuper de certains bâtiments, sur place, alors que son maître est obligé de faire continuellement des « tours » de France pour visiter chaque site.
C'est au château de Roquetaillade qu'il fait ses plus belles interventions, en collaboration étroite avec Viollet-le-Duc. Il suit sur place, pour son maître, les travaux de décoration et la création du mobilier de 1864 jusqu'à la chute de Napoléon III en 1870, date à laquelle, faute d'argent, le chantier s'arrête. Edmond Duthoit finit le chantier de 1875 à 1878, notamment les décors de la chapelle du XIIe siècle. Les décors de Roquetaillade sont uniques car ils sont certainement le seul exemple en France d'un travail complet de Viollet-le-Duc : architecture, restauration, décoration, mobilier et objets.
Durant ses voyages d'adolescence en Espagne du Sud, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, Edmond Duthoit découvre l'art mauresque. Chargé de mission en Orient, il accompagne en 1861-1863 et 1862-1864, en Syrie et à Chypre, le comte Melchior de Vogüé. Il collabore à la publication de l'Architecture civile et religieuse du Ier au VIIe siècle en Syrie, d'où le nom de la salle des antiquités chypriotes au Louvre : Voguë-Duthoit. Il réalise une série impressionnante de dessins sur les monuments du Proche Orient et d'Algérie. Il est chargé par le gouvernement français d'arbitrer un conflit qui oppose en 1872, la municipalité de Tlemcen et la population au sujet d'un aménagement urbain portant atteinte à la Grande mosquée de la ville. Il est de 1880 à sa mort, architecte en chef des monuments historiques d'Algérie et participe à la mise en place des fouilles archéologiques des sites romains de Tipaza, Timgad, Djémila en Algérie et d'autres en Tunisie.
Nommé en 1866 inspecteur des Monuments historiques des départements de l'Oise et de la Somme, il s'installe à Amiens en 1870 et partage son temps entre la Picardie et l'Algérie. C'est à partir de 1884, qu'il réalise son chef-d’œuvre, la basilique Notre-Dame de Brebières à Albert dans la Somme, monument majestueux, inspiré à la fois de l'art byzantin et de l'art mauresque, où l'on peut déceler l'influence de l'architecte Léon Vaudoyer.
Il a été membre de la Société des antiquaires de Picardie.
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Auteur :
Étienne & Sanniermenuisier-ébéniste attribution par sourceÉtienne & SannierCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Entrepreneur en menuiserie et parquets établi à Rosières-en-Santerre (Somme).
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Auteur :
Riffet, Muller & Fiévé - Menuiserie d'artmenuisier-ébéniste attribution par sourceRiffet, Muller & Fiévé - Menuiserie d'artCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Atelier de menuisier d'art installé à Paris, aux numéros 11-15 de la rue Auguste-Lançon.
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Auteur :
Vexenat Gilbertsculpteur, décorateur attribution par travaux historiquesVexenat GilbertCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Sculpteur-décorateur ayant travaillé sur le chantier de la reconstruction du château de Tilloloy (Somme).
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Auteur :
Visseaux Julesdécorateur, sculpteur attribution par travaux historiquesVisseaux JulesCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Statuaire parisien. Il produisait des statues, vases et ornements en terre cuite pour la décoration des parcs et jardins. Il a restauré au tout début des années 1930 le poêle en terre cuite de la salle-à-manger du château de Tilloloy (Somme).
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Auteur :
Pouyet Pierreentrepreneur attribution par travaux historiquesPouyet PierreCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Entrepreneur de fumisterie établi à Paris dans l'entre-deux-guerres.
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Auteur :
Le château reconstruit reprend le volume de l'édifice ancien. Il restitue fidèlement les dispositions d'une grande demeure aristocratique de la fin de l'époque Louis XIII : maçonneries de brique rehaussées de chaînes de pierre harpées, volumes articulés en avant-corps, courtes ailes et pavillons à hauts combles indépendants. Le corps central, plus large et plus élevé que les extrémités, se distingue de celles-ci par un étage supplémentaire couronné d'une balustrade aveugle, contrepoint classique à la vivacité des toitures latérales. Sa physionomie est à rapprocher d'autres châteaux élevés à la même époque en Picardie, comme ceux de Vauchelles-lès-Domart et de Ribeaucourt.
L'ordonnance de Tilloloy rappelle aussi les édifices de François Mansart, en particulier les châteaux de Balleroy (vers 1633), en Normandie, et de Maisons (1641-1650), en Île-de-France. La similitude tient moins à des emprunts précis qu'à une communauté de principes : la plate-forme fossoyée qui isole et met en valeur le corps de logis, l'articulation des terrasses et des pavillons, une façade organisée autour d'un avant-corps dominant et d'une travée axiale qui conduit au vestibule ouvert et à l'escalier d'honneur.
Le plan du rez-de-chaussée distingue deux ensembles. À l'ouest se déploie le service du château, essentiellement dans le pavillon ouest : cuisine, laverie, « salle à manger des gens », glacière et office. Au centre et à l'est se succèdent les pièces de réception : salle à manger, vestibule, petit salon, salle de billard, grand salon, bibliothèque. Le vestibule est orné de stucs marbrés. Dans le grand salon et la salle de billard, les ornements en stuc et plâtre modelé sont dus au sculpteur-décorateur péronnais Gilbert Vexenat, qui a travaillé d'après des photographies anciennes. Le plafond du grand salon, surélevé en 1754 et haut de 6 m 50, explique les trois marches qui donnent accès à la chambre de l'étage. Quatre peintures dans le style galant du XVIIIe siècle, enchâssées dans des cartouches rocaille, y figurent les quatre saisons. La salle de billard possède deux alcôves se faisant face, qui accueillent chacune une cheminée, disposition que l'on retrouve dans le grand salon de l'hôtel de Longueil, rue de l'Université, à Paris. Les murs de la salle à manger, créée au début du XXe siècle, sont traités en faux marbre, ce qui n'était sans doute pas le cas avant la guerre. La pièce conserve un poêle en terre cuite provenant du château de Champien, restauré après la guerre par Jules Visseaux et replacé dans sa niche. Des toiles peintes en camaïeu de la fin du XVIIIe siècle, venues d'une demeure amiénoise, la décorent et côtoient un portrait monumental d'un ancêtre de la famille d'Hinnisdal, peint dans le goût historiciste.
L'accès à l'étage noble se fait par un vestibule d'honneur, dont les ouvertures sont traitées en serlienne côté escalier et qui forme le palier. Ce vestibule et la galerie qui le prolonge ont le sol couvert d'un élégant dallage en damier à cabochons. La galerie regarde vers la cour, au nord, et les chambres principales, qu'elle dessert, regardent vers le sud. La plupart de ces chambres disposent de leur propre « toilette » (salle d'eau), et certaines, avec leur entresol - dispositif ancien dans les grandes demeures des XVIIe et XVIIIe siècles - ont l'allure de petits appartements. Ainsi la chambre d'enfant, dite de la comtesse de Béthune-Sully, dont le niveau supérieur, desservi par son propre escalier de service, est réservé à la nurse, ou encore l'appartement de Thérèse d'Hinnisdal, dans l'aile ouest, dont l'entresol lui sert de garde-robe. Le grand escalier relie les pièces de réception à ces chambres, tandis que des escaliers secondaires, dans les ailes, permettent au personnel de circuler discrètement. Les chambres portent le nom de membres de la famille, dont certains étaient disparus depuis longtemps à l'époque de la reconstruction. Le second étage, où le grand escalier ne monte pas, est desservi par les escaliers périphériques. Le sol de sa galerie est couvert de simples tomettes. Il est occupé par des chambres d'enfants, une étude et la chambre de l'institutrice, une lingerie et deux « cireries».
Cette hiérarchie des niveaux restitue une organisation ancienne de la maison.
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Murs
- brique brique et pierre
- pierre brique et pierre
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Toitsardoise
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Plansplan symétrique, plan régulier, plan régulier en U
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Étages2 étages carrés, étage de comble
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Couvrements
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Élévations extérieuresélévation ordonnancée, élévation à travées
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Couvertures
- toit en pavillon
- toit à longs pans
- croupe
- toit brisé en pavillon
- croupe brisée
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre
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Autres organes de circulationascenseur
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État de conservationbon état
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Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
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Intérêt de l'œuvreà signaler
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Protectionsclassé MH, 1994/03/04
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Précisions sur la protection
Château ; ensemble des bâtiments des communs et leurs trois portails monumentaux ; ancien portail de l'hôtel parisien d'Hinnisdal remonté dans le parc ; restes de l'ancien parc à la française avec ses allées, ses vases et ses bancs de pierre (cad. Tilloloy D 177 à 179, 188 à 190, 212, 213) ; douves sèches du château et grande allée axiale avec ses bosquets reliant le château au village de Laucourt (cad. Tilloloy A 25, 49 à 69 ; Laucourt C 59 à 64, 66, 77, 88, 89) : classement par arrêté du 4 mars 1994.
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Référence MH
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Musée de Picardie - Amiens
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
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- (c) Musée de Picardie - Amiens
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Documents d'archives
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François de Rasse de La Hargerie (1478-1558), gentilhomme picard. Étude biographique dactylographiée, non publiée, de Louis d'Adhémar de Cransac de Panat, [ca 1955] (AP Château de Regnière-Écluse (Somme), non coté).
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Archives nationales de France
Testament de Maximilien de Belleforière, 1649 (AN, Minutier central, étude XCI, liasse 281).
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BNF-Gallica : Département des Manuscrits. Français 30102 (Dossiers bleus 557)
Dossiers bleus. Mémoires, notes et documents généalogiques, classés par ordre alphabétique de noms de personnes, au Cabinet des titres, dans le cours du XVIIIe siècle. De Rapin à Raussin. Dossier bleu de Rasse [en ligne] (BNF, Département des Manuscrits. Français 30102 (Dossiers bleus 557)).
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BNF-Gallica : Département des Manuscrits. Français 30102 (Dossiers bleus 557)
Dossiers bleus. Mémoires, notes et documents généalogiques, classés par ordre alphabétique de noms de personnes, au Cabinet des titres, dans le cours du XVIIIe siècle. De Sorhouet à Soyecourt. Dossier bleu de Soyecourt [en ligne] (BNF, Département des Manuscrits. Français 30163 (Dossiers bleus 618)).
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AD Somme : 1B79
Registre aux insinuations (AD Somme, 1B79, f°114).
f° 114. -
AD Somme : 10R1223
AD Somme ; série R, Affaires militaires, organismes de temps de guerre ; sous-série 10R Dommages de guerre 1914-1918 ; 10R1223 : Domaine de Tilloloy. État descriptif au 31 décembre 1917 des dommages causés par la guerre à la propriété de Monsieur le comte d'Hinnisdal par Jacques Hermant, architecte, 19 Avenue Mac-Mahon à Paris.
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Bibliothèque de l'Institut de France, Collection Godefroy, ms Godefroy 254-276, f°97, lettre de Roissy à Séguier touchant la maison de Tilloloy, 1636.
Bibliographie
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Académie des sciences morales et politiques. Catalogue des actes de François Ier. In : Collection des ordonnances des rois de France, Paris, 10 volumes, 1887-1904.
II, p. 299 (5294) ; III, p. 533 (9968), p. 637 (10428) ; IV, p. 131 (11598), p. 433 (13036), p. 462 (13168) ; VI, pp. 332-333 (24903) ; VIII, p. 805 (supplément au 24903) ; IX, p. 49 (312) et p. 109 (781). . -
AUTON (D'), Jean. Chroniques de Louis XII. Paris : Renouard, Société de l'Histoire de France (éd. scientifique), 1889-1895, 4 tomes [en ligne].
tome 2, p. 189. -
BOURRILLY, Victor-Louis et VAISSIÈRE (DE), Pierre. Ambassades en Angleterre de Jean du Bellay : La première ambassade (Septembre1527-Février 1529), Correspondance diplomatique. Paris : Picard, 1905.
pp. 356-357 et pp. 365-366. -
BUSBY, Keith-NIXON, Terry-STONE, Alison-WALTERS, L.ori (éditeurs). Les manuscrits de Chrétien de Troyes / The manuscripts of Chrétien de Troyes, volume 2, Amsterdam-Atlanta : Rodopi, 1993.
pp. 224-229. -
Correspondance et papiers d'état du cardinal de Richelieu. Publication de la correspondance et des papiers d'État du cardinal de Richelieu, translation des textes originaux pour la période 1610-1642. Dictionnaire biographique, article Maximilien de Belleforière [en ligne].
Carnet de recherche sur la plateforme hypotheses.org : https://richelieuletters.hypotheses.org/76837
-
DECAGNY, Paul (abbé). Complément à l'histoire de l'arrondissement de Péronne. Amiens : Rousseau-Leroy (impr.), 1887.
p. 98. -
Archives privées
DENIS, Louis. Le Conducteur français contenant les routes desservies par les nouvelles diligences, messageries & autres voitures publiques avec un détail historique et topographique des endroits où elles passent, même de ceux qu’on peut apercevoir ; des notes curieuses sur les chaînes de montagne qu’on rencontre… Paris : Ribou, 1787.
Bibliothèque du château de Regnière-Écluse (Somme)
pp. 32-34. -
HAIGNERÉ, Daniel. Histoire de Notre-Dame de Boulogne [en ligne]. Boulogne-sur-Mer: Au dépôt des objets de piété et souvenirs de pèlerinage, 1864.
pp. 177-178. -
HUGUET, Adrien. Le marquis de Soyecourt ou le chasseur des Fâcheux. Bulletin de la Société d'Émulation d'Abbeville, tome XVII, 1939.
pp. 71-134. -
LEDIEU, Alcius. Un grand seigneur picard au XVIe siècle. Documents annotés [en ligne]. Paris : Alphonse Picard, 1892.
-
Letters and papers, foreign and domestic of the reign of Henry VIII. Londres : Longman and Trübner, 1872-1876 (volume IV) et Lonres : Her Majesty's Stationery Office, 1882 (volume VI).
vol. IV.2, 4565-4567, 4578-4580, 4590, 4624, 4636, 4651 (année 1528) ; vol IV.3, 5231, 5912 (année 1529) ; vol. IV.4, annexe 232 (année 1529) ; vol. VI, 476, 846, 1572 (année 1533). François de Raisse est aussi mentionné en 1518 (4372) et en 1524 (109).n -
LEVANTAL, Christophe. Louis XIV voyageur. Paris : CNRS Éditions, 2019.
p. 24. -
LORET, Jean. La muze historique, ou Recueil des lettres en vers contenant les nouvelles du temps : écrites à Son Altesse Mademoizelle de Longueville, depuis duchesse de Nemours (1650-1665), nouvelle édition par MM. J. Ravenel et Éd.-V. de La Pelouze, tome 1 (1650-1654). Paris : P. Jannet (libraire), 1857.
pp. 170-172. -
MARTY, Aurélien. Tilloloy : son église, son château. Montdidier : Société d'études et de recherches historiques et archéologiques de Montdidier et sa région, 2002.
pp. 38-46 ; pp. 106-108. -
MARTY, Aurélien. Regnière-Écluse. Un domaine, une famille. Regnière-Écluse : Association pour la sauvegarde et la valorisation du Domaine millénaire de Regnière-Écluse, 2017.
-
MORÉRI, Louis. Le grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, tome 9, article SOYÉCOURT [en ligne]. Paris : Les Libraires associés, 1759 (nouvelle édition). Tome 9, 1759, article SOYÉCOURT.
pp. 524-525. -
Archives privées
ODON, Apollinaire. Une fête au château de Tilloloy le 11 septembre 1901 et notices historiques sur les maisons de Lubersac et de Chaumont, d’hinnisdal, etc. et de Béthune. Montdidier : J. Bellin (impr.), 1903.
Bibliothèque du château de Regnière-Écluse (Somme)
-
POTTER, David. War and Government in the French provinces. Picardy (1470-1560). Cambridge : Cambridge University Press, 1993.
pp. 141-143. -
Reconstructions en Picardie après 1918. Red. NIVET, Philippe, LOBRY, Gérard, et al. Paris : Réunion des Musées Nationaux, 2000.
[Exposition. Laon, Archives départementales de l'Aisne, 2000-2001 ; Blérancourt , Musée national de la coopération franco-américaine, 2000-2001 ; Noyon, Musée, 2000-2001 ; Soissons, Musée, 2000-2001 ; Albert, Office culturel, 2000-2001 du 16 septembre 2000 au 16 décembre 2001]
pp. 58-60;62-63;155,159 (Jacques Hermant) ; 159 (Albert Montant). -
RENTET, Thierry. Anne de Montmorency Grand Maître de François Ier. Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2011.
pp. 148;150;171;288. -
RENTET, Thierry. Anne de Montmorency (1493-1567), le conseiller médiocre [en ligne]. In : MICHON, Cédric [éd.].Les conseillers de François Ier, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2011.
pp. 279-309. -
ROGER, Paul. Noblesse et chevalerie du comté de Flandre, d'Artois et de Picardie [en ligne]. Amiens : Duval et Herment, 1843.
p. 202. -
SAINT-SIMON, Louis (de Rouvroy duc de). Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la Régence collationnés sur le manuscrit original par M. Chéruel et précédés d'une notice par M. Sainte-Beuve de l'Académie française. Paris : Hachette, 1856-1858.
-
Mairie de Tilloloy (Somme)
SARS (de), Maxime. Notice historique sur Tilloloy en Santerre. Tilloloy : tapuscrit, [s.d].
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SEYDOUX, Philippe. Gentilhommières en Picardie. Amiénois et Santerre. Avec [la collaboration de] Jean-Charles CAPRONNIER, Marcel ÉVRARD, Ludovic FROISSART, Christian du PASSAGE, François VASSELLE. Paris : Éditions de La Morande, 2002.
Article Tilloloy, pp. 270-276 et pp. 335-337. -
TALLEMANT DES RÉAUX, Gédéon. Les Historiettes de Tallemant des Réaux, troisième édition entièrement revue sur le manuscrit original et disposée dans un nouvel ordre, par MM. de Monmerqué et Paulin Paris, tome V. Paris : J. Techener (libraire), 1856.
p. 44.
Périodiques
-
CHATELLAIN, Cyrille. Élites dirigeantes, art et architecture en Picardie des années 1480 aux années 1540. Quadrilobe, 2025, n° 8.
pp. 50-52. -
COUALLIER, Raymond. Un grand amour de La Bruyère. Revue Des Deux Mondes, août 1963.
pp. 563-570. -
GUERVIN, Marius. "En l'année de Corbie". Maximilien de Belleforière marquis de Soyécourt, lieutenant-général en Picardie et Boulonnais (1591-1649) [en ligne]. XVIIe siècle, 1954. (Discours de réception de Monseigneur Guervin le 29 avril 1954 à l'Académie d'Amiens. Conférence donnée le 16 octobre 1954 à la Société d'Étude du XVIIe siècle. Texte augmenté de notes et de documents inédits.)
pp. 641-688. -
LEURIDAN, Théodore. Histoire de Linselles. Première partie. La seigneurie, les franchises, les communes [en ligne]. Bulletin de la Commission historique du département du Nord, Lille : Danel, 1883, tome XVI.
p. 155. -
LOSKOUTTOF, Yvan. Le mécénat littéraire du président de Maisons. Dix-septième siècle, 233(4).
pp. 717-752. -
ODON, Apollinaire. Tilloloy : à propos d'une étymologie et d'une avenue des tilleuls. Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, Amiens et Paris, 1928.
p. 617.
Documents figurés
-
Musée de Picardie Amiens : Fonds Duthoit, boîte XVIII.
Château de Tilloloy. Dessin de la main des frères Aimé (1803-1869) et/ou Louis Duthoit (1807-1874), [ca 1860 ?]. Fonds Duthoit, boîte XVIII. Amiens, Musée de Picardie.
-
Société des Antiquaires de Picardie : Album Pinsard, « Arrondissement de Montdidier », non coté, fol. 112.
Château de Tilloloy [depuis les grilles de l'avant-cour], d’après un croquis. Lithographie d’H. Legrand à Roye, [ca 1850 ?]. Amiens, Société des Antiquaires de Picardie, album Pinsard, « Arrondissement de Montdidier », non coté, fol. 112.
-
2 T[I]LLOLOY (Somme) - Le Château - Vue sur le parc avec le Jardin Anglais. Carte postale, H. Capaumont (éditeur), Lassigny (Oise), [ca 1900] (AP Château de Regnière-Écluse (Somme), non coté).
Lien web
- Atlas de Trudaine pour la "Généralité d'Amiens. N° 4. Routte de Paris en Flandre par Roye et Peronne conduisant à Lille. 10 cartes. N° 18. Routes et ponts". Portion de route partant de "Tilloloy", jusqu'au-delà de "Laucourt", XVIIIe siècle. [consulté le 21/01/2025]
- Correspondance et papiers d'état du cardinal de Richelieu. Publication de la correspondance et des papiers d'État du cardinal de Richelieu, translation des textes originaux pour la période 1610-1642. Dictionnaire biographique, article Maximilien de Belleforière. [consulté le 05/03/2026]
- Dossiers bleus. Mémoires, notes et documents généalogiques, classés par ordre alphabétique de noms de personnes, au Cabinet des titres, dans le cours du XVIIIe siècle. De Rapin à Raussin. Dossier bleu de Rasse (BNF, Département des Manuscrits. Français 30102 (Dossiers bleus 557)). [consulté le 26/02/2026]
- Dossiers bleus. Mémoires, notes et documents généalogiques, classés par ordre alphabétique de noms de personnes, au Cabinet des titres, dans le cours du XVIIIe siècle. De Sorhouet à Soyecourt. Dossier bleu de Soyecourt (BNF, Département des Manuscrits. Français 30163 (Dossiers bleus 618)). [consulté le 26/02/2026]
- François de Rasse dans AUTON (D'), Jean. Chroniques de Louis XII. Paris : Renouard, Société de l'Histoire de France (éd. scientifique), 1889-1895, 4 tomes, tome 2, p. 189. [consulté le 06/03/2026]
- Grille à deux vantaux du château de Maisons-Laffite, v.1646-1650. Paris, Musée du Louvre.
- GUERVIN, Marius, "En l'année de Corbie". Maximilien de Belleforière marquis de Soyécourt, lieutenant-général en Picardie et Boulonnais (1591-1649). XVIIe siècle, 1954. (Discours de réception de Monseigneur Guervin le 29 avril 1954 à l'Académie d'Amiens. Conférence donnée le 16 octobre 1954 à la Société d'Étude du XVIIe siècle. Texte augmenté de notes et de documents inédits.), pp. 641-688. [consulté le 12/02/2026]
- HAIGNERÉ, Daniel. Histoire de Notre-Dame de Boulogne. Boulogne-sur-Mer: Au dépôt des objets de piété et souvenirs de pèlerinage, 1864. [consulté le 26/02/2026]
- Jeton personnel et de mariage de François de Raisse (alias Rasse). Collections de Montpellier Méditerranée Métropole, CC2881-CC2882. [consulté le 26/02/2026]
- LEDIEU, Alcius. Un grand seigneur picard au XVIe siècle. Documents annotés. Paris : Alphonse Picard, 1892. [consulté le 22/01/2026]
- LEURIDAN, Théodore. Histoire de Linselles. Première partie. La seigneurie, les franchises, les communes. Bulletin de la Commission historique du département du Nord, Lille : Danel, 1883, tome XVI, p. 155. [consulté le 13/02/2026]
- MORÉRI, Louis, Le grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane. Tome 9, 1759 (nouvelle édition), article SOYÉCOURT, pp. 524-525. [consulté le 13/02/2026]
- RENTET, Thierry. Anne de Montmorency (1493-1567), le conseiller médiocre. In : MICHON, Cédric [éd.].Les conseillers de François Ier, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2011, pp. 279-309. [consulté le 13/02/2026]
- ROGER, Paul. Noblesse et chevalerie du comté de Flandre, d'Artois et de Picardie. Amiens : Duval et Herment, 1843, p. 202. [consulté le 12/02/2026]
- Tapisserie de lice de la Manufacture des Gobelins. Le Mariage du roi (9 juin 1660). Tenture de l'Histoire du Roi, tissée dans l'atelier de haute lisse de Jans fils, entre 1665 et 1672. [consulté le 03/03/2026]
Annexes
-
Tilloloy au XVIIIe siècle : le château, le village et la route. Lecture croisée d'un levé de l'atlas de Trudaine et du Conducteur français de Louis Denis (1787)
-
Blaise Cendrars (1887-1961) au château de Tilloloy, décembre1939.
-
Portrait de Thérèse d'Hinnisdal (1878-1959) par Dominique Fernandez, 2008
Responsable-adjoint (2018-2023) puis conservateur régional (depuis 2024) de l'Inventaire général Hauts-de-France.
Responsable-adjoint (2018-2023) puis conservateur régional (depuis 2024) de l'Inventaire général Hauts-de-France.