Dossier d’œuvre architecture IA80007320 | Réalisé par ;
Barbedor Isabelle (Rédacteur)
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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  • inventaire préliminaire, arrière-pays maritime picard
  • patrimoine de la villégiature, Villégiature et tourisme en Hauts-de-France
Ancienne demeure du manufacturier Jean-Pierre Hecquet d'Orval, devenue Château des Tilleuls, à Port-le-Grand
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) SMACOPI

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre - Nouvion
  • Commune Port-le-Grand
  • Lieu-dit les Tilleuls, anciennement Le Chantier
  • Cadastre 1832 A 36  ; 1935 A4 107, 108, 110, 127, 128, 214
  • Dénominations
    demeure
  • Appellations
    Villa les Tilleuls, Château des Tilleuls
  • Parties constituantes non étudiées
    jardin d'agrément

Le recensement de 1851 indique que Jean-Pierre Hecquet d'Orval, alors âgé de 68 ans, habite une demeure au lieu-dit Les Chantiers, qui correspond à l'emplacement de cette demeure. Un logement secondaire est affecté à son garde des bois. Le site est représenté sur le plan par masse de culture de 1802 et sur le cadastre napoléonien. Le Chantier de Port est également signalé sur la carte de Cassini.

La communication faite par Pierre-Emile Hecquet d'Orval sur les fouilles réalisées à Port-le-Grand fait état de la date de construction de la demeure à l'initiative de son père Jean-Pierre Hecquet d'Orval, en 1830, puis de la plantation du parc à partir de 1833.

Les recensements de 1836 et de 1851 indiquent qu'il y habite avec sa famille, trois domestiques et un garde des bois. En 1872, la demeure est habitée par un concierge et sa famille. En 1881, Pierre-Emile Hecquet d'Orval s'y est retiré avec sa femme, ses domestiques (cocher et cuisinière) et celle de son jardinier, qui dispose d'un logement indépendant.

En 1897, la demeure devient Les Tilleuls, signalée dans l'annuaire des châteaux et des départements, jusqu'en 1909 comme propriété d'Emile Hecquet d'Orval. En 1906, elle est habitée par deux ménages, ceux de Charles Lecat, garde particulier, et d'un ouvrier agricole de Fernand Hecquet d'Orval, propriétaire du château du Bois de Bonnance.

En 1911, la demeure est habitée par un médecin.

Le service Régional de l´Archéologie indique la présence d´une nécropole du Second Age du Fer, d´habitat et d´architecture religieuse gallo-romains. Les fouilles d'Hecquet d'Orval à partir de 1829 ont permis la mise au jour d'un important mobilier archéologique (48 vases en terre cuite contenant des ossements de petits quadrupèdes, des ossements humains calcinés et quelques débris de fer y ont été découverts).

Au 18e siècle, le site a une vocation de chantier. Trois plots en craie qui, d'après le propriétaire, sont les anciennes bites d'amarrage ou calles sèches du port. Ces éléments dateraient de l'époque gallo-romaine. Il s'agissait ici d'un chantier naval lorsque la mer baignait le bas de Port-le-Grand. Le bois débité dans les forêts de Cantatre, dans le bois des Chartreux et ceux de la Réserve était apporté ici afin d´être livré par voie d'eau vers Abbeville ou Saint-Valery.

La demeure passe pour être élevée à l'emplacement d'une abbaye de Bénédictines, élevée vers 650 près du rivage de la Somme. Ce monastère, dans lequel séjourna sainte Austreberthe. Pillé et incendié au 9e siècle par les Normands, il ne fut pas relevé mais transféré à Montreuil au 11e siècle.

Le monastère avait été construit sur des fondations en pierre de taille et grés, provenant de carrières étrangères au pays. Ces substructions semblent avoir antérieurement fait partie d'un édifice important, probablement du 3e ou 4e siècle (selon Hecquet d´Orval, datation par la soudure des pièces reliées entre elles par de fortes agrafes de fer scellées de plomb).

Le lieu accueillit ensuite un entrepôt dans lequel, jusqu´en 1833, était déposé le bois venu des forêts de Crécy, de Cantatre et de Guelde. Le matériau transporté par bateaux jusqu'à Abbeville ou dans le Vimeu. D'après une habitante, les habitants du château venaient en villégiature aux Tilleuls en traversant le bois par l'allée de Saint-Valery. Les tilleuls seraient de la même époque que la construction de la maison. Une inscription, portant une date, serait présente dans la cave : nous n'y avons malheureusement pas eu accès.

  • Période(s)
    • Principale : milieu 19e siècle
  • Auteur(s)
    • Personnalité :
      Hecquet d'Orval Pierre-Emile
      Hecquet d'Orval Pierre-Emile

      Pierre-Emile Hecquet d'Orval, né à Abbeville, est le fils de Jean-Pierre Hecquet d'Orval.

      Vice-président du comice agricole d'Abbeville, membre de la société d'émulation d'Abbeville, membre du conseil d'administration des musées d'Abbeville, maire de Port-le-Grand de 1859 à 1884, vice-président de la société de Saint-François-Xavier.

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      habitant célèbre attribution par source
    • Personnalité :
      Hecquet d'Orval Jean-Pierre
      Hecquet d'Orval Jean-Pierre

      Ancien manufacturier abbevillois, fils du manufacturier abbevillois Pierre Hecquet d'Orval (1743-1824) et père de Pierre-Emile Hecquet d'Orval, fondateur de la ferme et du château du Bois de Bonnance à Port-Legrand. Jean-Pierre Hecquet d'Orval est maire de Port-le-Grand de 1834 à 1859.

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      commanditaire attribution par source

Le bois des Chartreux jouxte la propriété au nord. La demeure est implantée en retrait de la voie, entourée d'un vaste parc.

Construite en briques et couverte d'ardoises, elle compte deux étages carrés (hiérarchisés) et un étage de comble sur cave et rez-de-chaussée surélevé. perron et escalier à deux volées. Les façades antérieure et postérieure à 5 travées et façades latérales à 2 travées, pignon du comble éclairé par de larges baies semi-circulaires. escalier principal et escalier de service.

  • Murs
    • brique
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, comble à surcroît
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
  • Typologies
    pavillon
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Nous ne comprenons pas les raison de ces fluctuations d´habitants pour un lieu-dit qui semble n´accueillir que des résidents et qui semble pourtant ne pas posséder d´activité exigeant une main-d´oeuvre changeante. Ce lieu-dit dispose d'un ancrage dans le temps relativement intéressant qu'il doit à son emplacement stratégique au pied du plateau, autrefois baigné par les eaux. Il constituait ainsi un lieu d'échange et de commerce important. Les dépendances semblent avoir été construites postérieurement à l'habitation.

Documents d'archives

  • AD Somme. Série P ; 3 P 637/3. Etat de section de la commune de Port-le-Grand, [19e siècle].

  • AD Somme. Série M ; 2M_LN 302. Recensement de population de la commune de Port-le-Grand, [1836-1936].

Bibliographie

  • HECQUET D'ORVAL, Emile. Etude archéologique sur Port-le-Grand. Mémoires de la Société d'Emulation historique et littéraire d'Abbeville, 1878, 3e série, t. 2.

    p. 300.

Documents figurés

  • Port-le-Grand. Plan par masses de culture, d'après Cardinet (géomètre) et Branquart (arpentier), 3 novembre 1802 (AD Somme ; 3 P 1069).

  • Port-le-Grand. Plan cadastral, 1832 (AD Somme ; 3 P 1451).

  • Port-le-Grand - Château des Tilleuls, carte postale en noir et blanc, Edition Girard et Fournier, début 20e siècle.

Date(s) d'enquête : 2004; Date(s) de rédaction : 2004, 2017
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) SMACOPI
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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