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Ancienne malterie Gaytte et Duluard, puis usine métallurgique de la Société des Usines à zinc, puis de la Société anonyme des Mines et Fonderies de la Vieille-Montagne

Dossier IA60001643 réalisé en 2006
Appellations Gaytte et Duluard, Société des Usines à zinc, SA des Mines et Fonderies de la Vieille-Montagne
Parties constituantes non étudiées mur de clôture, voie ferrée
Dénominations malterie, usine métallurgique
Aire d'étude et canton Grand Creillois - Creil
Hydrographies Oise l'
Adresse Commune : Creil
Adresse : 103 à 107 rue Jean-Jaurès , 1 à 8 impasse de la Verrerie
Cadastre : AD 35

Une tannerie et une mégisserie fondées par Gosse sont en activité sur le site en 1871. La date de cessation de cette activité n'est pas connue. En 1887, une malterie dirigée par Gaytte et Duluard, est créée. D'abord prévue dans les bâtiments de la verrerie Péroche alors en liquidation, la malterie est implantée dans sa continuité à l'est sur des terrains vierges. L'usine produit du sirop de glucose à partir de maïs, d'orge, de blé et de toutes les graines contenant de l'amidon. Les bâtiments (magasin, germoir, appareil à sirop, four pour la revivification du noir animal, tonnellerie) sont reliés aux voies ferrées du Chemin de Fer du Nord. La maison du directeur construite en 1887 est séparée des bâtiments de production par un mur : elle est entourée d'un jardin à l'anglaise, référence au directeur anglais de l'usine Gérard Okhnyson. En 1894 la malterie est remplacée par une usine de fibre de bois (fabrication d'emballages et d'allume-feux) dirigée par Louis Plichon. Cette usine reprend les bâtiments de la malterie pour sa production. Elle comprend des ateliers de fabrication, une fibrerie, des chaudières à résines et des bureaux. De nombreuses plaintes sont déposées par les riverains et par Alfred Boissière, le directeur de la verrerie, pour faire cesser la production jugée trop polluante. L'usine qui brûle plusieurs fois entre 1894 et 1895 ferme ses portes en 1897. L'année suivante Garchey installe dans les bâtiments une usine de "pierre fondue" ou pierre à verre utilisée dans la construction. Le procédé consiste en la fabrication de verre et en sa transformation en pierre céramique utilisée notamment dans les carrelages. L'usine périclite rapidement et en 1908, une autorisation est accordée à la Société des Usines à zinc de Creil, propriété de la famille Péroche, pour l'installation de fours servant au traitement d'oxydes et de cendres de zinc. La Société des Usines à zinc de Creil est vendue à la Société Anonyme des Mines et Fonderies de zinc de la Vieille-Montagne en 1915. La production répond dans un premier temps aux besoins de la Défense nationale. De nouvelles parcelles de terrain sont acquises progressivement entre 1917 à 1923. Une demande de travaux est déposée en 1922 : elle concerne l'agrandissement de l'usine, la modernisation de son outillage datant de 1915 et la création d'une vingtaine de maisons ouvrières rue Voltaire (étudiée) réalisées en 1925. Les travaux d'agrandissement de l'usine sont effectués dans le courant de l'année 1923 : ils portent notamment sur l'évacuation des fumées et la construction de cheminées de 50 mètres de haut. Au cours de la décennie 1930, l'usine s'étend vers l'ouest et englobe l'usine métallurgique de fabrication de fers à cheval (étudiée). Après la Seconde Guerre mondiale, en 1947, de nouveaux bâtiments abritant le matériel et les machines nécessaires à des essais de fabrication de zinc, des douches et lavabos sont construits. Le personnel s'élève à 225 personnes dont 50 sont employées pour la mise en marche du nouveau procédé. En 1951, le procédé de distillation des oxydes de zinc est utilisé pour la première fois à la fonderie. L'usine reprend les fabrications de blanc de zinc de l'usine de Levallois (92) en 1952. Le site est agrandi à nouveau entre 1952 et 1962 afin d'étendre la production d'oxyde de zinc. De nouveaux ateliers sont construits : atelier d'agglomération, magasin de stockage en 1959, citerne aérienne de propane en 1960, atelier de fabrication de zinc brut en 1963, atelier d'essais et d'application de peinture en 1965. En 1972, l'usine se compose de bureaux, d'un laboratoire de contrôle et d'un laboratoire d'essais et de nombreux ateliers de fabrication pour les oxydes de zinc purs et extra-purs. Elle dispose d'un cubilot pour le traitement des minerais déplombés, de huit fours à creusets horizontaux et d'une installation de raffinage avec colonnes de distillation (procédé New-Jersey, installé dès 1948 par le directeur Gustave Greiner). Le four Waelz est mis en activité en 1975 : il permet la cuisson des poussières de zinc dans un four rotatif. La teneur du zinc est augmentée jusqu'à 65 % pour que l'oxyde puisse être utilisé comme matière première brute par les producteurs de zinc de première fusion. La Société de la Vieille-Montagne se spécialise dès lors dans le traitement des déchets zinctifères. L'usine ferme en 1992 et la production est transférée à La Ciotat (13). En 1999, le site, à l'abandon, comprend encore plusieurs ateliers de fabrication dont certains accueillent des grands réservoirs avec dévidoirs et les fours. L'usine est rasée en 2000 : c'est actuellement une vaste friche industrielle dont il reste les vestiges des dessertes ferroviaires (rails) et les murs d'enceinte entre l'Oise et la rue Jean-Jaurès. Le directeur et ses administrateurs n'étaient pas logés sur place. En 1950, la Société de la Vieille-Montagne acquiert le château de Vaux à Creil ainsi qu'une maison située rue Victor-Hugo à Creil.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Dates 1887, daté par source
1894, daté par source
1908, daté par source
1923, daté par source
1925, daté par source
1947, daté par source
1952, daté par source
1959, daté par source
1960, daté par source
1963, daté par source
1965, daté par source
1975, daté par source
Auteur(s) Personnalité : Gaytte, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Duluard, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Plichon Louis, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Garchey, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Péroche, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Greiner Gustave, commanditaire, attribution par source

Les murs de clôture de l'ancienne usine sont en pierre de taille et moellons. Le site est parcouru par un réseau de voies ferrées encore visibles. Notes prises par Bertrand Fournier en septembre 1999 avant la destruction du site : Le bâtiment portant l'inscription "Vieille-Montagne" est doté de quais de déchargement avec embranchement ferroviaire. Il est bâti en pan de fer hourdé de brique creuse sur soubassement en béton armé, 8 sheds, essentage de tôle. Certaines de ces briques portent une inscription de marque de fabrique et une date : "Bodard - 36 - Verneuil * 10.4.1980" ou Trouillard-Candi * 18.1.78". Mais la majorité de possèdent pas d'inscription et sont de dimensions plus petites (env. 30x20). A l'intérieur : charpente métallique apparente, toiture en shed avec tôle et verre sur deux travées, ensuite, long pan en tôle. Au fond, présence de grands réservoirs avec dévidoirs. A l'arrière, présence d'autres réservoirs avec dévidoirs, d'une grande cuve horizontale avec système de rotation à entraînement mécanique (chaîne et roue dentée). Sur la partie arrière de cette cuve se trouvait le système d'enfournement surmonté d'un dévidoir. Tour bleue : 5 niveaux, escalier intérieur en fer, monte-charge et fours. Cheminée d'usine tronconique en brique.

Murs pierre
pierre de taille
moellon
États conservations vestiges
Statut de la propriété propriété d'une société privée

Annexes

  • [Lettre adressée par les ouvriers de l'usine de fibre de bois Plichon au maire de Creil pour protester contre la fermeture de leur usine], 1895 :

    [Lettre adressée par les ouvriers de l'usine de fibre de bois Plichon au maire de Creil pour protester contre la fermeture de leur usine], 1895 :

    "Creil, le 11 décembre 1895.

    Monsieur le Maire de la ville de Creil.

    Les ouvriers de l´usine de M. Plichon à Creil ont l´honneur de venir protester en masse contre l´action aussi indigne que basse que vient de commettre Monsieur Boissière, maître de la verrerie de Creil.

    Il veut nous enlever notre pain, il veut nous empêcher de vivre honnêtement et à l´abri de la misère ; il fait signer de gré ou de force aux ouvriers de son usine une pétition afin d´interdire l´industrie de notre patron qui lui nous donne le salaire que nous méritons contrairement au sus nommé !

    La plus simple raison de son animosité croyons nous est qu´il est obligé ainsi d´augmenter les salaires tout à fait minimes qu´il nous donnait à tous.

    Il prend pour prétexte que l´odeur de la résine empêche ses ouvriers de travailler.

    Voyez-vous ? Monsieur le Maire, des ouvriers travaillant au milieu de la fumée noire et âcre des fours, tombant, suffoqués par l´odeur de la résine qui ne parvient même pas jusqu´à eux ? Non cela ne peut se concevoir et pourtant c´est là son prétexte ! ! ! !

    Mais, nous, qui connaissons le vrai motif, nous venons vous le crier bien haut ; afin de faire connaître à tous ce dont cet industriel est capable. Il rage parce que notre patron nous emploie nous et nos enfants : ces derniers surtout à une besogne saine et bien rémunérée.

    Notre usine emploie beaucoup de gamins tant à la fabrication des ligots [petite botte de bûchettes enduites de résine à un bout, pour allumer le feu] qu´à la fabrique des boîtes d´allume feux.

    Ces gamins, âgés de 12 à 15 ans travaillent de 7 heures le matin à 7 heures le soir dans des magasins sains et bien aérés : leur tache est facile et peu fatigante et ils parviennent à gagner 35 à 60 francs par mois.

    Chez M. Boissière, il n´en est pas ainsi ? Ne gagnant que 30 francs par mois, ils travaillent de 5 heures et demi le matin à 5 heures et demi le soir tenant les moules aux ouvriers verriers et souvent plus mal conduits que ne le devraient être des enfants de leur âge.

    Vous comprendrez aisément que ces gamins préfèrent venir travailler chez nous et pas là Monsieur Boissière se voit obligé d´arrêter certaines équipes.

    Voilà le seul vrai motif qui a poussé Monsieur de Boissière à faire pétitionner ses ouvriers pour nous empêcher de travailler tous. Mais à vous M. le Maire qui protégez les ouvriers, nous venons protester tous hautement et nous disons que comme tous nous avons droit au travail ainsi que ses ouvriers à lui : nous savons tenir notre place de travailleurs honnêtes et fidèles.

    Les ouvriers de l´usine

    (Suivent les signatures des fibreurs, des mécaniciens, des scieurs, menuisiers, emballeurs, affûteurs, déchiqueteurs, forgerons)."

    Extrait de AD Oise : 5Mp2455/2.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Creil. Série I ; 5 I 9. [Vieille-Montagne, fonderie de zinc], 1923-1927.

  • AC Montataire. Série W ; sous-série 96W : 96W8. Etablissements classés ; dossier Brissonneau-Lotz : 1970-1976.

    Dossier société de la Vieille-Montagne : 1971.
  • AD Oise. Série M ; sous-série 5M : 5Mp2454/2. Etablissements insalubres Creil, 1860-1875.

    Dossier Gosse et fils, 1871-1872.
  • AD Oise. Série M ; sous-série 5M : 5Mp2455/1. Etablissements insalubres, Creil 1876-1888. Dossier Gaytte et Duluard, fabrique de glucose en 1887.

  • AD Oise. Série M ; 5 Mp 2455/2. Etablissements insalubres, Creil, 1891-1894. Dossier Louis Plichon pour sa fabrique de fibre de bois et allume-feux résineux en 1894.

  • AD Oise. Série M ; sous-série 5M : 5Mp2456/1. Etablissements insalubres, Creil. 1895-1906.

    Société parisienne de produits céramiques, Garchey, 1898-1899.
  • AD Oise. Série M ; sous-série 5M : 5Mp 2457. Etablissements insalubres, 1908-1933.

    SA des Mines et fonderie de zinc de la Vieille-Montagne, rapports et correspondances entre 1908 et 1933.
  • AD Oise. Série R ; sous-série 2R : 2RP1306. Usines travaillant pour la défense nationale.

    Usine de zinc de la Vieille-Montagne, novembre 1916.
  • AD Oise. Série W ; 473W 8291. Etablissements classés, 1940-1950. Installation d'une citerne souterraine sur le site de l'usine à gaz, 1950.

    Extension de l'usine Vieille-Montagne, construction de nouveaux bâtiments pour la fabrication de zinc de métal et la fabrication du blanc de zinc, 1948.
  • AD Oise. Série W ; sous-série 496W : 496W9498. Etablissements classés : installation d'un réservoir aérien de 350 m3 de fuel oil destiné au chauffage des fours à zinc, 1952.

  • AD Oise. Série W ; sous-série 551W : 551W14436. Etablissements classés : installation d'un dépôt d'acétylène dissout constitué de deux bouteilles de 48 m3, 1956.

    Installation d'un réservoir souterrain de 8000 litres de fuel, 1958.
  • AD Oise. Série W ; 753 W 27476. Dommages de guerre, 1939-1945. Acquisition du château de Vaux par la Société Vieille-Montagne, 1950.

  • AD Oise. Série W ; 766W 29788. Transformation et agrandissement du bureau d'études, 1946.

    Permis de construire : Creil, Vieille-Montagne, 1948.
  • AD Oise. Série W ; sous-série 1105W : 1105W48. Etablissements classés : constructions d'ateliers 1959-1965.

  • AD Oise. Série W ; 1191W 3. Etablissements classés : construction d'une quatrième colonne de distillation de zinc, 1970.

Documents figurés
  • Plan n° 2 de l'emplacement de la tannerie Gosse au lieu-dit les Verreries. Plan dessiné, en couleur, échelle 1/250e. 1872 (AD Oise ; 5Mp2454/2).

  • Maltoserie française de Creil. Demande d'autorisation pour four de revivification du noir animal. Plan de l'usine (territoire de Creil) . Plan dessiné en couleur, échelle 1/1000e, 5 septembre 1887. Péroche (architecte) (AD Oise ; 5Mp2455/1).

  • Usine de la fibrerie de Creil L. Plichon, 6 rue Demarquay, Paris. Nota : L'usine et ses dépendances sont teintées en rose. Plan dessiné en couleur, échelle de 1/2500 m/m. 1894 (AD Oise ; 5Mp2455/2).

  • Plan de la maltoserie et des propriétés environnantes sur un rayon de 200 mètres. Plan dessiné, calque, couleur, échelle 1/2500e, Depas (géomètre), 1898 (AD Oise ; 5Mp2456/1).

  • [Papier à lettre à en-tête de l'usine Garchey]. Impr. photoméc., n. et b., 1899 (AD Oise ; 5Mp2456/1).

  • [Plan de l'usine Garchey]. Plan imprimé, échelle 0,005 m/m, 1898 (AD Oise ; 5Mp2456/1).

  • Plan de la Société Anonyme des Mines et Fonderies de Zinc de la Vieille-Montagne, usine de Creil (Oise). Plan imprimé, calque couleur, échelle 1/1000e. (AD Oise ; 5Mp2457).

  • Plan et coupe des cheminées : société des mines et fonderies de la Vieille-Montagne, usine de Creil. Plan imprimé, couleur, sans échelle, 1923 (AD Oise ; 5Mp2457).

  • Plan de la nouvelle usine dressé en 1948. Plan imprimé, échelle 1/200e, 1948 (AD Oise ; 766W29788).

  • [Vue générale de la Vieille-Montagne]. Photographie, noir et blanc, 1954 (Les pays de l'Oise, Paris : L'opinion économique et financière).

Bibliographie
  • Vieille-Montagne. Société anonyme des mines et fonderies de zinc de la Vieille-Montagne, Paris, sans date, non paginé.

  • Société des Mines et fonderies de zinc de la Vieille-Montagne. Vieille-Montagne, 1837-1962, SA-Angleur, Belgique, ed. L. Cuypers, Bruxelles, 1962.

  • Vieille-Montagne et le zinc, 150 de progrès. 1837-1987. Massoz s.a., 1987.

  • "Les usines de Creil, de Port-de-Bouc et de Bray". Usines et Industries, n°30, janvier-février 1972.

    p. 50.
  • BROUCKMANS, Richard. Historique de l'usine de Creil. Étude réalisée en 1998.

  • PETIT-BONHOMME, Jacques. "Faut-il conserver la cheminée de la Vieille-Montagne ? " Le Courrier Picard, 24 août 1999.

  • TURGAN. "Mines et fonderie de zinc de la Vieille-Montagne". In Les grandes usines, 1863.

    p. 209-240.
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