Dossier d’œuvre objet IM02004723 | Réalisé par
Riboulleau Christiane
Riboulleau Christiane

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, région Hauts-de-France jusqu'en 2022.

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  • enquête thématique régionale, la basilique de Saint-Quentin
Ensemble de deux peintures monumentales (décor intérieur) : scènes du martyre de saint Quentin (?), les chanoines Oudard de Hiencourt (?) et Grégoire de Ferrière en prière
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération du Saint-Quentinois - Saint-Quentin
  • Commune Saint-Quentin
  • Adresse Ancienne collégiale royale, actuellement basilique Saint-Quentin
  • Emplacement dans l'édifice chartrier murs est et ouest
  • Dénominations
    peinture monumentale
  • Titres
    • Scènes du martyre de saint Quentin () (incertitude)
    • les chanoines Oudard de Hiencourt () et Grégoire de Ferrière en prière (incertitude)

Le chanoine Grégoire de Ferrière, l'un des plus grands donateurs du chapitre, meurt vraisemblablement en 1293 ou 1294. C'est sans doute à ces libéralités qu'il doit l'honneur d'avoir reçu l'un des plus beaux tombeaux de la collégiale, sur le côté du sanctuaire, et d'avoir été peint sur une paroi intérieure du chartrier. La construction du portail du cloître et du chartrier qui le surmonte est généralement placée à la fin du 13e siècle ou au tout début du 14e siècle. Toutefois, sur la peinture murale, Grégoire de Ferrière est accompagné d'un autre religieux, Oudard de Hiencourt (de Liencourt ou de Brencourt), qui se fit également remarquer pour sa générosité envers le chapitre. Quentin de La Fons le fait vivre au début du 14e siècle, alors que Louis-Paul Colliette date sa donation vers 1350. En l'absence d'études sur les chanoines de Saint-Quentin, qui permettraient de corriger ces informations, il est prudent de proposer pour ces peintures une datation dans la première moitié du 14e siècle.

  • Période(s)
    • Principale : 1ère moitié 14e siècle
  • Lieu d'exécution
    Édifice ou site : Picardie, 02, Saint-Quentin

La peinture du mur oriental est de forme rectangulaire horizontale. Celle du mur ouest est formée de deux tableaux superposés, également de forme rectangulaire horizontale. Le mauvais état des peintures complique l'étude de leur technique, que seule une analyse permettrait d'appréhender. Il peut s'agir de peinture à la chaux, mais il ne s'agit probablement pas de fresque. L'enduit appliqué sur le mur est très mince, proche d'un badigeon, et ne masque même pas les joints des pierres du mur.

  • Catégories
    peinture murale
  • Structures
    • élévation, 3, rectangulaire horizontal, superposé
  • Matériaux
    • enduit, support peint, polychrome, peinture à la chaux
  • Précision dimensions

    Décor du mur occidental : h = 293 ; la = 180. La hauteur a été mesurée de la voûte jusqu'au bas de l'inscription. La largeur est celle du mur, armoire exclue. Le tableau du mur oriental devait mesurer approximativement 140 cm de largeur.

  • Iconographies
    • scène historique, martyre, assis, de face, corps dévêtu, broche, bourreau saint Quentin
    • scène, religieux, agenouillé, de profil, prière
    • scène, ?, assis, de face homme
  • Précision représentations

    Un dessin signé de Laugée, datable vers le milieu du 19e siècle, permet de mieux connaître les peintures du mur occidental. Le tableau supérieur de cette paroi représente le plus célèbre passage du martyre de saint Quentin. Au centre, le saint dévêtu est assis de face, les mains immobilisées. Il était encadré par deux soldats de profil, armés d'une masse, qui enfonçaient les broches dans ses épaules. En dessous, sont peints quatre religieux agenouillés de profil et les mains jointes, qui semblent prier devant la scène de martyre. Au centre, les deux chanoines, reconnaissables à leur aumusse, se font face. La scène est soulignée d'un bandeau qui rapporte leur nom. Ils sont accompagnés chacun d'un chapelain ou d'un acolythe en prière, de taille plus petite et vêtu d'une aube blanche. La scène peinte sur le mur oriental est trop dégradée pour qu'on puisse en reconnaître l'iconographie. A notre gauche, un homme (?) semble assis sur un siège à dossier et accoudoirs. Un personnage dont on distingue les orteils occupait la partie droite. Peut-être s'agissait-il d'une confrontation entre saint Quentin et Rictiovare ? Mais rien ne permet de l'affirmer car il n'existe à notre connaissance, ni description, ni dessin de cette scène. Quoi qu'il en soit, le traitement des encadrements peints (ondulations rouges et blanches) fait de cette scène le pendant de la scène de martyre du mur occidental.

  • Inscriptions & marques
    • inscription donnant l'identité du modèle, peint, sur l'oeuvre, latin, incomplet, lecture incertaine, connu par document
  • Précision inscriptions

    L'inscription peinte en noir sur blanc, sous les personnages agenouillés, est la suivante : [M]agr Oud[ar]d de [....]court : : Magr Gregorius de Fer[raria]. Si le second personnage est Maître Grégoire de Ferrière, l'identité du premier n'est pas certaine. De La Fons le mentionne au 17e siècle comme Oudard de Liencourt, Colliette, au 18e siècle, y voit Oudard de Hiencourt, et le dessin de Laugée le nomme Oudard de Brencourt.

  • État de conservation
    • mauvais état
    • oeuvre menacée
    • manque
    • oeuvre mutilée
  • Précision état de conservation

    Les peintures se sont beaucoup dégradées en deux siècles et sont en très mauvais état. Il ne subsiste plus que des fragments méconnaissables de la peinture du mur est. En outre, le chartrier est recouvert d'une terrasse qui n'est pas étanche. La pluie pénètre donc dans la pièce, à côté de ce mur, ce qui dégrade la voûte et la peinture. Le décor du mur ouest est très abîmé et semble avoir subi des mutilations, par grattage. L'un des quatre personnages agenouillés a disparu et le visage et les mains des trois autres religieux sont manquants. Dans le tableau supérieur, une partie des jambes de saint Quentin ainsi qu'un des bourreaux ont disparu. La couche picturale tombe par écailles, et des papiers ont été collés pour consolider la surface la plus fragile.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    À signaler
  • Protections
    classé au titre immeuble, 1840
  • Référence MH

L'emplacement et l'usage du chartrier ont contribué à préserver de nombreuses traces de son décor peint. Toute la pièce était peinte d'un décor de faux appareillage, de teinte ocre jaune clair avec des joints crème ou blancs.

Bibliographie

  • COLLIETTE, Louis-Paul. Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique, civile et militaire de la province de Vermandois. 3 volumes. Cambrai : Samuel Berthoud imprimeur, 1771-1772.

    t. 2, 1772, p. 787
  • GOMART, Charles. Extraits originaux d'un manuscrit de Quentin de La Fons intitulé Histoire particulière de l'église de Saint-Quentin, publiés, pour la première fois, par Ch. Gomart. Saint-Quentin : librairie Doloy, 1854, t. 1er.

    p. 303

Documents figurés

  • Décor peint du mur occidental du chartrier, dessin aquarellé, par Désiré François Laugée, 2e quart du 19e siècle (AD Aisne ; J 2835).

Date(s) d'enquête : 2010; Date(s) de rédaction : 2010
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Riboulleau Christiane
Riboulleau Christiane

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, région Hauts-de-France jusqu'en 2022.

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