Dossier d’œuvre architecture IA80007314 | Réalisé par
  • inventaire préliminaire, arrière-pays maritime picard
Le hameau de Salenelle à Pendé
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) SMACOPI

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Trois Vallées - Friville-Escarbotin
  • Commune Pendé
  • Lieu-dit Salenelle

Au sud de la baie de Somme, Sallenelle, situé au pied de la falaise morte, est placé sur un banc de galets recouvert d´une couche végétale. En effet, l´ancienne ligne de rivage a joué un rôle structurant dans l´édification des zones urbaines : routes et villages se sont groupés au pied du plateau en limite de la zone humide et des bas-champs, le long de la falaise morte : à partir d´Onival, sur la route départementale 940, se succèdent Hautebut, Brutelles, Lanchères, Herlicourt et Salenelle.

Le hameau, prolongeant Lanchères, tire son nom des salines qui l'entouraient jusqu'au 14e siècle (nelles salées), avant l´endiguement qui permit de rendre les terres cultivables.

L´occupation du territoire est ancienne puisque des fouilles ont déterminé la présence de sites gallo-romains et de sépultures creusées dans le banc de galets.

La seigneurie était de l'élection d'Amiens et relevait de la châtellenie de Saint-Valery. Les coutumes locales furent rédigées en 1507. D´après le recensement de la population, en 1851, Sallenelle disposait de 106 maisons pour 475 habitants. En 1872, la population avait déjà baissé et quinze maisons avaient été détruites (données contradictoires entre le cadastre de 1832 et celui de 1882). En 1881, la population était de 371 âmes (100 habitants en moins que trente ans auparavant). En 1906, le nombre d´habitants avait encore diminué pour passer à 332. En 1911, ils atteignirent 372 pour stagner jusqu´en 1932.

La conquête agricole des bas-champs s´effectua très tardivement, pour l´essentiel dans le courant du 19e siècle, à mesure de l´amélioration du drainage de la terre, épanchement de la nappe de craie vers la mer.

Au début du 19e siècle (cadastre napoléonien), les fermes étaient distribuées de part et d´autre de la Route Départementale, généralement isolées les unes des autres. Le réseau de chemins dessinait des lotissements accolés. En 1832, les logis étaient indifféremment parallèles ou perpendiculaires à la rue. Le parcellaire ancien était droit, linéaire et relativement large (suffisamment pour ne pas parler de « laniéré »). L'ouest de Salenelle était occupé par des marais, peu à peu transformés en terrains constructibles (assèchement des terres) et investis par les ouvriers de la sucrerie de Lanchères dès la fin du 19e siècle (données contradictoires avec le recensement qui indique que le nombre d´habitants avait diminué).

Deux moulins à vent sont indiqués sur le cadastre napoléonien : le premier sur la route de Salenelle à Lanchère et le second, sur le chemin de Salenelle à Tilloy (entre le marais et le chemin d´Eu). Leur présence n´est pas vérifiable sur le terrain puisqu´aucune substruction n'a été retrouvée. Une croix de chemin était apposée à l'angle des actuels rue du Général de Gaulle et du Chemin de Liermande.

D´après l´état de section de la fin du 19e siècle, un grand nombre de propriétaires abbevillois et valériens possédaient des terres sur le hameau. Le document indique que Salenelle rassemblait quelques fileuses. Le nom de la rue des Verrotiers prouve la présence de ce corps de métier (femme ramassant les vers de mer pour la pêche), en raison de la proximité de la mer encore au début du 20e siècle.

Pendant l'entre-deux-guerres, Salenelle rassemblait 110 cultivateurs, propriétaires de 10 à 30 hectares de terre ; mais la plupart travaillaient à la râperie de Lanchères (fermeture en 1965). Aujourd´hui, le hameau ne possède qu'une seule exploitation agricole.

D´après Gaudefroy, les salines étaient établies sur des bas fonds aux environs des vases et des embouchures de rivières. Le sel était expédié par bateau ou par voie de terre. La chambre du grenier à sel pour le Vimeu et Saint-Valery était établie au 15e siècle à Salenelle. La présence de digues dans les terrains voisins semble indiquer que l´on y extrayait le sel. Les salines furent supprimées au cours du 14e siècle, époque à laquelle la gabelle fut introduite en France. Le grenier à sel de Salenelle fut alors supprimé et réuni à celui de Saint-Valery.

  • Période(s)
    • Principale : Gallo-romain

Le hameau est demeuré étiré le long de la route (aux origines anciennes) qui relie Saint-Valery à Eu, lui procurant ainsi un emplacement stratégique pour la communication. Le hameau est bien desservi par quelques routes départementales l´intégrant parfaitement au littoral et à l´arrière-pays. Le territoire est traversé par la ligne de chemin de fer reliant Cayeux à Saint-Valery.

Situé en bordure de bas-champs de Cayeux, entouré de champs ouverts, Sallenelle est un village-rue. Son urbanisme est aussi développé qu´à Pendé, le chef-lieu.

Les constructions fermes anciennes, ayant conservé leur parcellaire d´origine, sont implantées le plus souvent à l´alignement de la rue principale ou en léger retrait, créant ainsi un habitat dense où le parcellaire est majoritairement étroit et profond (laniéré), souvent double : une première partie sur rue est réservée à l´habitat, une seconde à l´arrière pour le jardin-potager. Quelques constructions plus massives sont des fermes au logis sur rue (longère) avec grange en fond de cour (1 rue du Général de Gaulle).

Les mutations foncières et la diminution des emplois agricoles ont entraîné la destruction des annexes (il ne reste alors bien souvent que l´habitation) ainsi que la construction de maisons ouvrières au début du 20e siècle vers Lanchères. En effet, dans la rue de Eu, l'habitat mitoyen est très concentré : les maisons en brique sont composées d'un unique rez-de-chaussée de trois travées. Il pourrait s'agir de maisons d'ouvriers ayant travaillé à la sucrerie de Lanchères ou au chemin de fer. Salenelle ne présente aucune trace d´architecture de villégiature (elle dispose uniquement d´un caractère agricole ou ouvrier).

La brique fait son apparition dans la seconde moitié du 19e siècle (cf 5 rue des Verrotier daté de 1863), uniquement pour le logis. Le logis de certaines fermes a parfois été reconstruit au début du 20e siècle, tout en conservant les dispositions intérieures des maisons traditionnelles (cf 9 rue du Général de Gaulle). Pourtant, le torchis est utilisé jusqu´à la seconde moitié du 20e siècle, mais uniquement pour les dépendances (90 rue du Général-de-Gaulle).

De nombreuses maisons construites à la fin du 19e siècle sont recouvertes d'un enduit à base de poussière de briques. Dès le début du 20e siècle, ce mélange n'est plus utilisé puisque la brique est trop rouge pour le recevoir.

Documents d'archives

  • AD Somme. Série P ; 3 P 618/3. Etat de section de la commune de Pendé, [1882].

  • AD Somme. Série M ; 2 M_LN 298. Recensement de population de la commune de Pendé [1836-1936].

Bibliographie

  • AGACHE, Roger. La Somme pré-romaine et romaine d´après les prospections aériennes à basse altitude. Amiens, Société des antiquaires de Picardie, 1978.

    p. 62
  • Les bas-champs picards : enjeux entre terre et mer. Amiens, compte-rendu de colloque, 22 octobre 2004.

  • BELLEVAL, René De. Les fiefs et les seigneuries du Ponthieu et du Vimeu. Brionne, Gérard Monfort, 1975.

    p. 287
  • DIMPRE, Rémi. Histoire de quelques pays du Vimeu. Saint-Valery-sur-Somme : Imprimerie E. Lefebvre, 1900.

    p. 43
  • ESTIENNE, Jacques. Un village picard sous la Convention, Etudes des délibérations du Conseil Municipal de Pendé (1790-1816). Déposé aux Archives Départementales de la Somme en 1953, document dactylographié, s. d.

    p. 9
  • GAUDEFROY. Les salines du Ponthieu et du Vimeu. Bulletin de la Société d'Emulation d'Abbeville. 1925 à 1928, t. 8.

    p. 39-46-47-53-54
  • GUERVILLE, André. Chapelles et oratoires en pays de Somme. Abbeville : F. Paillart éditeur, 2003.

    p. 43.
  • LEFILS, Florentin. Géographie historique et populaire des communes de l´arrondissement d´Abbeville. Marseille, Laffitte Reprints, 1981. Réimpression de l'édition originale publiée à Abbeville, J. Gamain, 1868.

    p. 405
  • SEIGNEUR, François. Plan d'Occupation des Sols de Pendé. 1995.

    p. 13, 14, 16, 17

Documents figurés

  • Pendé. Plan cadastral, 1832 (AD Somme : 3 P 1446).

  • Sallenelle - Le centre du village, carte postale en noir et blanc, début 20e siècle.

  • Environs de Saint-Valery-sur-Somme - Sallenelle, carte postale en noir et blanc, début 20e siècle.

Date(s) d'enquête : 2004; Date(s) de rédaction : 2004
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) SMACOPI