• inventaire préliminaire, arrière-pays maritime picard
Le village de Pendé
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) SMACOPI

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Trois Vallées - Friville-Escarbotin
  • Commune Pendé

L´histoire du village est étroitement liée à celle du territoire. C´est pourquoi nous ne reprendrons pas ici les éléments historiques développés dans la fiche « généralité territoire communal » (fiche IA80003104).

Le recensement de la population indique qu´en 1851, le village comportait 142 maisons pour 589 âmes. Entre 1851 et 1872, 22 maisons avaient été construites pour 104 habitants en plus. Cette variation est-elle liée à l´introduction de la sucrerie de Lanchères ? 1881 voit encore le nombre de constructions augmenter à 188 maisons pour 723 individus. Pendé ne cessa ainsi de prendre de l´importance jusqu´au début du 20e siècle. Les chiffres diminuèrent légèrement dès 1906 pour passer en 1921 à 174 maisons pour 602 habitants.

Le document indique le métier de certains propriétaires au 19e siècle : tisserand, couvreur en chaume (plusieurs résidaient à Petit-Pendé), cabaretier, serrurier. En effet, nombre d'habitants possédaient une activité de serrurier. Pour certains, il s'agissait d'un revenu secondaire, c´est pourquoi ils sont peu représentés dans les documents d´archive. Quelques uns allaient également travailler à la sucrerie de Lanchères ou au chemin de fer. Tous les ateliers étaient similaires aux deux seuls exemplaires encore conservés à Pendé (14 rue de la Mare et 6 rue du Petit-Pendé).

D´après l´observation du cadastre napoléonien, en 1832, les habitations étaient situées de part et d´autre des deux rues qui constituent le coeur du village. L´église formait donc une place excentrée du véritable centre-village, dessinée par le carrefour des routes Lanchères/Saint-Valery et Sallenelle/Tilloy, marqué par le calvaire. Les fermes se concentraient essentiellement au nord de cette route sur un parcellaire régulier et laniéré, légèrement plus large qu´à l´accoutumé. Au nord-ouest (rue du Fond du Val), la plupart des fermes disposaient de logis sur rue, indépendants, avec dépendances en fond de cour, parallèles à l'habitation. L´espace était relativement vide à l´est. Au sud, le village était limité par la propriété du château. Des parcelles de champs laniérées ceinturaient le village.

Au 19e siècle, les dents creuses furent comblées et la Route Départementale entre Saint-Valery et Tilloy se construisit, attachant Grand-Pendé à Petit-Pendé. Petit-Pendé était composé d´une alternance de parcelles laniérées et de parcelles plus larges sur lesquelles étaient construites des fermes avec bâtiments à l´aplomb de la rue, logis en retrait, plus ou moins alignés. Chaque propriétaire possédait, derrière la partie habitation, une parcelle étroite de 50 mètres de long, au fond de laquelle coulait la rivière. De nombreuses dents creuses étaient perceptibles, essentiellement au sud.Deux bois clôturaient le territoire à l´est ; le nord était, lui, occupé par des marais. D´après l´état de section, Petit-Pendé était composé d´une multitude de prés, marais, aulnaies et prés tourbés.

La rue du Petit-Pendé connut de nombreuses destructions de son bâti traditionnel (abandon des petites exploitations), remplacé à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle par des habitations ouvrières en brique.

Un moulin à vent était situé entre Pendé et Sallenelle sur le lieu-dit « Moulin de Salenelle » (C 166). D´après l´état de section, plusieurs incendies ravagèrent une partie du village en 1867, 1871 et 1872.

  • Période(s)
    • Principale : Moyen Age

Situé sur les bords de la baie de Somme, le village est construit à l´écart des voies de communication anciennes. La structure viaire de la commune, base de l´urbanisation, renseigne sur son rôle de carrefour entre Saint-Valery, les communes du Vimeu et la vallée de la Bresle. La Route Départementale 2 traverse le centre de Pendé. La voie contre lesquels s´appuient les habitations de Petit-Pendé épouse le tracé de l´Amboise et représente l´axe principal de la vallée. Le village est entouré de prairies, champs, végétation dense qui borde l´Amboise et accompagne les étangs situés à l´est de Petit-Pendé.

Le parcellaire est adapté à l´exploitation traditionnelle du sol (long et étroit). D´autres parcelles sont au contraire plus larges en façade et moins profondes. La distribution du bâti, de part et d´autre des voies de communication, l´apparente à un village-rue. Le centre-village a été très peu modifié depuis le début du 19e siècle : la rue de l´Eglise conserve encore des bâtiments anciens insérés en milieu de parcelle, protégés par un mur de clôture en briques. Mais le bâti ancien (pour les fermes de petite taille) peut également s´inscrire à l´alignement de la rue, ou en léger retrait. Les logis sont systématiquement situés parallèlement à la voie de circulation. Les évolutions de l´agriculture ont parfois entraîné, nous l´avons vu, la destruction des annexes. Les petites fermettes situées au nord de la rue du Petit-Pendé sont d´ailleurs endommagées. La rue de la Mairie dispose de multiples dents creuses qui confèrent au village un urbanisme peu cohérent.

Petit-Pendé regroupe un grand nombre de maisons mitoyennes et symétriques, de trois travées de long, en briques (cf °28 et 30), que l´on peut appeler « maison ouvrière ». Il indique une extension linéaire du village-centre en direction d´Estréboeuf. Un habitat plus aéré et plus récent est venu se greffer sur le bâti ancien au nord du village. Les maisons de la rue principale (actuelle rue du 11 Novembre) ont été construites au début du 20e siècle.

La construction de caves est impossible car l'eau est trop proche de la surface (4 ou 5 mètres de profondeur). Le calvaire, situé sur la place de l'Eglise, possède encore ses croisettes.

Documents d'archives

  • AD Somme. Série M ; 2 M_LN 298. Recensement de population de la commune de Pendé [1836-1936].

  • AD Somme. Série P ; 3 P 618/3. Etat de section de la commune de Pendé, [1882].

Bibliographie

  • CAHON, Lucien. Histoire du tortillard. Société d´archéologie et d´histoire de Saint-Valery-sur-Somme. 1977, n°8.

    p. 3
  • DELATTRE, Daniel. La Somme. Les 783 communes. Grandvilliers : Daniel Delattre, 1999.

    p. 240
  • HUGUET, Adrien. La Fête des Rois et les Meuniers. Bulletin de la Société d´Emulation historique et littéraire d´Abbeville. Abbeville, 1932-1934, t. XV.

    p. 476-477
  • SEIGNEUR, François. Plan d'Occupation des Sols de Pendé. 1995.

    p. 4, 10-19, 24

Documents figurés

  • Pendé. Plan cadastral, 1832 (AD Somme : 3 P 1446).

  • Pendé. Plan cadastral, 1832 (AD Somme : 3 P 1446).

  • Rue du Petit-Pendé - Pendé (Somme), carte postale en noir et blanc, d'après G. Dillain (photographe), début 20e siècle.

  • Pendé (Somme) - Grande Rue, carte postale en noir et blanc, d'après Blondin-Penel (éditeur), début 20e siècle.

  • Pendé (Somme) - Café des Voyageurs, carte postale en noir et blanc, d'après Blondin (éditeur), début 20e siècle.

Annexes

  • Le territoire communal
Date(s) d'enquête : 2004; Date(s) de rédaction : 2004