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Le village de Pendé

Dossier IA80007313 réalisé en 2004

Fiche

Dénominations village
Aire d'étude et canton Trois Vallées - Friville-Escarbotin
Adresse Commune : Pendé

L´histoire du village est étroitement liée à celle du territoire. C´est pourquoi nous ne reprendrons pas ici les éléments historiques développés dans la fiche « généralité territoire communal » (fiche IA80003104).

Le recensement de la population indique qu´en 1851, le village comportait 142 maisons pour 589 âmes. Entre 1851 et 1872, 22 maisons avaient été construites pour 104 habitants en plus. Cette variation est-elle liée à l´introduction de la sucrerie de Lanchères ? 1881 voit encore le nombre de constructions augmenter à 188 maisons pour 723 individus. Pendé ne cessa ainsi de prendre de l´importance jusqu´au début du 20e siècle. Les chiffres diminuèrent légèrement dès 1906 pour passer en 1921 à 174 maisons pour 602 habitants.

Le document indique le métier de certains propriétaires au 19e siècle : tisserand, couvreur en chaume (plusieurs résidaient à Petit-Pendé), cabaretier, serrurier. En effet, nombre d'habitants possédaient une activité de serrurier. Pour certains, il s'agissait d'un revenu secondaire, c´est pourquoi ils sont peu représentés dans les documents d´archive. Quelques uns allaient également travailler à la sucrerie de Lanchères ou au chemin de fer. Tous les ateliers étaient similaires aux deux seuls exemplaires encore conservés à Pendé (14 rue de la Mare et 6 rue du Petit-Pendé).

D´après l´observation du cadastre napoléonien, en 1832, les habitations étaient situées de part et d´autre des deux rues qui constituent le coeur du village. L´église formait donc une place excentrée du véritable centre-village, dessinée par le carrefour des routes Lanchères/Saint-Valery et Sallenelle/Tilloy, marqué par le calvaire. Les fermes se concentraient essentiellement au nord de cette route sur un parcellaire régulier et laniéré, légèrement plus large qu´à l´accoutumé. Au nord-ouest (rue du Fond du Val), la plupart des fermes disposaient de logis sur rue, indépendants, avec dépendances en fond de cour, parallèles à l'habitation. L´espace était relativement vide à l´est. Au sud, le village était limité par la propriété du château. Des parcelles de champs laniérées ceinturaient le village.

Au 19e siècle, les dents creuses furent comblées et la Route Départementale entre Saint-Valery et Tilloy se construisit, attachant Grand-Pendé à Petit-Pendé. Petit-Pendé était composé d´une alternance de parcelles laniérées et de parcelles plus larges sur lesquelles étaient construites des fermes avec bâtiments à l´aplomb de la rue, logis en retrait, plus ou moins alignés. Chaque propriétaire possédait, derrière la partie habitation, une parcelle étroite de 50 mètres de long, au fond de laquelle coulait la rivière. De nombreuses dents creuses étaient perceptibles, essentiellement au sud.Deux bois clôturaient le territoire à l´est ; le nord était, lui, occupé par des marais. D´après l´état de section, Petit-Pendé était composé d´une multitude de prés, marais, aulnaies et prés tourbés.

La rue du Petit-Pendé connut de nombreuses destructions de son bâti traditionnel (abandon des petites exploitations), remplacé à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle par des habitations ouvrières en brique.

Un moulin à vent était situé entre Pendé et Sallenelle sur le lieu-dit « Moulin de Salenelle » (C 166). D´après l´état de section, plusieurs incendies ravagèrent une partie du village en 1867, 1871 et 1872.

Période(s) Principale : Moyen Age

Situé sur les bords de la baie de Somme, le village est construit à l´écart des voies de communication anciennes. La structure viaire de la commune, base de l´urbanisation, renseigne sur son rôle de carrefour entre Saint-Valery, les communes du Vimeu et la vallée de la Bresle. La Route Départementale 2 traverse le centre de Pendé. La voie contre lesquels s´appuient les habitations de Petit-Pendé épouse le tracé de l´Amboise et représente l´axe principal de la vallée. Le village est entouré de prairies, champs, végétation dense qui borde l´Amboise et accompagne les étangs situés à l´est de Petit-Pendé.

Le parcellaire est adapté à l´exploitation traditionnelle du sol (long et étroit). D´autres parcelles sont au contraire plus larges en façade et moins profondes. La distribution du bâti, de part et d´autre des voies de communication, l´apparente à un village-rue. Le centre-village a été très peu modifié depuis le début du 19e siècle : la rue de l´Eglise conserve encore des bâtiments anciens insérés en milieu de parcelle, protégés par un mur de clôture en briques. Mais le bâti ancien (pour les fermes de petite taille) peut également s´inscrire à l´alignement de la rue, ou en léger retrait. Les logis sont systématiquement situés parallèlement à la voie de circulation. Les évolutions de l´agriculture ont parfois entraîné, nous l´avons vu, la destruction des annexes. Les petites fermettes situées au nord de la rue du Petit-Pendé sont d´ailleurs endommagées. La rue de la Mairie dispose de multiples dents creuses qui confèrent au village un urbanisme peu cohérent.

Petit-Pendé regroupe un grand nombre de maisons mitoyennes et symétriques, de trois travées de long, en briques (cf °28 et 30), que l´on peut appeler « maison ouvrière ». Il indique une extension linéaire du village-centre en direction d´Estréboeuf. Un habitat plus aéré et plus récent est venu se greffer sur le bâti ancien au nord du village. Les maisons de la rue principale (actuelle rue du 11 Novembre) ont été construites au début du 20e siècle.

La construction de caves est impossible car l'eau est trop proche de la surface (4 ou 5 mètres de profondeur). Le calvaire, situé sur la place de l'Eglise, possède encore ses croisettes.

Annexes

  • Le territoire communal

    Implantation sur le territoire

    D´après Agache, sur le territoire de Pendé, l´occupation humaine s´est concentrée sur des îlots sableux émergeant des incursions de la mer dès le Levalloisien supérieur. Des sites non localisés ont permis la découverte de traces d´occupations néolithiques inventoriées par le Service Régional de l´Archéologie. Des substructions gallo-romaines ont également été mises au jour ainsi qu´un enclos funéraire. Le village conserve la trace d´un cimetière mérovingien.

    Limites administratives

    En 1807, l´étendue du territoire était considérable et la population très importante. D'après Estienne, en l'an II (1801), Pendé était la grande commune du canton. La population se répartissaient déjà entre le village et les trois hameaux de Tilloy, Sallenelle et Routhiauville.

    Le recensement indique la présence d´écarts, aujourd´hui disparus, comme Molière (qui comportait une maison pour six habitants en 1881), la Gare de Lanchères (une maison pour trois habitants en 1906), la Sablière (deux maisons pour dix habitants en 1906 et 7 en 1911) et les « Tourbières » (deux maisons pour onze habitants en 1906, qui descendent à 5 en 1911). Mollenel était une simple ferme au milieu des marais (ne semble plus exister).

    Evolution du paysage

    Pendant un kilomètre, le territoire longe une bande de champs de 500 mètres environ de large, dénommées les « Pentes », au sud de Saint-Valery. Ce plateau se terminait par une falaise qui dominait la mer : aujourd´hui la falaise morte est un simple talus.

    D´après Florentin Lefils, Pendé s´élève sur un plateau parallèle à celui de Saigneville et de Boismont, tout comme Saint-Valery. Le vallon qui sépare les villages de ce secteur passait au bas de Lanchères et débouchait dans la vallée de Neuville avec la petite rivière d´Amboise qui prend sa source à Pendé.

    Après la section de ce coteau, les eaux de marée ne rencontraient plus d´obstacle en 1858. Elles pénètraient alors dans les vallons où étaient situés les villages de Pendé et Estréboeuf, entourant ainsi à marée haute, la portion de la colline qui était restée intacte et qui devint une île très escarpée.

    En 1868, la baie de Somme y occupait encore une superficie de 600 hectares, autrefois plus grande.

    Evolution de la population

    Entre 1698 et 1790, la population du territoire doubla (elle passa de 330 à 776). Quarante ans plus tard, 400 habitants supplémentaires avaient rejoint la population d´origine. Un pic est à observer en 1881. Les chiffres redevinrent ensuite identiques à ceux du début du 19e siècle jusqu´à aujourd´hui. Le nombre des maisons stagna tout au long de la seconde moitié du 19e siècle. Nous ignorons les raisons de cette stabilisation de la population, essentiellement au 18e siècle et au milieu du 19e siècle. Serait-elle liée à l´évolution de l´activité agricole et à celle du chemin de fer ?

    Evolution de la construction

    L´Etat de section (A.D. 80 : 3 P 618/3, 1882) de Pendé indique que plusieurs pics de construction eurent lieu sur le territoire en 1843, 1861, 1862 et 1875 ; cette information apparaît en dent de scie tout au long de la période. En 1889, un grand nombre d´ateliers, probablement de serrurier, furent établis. Les démolitions restèrent très peu nombreuses.

    Les quatre entités composant le territoire sont de composition relativement différente, possédant chacune une identité propre. En effet, Routhiauville et Salenelle ne semble en former qu´une : pourtant, chacune dispose d´une architecture spécifique. Salenelle se développe en village-rue vers Lanchères avec l´adjonction de maisons d´ouvriers. Routhiauville et Tilloy ont, au contraire, conservé un aspect relativement traditionnel, fortement marqué par l´agriculture (présence de nombreuses fermes anciennes et distribution du bâti) en raison de leur éloignement des voies de communication. De même, Pendé a échappé au développement « industriel » de Petit-Pendé (en village-rue, avec présence d´habitations ouvrières). En effet, le village s´est développé au début du 20e siècle autour de la Route Départementale rassemblait Grand-Pendé et Petit-Pendé.

    Cette évolution ou stagnation du bâti se traduit également par l´utilisation de matériaux traditionnels tels que le torchis et pans de bois ou le silex (largement employé à Pendé et Tilloy car la terre, arable, regorgeait de sable ou de galets) ou au contraire, de matériaux industriels tels que la brique (comme à Salenelle). La commune ne disposait pas de briqueterie car le sol n'était pas suffisamment argileux. Les briques et tuiles utilisées à Pendé proviendraient de Bourseville.

    Il semble que les bois utilisés dans les constructions étaient choisis par les menuisiers dans les forêts de Lanchères.

    Lorsque la mer était proche, les vacanciers pouvaient se rendre facilement à pied à la pointe du Hourdel ; c´est pourquoi quelques maisons, qui semblent être de villégiature, ont été observées sur le territoire de Pendé.

    Evolution de l´économie

    D´après le cahier de doléances, au 18e siècle, les terres (2500 journaux dont 300 étaient plantés en bois avec remise et parc du château) étaient de très mauvaise qualité (sable, bas champs). Le territoire était traversé de canaux entraînant de larges frais pour l´entretien des terres et des digues. Le commerce était inexistant : lorsque le lin, qui occupait tous les ouvriers, venait à manquer, ces derniers étaient contraints d´aller dans les villages voisins ou dans les villes chercher de l´ouvrage qu´ils ne trouvaient pas toujours. Le cadastre napoléonien indique un important réseau de chemins entre chaque entité (qui semble s´être développé entre la fin du 18e siècle et le début du 19e siècle), qui a ainsi facilité les échanges commerciaux.

    Au milieu du 19e siècle, les professions principales étaient cultivateur, serrurier, domestique, journalier, garde-forestier, cordonnier, manouvrier, tailleur d´habits, vacher, ménager, maçon, tamisier, douanier et berger. Les industries se répartissaient plusieurs secteurs d´activité : le bâtiments (15), l´habillement (15), l´alimentation (17), le transport (6).

    D´après Gaston Vasseur, le plus ancien serrurier du village, Anthoine de Monchy, est cité dans les textes en 1692. En raison de la proximité de Friville-Escarbotin, capitale du Vimeu, la serrurerie occupait à Pendé un certain nombre de villageois (une vingtaine au milieu du 19e siècle). Le chiffre augmenta de façon importante en 1875 puisqu´ils étaient alors 57 et 69 en 1881. L´état de fabrication était bon et la plupart travaillaient chez eux (d'autres se rendaient à l'usine de Friville-Escarbotin). Cette situation stagna jusqu´en 1884.

    D'après les habitants, au début du 20e siècle, les fermiers ne possédaient aucune activité secondaire pour compléter leurs revenus. L´économie avait donc déjà évolué depuis le milieu du 19e siècle. Il existait environ 55 fermes sur tout le territoire de Pendé.

    L´agriculture occupait également une place importante au sein de l´économie du territoire. Au 19e siècle, les principales productions agricoles étaient l´orge d´automne, l´orge de mars et le lin. Nous ignorons si le peignage, le cardage et le filage du lin étaient effectués à domicile ou s´il était exporté brut.

    Mais la région, par son humidité, était davantage propice à l'élevage. La commune possédait un grand troupeau de moutons que nourrissaient les pâturages communaux et les jachères. En 1911, d´après les « Statistiques des animaux existants » (A.D.80 : 6 M 2299), Pendé regroupait 420 bovins, 1110 ovins et 355 porcs.

    Ressources communales

    Certains exploitaient les tourbières présentes sur le territoire.

    Adrien Hugué mentionne la présence d´un moulin à vent à Sallenelle en 1601. Deux moulins à vent étaient indiqués sur le cadastre de 1832.

    La gare de Lanchères-Pendé, créée en 1935, était témoin d´un important trafic saisonnier qui lui permettait non seulement d´être rattachée au réseau ferroviaire, d´être équipée d´une station mais également de posséder son propre triage ainsi que ses locomotives.

    Coutumes

    D´après Jean-Luc Vigneux, à Pendé, on continue à poser des croisettes au cours des enterrements. Cette commune possède trois calvaires à croisettes. L´un se trouve sur la route de Salenelle : la croix en fer, déjà notée en 1901, est entourée de 53 croisettes dont trois sont neuves. A proximité de l´église, le calvaire avec croix en fer vient d´être restauré. Les croisettes sont piquées dans la butte de terre ; on en dénombre 40 (contre près de 60 en décembre 1982).

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série M ; 2 M_LN 298. Recensement de population de la commune de Pendé [1836-1936].

  • AD Somme. Série P ; 3 P 618/3. Etat de section de la commune de Pendé, [1882].

Documents figurés
  • Pendé. Plan cadastral, 1832 (AD Somme : 3 P 1446).

  • Pendé. Plan cadastral, 1832 (AD Somme : 3 P 1446).

  • Rue du Petit-Pendé - Pendé (Somme), carte postale en noir et blanc, d'après G. Dillain (photographe), début 20e siècle.

  • Pendé (Somme) - Grande Rue, carte postale en noir et blanc, d'après Blondin-Penel (éditeur), début 20e siècle.

  • Pendé (Somme) - Café des Voyageurs, carte postale en noir et blanc, d'après Blondin (éditeur), début 20e siècle.

Bibliographie
  • CAHON, Lucien. Histoire du tortillard. Société d´archéologie et d´histoire de Saint-Valery-sur-Somme. 1977, n°8.

    p. 3
  • DELATTRE, Daniel. La Somme. Les 783 communes. Grandvilliers : Daniel Delattre, 1999.

    p. 240
  • HUGUET, Adrien. La Fête des Rois et les Meuniers. Bulletin de la Société d´Emulation historique et littéraire d´Abbeville. Abbeville, 1932-1934, t. XV.

    p. 476-477
  • SEIGNEUR, François. Plan d'Occupation des Sols de Pendé. 1995.

    p. 4, 10-19, 24
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