Dossier d’œuvre objet IM80001942 | Réalisé par
  • enquête thématique régionale, les litanies de la Vierge
  • mobilier et objets religieux
Stalle du chœur (décor en bas-relief d'une jouée) : la Vierge des litanies
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Amiens
  • Commune Amiens
  • Adresse Cathédrale Notre-Dame , 30 place Notre-Dame
  • Emplacement dans l'édifice stalles du choeur ; côté sud ; jouée haute ; panneau inférieur

Les stalles de la cathédrale d'Amiens furent construites entre 1508 et 1522 à l'initiative d'une commission composée de quatre chanoines du chapitre de la cathédrale : Jean Dumas, Jean Fabus, Jean Lenglacié ou Lenglaché et Pierre Vuaille ou Waille, et d'un notaire : Robert Langlez. Pour réaliser les stalles, la commission a fait appel à de nombreux artisans, et notamment à des "huchers" (équivalent des menuisiers) et des "tailleurs d'images" (équivalent des sculpteurs).

Le nom de quelques-uns de ces artisans est parvenu jusqu'à nous. Un marché, passé en mai 1509, établit Arnoul Boulin (maître menuisier) en tant qu'entrepreneur des travaux ; en septembre de la même année Alexandre Huet dit Heudebourg lui est adjoint. Parmi les tailleurs d'images travaillant au décor sculpté des stalles, seuls les noms de Jean Turpin ou Trupin et d'Antoine Avernier ou Ancquier sont connus.

Les travaux se déroulèrent sur une dizaine d'années, leur durée variant selon les ouvrages. En effet, si l'on considère que le premier coup de ciseau à bois fut donné en 1509, la date d'achèvement des travaux est plus délicate : Pagès l'établit au 10 février 1519, mais Jourdian et Duval, ainsi que Kristiane Lemé-Hébuterne proposent une date postérieure à 1521.

Le bas-relief a donc été réalisé dans une période comprise entre 1509 et 1522. Il est très probable que des gravures représentant la Vierge aux attributs ou Vierge des litanies aient servi de modèle pour l'élaboration de ce décor sculpté. L'iconographie de la Vierge des litanies telle qu'elle est présentée sur les stalles est semblable à celle d'une gravure des Heures à l'usage de Rome publiées par Thielman Kerver en 1502, gravure que l'on retrouve aussi dans les Heures à l'usage de Rouen publiées par Antoine Vérard en 1503.

Au cours des siècles, les stalles subirent quelques dégradations et modifications. Elles échappèrent à un incendie en 1615, subirent des modifications sous l'ordre de certains évêques voulant une place plus honorifique, pâtirent des débordements révolutionnaires qui firent disparaître les signes de royauté. Les stalles retrouvèrent leur lustre d’antan en 1953 grâce au legs du peintre Jules Bocquet.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 16e siècle
  • Dates
    • 1509, daté par source, daté par travaux historiques
    • 1522, daté par source, daté par travaux historiques
  • Auteur(s)

C'est au niveau de la stalle d'honneur du doyen de la cathédrale que commence le décor sculpté évoquant la Vierge, notamment dans le panneau inférieur de la jouée haute. Ce panneau est décoré d'un bas-relief prenant place sous un gâble polylobé, tandis que les figures se déploient sur un fond plat et lisse. L'ensemble a été réalisé en chêne.

  • Catégories
    menuiserie, sculpture
  • Structures
    • jouée
    • élévation, rectangulaire vertical
  • Matériaux
    • chêne, taillé, teint, ciré, décor dans la masse, décor en bas-relief
  • Précision dimensions

    Dimensions non prises.

  • Précision représentations

    C'est sous un dais de style gothique flamboyant composé d'un gâble trilobé que prend place la représentation de la Vierge des litanies.

    La Vierge est figurée debout, les mains jointes en prière. Elle est vêtue d'une longue robe à l'encolure en V et dont le lourd drapé remonte légèrement au niveau de sa taille afin de découvrir ses pieds.

    Les attributs de Marie, au nombre de quinze, sont répartis autour d'elle selon le schéma iconographique traditionnel. Dans la partie haute du relief on retrouve, de gauche à droite :

    - la lune au visage humanisé,

    - le soleil,

    - la porte du Ciel,

    - l'étoile,

    - une branche de trois lys.

    Dans la partie médiane sont placés, de gauche à droite :

    - l'olivier,

    - le puits d'eau vive,

    - le massif de roses,

    - la tige de Jessé,

    - la tour de David sous la forme d'une forteresse,

    - le miroir de forme circulaire,

    - la fontaine à double vasque,

    - le cèdre.

    Dans la partie inférieure, sous les pieds de la Vierge, sont placés le jardin clos (à gauche) et la Civitas Dei (à droite). Le registre inférieur du relief est aussi occupé par des nuées sinusoïdales que l'on retrouve aussi sous les pieds de la Vierge, sous chaque emblème et dans le registre supérieur.

    Le registre supérieur du relief est occupé par la figure de Dieu le Père apparaissant à mi-corps parmi les nuées. Il porte la tiare pontificale et un orbe crucifère, et il est accompagné par six anges tenant un phylactère. Sa présence sert à légitimer la Vierge des litanies, et par son intermédiaire, l'Immaculée Conception. Au sommet de la représentation, sur le gâble, des anges musiciens sont figurés, ils rappellent la dimension musicale et poétique des litanies.

  • Précision inscriptions

    Aucune inscription sur ce panneau mais la présence de phylactères laisse penser qu'il existait autrefois des inscriptions peintes liés à l'iconographie (identification des emblèmes de la Vierge et inscriptions concernant les litanies de la Vierge).

  • État de conservation
  • Statut de la propriété
    propriété de l'Etat
  • Intérêt de l'œuvre
    À signaler
  • Protections
    classé au titre immeuble, 1862
  • Référence MH

Bibliographie

  • DURAND, Georges. Monographie de l'église Notre-Dame, cathédrale d'Amiens. Amiens : Yvert et Tellier ; Paris : A. Picard et fils, 1901-1903, tome II.

    p. 144-151
  • DUVAL (abbé) et JOURDAIN (abbé). Histoire et description des stalles de la cathédrale d'Amiens. Seconde partie. Monographie. Panneaux. Sa prédestination. Mémoire de la Société des antiquaires de Picardie. Amiens : Duval et Herment, 1844, tome VII.

    p. 261-272
  • LEME-HEBUTERNE, Kristiane. Les Stalles de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Paris : Picard, 2007, tome XXVI.

    p. 17-44 ; p. 57-114 ; p. 168-173
  • TOURTIER, Guy (de), PRACHE, Georges. Les Stalles de la cathédrale d’Amiens, XVIème siècle. Lyon : Lescuyercz, 1970.

Date(s) d'enquête : 2013; Date(s) de rédaction : 2013
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général