Dossier d’œuvre architecture IA00050710 | Réalisé par
Boissé Pierre (Rédacteur)
Boissé Pierre

Conservateur régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.

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  • inventaire topographique, canton d'Outreau
Usine métallurgique dite Aciéries Paris Outreau (détruit)
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération du Boulonnais
  • Commune Outreau
  • Adresse rue Edouard Vaillant , rue Roger Salengro
  • Cadastre 1974 XE 7
  • Dénominations
    usine métallurgique
  • Appellations
    Aciéries Paris Outreau
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, cheminée d'usine, monument aux morts, entrepôt industriel, tour de réfrigération, bureau, transformateur, logement, usine à gaz, four industriel

Les aciéries et fonderies de Paris-Outreau (extrait tiré de l'ouvrage Architecture en Boulonnais. Richesses des cantons de Samer et Outreau publié en 1981 par la Commission régionale d'Inventaire du Nord-Pas de Calais)

Elles constituent après les cimenteries le deuxième pôle industriel du canton de Samer, si l'on excepte bien sûr les activités contemporaines mais récentes de la ville de Samer, notamment la fabrique de crayons Baignol et Farjon et l'usine de tubes.

Dans son rapport annuel de 1856, l’ingénieur des mines annonce que " de nouveaux gisements de minerai de fer ont été découverts assez récemment dans le Boulonnais...". On a constaté que les plateaux situés au sud de Boulogne sur Outreau, Saint-Etienne-au-Mont, vierges encore de toute attaque, présentaient des ressources considérables et l'exploitation a été entreprise sans retard. La Société anonyme des Forges et Fonderies de Montataire sollicita immédiatement l'autorisation d'élever quatre hauts-fourneaux à Outreau, à proximité de la station de chemin de fer de Pont-de-Briques. En fait, trois hauts-fourneaux seulement furent construits, qui traitaient les minerais récemment trouvés dans le région.

En 1862, une fonderie de fonte moulée fut installée ; son activité alla croissant jusqu'en 1869, où la production atteignit plus de 32.000 tonnes. La guerre de 1870-1871 fit baisser cette production qui remonta les années suivantes pour atteindre 43.500 tonnes en 1882. La concurrence d'autres usines situées dans d'autres régions (possédant des gisements de minerais plus riches ou meilleur marché) devait amener progressivement l'arrêt de l'industrie de la fonte dans la région de Boulogne, où le dernier haut-fourneau fut arrêté en 1887.

Ce n'est que dix ans après qu'un groupe industriel dirigé par un ingénieur éminent, M.Robert, reprit dans une période de prospérité générale l'exploitation de l'usine d'Outreau, en substituant au minerai local le minerai importé (en particulier d'Espagne) et en créant une activité nouvelle sous la forme d'une fonderie d'acier. Celle-ci fut équipée de convertisseurs à soufflage latéral type Robert, créés et mis au point une dizaine d'années auparavant. C'est ce type de convertisseur qui devait pendant un quart de siècle être le seul appareil de production d'acier des fonderies de la Société à Paris, à la Plaine-Saint-Denis et à Outreau. En 1900, elle occupait 220 ouvriers.

La société des Aciéries de Paris et d'Outreau a été créé en 1902 pour l'exploitation des usines d'Outreau et de la fonderie d'acier située rue Oberkampf à Paris. En 1906, le Président Tissot racheta un haut-fourneau de Saint-Louis près de Marseille et l'installa à Outreau. C'est depuis cette époque que l'on fait du ferro-manganèse dans la région boulonnaise (alors 60 tonnes par jour). Pendant la Grande Guerre, les usines de la société vont concourir à l'effort de guerre de la nation.

Le conflit terminé, un programme de modernisation est entrepris. La fonderie de la rue Oberkampf est arrêté dès 1918 et remplacée par l'usine de Saint-Denis qui poursuivra son exploitation jusqu'en juillet 1974. Une puissante aciérie de moulage est bâtie sur des terrains longeant les voies du garage d'Outreau de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord. Citons quelques dates : en 1920-1921 : installation des fours Martin de 35 tonnes ; en 1923 : celle du premier four électrique. Après la grande crise des années 1930, l'Aciérie de moulage modernisée participera avec dynamisme à l'effort de production pour la Défense Nationale : cloches de la ligne Maginot, tourelles et éléments de char. En mai 1940, c'est l'invasion : les hauts-fourneaux s'arrêtent jusqu'en 1945. L'Aciérie de moulage poursuivra son activité réduite jusqu'à l'arrêt total après le bombardement du 2 juin 1944.

Pendant trente ans, de 1944 à 1974, la société a été dirigé par le Président Henri Noual qui a d'abord remis en marche les installations en partie détruite par la guerre, et évité une décision d'arrêt de la sidérurgie dans la région boulonnaise par les autorités du Plan. Pendant sa longue carrière, il a réalisé des programmes considérables de modernisation et d'investissement qui ont permis de donner à la société une dimension internationale dans la production du ferro-manganèse. C'est à lui que nous devons la création des usines n°2 et n°3 construites dans le port de Boulogne, les équipements nouveaux de l'Aciérie de moulage, la prise de contrôle par A.P.O des Aciéries d'Hirson, de l'usine de Noisy-le-Sec, des Fonderies et Aciéries de Provence et de Doernen. Touchées par la crise mondiale, les Aciéries de Paris et Outreau ont dû arrêter les hauts-fourneaux d'Outreau fin 1977, dont la démolition, commencée en 1978, se poursuit encore actuellement. Fin 1978, les usines 2 et 3 (hauts-fourneaux du port) sont repris par la S.F.P.O et l'Aciérie de moulage par la F.A.O qui passe dans le groupe Pompey.

Cette activité eut une répercussion considérable sur le développement des communes d'Outreau et de Saint-Etienne-du-Mont. À proximité des premières carrières, sur le plateau de Saint-Etienne-au-Mont, s'élevèrent des habitations ouvrières qui aujourd'hui subsistent à l'écart de l'agglomération, au lieu-dit Escault. Sur la commune d'Equihen, au lieu-dit le Mouton-Blanc, se trouve une maison qui d'après la tradition orale était à l'origine un poste de douane avant de devenir un café placé sur le trajet des ouvriers ; lequel après l'arrêt de l'extraction du minerai fut converti en ferme. Un important habitat ouvrier ainsi que des logements de cadre s'étira en bordure de la route de Saint-Etienne-au-Mont à Outreau. Après la seconde Guerre Mondiale, le château de la Cachaine fut même racheté par les A.P.O. et transformé en logements sociaux, de même qu'une grande demeure bourgeoise toute proche du château d'Audisques.

Le développement urbain de la commune de Saint-Etienne-au-Mont fut encore accentué par l'installation de la zone industrielle des bords de la Liane, au point que la ferme de Cachaine (datant du 18e siècle) se trouve depuis quelques années encerclée par des lotissements et un ensemble scolaire."

Début de l'activité en 1857. Production de ferro-manganèse en 1906. Modernisation des bâtiments en 1910. Hauteur des bâtiments augmentée en même temps que l'activité. Installation des fours Martin en 1920-1921. Four électrique en 1923. Démolition des hauts fourneaux commencée en 1978. Production de mobilier urbain (catalogue).

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 19e siècle
    • Principale : limite 19e siècle 20e siècle

Machines.

  • Murs
    • brique
    • métal
  • Énergies
    • énergie thermique
    • énergie électrique
    • produite sur place
    • achetée
  • État de conservation
    détruit après inventaire
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne morale

Ce dossier est republié en 2026 suite à la numérisation des photographies ; il n'a pas fait l'objet d'une mise à jour de ses contenus.

Bibliographie

  • FRANCE. MINISTÈRE DE LA CULTURE. COMMISSION RÉGIONALE D'INVENTAIRE NORD-PAS-DE-CALAIS. Architectures en Boulonnais. Richesses des cantons de Samer et Outreau.[Montreuil-sur-Mer] : Commission départementale des Monuments historiques, 1981. (Catalogue Inventaire général n°100).

    p.126-130
Date(s) d'enquête : 1986; Date(s) de rédaction : 1987
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Boissé Pierre
Boissé Pierre

Conservateur régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.

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