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L'Inventaire général du Patrimoine culturel recense, étudie et fait connaître le patrimoine urbanistique, architectural et mobilier de la région. Actuellement, vous avez accès ici aux dossiers d'inventaire et aux ressources numériques disponibles sur les départements de l'Aisne, de l'Oise et de la Somme. L'ensemble de la documentation est également consultable au centre de documentation.

 A la une

 Le patrimoine industriel du Grand-Amiénois

 

Le patrimoine industriel de la Somme a fait l'objet d'un recensement de 1985 à 1991.

Sur les 337 dossiers réalisés, seuls 175 sont actuellement disponibles, dont 160 concernant le Grand-Amiénois. Certains d'entre eux ont été mis à jour et enrichis dans le cadre d'inventaires topographiques (Amiens métropole, Val-de-Nièvre), de l'étude thématique sur la Première Reconstruction industrielle en Picardie, ou d'opérations ponctuelles.


Les catalogues numériques

Les deux premiers catalogues numériques rassemblant une sélection des ressources bibliographiques, photographiques, sonores et audiovisuelles du centre de documentation de la Direction de l’Inventaire et du Patrimoine Culturel de la Région Hauts-de-France sont disponibles :

La céramique en Picardie

Le réseau ferré et les gares en Picardie


Pour en savoir plus...

Lumière sur

Les maisons et les immeubles de l'agglomération balnéaire d'Ault

1) INTRODUCTION

Le recensement des maisons et des immeubles de la commune d´Ault a été effectué entre 2003 et 2005. Les limites géographiques de l'étude ont été définies au regard de la fonction historique de chaque quartier, et le mode de recensement varie selon ces données. Il a été réalisé de façon quasi exhaustive dans les stations fondées ex nihilo, à savoir les deux lotissements d´Onival et du Bois-de-Cise, principalement créés pour les besoins de la villégiature en bord de mer. Le recensement a été plus extensif dans les quartiers plus anciens, où la villégiature a pu se développer, mais de façon plus diffuse, et où l´habitat local était déjà majoritaire : nous parlons ici du quartier du Bourg-d´Ault et du quartier des Quatre-Rues.

Les dates limites du recensement sont définies par la logique de la thématique : la date ante quem est celle des premières constructions liées à la villégiature, à savoir vers 1880, et la date post quem est motivée par la Seconde Guerre mondiale, critère chronologique pour l'aire d'étude de la Côte picarde.

Afin de garder la logique historique des constructions, le recensement ne s'est pas appuyé sur les limites parcellaires actuelles du bâti, mais sur la morphologie apparente des maisons, celles-ci regroupant parfois plusieurs logements accolés sous un même toit.

Certains édifices détruits ont été recensés, en raison de la documentation existante (Bambino). Les édifices tardifs ou fortement remaniés en façade n'ont pas été pris en compte afin de ne pas fausser les statistiques.

Le choix d'agréger les maisons et les immeubles au sein d'une même famille a été motivé par le fait que certaines maisons présentent plusieurs logements au sein d'un même édifice (accolés ou superposés) : le partage de l'habitat dans un but locatif trouve alors deux réponses, la maison à plusieurs logements ou l'immeubles à logements. Le but est donc de différencier ces deux types, au delà de la volumétrie générale (distribution, morphologie).

Les maisons et les immeubles étant visibles depuis la rue, le recensement a été facilité, de même que pour apprécier le détail des décors. Par contre, certaines cours et constructions annexes en fond de parcelle sont généralement invisibles depuis la rue. Seules les dents creuses dans les îlots nous ont permis d'entrevoir quelques façades postérieures. Certaines maisons ont toutefois pu être visitées, avec l'aimable autorisation de leurs propriétaires. Ces visites ont permis de relever le mode de distribution, et la perception depuis l'intérieur de l'habitat, notamment depuis les bow-windows, de l'ambiance extérieure (vue sur mer, proximité des constructions).

Dans le cadre du recensement, 180 maisons et immeubles sont l'objet d'une notice, répartis en 7 immeubles et 173 maisons. Le nombre d'édifices recensés par quartier ou écart est variable : 53 au Bois-de-Cise, 44 au Bourg-d'Ault et 83 à Onival. Parmi ceux-ci, 27 ont été sélectionnés selon plusieurs critères :

- chaque maître d'oeuvre rencontré est illustré (dans la mesure où l'édifice est bien conservé)

- chaque période est illustrée

- chaque famille d'édifice est illustrée

- édifice de type unicum, avec décor, ou style, ou position sur le site exceptionnel.

Dans la partie de la station qui s'étend sur la commune de Woignarue : 11 maisons ont été recensées, construites à la fin du 19e siècle et au cours du 1er quart du 20e siècle. Seule la maison dite Les Sapins porte la date (1907, 1908). Trois habitations sont attribuées par signature du maître d'oeuvre (L. Brison, Jules Mesnard et Achille Delafont) et deux par source (Raoul Brandon). Implantées en milieu de parcelle, elles sont de type 'villa'. Le gros-oeuvre, en brique, présente souvent un appareil mixte de briques de couleur rouge et ocre, parfois caché en partie par un essentage de matériau synthétique. Les toitures, en ardoise, sont à longs-pans, animés par des noues formant décrochements. Les façades sont animées de balcons (64%) et de bow-windows (36%).

2) CHRONOLOGIE ET ATTRIBUTION DU CORPUS

2-a) Chronologie

Un des premiers éléments utiles à la datation du corpus reste les dates portées directement sur l'édifice (12 maisons, soit 6% du corpus). Il est à noter qu´aucun immeuble ne présente de date portée :

BOIS-DE-CISE

- Les Noisettes : Bois-de-Cise (grande avenue du) 10, (1983 AM 147), 1899

- Le Nil : Belle-Hortense (route de la) 05, (1990 AL 63), 1900

- Les Pervenches : Bois-de-Cise (grande avenue du) 08, (1983 AM 146), 1900

BOURG-D'AULT

- Les Moulinets : Moulin (rue du), (1983 AC 585), 1883

- Villa La Smalah : Bel-Air (boulevard du) 13, (1983 AC 810), 1895

ONIVAL

- Villa Sainte-Cécile : Gros (rue) 19bis, (1983 AB 115), 1892

- La Vosgienne : Architectes (rue des), (1983 AB 114), 1893

- Bluette : Saint-Valery (rue de) 57, (1983 AB 608), 1894

- Le Grelot : Plage (rue de la) 11, (1983 AB 4), 1900

- Villa Célestin Auguste : Calais (rue de) 05, (1983 AB 77), 1906

- Villa Odile : Casino (avenue du) 03, (1983 AB 18), 1908

- Maria-Thérèse : Casino (avenue du) 15, (1983 AB 24), 1912

La recherche en archives n'a pas été fructueuse pour dater les maisons et les immeubles : aucun plan daté n'a été trouvé.

Les 169 autres maisons et immeubles (soit 93%) ont été datés par travaux historiques, en quart de siècle, grâce au repérage sur le terrain, aux sources bibliographiques et aux dépouillements des matrices cadastrales. Ces dernières ont permis de connaître la date de construction de l´édifice avec une incertitude de trois années, période de latence maximale entre la construction et la première date d'imposition (dans la notice cette information apparaît dans la rubrique des 'données complémentaires' et non dans le champ 'date' qui doit renvoyer à une date certaine). La connaissance de l'histoire urbaine, notamment de la date de création des lotissements, assure une date post quem de base.

Répartition des datations en quart de siècle (compris les édifices avec dates portées) :

- 4e quart 19e siècle : 54 (30%), répartis en 1 immeuble et 53 maisons.

Bois-de-Cise : 4

Bourg-d´Ault : 13

Onival : 37

- 1er quart 20e siècle : 80 (44%), répartis en 5 immeubles et 75 maisons.

Bois-de-Cise : 32

Bourg-d´Ault : 27

Onival : 21

- limite 19e siècle 20e siècle : 21 (11,6%), répartis en 1 immeuble et 20 maisons.

Bois-de-Cise : 1

Bourg-d´Ault : 1

Onival : 19

- 2e quart 20e siècle : 19 (10,5%), uniquement des maisons.

Bois-de-Cise : 12

Bourg-d´Ault : 3

Onival : 4

- 1ere moitié 20e siècle : 3 (1,6 %), uniquement des maisons.

Bois-de-Cise : 2

Bourg-d´Ault : 0

Onival : 1

- 3e quart 20e siècle : 2 (1 %), uniquement des maisons.

Bois-de-Cise : 2

Bourg-d´Ault : 0

Onival : 0

- milieu 20e siècle : 2 (1 %), uniquement des maisons.

Bois-de-Cise : 0

Bourg-d´Ault : 0

Onival : 2

Près de 86 % (155 édifices) du recensement concerne des édifices construits entre 1875-1925, avec une majorité de constructions entre 1900 et 1925.

2-b) Attributions

Comme pour la datation, une des premières façons d'attribuer un corpus est de vérifier les signatures portées sur les édifices. L'habitat de villégiature, surtout quand il est visible depuis la rue, est un support très recherché par les maîtres d'oeuvre, l'ensemble des maisons construites faisant office de catalogue in situ.

Au sein du corpus, 44 maisons et immeubles ont pu être attribués (24%). Parmi ceux-ci, 19 édifices portent la signature du maître d'oeuvre, dont 2 avec la signature d'un céramiste. Ce sont au total 15 auteurs qui ont signé leur oeuvre, généralement sur des carreaux de céramique [fig. 9].

Attribution par signature : classement par nom de maître d'oeuvre ou d'artiste, par écart ou quartier, puis par ordre alphabétique des rues :

Ancelet Charles (architecte)

ONIVAL

- Villa Octavie : Casino (avenue du) 10, (1983 AB 670)

- Maria-Thérèse : Casino (avenue du) 15, (1983 AB 24)

Balbiano E. (entrepreneur)

BOIS-DE-CISE

- Les Charmilles : Bois-de-Cise (avenue du) 09, (1983 AM 91)

Boiret Jules (architecte)

BOURG-d'AULT

- Villa La Smalah : Bel-Air (boulevard du) 13, (1983 AC 810)

Boulenger (céramiste)

ONIVAL

- Maison : Gros (rue) 17, (1983 AB 112)

Brison (architecte)

ONIVAL

- Villa Célestin Auguste : Calais (rue de) 05, (1983 AB 77), en colaboration avec Achille Delafont (architecte)

Delafont Achille (architecte)

ONIVAL

- Villa Célestin Auguste : Calais (rue de) 05, (1983 AB 77), en collaboration avec Brison (architecte)

- La Caravelle : Casino (avenue du) 08, (1983 AB 671)

Gini André (architecte)

ONIVAL

- Maison : Saint-Valery (rue de) 89 (1983 AB 42)

Koenig (architecte)

BOIS-DE-CISE

- Chalet Marie-Pierre : Mouettes (route des) 02, (1983 AM 103), en collaboration avec Jules Ogez (architecte)

- Villa Jeanne, puis Villa Oscar, actuellement Villa Yvonne : Vieux-Chêne (route du) 06, (1983 AM 159), en collaboration avec Jules Ogez (architecte)

Lanco (fabricant)

BOIS-DE-CISE

- Le Chaume des Rossignols : Vieux-Chêne (route du) 05, (1990 AL 27)

Lasnel A. (architecte)

BOIS-DE-CISE

- La Sauvagère : Ault (route d') 03 (1983 AM 68)

Mesnard Jules (architecte)

BOURG-d'AULT

- Bon Accueil : Bel-Air (boulevard du) 21, (1983 AC 100)

- Maison : Grande-Rue (rue, dite) 27, (1983 AC 470)

ONIVAL

- La Vosgienne : Architectes (rue des), (1983 AB 114)

Oget Zéphir (architecte)

ONIVAL

- Cliff Cottage : Firmin-Girard (rue) 01, (1983 AB 601)

Ogez Jules (architecte)

BOIS-DE-CISE

- Chalet Marie-Pierre : Mouettes (route des) 02, (1983 AM 103), en collaboration avec Koenig (architecte)

- Villa Jeanne, puis Villa Oscar, actuellement Villa Yvonne : Vieux-Chêne (route du) 06, (1983 AM 159), en collaboration avec Koenig (architecte)

Pellet et Gondard (entrepreneur)

BOIS-DE-CISE

- L'Iglou, actuellement La Boisière : Plage (route de la) 04, (1983 AM 117)

Ricadat P. (architecte)

BOIS-DE-CISE

- Les Noisettes : Bois-de-Cise (grande avenue du) 10, (1983 AM 147)

1 maison a été attribuée par tradition orale, lors du recensement et d'une rencontre avec les actuels propriétaires. Il est à noter que le nom du maître d'oeuvre reste incertain, de même que son orthographe :

Lafinneur (architecte, ?)

ONIVAL

- Jeannette, Gabry, actuellement Week-End : Plage (rue de la) 42, 44, (1983 AB 13, 14)

Par ailleurs, 15 édifices ont été attribués par sources (plans ou documents d'archives, plans publiés dans des recueils ou revues d'architecture, matrices cadastrales), soit 6 maîtres d'oeuvre.

Classement par nom d'auteur puis par écart ou quartier et par ordre alphabétique de rue :

Berkowitch (architecte)

ONIVAL

- Villa Héléna, actuellement Les Rochers : Terrasse (rue de la) 12, (1983 AB 291), auteur commanditaire

Blanchet E. (architecte)

BOIS-DE-CISE

- Les Coucous : Mouettes (route des) 06, (1983 AM 317), auteur commanditaire

Bourgeois Théophile (architecte)

BOIS-DE-CISE

- Le Nil : Belle-Hortense (route de la) 05, (1990 AL 63)

- Le Chat Noir, puis Fanfreluche, actuellement Le Manoir : Bois-de-Cise (grande avenue du) 03, (1983 AM 99)

- Bonne-Maman, puis Le Grillon, actuellement Les Espagnoux : Bois-de-Cise (grande avenue du) 14, (1983 AM 150)

- Marie-Blanche : Falaise (route de la) 08, (1983 AM 123)

- Gevette, actuellement Les Garamantes : Falaise (route de la) 11, (1983 AM 132)

- Madelinette, ou Madolinette, actuellement Les Cormorans : Falaise (route de la) 13, (1983 AM 340)

- André, puis Monmour, puis Pierrot, actuellement Les Canards : Falaise (route de la) 15, (1983 AM 341)

- Miniature, actuellement Les Lutins : Mouettes (route des) 04, (1983 AM 104)

- La Roseraie, actuellement La Blottière : Vieux-Chêne (route du) 28, (1990 AL 14)

Lépine J. (architecte)

ONIVAL

- Immeuble : Saint-Valery (rue de) 87, (1983 AB 41)

Mesnard Jules (architecte)

ONIVAL

- Bambino : ancienne digue de galets, détruite

- Simplette : Mer (rue de la), Plaine (rue de la), (1983 AB 36)

Oget Zéphir (architecte)

BOIS-DE-CISE

- Le Cottage : Vieux-Chêne (route du) 13, (1990 AL 18)

Tronchet Guillaume (architecte)

BOIS-DE-CISE

- Villa Lumen : Mouettes (route des) 01, (1983 AM 43)

Enfin, 8 édifices ont été attribués par travaux historiques (recherches bibliographiques), soit 5 maîtres d'oeuvre, dont 1 céramiste (classement par nom d'auteur puis par écart ou quartier et par ordre alphabétique de rue) :

Chauvin Léon (entrepreneur)

BOIS-DE-CISE

- Val de Cise : Falaise (route de la) 04, (1983 AM 120)

- Le Tourbillon : Mouettes (route des) 12, (1983 AM 45)

- La Pinada : Vieux-Chêne (route du) 10, (1983 AM 166)

- Villa Georges : Vieux-Chêne (avenue du) 34, (1990 AL 193)

Delafont Achille (architecte)

ONIVAL

- Stella : Saint-Valery (rue de) 83, (1983 AB 1001)

Gréber Charles (céramiste)

ONIVAL

- Salamandre : Hénin (rue) 02, (1983 AB 609)

Mesnard Jules (architecte, ?)

BOIS-DE-CISE

- Les Chardons d'Ecosse : Vieux-Chêne (route du) 36, (1990 AL 113)

- Les Fougères : Vieux-Chêne (route du) 32, (1990 AL 111)

3) LES CARACTERES ARCHITECTURAUX

Situation

Les maisons de villégiature et immeubles de l'agglomération balnéaire d'Ault sont implantés sur les pentes des valleuses, situation recherchée des fondateurs des principaux lotissements, que l'on soit au Bois-de-Cise, à Onival ou à Bel-Air. Cette position assure aux constructions une vue dégagée, sans vis-à-vis. A Onival, cette situation est accompagnée de l'agrément de la vue sur mer, la pente étant orientée vers celle-ci. Au Bourg-d'Ault, les villas sont construites sur les flancs de la valleuse, perpendiculaires à la mer, mais elles disposent néanmoins d'une vue oblique. Au Bois-de-Cise, la même vue oblique n'est possible qu'au plus près du front de mer, quand elle n'est pas masquée par le feuillage des arbres.

Sur toute l'agglomération, 74 édifices sont construits au milieu de la parcelle (soit 41%), 68 en retrait de la rue (et en limite de parcelle, mitoyen ou non, soit 38%), 34 sont à l'aplomb de la rue (19%) et 5 sont en fond de parcelle (2%).

Le Bois-de-Cise est à l'image de l'ensemble de l'agglomération, avec une majorité d'édifices construits en coeur de parcelle (43 sur 53, soit 81 %). Cette situation favorise un paysage urbain peu dense. A Onival, ce sont les édifices en retrait de parcelle qui sont majoritaires (45 sur 84 soit 54%). Généralement, la construction est mitoyenne sur une façade (47% du type 'en retrait'), voire sur deux façades (35,5%). Dans tous les cas, ces édifices ont au moins une façade latérale en limite de parcelle, ne laissant le passage que sur un côté. L'idée de mitoyenneté est cependant très présente : la combinaison avec le retrait de la rue laisse penser qu'il s'agit ici d'une façon de se libérer des contraintes d'un parcellaire étroit en s'isolant de la voie publique quand on ne peut s'affranchir de son voisinage immédiat. Les maisons accolées de l'avenue du Casino ou de la rue de la Brise sont un parfait exemple de cette volonté de contourner la rigidité du parcellaire qui s'apparente à celui de Mers-les-Bains [fig. 10]. Dans le Bourg-d'Ault, les différentes positions se trouvent à part égale. Nous notons cependant que la majorité des édifices en retrait de la rue mais en limite de parcelle ou en mitoyenneté sont établis le long de la rue du Général-Leclerc, où les parcelles sont plus profondes que larges.

Composition d'ensemble

La parcelle est majoritairement composée d'un jardin (66% du corpus). Au Bois-de-Cise, ces jardins sont des espaces arborés de façon naturelle, véritables sous-bois. Les jardins potagers sont absents, autant par le passé que de nos jours. A Onival et au Bel-Air (Bourg-d'Ault), les pelouses sont assez rares ou très maigres, les espaces libres autour des habitations étant souvent traités de façon minérale. Dans le cas des édifices en mitoyenneté, construits sur les parcelles étroites, il est fréquent de voir des cours en fond de parcelle (27 %). Les maisons construites en retrait de la rue sont devancées par de petites cours traitées de façon minérale, avec un sol dallé ou cimenté, mais l'on peut voir quelques plantations le long de la rue du Général-Leclerc. Les immeubles, construits à l'aplomb de la rue ou en léger retrait disposent eux aussi de cours.

Les communs des constructions se composent le plus souvent de garages (34%), construits accolés à la construction où isolés, à l'aplomb de la rue. Ceux-ci sont de facture tardive, le matériau du gros-oeuvre montre qu'ils datent de l'entre-deux-guerres et le plus souvent d'après 1945. La proximité de la gare, à Bellevue et sur les hauteurs d'Onival, a favorisé les voyages en train pendant de nombreuses décennies. Certains rares édifices présentent pourtant encore des remises anciennes avec logements associés [fig. 11]. La propriété Les Moulinets est la seule à disposer de communs et de dépendances, puisqu'elle présente une conciergerie, une vacherie et une écurie avec remise [fig. 12].

Au cours de l'entre-deux-guerres, certaines maisons sont construites avec un garage dans-oeuvre, établi à l'étage de soubassement (6%) [fig. 13].

Matériaux et mise en oeuvre

Le matériau de prédilection pour la construction des maisons et des immeubles est la brique (93%). Dans 10 cas, la brique a été supposée, sous un enduit ou un badigeon, au vu de la période de construction. Dans 13 cas, le matériau n'a cependant pas pu être déterminé.

La brique est entièrement apparente dans 105 cas (58%), dont 42 cas présentent un enduit partiel, généralement à la base du mur, afin de lutter contre l'humidité. Ce gros-oeuvre est dans 61 cas un élément de décor grâce à l'emploi d'un appareil mixte de briques de couleur rouge et ocre, formant des motifs géométriques et un effet chromatique sur le nu du mur (soit 58% des briques apparentes).

Dans au moins 64 cas, le gros-oeuvre est recouvert d'un enduit, d'un crépi ou d'un badigeon. L'examen des cartes postales anciennes montre que les murs enduits étaient très rares : au contraire, il permet de vérifier que nombre de maisons anciennement en briques apparentes ont été enduites tardivement. Si l'on ne peut le prétendre pour tous les cas rencontrés, nous pouvons affirmer que beaucoup de maisons construites avant l'entre-deux-guerres, aujourd'hui enduites, étaient à l'origine en brique apparente. Dans la plupart des cas, la modification a été apportée après 1945, vraisemblablement suite à des dégats causés sur le gros-oeuvre qu'il a été nécessaire de solidifier. Dans 21 cas, cet enduit imite un appareil de pierre de taille grâce au dessin en creux simulant des joints, et ce à part égale selon les quartiers. Ces considérations nous permettent de penser que bien des maisons avec un appareil mixte sont actuellement recouvertes d'un enduit.

Le motif du faux pan de bois en ciment en partie supérieure de l'élévation est présent dans 27 cas (15%). Le Bois-de-Cise est très représenté, avec 20 cas : le plus ancien cas présentait d'ailleurs un vrai pan de bois, construit par le fabricant Lanco, vers 1898 (Le Chaume des Rossignols). Mais l'ensemble des maisons avec un faux pan de bois construites au cours du 1er quart du 20e siècle l'a été par l'architecte Théophile Bourgeois. Ce dernier utilisait un pan de bois curviligne en ciment évoquant à la fois le style normand et les influences Art nouveau [fig. 14]. Au cours du 2e quart du 20e siècle, en plein essor du régionalisme architectural, le motif du faux pan de bois est utilisé par des entrepreneurs qui souhaitent donner un aspect normand ou basque à une construction. Un immeuble de rapport situé à Onival (1983 AB 41) construit au cours du 1er quart du 20e siècle est le seul à présenter ce faux pan de bois.

Afin de lutter contre l'humidité, certaines maisons en briques apparentes sont partiellement recouvertes d'un essentage de matériau synthétique ou d'ardoise sur la façade tournée vers les vents dominants. C'est à Onival que ce procédé est le plus répandu, avec 23 cas sur un total de 30 édifices. Dans un site dominé par la brique, la couleur sombre de ce matériau n'est pas sans perturber l'harmonie d'ensemble.

Trois édifices présentent des rognons de silex en parement : 2 au Bois-de-Cise, et 1 à Onival. Les exemples du Bois-de-Cise montrent une utilisation du silex pour la construction du logis [fig. 15], et à Onival, pour le mur de soutènement [fig. 16]. Alors que le galet de silex abonde sur les plages d'Ault, il est intéressant de constater que les maîtres d'oeuvre ont pu exploiter cette référence locale.

Au début du 19e siècle, l'humidité extérieure était combattue par la pose d'un essentage d'ardoises sur les élévations intérieures, recouvert d'un enduit : cette explication nous a été donnée par un propriétaire, par ailleurs recoupée par une description retrouvée dans un recueil d'architecture.

Structure

La grande majorité des édifices est surélevée, par un étage de soubassement (43%) ou par un sous-sol (20%), alors que 33% ne sont pas surélevés. L'importance du soubassement s'explique par les terrains en forte pente, dont il est nécessaire de racheter le dénivelé.

107 maisons présentent au moins 1 étage-carré (59%) et 36 possèdent 2 étages-carrés (20%), soit un total de 143 maisons à étages-carrés (79% du corpus). Les habitations sont en règle générale peu hautes, ce qui pourrait s´expliquer par une contrainte non altius tolendi, empêchant les maisons de gêner la vue de celles situées à l´arrière. Cette règle, souvent édictée dans les cahiers des charges, n´a pas pu être vérifiée ici, en l´absence de documentation. Le fait que les maisons soient construites sur des terrains assez larges pour leur permettre de trouver de l´espace au sol et non pas uniquement en hauteur explique aussi en partie cette situation.

Les maisons avec 1 étage-carré présentent généralement un étage supplémentaire (89 cas soit 83% des maisons à 1 étage-carré), principalement un étage de comble (52 cas) ou un étage en surcroît (37 cas). Les édifices de 2 étages carrés sont plus rarement surélevés (16 cas, soit 44% des maisons à 2 étages carrés), par un étage de comble (14 cas) ou par un étage à surcroît (2 cas). Les plus hauts édifices, avec un étage de soubassement, 2 étages carrés et un étage de comble sont situés à Onival. Nous pouvons constater que parmi ceux-ci figurent les immeubles de l'agglomération.

Élévations

La comptabilité des travées s'est effectuée de deux façons, qui correspondent à deux types de maisons : soit la maison reçoit un seul logement (mono-familiale), soit elle est composée de plusieurs logements accolés (2 ou 3, voire plus).

Ainsi, pour les maisons à un seul logement (162 occurrences), la construction présente une majorité d'élévations à deux travées en façade : 64 ont deux travées (39% du type), 42 ont trois travées (26% du type) et 14 n´en ont qu´une seule (9%). Ce dernier type présente la particularité de présenter une entrée latérale, et non pas une entrée rejetée sur une étroite travée en façade comme c´est le cas en milieu urbain : ici, la maison est implantée en milieu de parcelle (9 cas) ou en mitoyenneté partielle (5 cas), ce qui assure un accès latéral [fig. 17]

Les immeubles ont tous trois travées ou plus.

Le travail de terrain a permis de dissocier les habitations mono-familiales des maisons regroupant plusieurs logements accolés sous un même toit ou les maisons en bande, en série, ou jumelées. Pour ce type de construction, le choix a été de comptabiliser le nombre de travées de chaque logement et de l'associer au nombre de logements accolés. Ainsi, l'on peut constater que sur un corpus de 19 édifices, la majorité (9) présente 2x2 travées, majoritairement de largeur inégale. La formule est alors d'accoler deux unités mono-familiales sus-décrites. Nous pouvons recenser 4 édifices avec 2x1 travée. Les maisons composées de plus de 2 logements accolés (3 ou 4xn travées) sont très minoritaires (2 cas).

Certaines élévations sont animées par des décrochements du plan, formant une travée en avancée (25 cas, soit 14% du corpus total), soit médiane [fig. 18], mais plus généralement latérale [fig. 19]. Spacialement, ce type est également représenté dans chaque quartier, mais majoritairement au cours du 1er quart du 20e siècle. Cette avancée met en valeur une travée, par ailleurs animée des décrochements du toit, avec ferme débordante et aisseliers, ou demi-croupe.

Les élévations des maisons régulièrement percées de baies, sont aussi caractérisées par des décrochements de façade dus non pas à des avancées du mur, mais à l'adjonction d'excroissances caractéristiques des sites de villégiature.

Les balcons et balconnets sont présents sur 110 édifices (61% du corpus), dans tous les quartiers, mais surtout à Onival. Il est intéressant de constater que le balcon agrémente des maisons qui n´ont pas spécialement de vue sur mer (le Cottage au Bois-de-Cise). Comparativement, les bow-windows sont plus rares, avec 35 occurrences (19% du corpus). On les trouve principalement au Bois-de-Cise et à Onival, assez peu au Bourg-d´Ault (4 cas). En règle générale, ces attributs se retrouvent plus facilement à la fin du 19e et au début du 20e siècle, mais ce sont aussi les périodes quantitativement les plus recensées. Nous pouvons aussi constater qu´au cours du 2e quart du 20e siècle, le nombre d´excroissances tend à diminuer sur les façades, pour totalement disparaître.

Sur ces 35 occurrences, 22 sont des bow-windows surmontés d'un balcon : il s´agit donc majoritairement de compositions verticales visant à mettre en valeur une travée. Les oriels (def. : ouvrage à claire-voie formant avant corps sur la hauteur de plusieurs étages) sont plus rares, avec 6 cas, tous situés à Onival et datant du 4e quart du 19e siècle ou du 1er quart du 20e. 14 tourelles agrémentent les angles de maisons, surtout au Bois-de-Cise, et avant 1925.

Le jeu des pleins et des vides est assez peu exploité : nous recensons 2 loggias, au Bois-de-Cise (def. : pièce à l'étage, ouverte sur l'extérieur : ses baies n'ont pas de menuiserie), 1 porche dans-oeuvre, mais 22 auvents protégeant les entrées.

Les immeubles recensés présentent peu d'excroissance : tout juste des balcons, voire aucun attribut du tout (3 cas).

Matériaux et formes de la couverture

Les maisons sont majoritairement couvertes en ardoise (121 soit 67%), mais l´on dénombre aussi 37 édifices couverts de tuile (28 cas de tuiles mécaniques), soit 20% du corpus total. Au Bois-de-Cise, les tuiles plates ont souvent été utilisées par l´architecte Théophile Bourgeois (et remplacées après 1945). Mais l´on note aussi une forte propension à utiliser la tuile mécanique au cours de l´entre-deux-guerres. Par ailleurs, 18 maisons sont couvertes d'un matériau synthétique, 4 de zinc et 2 en ciment.

De même que pour le matériau, la forme de la couverture est assez peu diversifiée : 142 maisons sont couvertes à longs-pans, 17 à longs-pans brisés (soit 88% de longs-pans, brisés ou non). Généralement, les pignons sont découverts en l´absence de mitoyenneté (96 cas). 62 sont animés par une noue formant décrochement (n'ont pas été comptabilisées les noues des fenêtres de lucarnes). Dans 37 cas la noue forme un pignon en façade, sans pour autant induire une avancée [fig. 20]. Ce pignon peut être un mur-pignon, il peut présenter une ferme débordante, ou une demi-croupe. Ces demi-croupes sont assez présentes (40 occurrences), généralement situées sur les décrochements des murs-pignons ou sur les façades latérales. Les toits en pavillon couvrent généralement des corps de bâtiment annexes (28 occurrences, dont seuls 6 couvrent le seul corps de logis). Il en est de même pour les toits-terrasses qui couvrent 18 corps de bâtiment, dont 4 uniquement le corps de logis. 8 maisons présentent un toit-terrasse, sur tout le logis ou sur une partie de l'élévation.

55 maisons ont un avant-toit, souvent associé à des aisseliers en bois (28 cas d'associations).

29 édifices présentent un unique pignon sur rue, généralement des maisons de une à deux travées.

Styles et décors

Bien souvent, aucun style n'est clairement affiché, mais ce sont des détails qui orientent les édifices vers tel ou tel courant. Un pignon chantourné évoque le style baroque flamand, une lucarne à mur-pignon est associée au style néo-gothique, des balcons curvilignes au style Art nouveau, et des pans de bois au style normand. L'influence du chalet, avec un pignon en façade et ferme débordante, est assez souvent repris, modèle-type très répandu dans les recueils d'architecture. La villa Lumen, totalement dénaturée suite à la Seconde Guerre mondiale, arborait un style oriental inhabituel sur cette côte.

Le décor est majoritairement composé de céramique (92 occurrences, soit 51% du corpus) : briques émaillées placées ponctuellement sur le mur ou aux encadrements des baies, rosaces, cartouches, frises, panneaux d'allège sont les emplois les plus fréquents. Il ne faut pas négliger les appellations portées sur ces carreaux de céramique, qui participent au décor par les couleurs. De plus grands panneaux peuvent être utilisés (Les Loups, La Salamandre). Ce type de décor est surtout présent à Onival, très marginal au Bois-de-Cise et au Bourg-d´Ault (respectivement 13 et 20 cas).

61 maisons (33% du corpus) présentent un décor de maçonnerie, jeux de briques de couleurs différentes (rouges et ocres) formant des motifs géométriques en façade. Seules 3 maisons sont ornées de mosaïques (cartouche portant appellation) et 8 de sculptures de type pilastre.

15 maisons (8%) présentent un décor de fonderie ou de ferronnerie, principalement sur les garde-corps des baies, balcons et balconnets. Les motifs représentés sont inspirés de la nature, avec des fleurs et des volutes symbolisant le feuillage. Assez rares, on peut se demander si les destructions de la Seconde Guerre mondiale n´ont pas participé à la disparition de ce type de décor, la plupart des balcons rencontrés étant en ciment. Théophile Bourgeois fait preuve d'originalité en utilisant des garde-corps en bois découpés de multiples silhouettes d'animaux, que l'on retrouve en aisseliers et en décor intérieur [fig. 21].

Les maisons et immeubles d´Ault ont donc peu de décor, et quand celui-ci existe, il est très discret.

Distribution intérieure

Une très grande partie des maisons de l'agglomération d'Ault a été divisée en plusieurs appartements : retrouver la distribution intérieure originelle est alors chose très difficile.

Les quelques maisons visitées et les plans publiés montrent très souvent des habitations familiales, avec peu d'espaces de réception, mais de nombreuses chambres. La cuisine est souvent placée au rez-de-chaussée, très rarement en soubassement.

4) NOTE DE SYNTHESE

Typologie de l'habitat de villégiature

La villa

Selon la définition communément admise, la villa est une construction destinée à la villégiature, construite en milieu de parcelle. Elle est donc totalement indépendante des constructions voisines. 120 maisons de ce type ont été recensées : 45 au Bois-de-Cise (85% du site), 34 au Bourg-d'Ault (79% du site), et 41 à Onival (43% du site). Cette villa est très rarement de taille importante (Les Moulinets), le plus souvent avec deux ou trois travées et 1 étage-carré.

Le sous-type de la villa influencée par la maison de ville est très rare (3 cas) mais sa présence est inattendue : la morphologie est celle d'une maison de ville, mais implantée en milieu de parcelle. La villa est caractérisée par une façade latérale aveugle, mitoyenne (Aigue-Marine), ou en attente de le devenir (La Marsa). La différence avec la maison de ville est l'entrée percée sur la façade latérale accessible et le retrait de la rue [fig. 22].

Le sous-type de la villa à plusieurs logements accolés est un édifice élevé en milieu de parcelle, mais présentant 2 logements accolés sous un même toit (6 cas). Là encore, l'entrée en façade latérale est de rigueur [fig. 23].

Le sous-type de la villa à plusieurs logements superposés est un édifice élevé en milieu de parcelle, présentant plusieurs logements superposés sous un même toit, avec entrées dissociées ou communes (5 cas) [fig. 24].

La maison de ville à un ou plusieurs étages-carrés

Selon la définition communément admise, la maison de ville est une construction entre mitoyens et à l'aplomb de la rue. La station du Bourg-d'Ault et Onival présentent ce type de bâti, en mitoyenneté, le long des rues du Casino, de la Plaine, et de la rue du Général-Leclerc, à la seule différence que le caractère urbain est atténué par une position en retrait de la rue (24 occurrences soit 14%).

Les maisons en série ou en bande (5 occurrences), avec des maisons accolées, seraient à associer à ce type (Les Rubis, les Emeraudes...)

La maison de ville à plusieurs logements est une maison à étages carrés qui comprend plusieurs logements sous un même toit, qu'ils soient accolés ou superposés, avec le même nombre de travées ou non (7 occurrences, soit 4% du corpus des maisons).

Le sous-type des maison de ville à plusieurs logements accolés (5 occurrences) est essentiellement présent à Onival [fig. 25]. Implantée à l'aplomb de la rue ou en retrait, la maison est soit mitoyenne, soit en limite de parcelle, et présente deux accès en façade, un pour chaque logement. Il s'identifie au type de la 'villa à plusieurs logements', implantée en milieu de parcelle.

Le sous-type des maison de ville à plusieurs logements accolés et superposés est aussi une variante dont nous n'avons recensé qu'un cas [fig. 26] : il associe quatre logements, accolés et superposés, variante de l'immeuble, où chaque logement possède sa propre entrée.

Le sous-type des maison de ville à un ou plusieurs étages carrés et magasin au rez-de-chaussée (3 occurrences à Onival) est une habitation destinée ou non à la location, avec un magasin de commerce au rez-de-chaussée.

Les immeubles

Deux grands types d'immeubles sont à distinguer : les immeubles avec magasin de commerce au rez-de-chaussée (3 occurrences), et les immeubles sans magasin de commerce (4 occurrences).

Les immeubles de rapport avec magasin au rez-de-chaussée peuvent ne présenter qu'un seul commerce, mais aussi deux espaces distincts que sépare la porte d'accès aux logements [fig. 27]. Les immeubles sans commerce sont caractérisés par deux étages-carrés et une entrée médiane commune.

Conclusion

Les stations balnéaires conçues à la fin du 19e siècle ont connu un succès fulgurant jusqu'au 1er quart du 20e siècle. La présence de quelques architectes offrant des maisons à forfait a favorisé une production homogène au sein de chaque site, leur donnant une image singulière que le recensement a mis en lumière, malgré les nombreuses dénaturations (enduits, essentages de matériaux synthétiques). Ainsi, au Bois-de-Cise, les réalisations de Théophile Bourgeois, mêlant le pan de bois normand aux lignes sinueuses de l'Art nouveau, sont inspirées du milieu dans lequel elles s'inscrivent. A Onival, l'architecte Achille Delafont propose des maisons en brique apparente dont le pignon en façade évoque le chalet, dont on retrouve la silhouette dans l'ensemble de la station [fig. 1 et 28].

Cette période de construction intense, sur une même période, se traduit par des appellations de maisons ayant trait à la guerre de 1870 et au patriotisme, comme Cocorico, Alsace et Lorraine, La Vosgienne (surtout à Onival).

La lecture des anciens guides touristiques montre que beaucoup de maisons étaient destinées à la location [annexe 2], et qu'au sein des maisons, des chambres étaient aussi proposées. Le recensement a permis de constater qu'à l'arrivée de l'eau courante, un certain nombre de maisons ont apposé une plaque émaillée sur leur façade avec la mention 'eau de source, analysée et autorisée', vraisemblablement pour rassurer la clientèle de locataires. La location est donc une activité très développée, peu au Bois-de-Cise, où ce sont les propriétaires qui résident, mais beaucoup plus au Bourg-d'Ault et Onival. Au Bourg-d'Ault, les guides mentionnent souvent que des maisons d'Aultois peuvent être louées. A Onival, ce sont des Franciliens qui construisent et louent leur bien, à des fins spéculatives. La simplicité est donc de mise : les cuisines sont au rez-de-chaussée et les pièces de réception sont de taille modeste. L'importance de la location a aussi influencé le développement de formes particulières, avec notamment plusieurs logements sous un même toit, mais avec entrées dissociées : l'exemple de 'Kereffaut', comportant deux logements à chaque niveau, est de ce point de vue exemplaire. L'immeuble avec logements de rapport est construit dans la même logique, mais avec un seul accès, commun à tous les locataires. Assez peu développé (on en a dénombré 7 sur toute l'agglomération), ce type de villégiature est surtout présent à Onival.

Le phénomène de la location s'est accentué après la Seconde Guerre mondiale : actuellement, une grande partie des villas d'Onival est divisée en appartements.

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