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Ancienne maladrerie puis cimetière communal d'Amiens, dit cimetière de la Madeleine

Projetée dès 1785, à la suite du rapport de Jean-Baptiste Duval, la création d'un vaste cimetière général hors les murs ne verra le jour qu'en 1817, date de son ouverture.

Parmi les sources conservées à la bibliothèque municipale, figure un projet (non réalisé) de 1802, présentant un aménagement du site conçu par l'architecte communal Limozin. On y découvre plusieurs avenues rayonnantes formant perspective depuis un bâtiment de plan rectangulaire et aboutissant à une avenue bordant les murs sur les quatre côtés. Ce document donne également une représentation du plan et de l'élévation du bâtiment.

Le projet d'aménagement du cimetière dans l´enclos de la maladrerie est voté le 5 frimaire an 5. Il se concrétise par la plantation des arbres, distants de 5 m, en germinal an 12. La construction du chemin menant au cimetière est décidée en 1808-1809. Les plantations s'achèvent en 1817, date de la bénédiction du cimetière.

Selon Stéphane Comte (1847), le cimetière de la Madeleine est aménagé dans l´enclos de l´ancienne maladrerie, devenue propriété de la ville en 1675. La léproserie fondée au 13e siècle est affectée à l´accueil des pestiférés en 1665, date de l´aménagement de canaux et de la construction d´un hospice. En 1785, la ville décide la suppression des onze cimetières urbains d´Amiens, projetant d´établir un nouveau cimetière général dans l´enclos de la Madeleine. Le projet d´aménagement du « champ des tombeaux » est toujours à l´étude en l´an 4. Plusieurs réparations ont lieu en l´an 10 et en l´an 11. Un rapport de 1808 indique que les clôtures sont rétablies, que les bâtiments sont relevés, alors que la construction du chemin reliant la ville au futur cimetière n´est pas encore réalisée. A cette date, on continue d´enterrer dans les cimetières des faubourgs. La première inhumation a lieu en 1811 (Duval), suivie d´une deuxième inhumation en 1814 (Debray-Valfresne), dans la plaine A.

La nouvelle route est aménagée en 1814, plantée de peupliers depuis le cimetière jusqu´au hameau de Longpré. La clôture du terrain, ouverte par le passage du nouveau chemin, est constituée d´une haie sèche, puis d´une double haie en épines (1818-1819). En 1816, date de la troisième inhumation, dans la plaine F (Bruno Vasseur), a lieu l´adjudication pour le transport des morts. L´année suivante, ce transport en corbillard (préféré au bateau) est adjugé à M. Sevette-Scribe ; une porte d´entrée principale (marquée par deux pilastres en brique rouge) est aménagée dans l´angle sud-est du cimetière ; enfin l´architecte communal établit le devis des travaux à réaliser pour aménager une chapelle et un logement de concierge et pour l´érection d´un calvaire. La restauration du bâtiment s'achève en 1819. L´extension du cimetière est réalisée en 1828.

En 1827, l´architecte communal François Auguste Cheussey, dessine les plans de l'extension prévue au nord de l´enceinte de la Maladrerie. Sur le plan qu'il réalise en 1828 (doc. 1), le cimetière comprend alors dix plaines (A à I), ou îlots délimités par des allées sinueuses, bordées d´alignements et de massifs d´arbres. Un mail de trois et quatre rangées d´arbres longe la clôture du cimetière, de part et d'autre de l'entrée principale. Un bâtiment à usage de chapelle et de conciergerie est visible dans l'axe de l´entrée qu'il surplombe. Une fontaine est également visible au bas de la plaine F, dans un massif. Ce plan représente les dénivelés de terrain et les concessions existant à cette date, montrant ainsi la corrélation entre la topographie du site et l´emplacement des tombeaux, qui sont à cette date, nombreux à être adossés aux mur est (plaines G et E) et sud (plaine B) du cimetière. Dans les plaines extérieures, toutes les concessions sont adossées au mur de clôture (environ 35 concessions, plaine B, 58 concessions, plaine G (devenues G et K), 12 concessions, plaine E), à l'exception du Carré protestant (plaine E), dans lequel la seule concession visible, borde l´allée de desserte. Celui-ci, situé au niveau de l'entrée secondaire est, semble séparé par une haie. La représentation des concessions montre les emplacements prévus et les emplacements occupés. Chaque emplacement prévu est situé entre deux arbres, ceux bordant les allées et ceux longeant les murs de clôture. Dans la plaine B, on observe que certains ont été divisés en plusieurs concessions, certaines très étroite, présentant une forme de couloir. Certaines concessions occupent au contraire, deux, voire trois emplacements prévus (plaines C et G).

Dans les plaines internes, les concessions sont disposées de manière dispersée et suivant des orientations différentes (plaine C et F), sans alignement (plaines A), perpendiculairement aux allées (plaine D et H), de manière régulière suivant des orientations différentes (plaine I). Dans ces plaines, les concessions présentent un plan carré ou rectangulaire, certaines réduites à l'emplacement de la tombe (plaines C et F). On peut par ailleurs distinguer les concessions effectivement occupées par un tombeau (plaines D et C).

L'entrée secondaire est marquée par des massifs ou bosquets cernant le carrefour des allées. Ces bosquets habillent les pointes des îlots et certaines parties des plaines, au niveau des carrefours (A, D, F) et la partie sud-ouest du cimetière, autour de la chapelle (elle-même inscrite dans un espace libre de plan rectangulaire souligné par des rangées d´arbres) et le long du mail, où ils masquent partiellement le dénivelé du terrain. Au nord, entre les plaines E et G, l'allée aboutit au mur de clôture, où l'on peut observer la présence de deux contreforts.

L´extension réalisée au nord-est en 1828 est desservie par des allées paysagères prolongeant celles de la partie ancienne, divisant ainsi la plaine G et donnant naissance à la plaine K. Ces allées délimitent de nouvelles plaines, dites L à O. La plaine E et le carré des Protestants sont agrandis, à la suite de cette extension. L'habillage végétal des allées reproduit celui de la partie ancienne mais les plantations sont absentes le long du mur de clôture. Quelques arbres bordant l'ancien mur de clôture ont été conservés.

En 1840, a lieu la translation des ossements du cimetière Saint-Denis, qui doit donner lieu à l´érection d´un monument. Une nouvelle entrée est aménagée l´année suivante comprenant une nouvelle porte avec une grille en bois.

La grille d´entrée est exécutée par le serrurier Deleux-Choquet, sur les dessins de l´architecte communal Vigreux (A. Goze, 1854 et H. Calland).

Le règlement de 1850 introduit les concessions temporaires (plaine N).

En 1858, la plaine F est affectée aux concessions perpétuelles. En 1864, des concessions temporaires sont créées dans les plaines E et H, à l´exemple des plaines N et D.

Plusieurs embellissements sont réalisés en 1867 (érection d´un calvaire) et en 1868 (renouvellement de la grille d´entrée).

La deuxième extension du cimetière est votée en juillet 1871 ; les terrains, acquis l´année suivante, sont aménagés en 1873-1874, date de l´ouverture de l´allée divisant la plaine N. Un registre de plans non datés réalisés vers 1873 (ill.) et complétés par les plans des plaines P et S (ill. 15 et 16) donne un état précis de la disposition des concessions.

La nouvelle grille, réalisée par le serrurier Moyencourt, est placée en 1886.

Un projet (abandonné) de construction d'un ossuaire est dressé en 1936 par l'architecte de la ville Sevin. Il sera réalisé en 1966, par l'entrepreneur Joseph Ranzoni (AC Amiens).

A la suite de la publication de Stéphane Conte (1847), le cimetière est l'objet de nombreux commentaires élogieux. A. Goze (1854) vante son aménagement à l´anglaise « de façon que lorsqu'on est au milieu des plantations et de la riante verdure on se croirait partout ailleurs que dans l´asile des morts. ». H. Calland (1869 ca.), qui fait une longue description du cimetière romantique et signale les tombeaux remarquables : ceux du recteur de l'académie Dijon, de l´avocat Poullain, de l´ancien maire Dargent, du sculpteur Duthoit, du chimiste Lapostolle, de Mmes d'Epagny, d'Halloy, Vast-Lefurme, Decoron, des familles Florent-Corroyer, Delacour, Laffilé, de l´abbé Maillard, et enfin de la sépulture du chapitre.

C'est ensuite le tombeau de Jules Verne qui devient le plus célèbre du cimetière.

L´étude réalisée par Fr. Caquineau et J. Filoque (1998) propose une chronologie des plantations réalisées dans le cimetière, qui débutent en 1819. Aux ifs plantés en bordure des allées, en 1830, succèdent des alignements de thuyas, sous le Second Empire, des alignements d´épicéas communs, de pins noirs d´Autriche et d´un mail de tilleuls à petites feuilles, vers 1880, enfin de cyprès de Lawson, dans les années 1970. En 1972 et 1973 sont aménagés le jardin du Souvenir et le jardin d´Urnes, formant l´arboretum, enfin un bois de feuillus, dit bois Guislain, est planté, vers 1990, « de façon forestière » ; il comprend des frênes communs, des charmes, des érables plane, des sycomores et des bouleaux verruqueux. Les bosquets, en tête des îlots, sont composés d´érables sycomores, de frênes communs, de marronnier d´Inde, de tilleuls à petites feuilles. Selon la typologie proposée par l´étude, ces arbres jouent un rôle d´accompagnement, d´ornement, d´écran ou de volume (cf. annexe).

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