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Bienvenue sur le site de l'Inventaire général du patrimoine culturel des Hauts-de-France

L'Inventaire général du Patrimoine culturel recense, étudie et fait connaître le patrimoine urbanistique, architectural et mobilier de la région. Actuellement, vous avez accès ici aux dossiers d'inventaire et aux ressources numériques disponibles sur les départements de l'Aisne, de l'Oise et de la Somme. L'ensemble de la documentation est également consultable au centre de documentation.

 A la une

 La collection Découverte en Hauts-de-France

Désormais intitulée Découverte en Hauts-de-France, notre collection de dépliants affiche une nouvelle présentation. Les neuf numéros remaquettés sont à télécharger ici.

Le cimetière de la Madeleine (Amiens)

Mise en ligne de deux dossiers de synthèse sur les enclos funéraires et les tombeaux et monuments funéraires du cimetière de la Madeleine, en complément des 1352 dossiers individuels déjà disponibles.

 L'architecture funéraire dans les communes étudiées d'Amiens métropole

Cette étude qui complète le recensement des concessions perpétuelles du cimetière de la Madeleine, permet de mesurer son influence sur les autres cimetières de l'aire d'étude.
Elle a permis de mettre en lumière la richesse du patrimoine funéraire, tant dans les autres cimetières d'Amiens que dans les cimetières ruraux, où sont encore conservés des monuments d'un grand intérêt, tant par leur ancienneté que par leur qualité architecturale.

L'ensemble présenté ici se compose de 496 dossiers individuels illustrés d’environ 1900 images et de trois dossiers de synthèse sur les cimetières, les tombeaux de prêtre et de congrégation et l’architecture funéraire.

Lumière sur

L'architecture religieuse et hospitalière de la commune de Noyon

Les abbayes, les couvents et les églises

La ville comptait, à la veille de la Révolution, dix églises paroissiales, deux abbayes - Saint-Eloi possédée par les bénédictins de Saint-Maur et Saint-Barthélemy occupée par les chanoines réguliers de Saint-Augustin, rattachés à la Congrégation de France - un couvent de Cordeliers (cf. annexe 1), une maison de béguines fondée en 1258 (dotée d´un nouveau règlement en 1677) et le prieuré bénédictin Saint-Blaise. A ces fondations médiévales s´ajoutent les établissements installés dans le mouvement de la Contre-Réforme post-tridentine, sous l´impulsion des évêques Charles de Balzac (1596-1646), François de Clermont Tonnerre (1661-1701) et Jean-François de la Cropte de Bourzac (1734-1766) : le couvent des Capucins (cf. annexe 2) en 1612, le séminaire, en 1682, la Sainte-Famille (cf. annexe 3) en 1679, et, en 1739, une école dirigée par les frères des Ecoles chrétiennes (étudiée).

A l´exception de la chartreuse du Mont-Renaud, bâtie en 1300, à Passel, à quelques kilomètres de Noyon, plusieurs grandes abbayes des environs possédaient dans la ville une maison de refuge établie depuis le Moyen Age, celles de Saint-Eloi et de Saint-Barthélemy, mais également les abbayes cisterciennes de Longpont (depuis 1260), près de la rue de la Poissonnerie, jusqu'au 16e siècle (Ponthieux), d´Ourscamp (jusqu´en 1682) et le prieuré de Saint-Amand de Machemont (jusqu'en 1716), à l'extrémité de la rue Saint-Jean, vis à vis du Petit Saint-Barthélémy (Ponthieux).

Lors de l´enquête, il ne subsistait de vestiges que de Saint-Hilaire, Saint-Germain et Sainte-Madeleine. L´église Saint-Etienne fut transférée à Morlincourt (étudiée), vers 1730, où elle a remplacé une chapelle champêtre dédiée à saint Nicolas. Les églises Sainte-Godeberthe, Saint-Pierre, Saint-Jacques (cf. annexe 5), Saint-Martin (cf. annexe 4), Saint-Maurice (cf. annexe 6) et Saint-Eloi ont totalement disparu et ne sont connues que par des sources indirectes.

Située hors les murs, dans le faubourg Dame-Journe, elle obtient de l´évêque Etienne, en 1206, qu´on ne bâtisse point dans le cimetière à Sablons, sans le consentement des chanoines. La chapelle Saint-Quentin, dont le patronage est confié à l´abbaye Saint-Barthélémy en 1273, est fondée à proximité de ce cimetière, par l´évêque Vermond de la Boissière.

Fondations charitables et hospitalières

Selon toute vraisemblance, Noyon n´a pas connu au haut Moyen Age d´hôtels-Dieu épiscopaux ou canoniaux comme Lyon, Le Mans, Metz ou plus près, Reims, Soissons et Laon, qui dès les 7e et 8e siècles possédaient des domus ou mansiones pauperum jouxtant la cathédrale, la maison de 1´éveque et celle de chanoines astreints au rite du mandatum. C´est-à-dire au lavement des pieds des pauvres, symbole de leurs devoirs de charité. Ces maisons installées au coeur de la cité, à l´intérieur des remparts subvenaient aux nécessités et aux soins « des pauvres malades », accueillaient pèlerins et voyageurs à l´exemple des xenodochia grecques qui se trouvent aussi dans les grandes abbayes.

Noyon, comme tant d´autres villes se réveilla aux 12e et 13e siècles où apparurent de nombreuses fondations hospitalières. Elle ne compta pas moins de cinq hôpitaux et une maladrerie, sans compter l´hôpital Saint-Antoine attesté seulement par Le Vasseur au 17e siècle et l´hôpital des Templiers au bas de la rue du Petit-Saint-Jean qui était avant tout une hôtellerie.

Ces fondations, souvent dues à l´initiative canoniale ou laïque, étaient aussi parfois la concrétisation de volontés épiscopale et échevinale : ainsi la maladrerie Saint-Lazare, fondée vers 1188 à l´instigation de l´évêque Etienne de Nemours (1188-1221), du maire et des jurés, était un asile où se retiraient les bourgeois atteints de la lèpre. Cette maison, installée loin de toute habitation, au sud-ouest de la ville, dans le faubourg Saint-Jacques, (actuelle route de Paris), fut abandonnée à la suite des incendies de 1552 et 1557. L´évêque Jean de Hangest fit bâtir alors en 1560, toujours hors les murs, au faubourg Dame-Journe, vis-à-vis de l´emplacement futur du couvent des Capucins, un « petit Saint-Lazare » supprimé en 1657, au moment de la fondation de l´hôpital général. La léproserie ne fut réunie à l´hôpital qu´en 1695, date à laquelle ses bâtiments furent démolis ; sa chapelle fut détruite deux ans plus tard.

Quatre hôpitaux étaient administrés par le chapitre. Vers 1131, le chapitre avait établi un hôpital, dit de Saint-Maurice, dans les dépendances de l´abbaye du même nom, qui se trouvaient de l´autre côté de la rue, face à l´église. Les clercs séculiers pauvres qui suivaient les cours des grandes écoles, y étaient logés, nourris et entretenus.

Fondé dans les mêmes intentions, vers 1250, l´hôpital Saint-Jacques fusionna au 15e siècle avec l´hôpital Saint-Maurice et prit le nom de Saint-Jacques des Capettes.

En 1257, Wiard de Ham donna à l´administration du chapitre, une maison rue Saint-Eloi (entre la rue des Ursulines et le rempart) pour recevoir les pauvres et les femmes en couches, d´où son nom « hôpital Notre-Dame de la Gésine ». Ses bâtiments furent incendiés en 1552 et l´emplacement loué à Louis Gorlain, à charge pour lui de rebâtir l´hôpital dans un délai d´un an. Il ne s´exécuta jamais : tous les matériaux qu´il avait réunis, furent emportés lors du sac de la ville en 1557. Les revenus de cet hôpital furent affectés à « l´aumône du cloître ».

L´hôpital du chanoine Robert Lefebvre, fondé en 1294 dans une maison rue de Puits-en-Puits (actuelle rue de Grèce) à l´usage des pauvres clercs, fut affecté en 1414 à la maîtrise des enfants de choeur avant d´être ruiné en 1591.

La désolation des hôpitaux pendant la guerre de Cent Ans et les guerres de 1552, 1557 et la gestion financière devenue difficile, entraînent la fusion ou la suppression des hôpitaux de Noyon.

De concert avec le clergé, le maire et les échevins de Noyon, comme dans tant d´autres villes éprises d´ordre public au 17e siècle, souhaitèrent, pour faire face à la grande misère pendant la Fronde et par souci d´efficacité et de compétence, la création de l´hôpital général, favorisant ainsi l´ingérence du pouvoir royal. En effet, c´est en 1656 que la royauté décida d´instituer à Paris et dans 33 villes d France des hôpitaux généraux destinés à regrouper les pauvres pour des raisons de salubrité publique. Noyon pourvu d´un établissement dès 1657 pouvait se vanter de posséder le plus ancien hôpital général de la généralité de Soissons.

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