Bienvenue sur le site de l'inventaire général du patrimoine des Hauts-de-France
Présentation

Fondé par André Malraux en 1964, l’Inventaire général du patrimoine culturel est conduit par les Régions sur l’ensemble du territoire français, sous le contrôle scientifique et technique du ministère de la Culture.
Les équipes de l’Inventaire recensent, étudient et font connaître le patrimoine architectural et mobilier de la région qui présente un intérêt culturel, historique ou scientifique. L’Inventaire du patrimoine de la Région Hauts-de-France est mené depuis plus de 40 ans : plus de 280 000 photographies, 28 000 dossiers d’Inventaire et 85 publications ont déjà été produits.

Retrouvez les dossiers d'inventaire disponibles en ligne sur ce site.

A la Une

Le service de l’Inventaire de la Région Hauts-de-France a le plaisir de vous informer de la sortie de sa nouvelle publication dans la collection Images du patrimoine aux éditions Lieux-Dits:

Villeneuve d’Ascq. Ville nouvelle, ville plurielle.

Textes de Leslie Dupuis et photographies de Pierre Thibaut

 

Ville atypique, Villeneuve d’Ascq est l’une des neuf villes nouvelles créées par l’État à la fin des années 1960. Bâtie sur un territoire déjà urbanisé, elle est conçue « comme un ensemble de quartiers gardant leur identité propre mais organisés et réunis pour faire une ville » ce qui fait d’elle une mosaïque d’éléments hétérogènes.

La ville nouvelle propose une synthèse des réflexions et expérimentations qui traversent alors l’urbanisme et l’architecture, bouleversant la conception classique de la ville : primat de l’espace public et des espaces verts, séparation des trafics, aménagement de cheminements piétonniers et urbanisme sur dalle, habitat intermédiaire, équipements scolaires innovants...

Ce livre retrace le développement de la ville nouvelle entre 1967 et 1983 – explicitant cette façon exceptionnelle de « fabriquer » une ville – et plus largement décrit les mutations d’un territoire confronté à l’urbanisation des Trente Glorieuses.

Par ces images de l’extraordinaire variété des paysages villeneuvois, des grands ensembles aux hameaux, il invite à la découverte d’une ville parfois incomprise, au patrimoine encore trop méconnu, et interroge notre perception de la ville et de ses espaces.

Retrouvez la présentation de l'ouvrage par les auteurs à l'université de Lille le 7 décembre 2021.

https://webtv.univ-lille.fr/video/11692/villeneuve-d%E2%80%99ascq-ville-nouvelle-ville-plurielle

 

 

Image du jour
La rue des Canadiens.
Lumière sur

L´industrie agro-alimentaire est prédominante sur l'ensemble du territoire, avec près d'une centaine d'usines documentées et identifiées lors du repérage, dont 26 ont fait l'objet d'un dossier d'étude. L'importance de ce secteur d'activité s'explique évidemment par l'importance de l'agriculture qui y est associée. Les moulins à blé, qu'ils soient à vent ou dotés d'une roue à eau, sont présents en grands nombre. Sur les trente cinq moulins à blé et minoteries localisées par les sources ou simplement mentionnés comme ayant existé dans la commune, dix moulins ont été sélectionnés pour étude. Malgré la faible importance des bâtiments, ils constituent la première marque industrielle présente sur le territoire et souvent aussi le point de départ et d'ancrage de l'industrie. Cette production de farine est alimentée directement par l'agriculture locale. Seule la partie sud du territoire envoie sa production dans d'autres usines extérieures à l'arrondissemment de Compiègne, soit à Verberie ou dans la vallée de l'Automne. Même si les farines sont essentiellement destinées à la consommation locale, une partie est envoyée à Paris ainsi que dans le département du Nord. Chronologiquement, la plupart des moulins à blé sont établis dans le courant du premier tiers du 19e siècle ; certains remontant même sous l'Ancien Régime. Mais progressivement, vont être touchés par un phénomène de concentration et de reconversion. Dans la seconde moitié du 19e siècle, les moulins à vent souvent en bois commencent à être abandonnés, tandis que les moulin hydrauliques accueillent d'autres activités. C'est le cas du moulin Flobert à Attichy, démoli en partie pour l'installation d'une sucrerie, ou d'autres moulins à blé établis à Cuise-la-Motte, qui sont transformé en féculerie (féculerie Soupplet) pour l'un et en usine de matériel optique pour l'autre. Le phénomène s'observe à Ressons-sur-Matz où une laiterie industrielle est installée sur le site d'un ancien moulin à blé, ou encore à Evricout (moulin d'Espinoy) ou à Mélicocq (moulin à blé converti en usine de chaudronnerie).

L'autre grand pan de l'industrie agro-alimentaire du territoire est assuré par l'industrie sucrière, avec en corollaire la distillerie d'alcool. Ce secteur est représenté par 25 sucreries et distilleries d'alcool de betteraves, dont 10 ont été étudiés. Il illustre un phénomène de concentration dans cette partie est du département, et qui prend toute sa mesure à l'échelle régionale. Les sucreries de Villeselve, Appilly, Attichy et Francières, toutes situées dans l'arrondissement de Compiègne sont parmi les toutes premières à avoir existé et produit durablement du sucre de betteraves dans les années 1825-1835. Aujourd'hui, la sucrerie de Chevrières est la seule encore en activité dans le département de l'Oise.

La culture de la pomme de terre a aussi favorisé l'implantation d'une quinzaine de féculeries qui extraient l'amidon. Cinq d'entre-elles ont fait l'objet d'un dossier spécifique. Enfin, le territoire est également marqué par trois brasseries (dont une a été étudiée), deux laiteries industrielles (une étudiée) et trois moulins à huile (un étudié), souvent anciens. Le nombre de ces moulins à huile ou tordoirs a néanmoins pu être beaucoup plus important. Graves, dans son Précis statistique sur le canton d'Attichy précise par exemple qu'il existait onze moulins à huile dans ce canton dans les années 1830-1840, qui utilisaient généralement des graines de chanvre (chènevis) ou de colza. Comme beaucoup d'activités liées à une production agricole, la production d'huile était saisonnière et ne faisait fonctionner les moulins à huile que trois ou quatres mois dans l'année. Le moulin Fréminet à Cuise-la-Motte, est l'un des moulins de ce type à avoir été étudié.

Directement liées à une ressource locale présente sur l'ensemble du territoire, les usines agroalimentaires sont également assez bien réparties. Toutefois, les rivières qui permettent aux moulins notamment, de recourir à l'énergie hydraulique, constituent des axes privilégiés pour leur implantation. Certaines communes concentrent même une grande partie de ces établissements, comme Longueuil-Sainte-Marie (6 usines), Ressons-sur-Matz (5 usines), Remy (5 usines), Mélicocq (5 usines), Monchy-Humières (4 usines), Cuise-la-Motte (4 usines).

Francières, la grande salle de diffusion avant la réhabilitation du site.