Dossier d’œuvre architecture IA00076411 | Réalisé par
Dufournier Benoît
Dufournier Benoît

Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.

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Fournier Bertrand (Rédacteur)
Fournier Bertrand

Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France

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  • patrimoine industriel, Somme
  • patrimoine industriel, la Première Reconstruction industrielle
Ancienne huilerie Gruet et Cie, puis Lefrant ; devenue usine de caoutchouc et dérivés factices Jules Lefrant, puis Lefrant Dargaud et Cie, puis Lefrant-Rubco S.A.
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Santerre Haute-Somme - Ham
  • Commune Muille-Villette
  • Adresse 64 rue de Paris
  • Cadastre 2015 AC 11 et 37
  • Dénominations
    huilerie, usine de caoutchouc
  • Précision dénomination
    usine de caoutchouc et dérivés factices
  • Appellations
    Gruet et Cie, Lefrant, Jules Lefrant, Lefrant-Dargaux et Cie, Lefrant-Rubco S.A.
  • Parties constituantes non étudiées
    bureau, atelier de fabrication, cheminée d'usine, entrepôt industriel, magasin industriel, réservoir industriel, logement patronal, jardin, logement d'ouvriers

L'huilerie Lefrant, spécialisée dans l'huile d'éclairage à base d'oeillette, est le plus ancien établissement de Ham - Muille-Villette. L'usine, créée en 1838 par Gruet et Cie, occupe d'abord la parcelle AC 37. Au cours des premières années de son activité, l'entreprise change plusieurs fois de raison sociale : Elle devient Lefrant et Béranger en 1839, puis Lefrant et Rigaut à partir de 1840. Dans la seconde moitié du 19e siècle, les raisons sociales évoluent encore en fonction des associations opérées par la famille Lefrant. Celle-ci en garde néanmoins le contrôle principal, et devient Lefrant et Cie en 1898. Il est possible que cette date corresponde à la construction des nouveaux bâtiments, dont le grand atelier à deux étages en brique. En 1901, Jules Lefrant trouve une nouvelle association avec Dargaut. Mais en 1903, un violent incendie touche le grand atelier (ill.). Jules Lefrant qui dirige l'entreprise, en profite pour faire évoluer son activité vers la production de caoutchouc synthétique. Outre la reconstruction des parties endommagées par l'incendie, l'industriel investit la parcelle voisine, au nord. (AC 11) sur laquelle il implante de nouveaux ateliers. Ceux-ci, figurés sur un en-tête de lettre commercial de l'entreprise (ill.), se composent de deux séries d'ateliers en shed, respectivement de dix et neuf travées. L'entreprise des Bétons Armés Hennebique est retenue pour la construction d'une partie des nouveaux bâtiments, sous la direction de l'architecte Chevier. Elle est notamment mentionnée pour la réalisation de colonnes, de planchers, des terrasses, des combles, des escaliers et des cloisons de refend.

Au moment de la Première Guerre mondiale, l'usine Lefrant Dargaut et Cie est fortement endommagée. Elle n'est toutefois pas reconstruite immédiatement. Les travaux ne sont engagés qu'en 1927, après la mort de Jules Lefrant en 1925.

En 1940, l'établissement subit encore d'importants dégâts. Les bâtiments (ateliers, magasins, et entrepôts) sont en grande partie reconstruits dans les années 1950. En 1954, Dargaud se retire se retire de la société et vends ses parts à Bienfait. De 1954 à 1964, la raison sociale est Lefrant-Bienfait, puis Lefrant-Rubco à partir de 1964. La société produit toujours du caoutchouc expansé et des factices (matières premières végétales pour l'industrie du caoutchouc). En 2007, Lefrant-Rubco est racheté par le groupe BLF. Elle est la seule entreprise française de ce secteur.

Équipement industriel et machines : en 1850, l'huilerie est équipée d'une machine à vapeur, de 2 fourneaux et d'une forge. Vers 1930, l'usine possède cinq cheminées et de nombreux appareils à vapeur.

Évolution des effectifs : en 1850, l'huilerie Lefrant emploie 21 ouvriers. En 1983, l'établissement compte 45 salariés. En 2015, l'effectif n'est plus que de 27 salariés.

Le site industriel actuel s'étend sur une superficie de 8 ha, le long de la route de Paris (D 932). Les deux anciennes parties de l'usine sont nettement distinctes, avec, au sud, l'ancienne huilerie, entourée d'un parc arboré, et plus au nord, l'extension industrielle postérieure à 1903.

L'ancienne huilerie, connue aujourd'hui pour être l'ancien logement patronal, se compose d'un bâtiment principal, implanté au milieu de la parcelle. Il est construit en brique et présente une façade ordonnancée à neuf travées. Il s'élève sur deux étages carrés avec comble à à surcroît. Il est couvert d'un toit en ardoise, à longs pans brisés et pignons couverts. Un ensemble de cinq lucarnes éclairent les combles. Une sixième lucarne, rampante, sur la huitième travée, indique la vocation industrielle de cette partie de l'édifice. Il est flanqué d'un logement à quatre travées, construit en pierre agglomérée et également couvert en ardoise. Outre l'usage de pierre agglomérée, cet édifice se distingue par le traitement des percements du rez-de-chaussée, logés sous une série d'arcatures en plein cintre. Les autres bâtiments qui figurent sur la carte postale de l'incendie de 1903 n'ont pas été reconstruits.

L'autre partie, plus industrielle, est marquée dès son entrée par la présence de bureaux, implantés en front de rue, directement accessibles depuis l'extérieur par deux accès. L'édifice de huit travées, comporte un étage carré et comble. Il est couvert d'un toit en ardoises, à longs pans et croupes. Il est flanqué sur l'un des pignons, d'un magasin industriel, en rez-de-chaussée et toit bombé. Les ateliers de fabrication se développent à l'arrière. L'ensemble représente une surface bâtie de 7000 m carrés couverts, où les bâtiments à structure métallique et bardage de tôle côtoient d'autres bâtiments plus anciens, en shed. Il subsiste également une cheminée tronconique en brIque.

Enfin, trois ensembles de logements destinés aux ouvriers de l'usine sont construits dans l'enceinte même de l'usine. Implantés un peu plus à l'écart des espaces de production, ces logements sont construits perpendiculairement à la route. Chaque bâtiment, en brique (dont un recouvert d'un enduit ciment), présente une élévation en rez-de-chaussée et comble, couvert d'un toit à longs pans et pignons couverts. Ils abritaient chacun deux logements.

  • Murs
    • brique
    • pierre
    • essentage de tôle
  • Toits
    ardoise, tuile mécanique, tuile flamande mécanique, ciment en couverture, tôle ondulée
  • Étages
    sous-sol, 2 étages carrés, étage de comble, comble à surcroît
  • Couvrements
    • charpente métallique apparente
  • Élévations extérieures
    élévation à travées, élévation ordonnancée sans travées
  • Couvertures
    • terrasse
    • shed
    • toit à longs pans pignon couvert
    • toit bombé
    • croupe
  • Énergies
    • énergie thermique
    • énergie électrique
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Ce dossier de recensement du patrimoine industriel de la Somme, établi en 1988 par Benoît Dufournier, a été mis à jour et enrichi par Bertrand Fournier en 2015 dans le cadre de l'enquête thématique régionale sur la Première Reconstruction industrielle.

Documents d'archives

  • Institut Français d'Architecture (I.F.A.) ; 76 IFA 1903/53866. Fonds Bétons Armés Hennebique (BAH) : dossier de reconstruction pour MM. Lefrant et Cie à Ham, 1903 (n° d'affaire 21219).

  • Centre des Archives économiques et Financières (CAEF) : B-0009102/1 : Dommages de guerre de la société Lefrant-Dargaud, 1928-1929.

  • AD somme. Série R ; 10 R 974 : Muille-Villette. Dossiers de dommages de guerre des particuliers, de A à F. [1919-1927].

Bibliographie

  • CERCLE CARTOPHILE DE HAM ET SA REGION. L'industrie dans l'agglomération hamoise... hier et aujourd'hui. Ham : C.C.H., 2013.

    p. 25-27.

Périodiques

  • Le Béton armé. Organe des concessionnaires et agents du système Hennebique.

    6e année. n°66, nov. 1903. p. 99-100.

Documents figurés

  • Entête de lettre commerciale figurée de la société J. Lefrant (AD Somme ; 99 M 96854).

  • En-tête de lettre commercial de la fabrique de produits chimiques : couleur zinciques, produits pour le caoutchouc, huile de graines J. Lefrant, Dargaud & Cie, début 20e siècle (coll. part.).

  • Incendie de la maison Lefrant, fabricant d'huile à Muille près Ham, carte postale, 1903 (Coll. Cercle Cartophile de Ham).

Date(s) d'enquête : 1988; Date(s) de rédaction : 1990, 2015
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dufournier Benoît
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Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.

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Fournier Bertrand
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