Dossier d’œuvre architecture IA02002819 | Réalisé par
  • patrimoine industriel, la communauté d'agglomération de Saint-Quentin
Ancien tissage de guipure et de tulle Archibald Josias Broad, puis Albert Sidoux et Cie (détruit)
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Communauté d'agglomération et ville de Saint-Quentin

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
  • Commune Saint-Quentin
  • Lieu-dit Remicourt
  • Adresse 73 à 75 rue Camille-Desmoulins , rue Sommières , rue Poëtte
  • Cadastre 2004 AX 1123, 1124, 1125
  • Dénominations
    tissage
  • Précision dénomination
    tissage de guipure, tissage de tulle
  • Appellations
    Sidoux Albert et Compagnie
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, entrepôt industriel, bureau, cheminée d'usine, logement patronal, conciergerie, écurie

Ce tissage de guipure et de tulle est implanté à Saint-Quentin en 1896 (début des travaux de construction fin décembre) par Archibald Josias Broad, qui transfère ses activités depuis Caudry (59). L'usine de Saint-Quentin comprend alors les ateliers, le logement patronal et ses dépendances. La société A. Sidoux et Cie est créée en 1902. Louis-Albert Sidoux, peut-être directeur de l'usine dès 1897, devient alors le mandataire de M. Broad. A la veille de la Première Guerre mondiale, Saint-Quentin est le premier centre français producteur de guipure. Le 2 août 1914, le tissage est arrêté. A partir de janvier 1917, le matériel de l'usine est démonté ou brisé, tandis que le tracé de la ligne Hindenburg entraîne la destruction d'une partie des bâtiments, encadrant la cour d'entrée (magasins, dépendances) et bordant la rue Sommières. Creusement de tranchées, installation d'une redoute, destruction de bâtiments hérissés de barbelés, entonnoir de mine (à l'intersection des rue Sommières et Poëtte) amputent également l'usine d'une partie de ses bâtiments, implantés à l'Est. Dès 1919, les ateliers sont restaurés ou reconstruits sur les plans du cabinet d'architecture Gustave Malgras-Delmas, et rééquipés. En avril 1920, Albert Sidoux rachète les parts de Joséphine Céline Bel, veuve d'Archibald Broad, et devient alors l'unique propriétaire de la société. Au début de l'année 1921, l'usine est remise en marche. Deux générations se succèderont à la direction de l'établissement : Paul, puis Jean Sidoux. En 1949, l'usine de guipure est l'une des cinq dernières encore en activité à Saint-Quentin, puis l'une trois dernières quinze ans plus tard. En 1990, l'entreprise ferme ses portes.

L'ensemble des bâtiments, à l'exception du logement patronal et de ses dépendances, est inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Plusieurs projets de réemploi se succèdent alors. Mais incendies partiels et vandalisme entraînent peu à peu la destruction des machines, des cartons Jacquard, et des collections de dessins et modèles. En 2004, une grande partie des ateliers, vidés de leurs équipements, sont détruits.

En 1910, l'usine est dotée d'une machine à vapeur de 35 ch., puis quelques années plus tard d'une machine à vapeur compound Blondel et Cie (Lille) de 100 ch., détruite pendant la Première Guerre mondiale. Elle est rééquipée après la guerre d'une machine de la S.A. des Ateliers de Constructions H. Bollinckx (Bruxelles). A la veille de la Première Guerre mondiale, l'usine possède 12 métiers à guipure et 10 métiers à tulle, 20 métiers à lames (10) et Jacquard (10) pour la passementerie, plus d'une trentaine de machines Wilcox et Gibbs Coverlook pour le cylindrage et le bordage, etc. Lors de sa fermeture, elle conservait 14 des 17 métiers à guipure (Swift et Wass, Stevens et Williamson) et 9 des 13 métiers à tulle (John Jardine, Newton et Pycroft) qui l'équipaient depuis 1921.

L'usine Sidoux emploie 200 personnes en 1914 et 1922, 120 dans les années 1960, 60 à 80 en 1971, 45 à 50 dans les années 1977-1988.

L'entrée de l'usine est cantonnée de deux bâtiments construits en brique, en rez-de-chaussée. L'un se compose de la conciergerie, couverte d'un toit à longs pans brisés et croupe ménageant un étage de comble, et des communs de logement patronal. Le pignon sur rue de la conciergerie et le mur gouttereau du magasin (rue Sommières) sont formés d'arcades aveugles, portées par un massif soubassement en brique (et calcaire pour les pignons encadrant l'entrée), couvertes d'arcs segmentaires (clef en calcaire), et s'inscrivant entre des pilastres. L'ensemble est surmonté d'un important entablement constitué de briques disposées en boutisse ou carreau, sur champ ou à plat, en dents d'engrenage, etc. Le tympan du fronton-pignon du magasin porte une imposante fausse-table, dont la forme est similaire à celle des trois baies (couvertes d'arcs segmentaires) qu'elle surmonte. La brique silico-calcaire est utilisée en alternance avec la brique rouge pour les rampants du fronton-pignon. Les chaînages d'angle sur rue de la conciergerie et du magasin sont construits en brique et calcaire en pierre de taille, en alternance, faisant écho aux piliers de la clôture du logement patronal. Au fond de la cour d'entrée se dresse la façade des anciens bureaux, formée d'un fronton-pignon à redents, dont chaque redent porte des ailerons, le dernier étant coiffé d'un amortissement formé d'une sorte de petit fronton en plein-cintre. Le tympan porte une table sculptée en pierre de taille, où s'inscrit l'ancienne raison sociale de l'établissement ("A. SIDOUX"), surmontée d'un cadran d'horloge. Ce bâtiment, en rez-de-chaussée, est percé de trois baies couvertes en plein-cintre, de composition pyramidale. L'alternance de briques rouges, silico-calcaires et de pierres de taille en calcaire anime cette façade majeure de l'usine. Les ateliers, dont il ne reste plus à peine qu'une dizaine des vingt-cinq travées initiales, sont construits en brique, en rez-de-chaussée. Des dix-sept travées détruites, il ne reste plus que les pignons de la rue Poëtte et des murs de refend. Ces ateliers sont couverts de sheds, formés de poutres métalliques à treillis (en croix de Saint-André) portées par des colonnes de fonte et un mur de refend intermédiaire). Le traitement des murs de ces ateliers est similaire à celui des murs des bâtiments encadrant la cour d'entrée (sans usage de brique silico-calcaire), mais les arcades aveugles sont couvertes d'arcs en plein-cintre, et non segmentaires. Seules trois arcades sont percées de baies, occupant le cintre de ces arcades. L'appareillage en brique des pignons formés par les sheds est une répétition de l'appareillage de la corniche. La cheminée d'usine, en brique, est de section circulaire. Le logement patronal, construit en brique, est doté d'un sous-sol, d'un étage carré et d'un étage de comble. Il se compose d'un corps principal, couvert d'un toit à longs pans à croupes, d'un pavillon d'angle demi-hors-oeuvre couvert d'un toit en pavillon, et d'une partie accolée, en rez-de-chaussée, couverte d'une terrasse. Les façades sont animées de bandeaux, chaînages, de frises et corniches en briques silico-calcaires. En façade antérieure, le pavillon est percé en rez-de-chaussée d'une large baie (avec piédroits, linteau et allège en pierre de taille) surmontée d'un bow-window portant des décors de mosaïque. Des vitraux (personnages profanes, flots, paysages), panneaux de céramique (paysages d'architecture, fleurs, etc.) et des sols en mosaïque ornent certaines pièces de l'habitation (non visitée). Toutes les toitures du site sont en tuile mécanique, à l'exception de celle du logement patronal, en ardoise.

  • Murs
    • brique
    • brique silico-calcaire
    • calcaire
    • pierre de taille
  • Toits
    tuile mécanique, ardoise
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré, étage de comble
  • Couvertures
    • terrasse
    • toit à longs pans
    • toit à longs pans brisés
    • shed
    • toit en pavillon
  • Énergies
    • énergie thermique
    • produite sur place
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté, menacé
  • Techniques
    • céramique
    • mosaïque
    • vitrail
  • Représentations
    • personnage profane
    • flots
    • ornement architectural
    • fleur
    • symbole de la nature
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    bureau, atelier de fabrication
  • Protections
    inscrit MH, 1992/02/24
  • Précisions sur la protection

    Ensemble des bâtiments (cad. AX 1123).

  • Référence MH

Depuis l'inscription au titre des Monuments Historiques, en 1992, la disparition des équipements techniques et des collections afférentes, la destruction d'une grande partie des ateliers et le délabrement des bâtiments conservés, ont réduit l'intérêt de cet ensemble industriel. Néanmoins, la façade des anciens bureaux et les élévations antérieures encore conservées des ateliers constituent encore un ensemble architectural remarquable. A la veille de la Première Guerre mondiale, Saint-Quentin est le premier centre français producteur de guipure.