Dossier d’œuvre architecture IA02002910 | Réalisé par ;
Dufournier Benoît
Dufournier Benoît

Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • patrimoine industriel, la communauté d'agglomération de Saint-Quentin
Ancienne broderie mécanique Daltroff, usine de la Société Industrielle et Technique pour l'Electricité, Ateliers de Constructions Electriques de Delle, puis de la Sté UNELEC, puis Laboratoire GE-Power Controls et ateliers MECA-ELEC
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Communauté d'agglomération et ville de Saint-Quentin

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
  • Commune Harly
  • Adresse 1572 rue de Guise
  • Cadastre 2005 AB 149, 287, 289, 291, 293, 295, 197, 199, 301, 303, 306, 308, 310, 314, 316, 318, 320, 322, 324, 326, 352 à 356, 359, 366 à 369
  • Dénominations
    usine de broderie mécanique, usine de matériel électrique industriel
  • Appellations
    Daltroff, Daltroff Veuve J. et Compagnie, Société Industrielle et Technique pour l'Eléctricité, Ateliers de Constructions Electriques de Delle (ACED), UNELEC
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, entrepôt industriel, bureau, cantine, logement patronal, conciergerie

Julien Daltroff fonde sur ce site une usine de broderie mécanique en 1875, probablement construite sur les plans de l'architecte Charles Chérier. L'usine est dotée d'une cantine en 1880, d'un logement patronal en 1882. En 1895, des logements ouvriers sont édifiés, ainsi qu'une salle des machines, une chaufferie, etc. La même année, Julien Daltroff acquiert l'ancienne filature de Lucy à Ribemont, à 20 Km à l'est de Saint-Quentin, qu'il reconvertit en usine de blanchiment, apprêt et tissage de tulle. En 1904, probablement lors du décès de Julien Daltroff, une nouvelle société est créée entre la veuve Daltroff, Alisa Bernet, et son fils Albert Jacob Daltroff, sous la raison sociale Veuve J. Daltroff et Cie. A cette date, la société exploite des ateliers de broderie mécanique en Suisse (Abtwyl, Berg et Gossau), en Autriche (Laustenau), et possède des maisons de vente à Londres, Vienne et Saint-Gall. A partir des années 1890, l'usine d'Harly est dirigée par un directeur, M. Boëtschi. A la veille de la Première Guerre mondiale, l'usine produit des broderies sur tissus de coton du "genre Saint-Gall", des broderies sur tulle et guipure du "genre Plauen", et des garnitures dites "nouveautés". L'usine, stoppée dès août 1914, est complètement détruite par les bombardements et les incendies entre le 3 et le 9 octobre 1918. Seules une partie des logements ouvriers, la cantine et quelques éléments mineurs de l'usine, pourront être restaurés tandis que les ateliers de fabrication et les bureaux sont reconstruits entièrement en 1920, pratiquement à l'identique, mais avec de nouveaux matériaux (le métal remplace le bois des sheds, etc). En 1921, la production redémarre, dans 5000 m2 d'ateliers neufs. L'usine de broderie mécanique, dirigée par M. Weiss, cesse toute activité entre 1934 et 1935.

Les ateliers sont repris vers 1936 et reconvertis en usine de matériel électrique industriel, spécialisée dans la fabrication de matériel basse tension, par la Société Industrielle et Technique pour l'Electricté (S.I.T.E.L.). Lui succèdent les Ateliers de Constructions Electriques de Delle (A.C.E.D.) vers 1950, puis en 1965 la société UNELEC, fondée par le groupe C.G.E. et Alsthom. Les ateliers sont agrandis à plusieurs reprises, en 1949, au milieu des années 1950 et en 1966. En 1986, la société UNELEC est absorbée par le groupe belge Vynckier. En 1995, UNELEC est acquise par le groupe américain General Electric. A partir de 1999, un processus de délocalisation des ateliers de l'usine d'Harly est enclenché.

Aujourd'hui, coexistent sur le site un laboratoire d'essai et des bureaux de la société GE - Power Controls, ainsi que les ateliers de la société MECA-ELEC.

A la veille de la Première Guerre mondiale, l'usine est dotée d'une machine à vapeur du constructeur suisse Sulzer de 120 ch., datée de 1892. Les ateliers sont alors dotés de 90 métiers à broder à pantographe, remplacés après 1918 par 20 métiers automatiques (munis de Jacquard) de 20 yards, et 5 métiers à pantographe de 10 yards pour les petites séries. En 1924, l'usine dispose de 35 métiers de 20 yards.

L'usine de broderie mécanique emploie 460 personnes en 1914 (365 femmes, 93 hommes, 3 contremaîtres). Au total, Daltroff emploie à Harly et Ribemont 600 personnes, sans compter les ouvriers façonniers travaillant à domicile. En 1922, les ateliers n'emploient plus que 150 ouvriers. L'usine de matériel électrique emploie 815 salariés en 1960, 900 en 1966, 1300 en 1972, 1100 en 1977, 825 en 1988, 675 en 1992, 400 en 1999. Aujourd´hui, 70 salariés travaillent sur ce site.

Face à la route de Guise, se dresse un pavillon central, encadré de deux ailes latérales et d'une aile en retour, délimitant ainsi une cour fermée par un bahut de brique surmonté de grilles métalliques et de piliers, interrompu par la conciergerie de l'usine (en rez-de-chaussée, couverte d'un toit en pavillon à égout retroussé, en ardoise et zinc). Toutes ces constructions de brique datent de 1920. Le corps central est doté de caves, d'un étage carré et d'un étage en surcroît. Sa façade antérieure est rythmée par cinq travées encadrées de piliers en brique et brique silico-calcaire. Elle est percée de larges baies couvertes d'arcs segmentaires et animée de bandeaux, de modillons, d'impostes en pierre de taille en calcaire. Ces anciens bureaux, auxquels on accède par un perron, sont couverts d'un toit à longs pans et croupes en ardoises, percés en façade antérieure d'une lucarne pendante, à baie rectangulaire, coiffée d'un fronton en pierre de taille. Les ailes, initialement à usage de magasin industriel (aile ouest), d'atelier d'apprêt (aile est) et d'atelier de tulle, sont composées d'un rez-de-chaussée et d'un étage de comble. Les façades antérieures sont percées de baies sensiblement similaires à celle des bureaux, entre lesquels s'intercalent des piliers portant des ancres métalliques. Certaines travées sont percées sous la corniche de fenêtres oblongues, ajouts tardifs pour éclairer les combles. Ces ailes sont couvertes de toits à longs pans en tuile mécanique, percés au sud, côté ateliers, de lucarnes. Ces bâtiments ont en partie une structure interne en béton armé (poteaux portant les planchers des combles). Initialement, les toitures des ailes étaient dotées de verrières au niveau du faîtage. Adossés à la façade postérieure des bureaux et des ailes latérales, se dressent les anciens ateliers de broderie, construits de 1920 au milieu des années 1950. Ceux de 1920 forment un parallélogramme couvert de six sheds. Ceux-ci, ainsi que la structure porteuse interne, sont réalisés en profilés métalliques, et sont couverts en tuile mécanique. Les pignons à chaque extrémité, à redents, sont en brique. Ces ateliers ont été prolongés avant 1948 de deux sheds supplémentaires (non visités) dont les parties vitrées ne sont plus inclinées mais verticales, tandis que les briques des pignons à redents, simplifiés, sont enduites. Au sud de l'ensemble ainsi formé, est accolé un vaste atelier, construit en béton armé en 1949. Il est couvert d'une lourde charpente en béton armé, constituant un ensemble de dix-huit toits à longs pans dont les faîtages sont perpendiculaires aux sheds précédemment décrits. Les pans orientés à l'ouest sont vitrés, les pans est sont en tuile mécanique. Ces toitures sont masquées par de hauts murs enduits, percés de deux bandeaux de baies superposés apportant un éclairage latéral à l'atelier. Cet ensemble a été complété au milieu des années 1950 par deux ateliers à structure métallique et charpente à longs pans avec verrières en faîtage et couverts en fibro-ciment, et un atelier couvert d'une terrasse, percée d'un lanterneau. A l'ouest de cet ensemble se dresse un vaste entrepôt désaffecté, construit en 1949. Il dispose des mêmes bandeaux de baies que l'atelier qui lui est contemporain, tandis que son toit à longs pans, masqué pour partie par le prolongement des murs gouttereaux et des pignons, est en tuile mécanique et verre (verrière en faîtage). Enfin, à l'est et à l'ouest de l'ensemble ainsi formé, ont été édifiés deux ateliers en 1966, construit en béton armé préfabriqué, et couverts de terrasses percées de lanterneaux carrés à dôme. A l'est, entre l'usine et la cité ouvrière voisine, s'intercale l'ancienne cantine, en brique, composé d'un corps central en rez-de-chaussée et de deux pavillon à un étage carré et un étage de comble. Corps central et pavillon sont couverts de toits à longs pans en tuile mécanique (faîtages perpendiculaires). Du côté opposé, se dresse l'ancien logement patronal. Construit en brique, avec des jeux de briques silico-calcaires et de pierres de taille de calcaire, il se compose de caves, d'un rez-de-chaussée et d'un étage en surcroît. Il est couvert de combles brisés, en ardoise et zinc. Les baies de l'étage sont coiffées de frontons à base interrompue en calcaire. A l'arrière de l'usine, sont implantés des hangars, bardés de tôles ondulées. Une partie des locaux désaffectée n'a pu être visitée.

  • Murs
    • béton
    • métal
    • calcaire
    • brique
    • brique silico-calcaire
    • enduit partiel
    • essentage de tôle
    • béton armé
    • pierre de taille
  • Toits
    tuile mécanique, ardoise, zinc en couverture, verre en couverture
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré, étage de comble, étage en surcroît
  • Couvertures
    • terrasse
    • verrière
    • shed
    • toit à longs pans
    • toit brisé en pavillon
    • croupe
  • Énergies
    • énergie thermique
    • produite sur place
  • Statut de la propriété
    propriété privée