Dossier d’œuvre architecture IA02010968 | Réalisé par
Hoin Karl-Michael (Rédacteur)
Hoin Karl-Michael

Responsable-adjoint (2018-2023) puis conservateur régional (depuis 2024) de l'Inventaire général Hauts-de-France.

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  • inventaire topographique, canton de Braine
Microcentrale hydroélectrique
Œuvre recensée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes du Val de l'Aisne - Braine
  • Commune Quincy-sous-le-Mont
  • Adresse rue du Mont
  • Cadastre 2025 0B 70
  • Dénominations
    centrale hydroélectrique
  • Destinations
    ferme, demeure
  • Autres parties constituantes
    ferme

L’électrification rurale constitue l’un des principaux chantiers de modernisation entrepris par la France entre les deux guerres mondiales. En 1918, à peine 20 % des communes françaises, essentiellement urbaines, sont raccordées à l’électricité. Entre 1920 et 1938, un vaste programme d’électrification rurale est lancé, soutenu par des aides publiques et des politiques tarifaires destinées à pallier la faible rentabilité des réseaux dans les zones agricoles. Avant la généralisation des réseaux interconnectés, de nombreuses initiatives locales apparaissent : des particuliers ou des exploitants installent de petites centrales hydroélectriques, souvent sur le site d’anciens moulins. Cette "houille verte", selon l’expression contemporaine, traduit l’idéal d’autonomie énergétique et la reconquête de sites hydrauliques alors délaissés.

Dans le département de l’Aisne, l’électrification demeure tardive : en 1946, seules 50 à 79 % des communes rurales disposent du courant électrique. Le moulin de Quincy-sous-le-Mont s’inscrit dans ce contexte d’expérimentation et de transition. Conçue pour alimenter directement la ferme attenante, la microcentrale est très probablement implantée sur le site d’un ancien moulin. Par sa fonction et son implantation, la microcentrale illustre le lien entre le patrimoine meunier traditionnel et les débuts de la modernisation énergétique du monde rural, à la veille de la nationalisation de 1946 qui marquera la constitution du réseau unifié d’Électricité de France.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 20e siècle , (incertitude)

La microcentrale hydro-électrique est probablement implantée sur un ancien site meunier établi sur un bras dérivé du cours d’eau local, Le Murton. L’édifice conserve en effet le mécanisme central d’un moulin hydraulique traditionnel, avec un arbre de transmission vertical et un système d’engrenages. Au sous-sol du bâtiment (non visité), se trouvait la roue motrice horizontale.

L’édifice se présente comme un bâtiment de plan carré à l'origine, de petites dimensions, en pierre blanche de moyen appareil régulier. Il est élevé sur un niveau unique sous un comble à forte pente, couvert d’une toit d'ardoises en pavillon et éclairé d'une lucarne jacobine. Ce bâtiment a été par la suite repris et allongé, d'un tour de main moins habile, avec la même pierre blanche de moyen appareil. Un toit simple en appentis d'ardoises débordant largement du mur ouest est venu couvrir cet ajout.

L'entrée, à l'ouest, est percée d’une large porte axiale rectangulaire flanquée d'un linteau droit en pierre blanche. L'élévation côté est est percée d'une unique baie avec un appui débordant en pierre blanche de style classique qui semble de facture plus récente que le reste de l'élévation. L'élévation nord est percée de cinq baies dont deux comprennent des appuis débordants modernes. L'élévation sud est aveugle. Le traitement minimaliste des encadrements et l’absence d’ornementation témoignent d’une architecture strictement utilitaire, conforme à la vocation proto-industrielle et énergétique du site.

La pièce principale est de plan rectangulaire. Ses murs sont revêtus d’un enduit à la chaux. Le sol est recouvert d'un plancher droit. Le plafond est formé du plancher de l'étage de comble qui repose sur de grosses poutres de bois équarri. Au centre de la pièce se dresse un arbre de transmission vertical métallique (chandelle), soutenu à sa base par un palier fixé au sol et culminant vers la charpente supérieure, où il s’insère dans un ensemble complexe d’engrenages de fonte. Ces roues dentées à grand diamètre constituent le cœur du dispositif de transmission du moulin, permettant la conversion du mouvement rotatif initié à l'origine par une roue hydraulique vers des machines ou, le cas échéant, vers un alternateur.

  • Murs
    • calcaire
    • pierre de taille
    • moyen appareil
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan carré régulier, plan rectangulaire régulier
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré, étage de comble
  • Couvrements
  • Couvertures
    • toit en pavillon
    • appentis
  • Escaliers
    • escalier intérieur
  • Typologies
    =
  • État de conservation
    mauvais état
  • Techniques
  • Représentations
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections

Pour la constitution de ce dossier, le Service Régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel remercie monsieur et madame Philippe Guiffault, nouveaux propriétaires du manoir de Quincy, ainsi que monsieur Denis Rolland, président de la Société historique de Soissons.

Périodiques

  • BERTHONNET, Arnaud. L'électrification rurale ou le développement de la « fée électricité » au cœur des campagnes françaises dans le premier XXe siècle [en ligne]. Histoire & Sociétés Rurales (association d'histoire des sociétés rurales), volume 19, 2003/1, 2003.

    pp. 193-219.
Date(s) d'enquête : 2003; Date(s) de rédaction : 2006, 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Hoin Karl-Michael
Hoin Karl-Michael

Responsable-adjoint (2018-2023) puis conservateur régional (depuis 2024) de l'Inventaire général Hauts-de-France.

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