Dossier d’œuvre architecture IA59005720 | Réalisé par
Girard Karine (Rédacteur)
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.

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  • inventaire topographique, Le Quesnoy centre
Maison bourgeoise, actuellement immeuble de bureaux
Œuvre repérée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes du Pays de Mormal
  • Commune Le Quesnoy
  • Adresse 14 rue Achille Carlier
  • Cadastre 2024 E 1144  ; 1897 E 234 et 235 ; 247 parcelle 234 : maison et cour parcelle 235 : magasin parcelle 247 (propriétaire différent) : jardin d'agrément ; 1817 E 194 à 198 198 : école des pauvres appartenant aux Hospices du Quesnoy 194 à 197 : petites maisons appartenant aux Hospices du Quesnoy
  • Dénominations
    maison
  • Précision dénomination
    maison bourgeoise
  • Destinations
    immeuble de bureaux

L'état de section de 1817 indique que la parcelle est occupée par une "école des pauvres". Précédée d'une grande cour, cette dernière occupe le fond de la parcelle. À front de rue, une rangée de maisonnettes appartenant aux Hospices du Quesnoy (voir dossier "Ancien cuvent des Sœurs Augustines" - IA59005721) sépare la cour de la rue.

En 1897, l'état de section et le cadastre indiquent que la propriété est celle d'un marchand de fer. La maison est toujours située en fond de parcelle, à l'emplacement de l'ancienne école, mais elle est de plus petite taille et jouxte sur sa droite un grand entrepôt. Ce dernier occupe une partie de l'ancienne école, de la cour, ainsi qu'une partie des parcelles voisines précédemment occupées par des jardins. La maison est importante en taille, relevant de la famille des "maisons bourgeoises" puisque l'état de section de 1897 indique qu'elle compte 26 fenêtres et/ou porte(s). Pour sa part, le "magasin" en compte 17. Les petites maisons le long de la rue Carlier ont disparu et ont été remplacées pour partie par le mur qui clôture la parcelle sur la rue (deux maisons de gauche) ou réunies en une seule maison avec courette (deux maisons de droite).

Sur le plan établi en 1921 pour dresser l'état des destructions, la maison apparait comme ayant subi des dégâts importants mais reste "réparable" (AD Nord, 50Fi2285). Elle est en revanche détruite pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le fils de l'entrepreneur qui a reconstruit la maison a indiqué que l'architecte de la maison était Marcel Foyer et que les travaux avaient été effectués par l'entreprise Désertot. La maison a été construite pour un médecin, dont le cabinet occupait le rez-de-chaussée.

La juxtaposition entre le cadastre de 1897 et celui actuel montre que la maison occupe au sol une surface identique, mais qu'elle est désormais située en milieu de parcelle. En effet, à une date inconnue, la propriété a été augmentée de la parcelle contiguë située à l'arrière. La fonction de cet espace n'a pas changé puisqu'il continue à être principalement occupé par un jardin d'agrément.

La partie à gauche de la parcelle est toujours occupée par un grand hangar, reconstruit avec une charpente métallique, dont l'emprise au sol est plus grande que celle de l'entrepôt du marchand de fer puisqu'elle se prolonge à l'arrière de la parcelle.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 20e siècle , daté par travaux historiques, daté par tradition orale
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Foyer Marcel
      Foyer Marcel

      Agence d'architecte installée à Valenciennes. Actif pendant seconde moitié du XXème siècle. Architecte de la ville du Quesnoy.

      Est l'architecte des bâtiments scolaires du Quesnoy pendant la seconde moitié du XXe siècle. Est l'architecte d'opération sur la construction du lycée Eugène Thomas au Quesnoy puis suit les travaux d'entretien. Son activité est reprise par le cabinet Jean Dodat - Christian Villain, lequel est devenu en 2002 l'agence d’architecture "Les murs ont des plumes" dirigée par Carl Lefebvre.

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      architecte attribution par tradition orale
    • Auteur :
      Berger-Désertot (1912 - 1973)
      Berger-Désertot

      La société est fondée en 1921 par Henri-Étienne Désertot et Antoine Berger. Le premier est originaire de Beaune où il était exploitant d'une carrière de pierre calcaire et le second de Lyon. Tous deux arrivent au Quesnoy au moment de la Première reconstruction. Les deux beaux-frères fondent leur entreprise en 1921, sous le nom d'Entreprise Berger-Désertot, et commencent par travailler à la reconstruction des ouvrages d'art de la SNCF dans les zones détruites par la guerre. Ils ont sans doute participé à la reconstruction du Quesnoy, mais sans qu'il soit possible de leur attribuer avec précision des œuvres réalisées.

      Avant la Seconde Guerre mondiale, Maxime (le fils d'Henri-Étienne) évolue comme joueur de football professionnel dans les clubs de Valenciennes, puis Lille et en équipe de France B. En 1946, il reprend la direction de l'entreprise et participe activement à la reconstruction du Quesnoy. Dans les années 1970, l'entreprise a construit les immeubles d'habitation de la gendarmerie ainsi que les étages supérieurs du corps de l'ancien corps de garde de la place du général Leclerc.

      À la mort de Maxime, en 1973, l'entreprise est reprise par son fils Jean-Luc. Elle a cessé son activité en 1978.

      De la fin de la guerre à sa fermeture, elle a compté environ 65 salariés et intervenait pour tous corps d'état sauf les toitures et la vitrerie.

      (Informations recueillies en mars 2025 auprès de Jean-Luc Désertot, fils de Maxime Désertot)

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      entrepreneur attribution par tradition orale

Description

La maison, de plan rectangulaire compte un étage carré et un étage de combles. Afin de s'adapter à la déclivité du terrain, la maison est bâtie sur un rez-de-chaussée surélevé particulièrement visible sur l'arrière. Elle est couverte par une toiture en pavillon, débordante, en tuile mécanique, soutenue par une corniche moulurée. Elle est percée devant et derrière d'une lucarne sur le versant de forme horizontale dite "belle voisine", située au droit de la travée centrale.

Les façades sont enduites en béton. Elles sont organisées en travées : trois sur la façade avant et cinq sur celle de l'arrière.

La façade avant

Dans les deux travées latérales, les baies horizontales sont couvertes par un linteau et agrémentées d'un "appui jardinière". La travée centrale, précédée d'un grand degré, accueille la porte piétonne. Cette dernière est insérée dans un chambranle en béton, lui même inclus dans un grand panneau de briques de verre qui occupe toute la hauteur de la façade. Ce dernier est encadré par une arche rectangulaire en béton aux chambranle à ressauts.

La façade arrière

Les cinq travées sont composées de baies verticales couvertes par un linteau. À la différence de la façade principale, les appuis des deux fenêtres situées aux extrémités du second niveau sont de simples bandeaux en béton. Toutes les autres baies sont des portes-fenêtres. Elles s'ouvrent sur une terrasse au premier niveau et sur un balcon filant pour les trois travées centrales du second niveau. À chaque extrémité de la terrasse, un escalier à volée droite permet d'accéder au jardin en contrebas. Les garde-corps des balcons, de la terrasse et des rampes d'escalier sont en fer, associant motifs de losanges horizontaux et verticaux.

La parcelle est séparée de la rue par un mur en brique scandé de tables affleurées, surmonté d'une grille et percé d'un portail flamand.

Enfin, le grand hangar sur la droite de la parcelle est construit en brique sur une ossature métallique. Il est couvert par une toiture à longs pans et pignons couverts en béton fibré.

Analyse

Cette maison est l'une des rares à être construite en milieu de parcelle (moins de 1% du bâti intramuros).

Bien que certains détails, comme les baies horizontales avec appuis jardinière, soient également mis en œuvre dans d'autres immeubles de la Seconde Reconstruction, la façade avant, avec son jeu sur les matériaux (béton et verre), sur les formes (horizontalité des baies vs. travée centrale très verticale), sur l'alternance de parties opaques ou transparentes (vitres des fenêtres et de la porte, briques de verre) est un beau manifeste de l'architecture des années 1950. Elle est unique au Quesnoy.

  • Murs
    • béton enduit
  • Toits
    tuile creuse mécanique
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble, rez-de-chaussée surélevé
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit en pavillon
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée

Unique exemple recensé au Quesnoy de construction privée dans un style moderne.

Documents d'archives

  • AD Nord. Série P ; sous-série 35 : 35 P 1121. Département du Nord, Arrondissement d'Avesnes, canton de Le Quesnoy est et ouest, Commune du Quesnoy : Section E dite de la ville, tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1897 [état de section].

  • AD Nord. Série P ; sous-série 35 : 35 P 1116. Département du Nord, Arrondissement d'Avesnes, Justice de paix du Quesnoy, Commune du Quesnoy : Section E dite de la ville, tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1817 [état de section].

Documents figurés

  • Ville du Quesnoy - Plan cadastral napoléonien, feuille unique, levé en 1817. Section E, 1ère partie (AD Nord ; P31-761).

  • Le Quesnoy, plan cadastral napoléonien de 1897. Section dite de la ville, en trois feuilles, 2ème feuille (AD Nord ; P31-761).

    AD Nord : P31-761
  • Le Quesnoy - Commune du Quesnoy - Aménagement et extensions de la ville - Etat actuel - Plan, par A. Guyomard, ingénieur-géomètre agréé à Lille, le 6 août 1921 (AD Nord ; Fi - Provenances diverses : plans concernant le département du Nord, 1581-1922 ; 50Fi2285).

Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Girard Karine
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.

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