Dossier d’œuvre architecture IA59005752 | Réalisé par
Girard Karine (Rédacteur)
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • inventaire topographique, Le Quesnoy centre
Maison
Œuvre repérée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes du Pays de Mormal
  • Commune Le Quesnoy
  • Adresse 12-14 Place du Général-Leclerc
  • Cadastre 2024 E 659  ; 1897 E 494 et 495 parcelle déjà bâtie ; 1817 E 403 parcelle déjà bâtie

Situé dans le cœur historique de la ville, l'emplacement apparait déjà bâti sur les plans dressés depuis le XVIe siècle. Il faut cependant attendre l'établissement d'un premier cadastre en 1817 pour avoir davantage d'informations sur l'occupation de la parcelle. À cette date, elle est composée d'une parcelle unique et occupée par une maison appartenant à une rentière, qui la met en location, et par un espace non bâti situé à l'arrière dont il n'est pas possible de préciser s'il s'agit d'un jardin ou d'une cour. En 1897, la parcelle est séparée en deux. La partie droite appartient à un employé des chemins de fer et compte 17 fenêtres et/ou portes. Celle de gauche, qui ne compte que 4 portes et/ou fenêtres, est la propriété d'une veuve qui la met en location. Les deux maisons possèdent une courette à l'arrière. L'emprise au sol des bâtiments sur rue est identique sur les deux cadastres ; seule la partie arrière montre des modifications, avec la suppression de plusieurs bâtiments et le transfert de la cour à la propriété voisine (actuel n°10).

Entre cette date et le début du XXe siècle, l'ensemble est racheté par la même propriétaire, qui transforme le rez-de-chaussée de la partie droite en magasin (archives privées de l'actuel propriétaire) tandis que celle gauche ouvre l'accès à l'habitation ainsi qu'aux pièces de réception et de vie quotidienne (cuisine en particulier). Tout le second niveau de de l'immeuble est occupé par des chambres. La taille et la répartition des baies, identiques jusqu'à aujourd'hui, matérialisent la séparation entre habitation et commerce.

Au milieu du XXe siècle, la maison a accueilli le peintre Bernard Buffet (1928-1999) qui venait y passer des vacances chez ses grands-parents.

  • Période(s)
    • Principale : limite 19e siècle 20e siècle
    • Principale : daté par source

Description

La maison est bâtie à front de rue, alignée avec ses voisines. Son plan en L est visible sur les vues aériennes de l'IGN : la partie habitation est prolongée d'une aile à l'arrière d'une aile en retour d'équerre. L'arrière de la maison s'ouvre sur une petite cour.

L'immeuble est couvert par une toiture en ardoise à longs pans brisés avec un pureau marqué et s'achève par un coyau. Situées symétriquement par rapport à l'axe central de la façade, deux lucarnes à fronton en plein cintre percent le brisis. L'aile arrière s'achève par un pignon couvert. La maison, qui compte un étage carré et un étage de combles, est construite en briques posées en appareil picard. Le soubassement à ressauts est enduit en béton. Compte tenu de la déclivité de la rue, la partie gauche de la maison est de plain-pied, mais celle gauche est en rez-de-chaussée surélevé et l'accès à la porte d'entrée (initialement située dans la travée de droite de la partie habitation) se fait par un degré en pierre bleue. L'élévation s'achève par une frise de carreaux de faïence à motifs de rinceaux dans des tons ocres beige et brun. Enfin, une corniche sommitale de modillons cubiques soutient le chéneau.

Côté gauche, les baies du premier et du second niveau sont de taille identique et alignées, tandis que sur la partie droite, l'ancienne vitrine occupe la largeur de deux travées. Elle est d'ailleurs soulignée par un léger avant-corps. L'ancienne porte du magasin, aujourd'hui condamnée, a la même largeur que la baie située au-dessus. Le rythme des baies dessine ainsi une élévation ordonnancée sans travées.

Toutes les baies sont encadrées par une archivolte en brique posée en boutisses couchées qui dessine un chambranle à crossettes. Au premier niveau, ce dernier s'achève par une goutte. Tous les arcs sont interrompus par une agrafe trapézoïdale en béton. Au premier niveau, elle présente une forme de console enduite en ciment. Si la partie supérieure (un rectangle dont le centre est évidé) est identique pour toutes les baies, la partie inférieure est décorée d'un triglyphe au-dessus des fenêtres et d'une surface bouchardée au-dessus des portes. Les agrafes du second niveau sont toutes en pointes de diamant. La grille Art nouveau qui protège l'ancienne vitrine est un ajout contemporain, fabriquée par la fonderie du Val d'Osne (Haute-Marne), à l'identique de celle existant auparavant (information communiquée par le propriétaire).

Le premier et le second niveau sont séparés par une corniche en brique. Chaque plein de travée est occupé par un bandeau de carreaux de faïences à motifs floraux de couleurs vives. Un cordon larmier enduit en béton réunit toutes les baies du second niveau.

Analyse

La maison fait partie des rares maisons associant à la fois décors de briques rappelant des motifs architecturaux et frises de carreaux de faïence. Seules quatre maisons présentant ces caractéristiques ont été repérées au Quesnoy pour cette étude. Comme pour les autres maisons du groupe, les décors de maçonnerie en brique sont visibles au-dessus des arcs des baies tandis que les décors de carreaux de faïence sont situés dans les pleins de travées entre les niveaux (posés en panneaux), et sous le chéneau (posés en frise). Elle est cependant la seule à présenter une grille aux motifs végétaux typique de l'Art nouveau.

L'élévation à deux niveaux est typique du XIXe siècle, tout comme l'ordonnancement à travées (particulièrement visible sur la partie gauche de la façade). La toiture brisée est plus rare, et plutôt associée au bâti du XVIIIe siècle. On peut en déduire que cette maison et magasin de commerce, construite au début du XXe siècle, a repris le gabarit des maisons qui occupaient précédemment la parcelle. Elle est également un point de rupture dans le gabarit des maisons qui bordent le flanc sud de la place Leclerc : celles situées à sa droite comptent trois niveaux tandis que, comme elle, celles situées à sa gauche n'en comptent plus que deux.

La maison offre en outre la particularité d'associer une habitation et un commerce - non l'un au-dessus de l'autre comme c'est le cas des autres maisons à boutique du Quesnoy -, mais l'une à côté de l'autre. C'est le seul exemple repéré ici de cette organisation.

Le soin apporté aux détails de la décoration, visible par exemple dans le traitement différencié des agrafes ou l'insertion des tapis et frises de carreaux de faïence est une indication du statut plutôt bourgeois du propriétaire.

  • Murs
    • brique maçonnerie
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan régulier en L
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée sans travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans brisés noue
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
Image non communicable
Image non communicable

Documents d'archives

  • AD Nord. Série P ; sous-série 35 : 35 P 1116. Département du Nord, Arrondissement d'Avesnes, Justice de paix du Quesnoy, Commune du Quesnoy : Section E dite de la ville, tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1817 [état de section].

  • AD Nord. Série P ; sous-série 35 : 35 P 1121. Département du Nord, Arrondissement d'Avesnes, canton de Le Quesnoy est et ouest, Commune du Quesnoy : Section E dite de la ville, tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1897 [état de section].

Documents figurés

  • Ville du Quesnoy - Plan cadastral napoléonien, feuille unique, levé en 1817. Section E, 1ère partie (AD Nord ; P31-761).

  • Le Quesnoy, plan cadastral napoléonien de 1897. Section dite de la ville, en trois feuilles, 2ème feuille (AD Nord ; P31-761).

    AD Nord : P31-761
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Girard Karine
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.