Dossier d’œuvre architecture IA59005790 | Réalisé par
Tachet Nicolas (Rédacteur)
Tachet Nicolas

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.

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  • inventaire topographique, canton de Cassel
Église paroissiale Saint-Vaast
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de Flandre Intérieure-Cœur de Flandre Agglo - Hazebrouck
  • Commune Zuytpeene
  • Adresse Voie communale La Place
  • Cadastre 2025 AA 12
  • Précisions
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Genre
    de catholiques
  • Vocables
    Saint-Vaast
  • Destinations
    église paroissiale
  • Parties constituantes non étudiées
    sacristie

Un article de la Voix du Nord daté du 19 janvier 1989 apporte quelques éléments historiques, tout comme un article de la revue Yser Houck (n°68). Les archives communales déposées aux Archives départementales du Nord permettent également de retracer une partie de l’histoire de l’édifice, tant pour l’église originelle que pour l’église actuelle.

Origine

L’église Saint-Vaast de Zuytpeene trouve son origine probable aux XIe-XIIe siècles, tout comme les premières églises rurales du secteur, sans doute d’abord construite en bois et torchis avant d’être rebâtie en grès de Cassel à une date indéterminée. La gravure de l'abbé Flahault (ill.), datée du XIXe siècle, reste le seul témoignage de la morphologie de l'édifice avant sa destruction en 1886. Louis De Baecker, dans son ouvrage Flamands de France, indique que la façade était en pierre ferrugineuse extraite du Mont Cassel et ornée de trois rangées de colonnades superposées : la rangée supérieure comptait quatre petites colonnes, celle du milieu six, et la rangée inférieure onze. Le monument se composait de trois nefs. La partie antérieure, contemporaine de la façade, présentait quatre arcades en plein cintre retombant sur des piliers composés de faisceaux de colonnettes cylindriques, surmontés de chapiteaux en forme de cônes renversés.

Dans la nef septentrionale se trouvait la pierre sépulcrale d’Antoine de Zuytpeene et d’Elisabeth van Steenlandt, datée de 1540. L’église possédait également une chapelle seigneuriale attestée dès 1306, comme l’indiquait une inscription portée sur l’une de ses anciennes cloches. Le clocher abritait d'ailleurs une cloche de 1638, venue remplacer une cloche plus ancienne offerte en 1362 par Gérard de Zuytpeene.

La Révolte des Gueux de 1566 n’a laissé aucune mention de dégradations à Zuytpeene. En revanche, l’édifice eut à souffrir des incendies et destructions liés aux conflits du XVIIe siècle, notamment lors de la bataille de Saint-Omer en 1638 puis probablement en 1677, ce qui entraîna l'installation d'une couverture provisoire en chaume pendant quatre années.

Réparations et état de l’église ancienne (1807-1822)

Dès 1807, des réparations importantes sont entreprises sur l’ancienne église (AD Nord ; 2 O 667/11). Le 15 août 1807, l’architecte Gervais établit une estimation prévoyant le renouvellement du plancher du clocher et du plancher supportant l’horloge, en bois blanc. Un devis de menuiserie et plomberie le complète le 20 août 1807, et l’adjudication est prononcée le 16 septembre 1807.

En 1817, un nouveau devis concerne la couverture : la flèche, partiellement recouverte d’ardoises, nécessite le renouvellement de ses abat-sons et la réparation de la saillie au-dessus du portail avec des ardoises récupérées. Les traverses en charpente des abat-sons sont remplacées par de l'orme, les nochères réparées, et deux contreforts sud consolidés en brique. L’adjudication est attribuée le 19 juillet 1819 à Pierre Decamp, sous la direction de l’architecte Gervais. Les travaux (ardoises, menuiserie, charpente en orme, plomberie, maçonnerie) sont réceptionnés le 17 novembre 1819.

Incendie de l’église et chapelle provisoire (1886-1890)

L’ancienne église est entièrement détruite par un incendie le 8 octobre 1886 causée semble-t-il par des ouvriers travaillant à la toiture (AD Nord ; 2 O 667/12). Dans l’urgence, le conseil municipal décide le 17 octobre 1886 d’aménager provisoirement l’école des garçons pour les messes dominicales, en attendant la construction d’une chapelle provisoire.

Cette chapelle en planches, construite sur un terrain au nord-est de l’église, mesure 30 m de long sur 10 m de large, avec des murs gouttereaux de 2,50 m de hauteur, une hauteur sous entrait de 3,75 m et un clocheton surmonté d’une croix (ill.). L’autorisation d’ouverture au culte est donnée par le préfet le 12 novembre 1886, alors que la construction est encore en cours fin octobre.

Reconstruction de l’église actuelle (1887-1890)

La reconstruction est confiée à Louis Croin, architecte à Tourcoing, à partir du devis du 16 juin 1887. Les travaux consistent notamment en :

- Terrassement et fondations : réutilisation partielle des anciennes fondations, complétées en béton de brique bouillie et chaux de Tournai.

- Maçonnerie : briques fortes du pays pour élévations et fondations, briques moulurées et vernissées pour le décor.

- Sculptures et pierres : colonnes en pierre blanche de Pérouville (notamment au clocher). Bases de colonnes en Banc-Royal de Saint-Vaast. Pierre bleue de Soignies pour marches et contreforts, de Tournai pour les marches des tourelles.

- Carrelage : carreaux de Basècles dans chœur et chapelles ; carreaux gris de Brabant dans la sacristie.

- Charpente : sapin rouge du Nord, corbeaux en orme.

- Couverture : ardoises anglaises, arêtiers en plomb, zinc de la Vieille Montagne.

- Menuiseries : chêne de Valenciennes pour les portes extérieures et Pitchpin pour les intérieures.

- Décors et structures : plafonds voûtés sur lattes de chêne, moulures plâtre et mortier, 24 chapiteaux, 10 pendentifs, 8 bases en plâtre, coq en cuivre doré.

Le marché est adjugé le 13 octobre 1887 à Bouquillon-Wyeux, entrepreneur à Armentières. Les travaux s’achèvent pour un montant final de 71 558,43 francs, et réceptionnés en 1890 (AD Nord 2 O 667/13).

 Travaux complémentaires : vitrerie et horloge (1891-1892)

En 1891-1892, le conseil municipal confie à Louis Kock, peintre-verrier à Beauvais, la réalisation des vitraux : grisaille peinte sur verres anglais demi-double, bordures peintes, couvrant 10 fenêtres de la grande nef, 11 des bas-côtés, 1 de la sacristie et 2 de la tribune. Les tympans des portes du porche reçoivent des vitraux en simples losanges (AD Nord 2 O 667/14).

Une horloge émaillée à fond blanc et chiffres noirs, avec aiguilles en cuivre rouge, est commandée à M. Olive, horloger à Cassel. Le devis global est estimé à 3 868,42 francs, et les travaux sont autorisés le 8 février 1892.

 XXe / XXIe siècles

En 2014, le conseil municipal vote une enveloppe de 900 000 € pour la restauration de l'église (dont subventions).

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1890, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur : entrepreneur attribution par source
    • Auteur :
      Croïn Louis
      Croïn Louis

      Architecte français, né en 1843 à Tourcoing et mort dans la même ville en 1902. Il est l'auteur de plusieurs églises de l'agglomération lilloise. Membre de la société des architectes du Nord en 1888. L'église du Sacré-Cœur de Tourcoing (1880) et l'église Saint-Edouard de Lens (1901), dite église du 12, en collaboration avec Louis-Marie Cordonnier, figurent parmi les œuvres les plus emblématiques de sa carrière. Il est également chargé de la reconstruction de l'église de Zuytpeene en 1899.

      Il est le père d’Émile Croïn, également architecte.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Cro%C3%AFn [consulté le 14/04/2023]

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      architecte attribution par source

L’église Saint-Vaast adopte un plan basilical orienté est-ouest. Elle se compose d’une nef à trois vaisseaux divisée en six travées, prolongée à l’est par un chœur d’une seule travée se terminant par un chevet polygonal à trois pans coupés. Le vaisseau latéral nord se prolonge par une chapelle orientée, tandis que la sacristie est greffée au sud du chœur. L’accès principal s’effectue à l’ouest, par la base de la tour-clocher, à laquelle est accolée sur son flanc sud une tourelle polygonale d’escalier assurant l’accès aux étages supérieurs.

La tour-clocher occidentale, de plan quadrangulaire, se divise en quatre niveaux marqués horizontalement et est épaulée aux trois premiers niveaux par des contreforts d’angle à ressauts. Le premier niveau comporte le portail d’entrée en arc brisé, sobrement mouluré, avec un encadrement en pierre bleue, tandis que le deuxième niveau est percé de deux baies géminées en arc brisé, séparées par une colonnette centrale. Le troisième niveau présente deux petites ouvertures rectangulaires surmontées chacune d’un cadran d’horloge métallique, tandis que le dernier niveau, correspondant à la chambre des cloches, est ajouré sur chaque face d’une baie en arc brisé munie d’abat-sons. La tour est coiffée d’une flèche octogonale à charpente double, couverte d’ardoises et surmontée d’un coq girouette.

Les collatéraux nord et sud présentent chacun, sur leur façade occidentale, une grande baie en arc brisé. Les élévations latérales sont rythmées par des contreforts marquant chaque travée et sont percées au rez-de-chaussée d’une série de cinq baies en arc brisé. Le chœur est quant à lui percé au nord et au sud d’une baie en arc brisé, tandis que le chevet se termine par trois pans coupés, chacun ajouré d’une baie identique et soutenu par des contreforts saillants.

La sacristie est percée de quatre baies rectangulaires et d’une porte d’accès en façade est. La tourelle d’escalier, de plan polygonal, accolée à la face sud de la tour-clocher, est couverte d’une toiture conique en ardoises.

Les élévations sont animées par un jeu décoratif de briques foncées et claires qui ponctuent les murs de brique rouge, apportant un motif géométrique sobre.

La toiture de la nef centrale est composée de longs pans à deux versants, entièrement couverts d’ardoises, tout comme la flèche octogonale du clocher. Les collatéraux sont, quant à eux, coiffés d’une toiture en appentis en zinc, accessible par une porte aménagée sur l’une des élévations latérales, permettant l’entretien de ces couvertures.

  • Murs
    • grès
    • brique
    • essentage d'ardoise
  • Toits
    ardoise, zinc en couverture
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    3 vaisseaux
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
    • croupe polygonale
    • flèche polygonale
  • Escaliers
    • escalier de distribution extérieur : escalier tournant
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections

Documents d'archives

  • AD Nord. Série O ; 2 O 667: 667/1-65. Affaires communales - Zuytpeene.

    AD Nord : 2 O 667 (1 à 65)

Bibliographie

  • DE BAECKER Louis. Les Flamands de France : études sur leur langue, leur littérature et leurs monuments. [s.l.] : [s.ed.],1850.

Périodiques

  • n°68 "D'une église à l'autre à Zuytpenne"
  • La Voix du Nord.

    "une église centenaire". 30/01/1989.
  • L'Indicateur des Flandres.

    "Un lifting à 900 000 €". 10/09/2014

Documents figurés

  • FLAHAUT R. (Chanoine). Gravures des édifices et objets religieux de Flandre du XIXe siècle [album]. Comité Flamand de France.

    Comité Flamand de France - Bibliothèque : non coté
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Tachet Nicolas
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