Dossier d’œuvre architecture IA59005798 | Réalisé par
Girard Karine (Rédacteur)
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.

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  • inventaire topographique, Le Quesnoy centre
Ancienne école privée, actuellement immeuble à logements
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes du Pays de Mormal
  • Commune Le Quesnoy
  • Adresse 22 rue Baillon
  • Cadastre 2024 OE 02 846  ; 1897 E 380, 381, 382, 383 parcelle 380 : cuisines parcelle 381 : réfectoire parcelle 382 : école parcelle 383 : maison  ; 1817 E 304
  • Dénominations
    école primaire
  • Précision dénomination
    école privée
  • Destinations
    immeuble à logements

Aucune archive ne permet de documenter la construction de la maison. Même s'ils ne disent rien de l'aspect du bâtiment, les cartes du XVIIIe siècle puis les cadastres et états de sections de 1817 et 1897 apportent quelques informations sur l'emprise au sol du bâti sur la parcelle ainsi que sur le propriétaire.

En 1817, le bâtiment principal, à front de rue, est déjà bâti. Aucune indication n'est fournie sur sa fonction, mais il est habité par le baron Decarondelet. L'emprise au sol sur le cadastre de 1897 est identique à celle du cadastre de 1817, et il est donc probable que l'élévation ait également été conservée. Ainsi, la construction du bâtiment principal serait antérieure à 1817, ce que confirme l'analyse de l'architecture : organisation par travées de la façade, toiture brisée, aspect et mise en œuvre en appareil picard des briques, baies couvertes d'un arc segmentaire alternant briques et moellons calcaires visibles sur la façade arrière, tous éléments typiques du XVIIIe siècle.

L'école est signalée comme telle sur l'état de section du cadastre de 1897. Il s'agit d'une école privée dont les propriétaires, deux institutrices (Mmes Coquelet et Mortier), sont domiciliées à Paris. Comme il s'agit d'une propriété privée, elle n'apparait pas en teinte bleue sur le cadastre - couleur qui signale les bâtiments propriété communale, comme par exemple l'école de filles située dans la parcelle contiguë. L'ensemble comporte le bâtiment en L et la maison jointive de droite (actuel n°20) qualifiés d'école dans l'état de section, des cuisines qui jouxtent le bâtiment principal sur sa gauche, d'un réfectoire (toujours visible) et d'un grand jardin. L'état de section précise que l'école compte 32 fenêtres et/ou porte(s), que la cuisine en compte 6 et le réfectoire 4.

Le réfectoire, encore visible aujourd'hui, est construit pour l'école. Il ne figure pas sur le cadastre de 1817.

L'héritier de l'ancien propriétaire du n°20 nous a par ailleurs confirmé que la maison avait été construite en 1870, par scission avec le n°18 voisin. Etant donné que la maison abrite les instituteurs affectés à l'école, on peut extrapoler que sa date de construction coïncide avec celle de la création de l'école proprement dite.

Les cuisines, aujourd'hui disparues, sont visibles jusqu'en 1949 sur les vues aériennes de l'IGN.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 18e siècle , (incertitude)
    • Principale : 2e moitié 19e siècle , (incertitude)
  • Dates
    • 1870, daté par tradition orale

Description

La maison principale

Elle est construite à front de rue. Elle est bâtie en briques posées en appareil picard et badigeonnées sur un soubassement en moellons de grès, également badigeonné. La toiture à longs pans brisée est percée de lucarnes jacobines. On compte trois lucarnes sur la façade sur rue, deux sur celle arrière et une sur l'aile en retour d'équerre. Toutes sont identiques et portent le même décor de motifs géométriques en relief : disque au centre du fronton, pointe de diamant, petite table rectangulaire et gouttes sur les pieds-droits. L'élévation de deux niveaux s'achève par un bandeau d'attique en brique surmonté d'une corniche moulurée en pierre qui soutient le chéneau.

Les traces d'arrachement visibles sur le mur pignon correspondent à l'emplacement des cuisines.

Côté rue : la maison compte six travées. Les baies sont couvertes par un arc segmentaire sur lequel vient se plaquer un chambranle en bois qui supporte des persiennes. Ce dernier est couronné d'une corniche horizontale moulurée. La porte est précédée d'un seuil en pierre bleue.

La façade porte de nombreux décors. Un bandeau saillant réalisé en torchis (visible dans les manques) recouvert d'un enduit lisse encadre chaque fenêtre. Il se poursuit en haut par une imposte courant entre les baies et en bas par un bandeau larmier. Par sa différence d'aspect et d'épaisseur, ce bandeau met en évidence les trumeaux en maçonnerie de briques. Prenant appui sur ces bandeaux, des corniches moulurées dessinent deux bandes en briques, le plein de travée entre le premier et le second niveau et le bandeau d'attique, qui traversent toute la façade et en soulignent l'organisation par niveaux. Enfin, la travée de gauche est encadrée par des jambes à tambours s'achevant par un chapiteau dorique.

Côté cour : seul le second niveau de l'aile sur rue est percé de baies, celles du premier niveau ayant été rebouchées hormis la porte dans l'axe de celle sur la rue qui permet d'accéder à la cour. Sous le badigeon, on devine encore la présence sous les baies d'un bandeau larmier en pierre calcaire et dans les encadrements (pieds-droits et arc) de moellons de calcaire disposés régulièrement. Comme côté rue, la façade porte des bandeaux moulurés horizontaux, mais ils sont ici en pierre. Ils se poursuivent sur l'aile en retour d'équerre. Cette dernière compte quatre travées. Les baies, présentes aux deux niveaux, sont identiques à celles de la façade arrière de l'aile sur rue mais l'absence ou le mauvais état du badigeon les rend plus visibles, tout comme la restauration de deux d'entre elles.

À l'arrière de la maison, le jardin est légèrement surélevé. On y accède, depuis la cour qui a conservé son pavage en grès, par un petit escalier encadré par deux rampes courbes en accolade.

Le réfectoire

D'un seul niveau, il est construit en briques y compris le soubassement. La toiture à longs pans débordante a conservé son lambrequin. Ce dernier s'interrompait avant le faite du toit pour faire place à des panneaux en bois ajourés décorés de volutes feuillagées encadrant une niche en cul de four située au centre du pignon. La statue qui la décorait est aujourd'hui disparue (possiblement une Vierge d'après le témoignage du propriétaire qui se rappelle de la maison dans son enfance). Le mur pignon est percé de trois baies en partie basse, celle centrale accueillant la porte. Les baies sont encadrées par des pilastres s'achevant par un chapiteau dorique qui soutiennent un bandeau à ressauts en briques.

La maison de fonction

Elle est construite en briques posées en appareil picard et enduites d'un badigeon rouge, compte deux niveaux et trois travées. L'élévation commence par un soubassement enduit et s'achève par un grand pan de mur nu puis par une corniche sommitale moulurée en plâtre plaquée sur une corniche en briques. La toiture à longs pans en ardoise s'achève par un large chéneau soutenu par des corbeaux en bois. Elle est percée d'une lucarne jacobine pendante dont le fronton est essenté en ardoise.

Les baies reposent sur un bandeau larmier enduit et sont couvertes par un arc segmentaire. Celles du second niveau sont décorées de briques émaillées blanches qui alternent avec les briques rouges. ce type de décor apparait à la fin du XIXe siècle, au moment où se généralise la fabrication des briques émaillées. Celles du premier niveau sont décorées d'un chambranle plaqué en bois dont la corniche moulurée est à son tour surmontée d'un entablement et d'une corniche. Les bords de l'entablement et le haut des pieds-droits portent les mêmes décors de tables, pointes de diamant et gouttes que les lucarnes de la maison principale.

Analyse

La structure du bâtiment sur rue est celle d'un bâtiment du XVIIIe siècle : couverture par une toiture brisée percée de lucarnes, organisation de la façade en travée, soubassement en moellons de grès. La travée de gauche, plus large et dont l'allège est remplie de briques et non de moellons de grès, devait sans doute être occupée par une porte cochère, qui n'existe plus aujourd'hui. Elle a sans doute été remaniée lors de la transformation de l'hôtel du baron Decarondelet en école. Comme la porte cochère n'est pas signalée dans l'état de section du cadastre de 1897, la modification de la travée est antérieure à cette date.

Les façades présentent cependant des caractéristiques d'époques différentes : le décor plaqué imitant une architecture de pierre des jambes à tambour de la façade avant ou les pilastres du mur pignon du réfectoire sont repérés au Quesnoy dans le dernier quart du XIXe siècle, tandis que l'alternance de briques et de moellons de calcaire dans les encadrements de baies de la façade arrière sont des éléments stylistiques de la fin du XVIIIe siècle. On les retrouve dans une vingtaine de maisons du Quesnoy, comme au 16, rue Bouttiaux (également une école privée créée à la fin du XIXe siècle) ou au 1, rue de la Couronne ou 8 et 16, rue Gambetta. Cette combinaison d'époques différentes, moderne côté rue mais ancienne côté cour, laisse penser que seule la façade de l'hôtel a été modifiée lors de la création de l'école, sans doute pour mettre en avant sa modernité et y attirer des élèves, mais que les moyens (ou la volonté) ont manqué pour mettre au goût du jour la façade arrière !

La maison a d'autre part conservé un certain nombre de caractéristiques des hôtels particuliers auxquels elle se rattachait avant sa transformation : la longueur de sa façade (six travées est le nombre moyen de travées de maisons de maîtres), la présence du jardin, le plan en L et le jardin situé à l'arrière avec accès direct par une porte cochère.

Cette école privée est caractéristique des écoles créées avant les lois Ferry, lesquelles étaient majoritairement installées dans les maisons des maitres sans qu'il y ait nécessairement une adaptation de tout ou partie du bâti aux fonctions d'éducation.

  • Murs
    • brique maçonnerie badigeon
    • grès moellon
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan régulier en L
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans brisés
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée

Bibliographie

  • DEUDON, Jean-Marie. Mémoire en images : Le Quesnoy. Saint-Cyr-sur-Loire : Éditions Alain Sutton, 2006, 128 p.

  • ANDRIEUX, Jean - Yves. L'architecture de la République, les lieux de pouvoir dans l'espace public en France. 1792-1981. Paris : Centre National de Documentation Pédagogique (CNDP), 2009.

    p. 91 à 99

Documents figurés

  • Ville du Quesnoy - Plan cadastral napoléonien, feuille unique, levé en 1817. Section E, 1ère partie (AD Nord ; P31-761).

  • Le Quesnoy, plan cadastral napoléonien de 1897. Section dite de la ville, en trois feuilles, 2ème feuille (AD Nord ; P31-761).

    AD Nord : P31-761
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Girard Karine
Girard Karine

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.

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