Dossier d’œuvre architecture IA59005837 | Réalisé par
Tachet Nicolas (Rédacteur)
Tachet Nicolas

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.

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  • inventaire topographique, canton de Cassel
Ancien domaine Lenglé de Schoebecque, puis Dujardin (détruit)
Œuvre étudiée
Auteur (reproduction)
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Comité Flamand de France

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de Flandre Intérieure-Cœur de Flandre Agglo - Hazebrouck
  • Commune Oxelaëre
  • Adresse 1 rue de Saint-Omer
  • Cadastre 2025 OA 939, 1239, 1240, 1318, 1319
  • Dénominations
    demeure
  • Destinations
    lotissement
  • Parties constituantes non étudiées
    parc, chapelle, mur de clôture, fossé, pont

D’après deux articles du Bulletin du Comité Flamand de France (n°116, 2019 ; n°132, 2024), il est possible de suivre l’histoire de cette vaste propriété, disparue aujourd’hui mais restée vivace dans la mémoire locale.

Au XVIIIe siècle, Pierre François Lenglé de Schoebecque (1730-1793) réunit les seigneuries d’Oxelaëre, de Sainte-Algonde et de Schoebecque pour constituer son domaine. Licencié en droit, conseiller pensionnaire à Cassel, conseiller au parlement de Flandre à Douai, subdélégué général de la Flandre maritime et premier maire de Cassel, guillotiné à Paris en 1793, il laisse un château, probablement construit vers 1760, qui devient le centre du domaine. Le cadastre consulaire de 1805 permet d'observer l'organisation générale du domaine et des bâtiments qui le compose.

En 1828, le lieu se distingue par son raffinement. On le décrit ainsi : "Outre la beauté de son intérieur, ce château est entouré d'un jardin anglais, entretenu dans le dernier goût, tout y est frais et verdoyant ; l'air y est embaumé de mille parfums ; sa fraicheur continuelle est due au magnifique vivier qui l'entoure et à un bassin dont la fontaine fait jaillir à une grande hauteur d'eau de la Schoebecque, qui y est reçue en totalité. Les fruits des espaliers ont la saveur des fruits de Provence et leur parfum n'en diffère guère (…)."

En 1843, une affiche imprimée pour la mise en vente du domaine vante encore ses charmes : "Le château offre l'habitation la plus vaste, la mieux distribuée (…) Il a pour annexes : cour, basses-cours, buanderie, remises, écuries, grand jardin potager garni d'espaliers nombreux et arbres fruitiers en plein rapport. Ses dépendances principales consistent en un beau parc parfaitement dessiné à l'anglaise (…) un puissant jet d'eau, diverses cascades, une petite rivière [La Peene Becque : ndlr] qui, après avoir formé les plus heureux contours, puis alimenté de ses eaux abondantes deux viviers empoissonnés, va serpenter dans les prairies et donner un nouveau charme au paysage."

Le cahier des charges de 1847 complète le tableau en détaillant l’organisation interne du château et ses dépendances : "Un étage souterrain contient les cuisines et les caves ; le rez-de-chaussée surélevé desservi par deux perrons dont un forme galerie est distribué en une antichambre, deux chambres à coucher, deux cabinets dont un avec lieux à l'anglaise ; à l'entresol : une lingerie et diverses chambres de domestiques ; au premier, neuf chambres de maître, deux chambres pour femmes de service, une salle à manger d'hiver, une salle propre à mettre un billard ; enfin vastes greniers, mansarde pour domestiques, deux grandes citernes et un beau fruitier. Deux autres bâtiments isolés derrière le château où sont les écuries pour dix chevaux (…) remises pour six voitures, etc."

En 1847, le domaine change de mains : Adolphe Félix Plaideau, banquier lillois, en devient propriétaire. Il fait démolir l’ancien château et lui substitue une résidence plus modeste, accompagnée d’une maison.

En 1888, Albert Dujardin, ingénieur lillois et constructeur de machines à vapeur, hérite de la propriété par le biais d’un partage familial. Industriel reconnu et généreux bienfaiteur d’Oxelaëre, il modifie profondément le château en 1898 : les deux ailes sont abattues pour permettre l’aménagement d’une vaste salle à manger avec vue sur Cassel, et un pavillon avec écurie et remise s’élève dans l’angle nord-est du parc. Vers 1900, madame Albert Dujardin Phalempin s'installe régulièrement au château et y reste avec ses plus jeunes enfants de Pâques à la Toussaint. Albert Dujardin à une affaire industrielle importante à Lille (deux usines, 800 ouvriers), il est également président du Tribunal de Commerce de Lille.

À sa mort en 1903, noyé dans l’étang de sa propriété, sa veuve conserve le domaine. En 1936, elle le cède au consortium de Lille-Roubaix-Tourcoing, qui souhaite y organiser des colonies de vacances pour les enfants de travailleurs. Le projet, interrompu par la guerre, échoue. Pendant l’Occupation, le château est occupé par les Allemands et fortement dégradé.

En 1945, une nouvelle fonction s’impose : la demeure devient un centre scolaire pour les enfants de prisonniers, déportés et rapatriés, sous le patronage du ministère des Anciens Combattants. Plus tard, la propriété appartient à l’Œuvre pour l’enfance, créée par la caisse interprofessionnelle d’assurances sociales de la région de Roubaix-Tourcoing.

En 1959, le château est détruit. Sur ses ruines s’élèvent cinq pavillons destinés à accueillir un Institut médico-pédagogique, actif jusqu’en 1985.

Aujourd’hui (2025), l’ancien domaine se présente sous un autre visage. Divisé en diverses habitations individuelles, il conserve encore certains vestiges de son passé. Les anciens pavillons sont transformés en logements. Au nord-est, le pavillon avec écurie et remise daté de 1888 (ill.), après avoir été laissé à l’abandon entre 1985 et 2000, est rénové et devient un gîte rural de 2008 à 2017, avant de retrouver une fonction de maison individuelle. Au sud, subsistent le pont et un grand bassin rectangulaire. À l’ouest, une longue portion du mur de l’ancienne clôture marque toujours la limite. Enfin, accolé à ce mur, au sud-ouest du domaine, se dresse un bâtiment à la fonction indéterminée, d’un style proche de l’écurie nord-est mais de dimensions plus réduites.

  • Période(s)
    • Principale : 18e siècle , daté par tradition orale , (incertitude)
    • Secondaire : 2e quart 19e siècle , daté par source
    • Secondaire : 4e quart 19e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1760, daté par tradition orale
    • 1847, daté par source
    • 1888, daté par source
  • Auteur(s)
    • Personnalité : propriétaire attribution par source
    • Personnalité : propriétaire attribution par source
    • Personnalité :
      Dujardin Albert
      Dujardin Albert

      Ingénieur-constructeur à Lille.

      En 1888, Albert Dujardin, ingénieur lillois et constructeur de machines à vapeur, hérite de la propriété par le biais d’un partage familial. Industriel reconnu et généreux bienfaiteur d’Oxelaëre, il modifie profondément le château en 1898 : les deux ailes sont abattues pour permettre l’aménagement d’une vaste salle à manger avec vue sur Cassel, et un pavillon avec écurie et remise s’élève dans l’angle nord-est du parc. Vers 1900, madame Albert Dujardin Phalempin s'installe régulièrement au château et y reste avec ses plus jeunes enfants de Pâques à la Toussaint. Albert Dujardin à une affaire industrielle importante à Lille (deux usines, 800 ouvriers), il est également président du Tribunal de Commerce de Lille.

      À sa mort en 1903, noyé dans l’étang de sa propriété, sa veuve conserve le domaine. En 1936, elle le cède au consortium de Lille-Roubaix-Tourcoing, qui souhaite y organiser des colonies de vacances pour les enfants de travailleurs. Le projet, interrompu par la guerre, échoue. Pendant l’Occupation, le château est occupé par les Allemands et fortement dégradé.

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      propriétaire attribution par source
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée

Périodiques

  • Oxelaëre. Bulletin du Comité flamand de France, numéro spécial, bulletin n°132, juin 2024.

    Comité Flamand de France - Bibliothèque
    p. 20
  • BOEREZ, Jean-Luc, CHAINTREAU, Marc. Un Lillois en résidence à Oxelaëre : Albert Dujardin (1847-1903). Bulletin du Comité Flamand de France, n°116, 2019.

    Comité Flamand de France - Bibliothèque
    p. 8-14

Documents figurés

  • COMITE FLAMAND DE FRANCE. [non coté]. [Album de photographies en noir et blanc]. Hazebrouck : [ca 1970].

    Comité Flamand de France - Bibliothèque
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Tachet Nicolas
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