Photographe du service régional de l'Inventaire général Hauts-de-France.
- inventaire topographique, Le Quesnoy centre
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes du Pays de Mormal
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Commune
Le Quesnoy
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Adresse
2 rue de la Couronne
,
21 rue Chevray
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Cadastre
2024
OE 02
393
;
1897
E
641, 642
parcelle 641 : maison
parcelle 642 : jardin d'agrément ;
1817
E
522
-
Dénominationsmaison, immeuble de bureaux
L'îlot où est situé la maison est déjà bâti sur les cartes du XVIIe siècle. Cependant, ces dernières ayant une vocation militaire, elles ne précisent pas l'emprise au sol de chaque bâtiment privé constituant l'îlot. Elles ne permettent donc pas de dater avec précision la construction du bâti privé. Sur un plan dressé en 1769 (BNF, tv1b8443936t), il semble que l'aile sur la rue de la Couronne soit déjà bâtie, tandis que l'espace central est occupé par le jardin du collège royal situé juste à côté. Jusqu'au plan établi en 1794 (AD Nord, 66J1720), aucun bâtiment n'est construit côté rue de Chevray.
Sur le cadastre de 1817, trois bâtiments contigus dessinent un plan en U. La première aile est parallèle à la rue de la Couronne ; la seconde, perpendiculaire à la première, longe la rue Chevray et la dernière, parallèle à la rue de la Couronne, occupe le fond de la parcelle. Ces deux dernières ailes, qui n'apparaissent pas sur le plan de 1794, ont donc été bâties entre 1795 et 1817. À cette date, la propriété appartient à une veuve.
La superposition des cadastres de 1817 et 1897 montre que les emprises des deux ailes rue Chevray et de la Couronne sont identiques, mais que l'aile en retour d'équerre à l'extrémité côté est de l'aile rue Chevray a été élargie. Enfin, côté cour, une petite construction non habitable (signalée par un X sur le cadastre) a été adossée à l'aile longeant la rue de la Couronne. Il s'agit sans doute d'un jardin d'hiver, toujours visible aujourd'hui. En 1897, le centre de la parcelle est occupé par un jardin d'agrément. L'ensemble est la propriété d'une veuve, rentière, qui y vit avec ses enfants. La maison compte 39 portes et/ou fenêtres ainsi qu'une porte cochère.
Contrairement à ce que suggère l'aspect extérieur du bâtiment (présence d'une porte cochère débouchant sur un espace vide, bâtiments longeant les rues et fermant l'espace) qui font penser à une ferme carrée, et à la situation à proximité des remparts - et en particulier celle d'un bastion, fréquente pour les fermes en ville -, aucun des deux états de section ne mentionne l'utilisation des bâtiments ni de l'espace pour des activités agricoles.
L'état des lieux des destructions établi après la Première Guerre Mondiale indique que les bâtiments n'ont pas souffert du conflit.
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Période(s)
- Principale : 17e siècle , (incertitude)
- Principale : limite 18e siècle 19e siècle , (incertitude)
- Principale : milieu 19e siècle , (incertitude)
Description
L'ensemble de la maison de maître est constitué de trois ailes formant un U autour d'une cour. Cette cour communique avec celle de l'école primaire voisine.
Les trois ailes ont des élévations et des couvertures différentes. Elles ne partagent que la construction à front de rue, les murs en maçonnerie de brique et le soubassement en moellons de grès.
L'aile sur la rue de la Couronne
Elle est construite en briques posées en appareil picard sur un soubassement en moellons de grès et couverte par une toiture à longs pans en ardoise percée d'une lucarne interrompant l'avant-toit. Le chéneau est soutenu par de gros modillons en bois. Les briques portent la trace de badigeons successifs.
Côté rue, la façade est organisée en trois parties : la première, à droite, comprend la porte cochère surmontée de deux fenêtres ; la seconde est une partie de mur presque nu seulement percé d'une petite baie carrée au premier niveau ; et la dernière partie, la plus large, compte six travées (la partie de mur nu au second niveau est en fait une baie rebouchée dont on aperçoit encore l'appui). les baies sont entièrement en brique et couvertes par un arc segmentaire. Les portes sont en revanche couvertes par un arc en plein cintre et entourées par un chambranle en grès appareillé, en chaîne harpée pour les pieds-droits. Celle piétonne est bâtarde. Elle est composée de deux vantaux séparés par un montant en bois cannelé et d'une imposte, séparée des vantaux par deux frises de motifs en XXX et de denticules. Les vantaux sont en bois plein, décorés d'une table affleurée aux angles rentrants occupés par des fleurs pour les panneaux supérieurs, et d'une moulure pour ceux inférieurs. Chaque partie de l'imposte est décorée d'un cadre mouluré qui reprend la forme de l'imposte tout en ménageant un peu d'espace pour une fleur dans l'angle supérieur. Les trois chênes symbolisant la ville du Quesnoy sont sculptés dans chaque panneau. La porte cochère reprend les décors de la porte bâtarde : panneau avec table affleurée et fleurs aux angles pour le panneau du bas et bordure longeant la forme de l'arc et fleurs en haut du panneau pour celui du bas.
La façade sur la cour
Elle présente la même sobriété que la façade sur rue. La partie gauche n'est percée d'aucune ouverture. Elle est longée en partie basse par une véranda reposant sur un mur-bahut en brique. Le reste de la façade est percé, aux deux niveaux, de fenêtres couvertes par un arc segmentaire organisée en travées. Enfin, le second niveau au-dessus de la porte cochère est occupé par un bow-window de plan carré.
Comme côté rue, la toiture qui présente un léger coyau est soutenue par de petits corbeaux en bois en forme de talon. Elle est percée, dans l'axe de la lucarne interrompant l'avant-toit de la façade sur rue, d'une lucarne sur le versant.
L'aile sur la rue Chevray
Elle ne compte qu'un rez-de-chaussée et un étage de combles. Le soubassement en grès ne compte que deux rangs de moellons et l'élévation s'achève par une corniche en dents d'engrenage. la brique, posée en appareil picard est recouverte d'un badigeon. La toiture à longs pans et coyau est percée de trois lucarnes en guitare.
Au centre, la façade est percée d'une porte précédée d'un petit degré en grès, et à l'extrémité droite, de deux fenêtres situées au droit des lucarnes. Les baies sont couvertes par un arc segmentaire et reposent sur un appui en moellons de grès.
La façade sur la cour
Elle est construite en briques posées en appareil picard, sans badigeon, reposant sur un soubassement enduit en béton décoré d'un faux appareil. L'élévation s'achève par un corniche de dents d'engrenage, comme pour la façade sur rue. L'aile est percée de six baies, couvertes par un arc segmentaire. Une des portes ouvre dans la véranda. La toiture, qui présente le même profil brisé (avec coyau et boursault marqué) que côté rue, est percée de trois lucarnes en guitare.
L'aile sur cour
Elle est construite en briques badigeonnées posées en appareil picard. Elle compte un étage carré et un étage de combles. La toiture brisée s'achève par un large chéneau et est percée d'une lucarne sur le versant au droit de chaque travée. Les pignons ne portent aucune trace de coins de briques.
Ces dernières, au nombre de trois, composent une façade ordonnancée. La travée centrale, qui accueille la porte, est plus étroite que celles latérales. Cette porte est sans doute une création récente mais respecte l'arc de la baie initiale. Les baies sont couvertes par un arc segmentaire. Elles sont en brique et reposent sur un appui en moellons de grès. Sous les baies du second niveau, un cordon larmier en dents d'engrenages poursuit la corniche sommitale de la partie centrale. Ce motif décoratif est également repris dans la corniche sommitale.
La façade sur la cour
Elle est composée de deux corps de bâtiments jointifs, parallèles entre eux mais perpendiculaires à l'aile sur la rue. Ils sont couverts par des toitures indépendantes, l'une brisée s'achevant par une croupe et rattachée par une noue à la toiture du bâtiment sur rue, l'autre à longs pans et pignon couvert. Ces deux corps ont des longueurs différentes : celui avant étant plus court que celui situé à l'arrière. On accède à ce dernier par un escalier droit construit sur un mur d'échiffre en brique percé de nombreuses portes dont les linteaux métalliques sont profilés en ɪ et les rivets décorés de fleurs. Le pignon est percé d'un triplet de baies réunies sous un linteau en béton.
La façade principale du bâtiment le plus court est percée d'une grande porte cochère en plein cintre et porte la trace d'une seconde porte, aujourd'hui en partie bouchée et occupée par deux petites portes. L'arc en brique est interrompu par une clef en pierre. Ce sont les seules baies de l'ensemble bâti à présenter cette particularité. Au second niveau, deux petites baies, également couvertes en plein cintre, sont situées au droit de chaque porte. Entre les deux arcs du premier niveau, une pierre gravée d'un motif de blason entouré de motifs floraux (?) est insérée. Une frise de dents d'engrenage sépare les deux niveaux de façade. Comme sur la partie avant du bâtiment, elle poursuit la corniche sommitale de la partie centrale et les dents d'engrenage sont également reprises dans cette corniche sommitale. La façade latérale est percée au second niveau d'une porte couverte par un linteau en béton et d'une baie couverte par un arc segmentaire. La trace d'une baie identique est visible à la base de l'escalier.
La fontaine
Le mur nord de la cour est encore décoré des restes d'une fontaine. Il en subsiste deux petites colonnes cannelées engagées décorées à leur base d'un visage surmonté de guirlandes de fleurs qui semble souffler dans une trompette ornée d'une fleur, et de feuillages au niveau du chapiteau. Le mur au-dessus porte la trace de l'arrachement du bassin et de la niche qui devait accueillir le système hydraulique. Enfin, une pierre sculptée de deux personnages affrontés autour d'un écusson surmonte l'ensemble. Le motif est trop usé pour que l'on puisse avancer une interprétation, mais sa composition est semblable à celle de la pierre gravée installée entre les deux baies du premier niveau du bâtiment sur cour.
Analyse
Une datation complexe
L'aile sur rue est la plus ancienne de l'ensemble. Le soubassement en grès, l'encadrement en chaine harpée des portes et leurs arcs appareillés, l'absence de décors sur la façade, le pignon débordant sont autant d'éléments qui indiquent une construction du début du XVIIe siècle.
La véranda située sur l'arrière de cette aile correspond sans doute à la partie rectangulaire rajoutée entre 1817 et 1897, qui, sur le cadastre, apparait barrée d'une croix, ce qui signifie qu'il ne s'agit pas d'un bâtiment habitable. Le bow-window visible au-dessus de la porte cochère date également de cette phase de construction : c'est en effet un élément architectural qui devient "à la mode" à partir de la seconde moitié du XIXe siècle.
L'aile en fond de cour a été modifiée à plusieurs époques différentes ainsi qu'en attestent les formes des baies et les matériaux de linteaux (ceux métalliques profilés en ɪ sont utilisés à la fin XIXe et jusqu'à début du XXe siècle, ceux en béton datent sans doute de la seconde moitié du XXe siècle), ou encore les traces de baies rebouchées visibles sur plusieurs murs. Faute d'archives, il est cependant difficile de dater ces modifications avec précision.
Comparaison avec les autres maisons de maître
Seules trois maisons ont été datées du XVIIe siècle, mais plus tardives, elles présentent des caractéristiques différentes comme des éléments porteurs en pierre et un remplissage en brique (13-15, rue George-V). À l'échelle du Quesnoy, on ne compte que 45 maisons du XVIIe siècle (soit moins de 10% du bâti).
Avec ses huit travées sur rue, cette maison-ci fait partie des huit plus grandes maisons de maître repérées. Elle partage la présence d'une porte cochère avec onze autres maisons, et celle d'une porte bâtarde avec huit. Mais seules trois maisons associent les deux caractéristiques - les deux autres (57-59, rue Thiers et 7-9-11, rue Jean-Jaurès) datant de la première moitié du XIXe siècle. Dix-sept maisons ont une porte d'entrée précédée d'un degré.
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Murs
- brique maçonnerie badigeon
- grès moellon
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Toitsardoise
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Plansplan régulier en U
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Étages1 étage carré, étage de comble
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Élévations extérieuresélévation à travées
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Couvertures
- toit à longs pans
- toit à longs pans brisés
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Statut de la propriétépropriété d'une personne morale
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
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Documents d'archives
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AD Nord. Série P ; sous-série 35 : 35 P 1116. Département du Nord, Arrondissement d'Avesnes, Justice de paix du Quesnoy, Commune du Quesnoy : Section E dite de la ville, tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1817 [état de section].
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AD Nord. Série P ; sous-série 35 : 35 P 1121. Département du Nord, Arrondissement d'Avesnes, canton de Le Quesnoy est et ouest, Commune du Quesnoy : Section E dite de la ville, tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1897 [état de section].
Documents figurés
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BNF-Gallica : btv1b531002939
Plan du Quesnoy - légende des ouvrages de la fortification du Quesnoy, [s. n.], 1787 (BNF-Gallica ; btv1b531002939).
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Ville du Quesnoy - Plan cadastral napoléonien, feuille unique, levé en 1817. Section E, 1ère partie (AD Nord ; P31-761).
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AD Nord : P31-761
Le Quesnoy, plan cadastral napoléonien de 1897. Section dite de la ville, en trois feuilles, 2ème feuille (AD Nord ; P31-761).
Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.
Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.