Dossier d’œuvre architecture IA60005408 | Réalisé par
Chamignon Lucile (Rédacteur)
Chamignon Lucile

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (depuis 2020).

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  • inventaire topographique, Communauté de communes Oise Picarde
Le village de Gouy-les-Groseillers
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de l'Oise Picarde - Saint-Just-en-Chaussée
  • Commune Gouy-les-Groseillers
  • Dénominations
    village
  • Parties constituantes non étudiées
    croix de chemin, puits, abreuvoir, mairie, école, monument aux morts

Lové dans le creux d’une vallée sèche (le fond de l’Hortoy), Gouy-les-Groseillers est le plus petit village de la Communauté de Communes de l’Oise picarde avec ses 16 habitants et ses 10 maisons (en 2020, source : INSEE).

Jusqu’au dernier quart du XIXe siècle, de nombreux tisserands (également nommés "sergers" dans les recensements de population) vivent dans le village. Toutefois, l’activité devient exclusivement agricole autour de 1900. Dans le même temps, Gouy connaît un exode rural important : si 32 maisons sont dénombrées dans le recensement de 1831, elles ne sont plus que 16 avant la Première Guerre mondiale. Cet évènement engendre une nouvelle chute démographique car en 1926 il n’y a plus que 9 foyers dans le village. Elles sont 10 aujourd’hui (en 2020). 

Origine

Les prospections aériennes de Roger Agache et François Vasselle dans les années 1960 et 1970 ont permis d’identifier des traces d’anciennes villas gallo-romaines aux lieux-dits Les Morillons et Les Essarts (Delattre, 2020). Le village est aujourd’hui traversé par une ancienne voie romaine (dite "chaussée Brunehaut") qui le coupe du nord au sud. Cette voie de circulation reliant Amiens à Beauvais a sans nul doute favorisé son développement.

D’après Maurice Lebègue (1994), la première mention du toponyme "Gouy" est "Gaudiacus" employé en 1034 dans le cartulaire du chapitre d’Amiens. Il serait formé du latin gaudium ("joie") qui se traduirait par "Jouy" en langue d’oïl, d’où l’évolution vers "Gouy".

Sur le plateau picard, l’existence d’un domaine agricole ancien est souvent à l’origine d’un village. Une villa qui dicitur Gois ("domaine nommé Gois") est citée dans un titre de l’évêché d’Amiens daté de 1135 (Lambert, 1982). Les nombreuses mentions de Gouy dans les documents du chapitre cathédral d’Amiens s’expliquent grâce à la donation que les comtes Thibaut et Étienne de Champagne ont fait aux religieux en 1042 : seigneurie et cure ont été cédées à cette occasion. Gouy devient alors une dépendance du fief que le chapitre cathédral amiénois possédait à Croissy. L’abbaye de Saint-Fuscien conserve toutefois les revenus des dîmes de la paroisse (Louis Graves, 1843).

En 1202, Hugues de Wavignies fait don à l’abbaye de Froidmont du bois de Groselier, alors situé près de Gouy. D’après Louis Graves, il aurait été défriché par les moines entre 1224 et 1246. Ce lieu a complété le toponyme, mais il ne devient Gouy-les-Groseillers qu’à partir du XVIe siècle (Lambert, 1987).

Gouy aurait en outre été le siège d’un prieuré dépendant de l’abbaye Saint-Germer. D’après les occurrences relevées par Émile Lambert, ces religieux y possèdent un moulin en 1238 (in molendino nostro des Gouis dans le cartulaire de Saint-Germer). Il n’a toutefois pas été repéré sur les cartes anciennes (carte de Cassini en 1747, et carte de l’état-major au milieu du XIXe siècle). D’après les témoignages d’habitants, il aurait existé à l’emplacement de l’église.

Après la Révolution, la commune a été rattachée à Bonneuil-les-Eaux en 1825 puis séparée en 1835.

 

Évolution de la morphologie et du parcellaire

Le village s’est structuré à l’intersection de deux axes : le premier orienté nord-sud est l’ancienne voie romaine ; le second, orienté est-ouest, est dans un premier temps une voie secondaire car elle n’est pas visible sur la carte de Cassini (1747). C’est pourtant cette rue qui est la plus large aujourd’hui et le long de laquelle les habitations ont été construites (elles étaient 32 en 1841, contre 10 en 2020). Gouy a ainsi la forme d’un village-rue.

L’église est implantée sur le carrefour (angle nord-est). Elle a peut-être été au centre d’un prieuré qui se serait installé au XIIe siècle (date des fonts baptismaux conservés dans l’édifice) sous le patronage de l’abbaye de Saint-Germer. Plus tard, une mairie-école est construite juste au nord. Elle abrite aujourd’hui la mairie.

À l’exception de la destruction d’une maison à la sortie orientale du village et de la construction d’un pavillon juste au nord de la mairie, l’habitat n’a pas évolué depuis le cadastre de 1963.

Au début du XIXe siècle, le parcellaire se divise entre "trinquettes" (lanières étroites juxtaposées) sur lesquelles étaient construites les fermes dites picardes d’une part, et larges parcelles sur lesquelles s’installent des fermes à cour d’autre part. Aujourd’hui, les "trinquettes" ont disparu. Le parcellaire est irrégulier et comprend surtout de larges terrains, lotis de fermes à cour.

 

Les lieux partagés et structurants

 

                              Les croix de chemin

Gouy compte deux croix de chemin. Les recherches de l’Association pour la connaissance et la conservation des croix et calvaires du Beauvaisis éclairent leur histoire.

La première se trouve près de l’église et marque l’emplacement du croisement de la rue des Moissons et de l’ancienne Chaussée Brunehaut.

La seconde ferme la sortie ouest du village, sur la route de Fransures. D’après l’inscription du socle, aujourd’hui difficilement lisible, elle a été érigée par le couple Follet-d’Hangest dans la seconde moitié du XIXe siècle (le couple se marie en 1850).

 

                              Puits et mares

L’accès et le stockage de l’eau ont été parmi les premières préoccupations des habitants de Gouy, installés dans le creux d’une vallée sèche. Le village a compté trois mares en 1902 (Notice statistique et descriptive du département de l’Oise). Celle qui semble la plus ancienne se trouve au cœur du village, à côté de l’église. Elle est visible sur la carte d’état-major datée du milieu du XIXe siècle.

Les deux autres mares représentées sur le cadastre de 1963 se situent aux deux extrémités de la rue principale (rue des Moissons). Seule celle située côté ouest est toujours en place. La première était implantée en face de la route conduisant à Bonneuil-les-Eaux.

Un puits, toujours conservé, est cité dans la Notice statistique de 1902. Il se trouve contre la mare centrale et conserve ses maçonneries d’origine en pierre calcaire. Il est couvert d’un toit en bâtière formé de deux dalles épaisses. Le chasse-roue qui lui est accolé évitait aux charrettes de le percuter. La présence de la grille rappelle les conditions de son usage : seuls les habitants du village qui payaient son entretien étaient autorisés à l’utiliser.

 

                              La mairie-école

Le projet de construction d’une mairie-école remonte à 1864 lorsque l’architecte amiénois Victor Delefortrie est appelé par la commune pour dresser un plan d’aménagement d’une maison. Celle-ci, située près de l’église, est achetée aux époux Dragonne et Guesnard. Les travaux, menés par l’entrepreneur Ulphi Candillon de Fransures (Somme), sont réceptionnés en 1869. Le solin en brique a été reconstruit, ainsi que des cheminés dans la salle de classe, la salle de mairie et le logement de l’instituteur. Les pignons en brique et les planchers ont également été refaits.    

En raison du peu d’effectifs (une classe de six enfants) et des coûts d’entretien élevés, l’école est cependant supprimée en 1873. Des cours pour adultes sont organisés en 1886 dans l’ancienne salle de classe. Il est décidé de rouvrir l’école en 1929. Elle est restaurée pour l’occasion par l’entreprise de maçonnerie Pontroué de Croissy-sur-Celle (Oise). Le mobilier scolaire est fourni par la librairie C. Dubois à Breteuil (n°22 rue de la République). Des travaux dans la cour de l’école sont réalisés selon les plans de Maurice Cauwel, architecte à Breteuil (n°26 de la rue des Écoles).

Si l’école est aujourd’hui fermée, ce bâtiment est toujours occupé par la mairie qui a été rénovée au début des années 2000. Un gîte a été aménagé dans l’ancien logement de l’instituteur.

  • Période(s)
    • Principale : Moyen Age , daté par travaux historiques
    • Principale : Temps modernes , daté par travaux historiques
    • Principale : Epoque contemporaine , daté par source
    • Principale : 3e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
  • Dates
    • 1869, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Delefortrie Victor , dit(e) Delefortrie Victor Louis
      Delefortrie Victor

      "Victor Louis Joseph Deleforterie naît à Lille le 29 août 1810. Avec son fils Paul, ils contribua grandement par l'importance de leur production à l'essor de l'architecture néogothique dans le département de la Somme durant la seconde moitié du XIXe siècle. Ils œuvrèrent également hors du département. Paul et Victor Delefortrie devinrent membre de la Société des Architectes du Nord en 1883. La démarche fonctionnaliste de Victor Delefortrie montre qu'il a subi l'influence d'Eugène Viollet-le-Duc. Il était proche des Frères Duthoit avec qui il collabora."

      Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Delefortrie [consulté le 21/11/2024]

      1862 : architecte et entrepreneur, domicilié 2 esplanade de Noyon à Amiens (annuaire).

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      architecte attribution par source
    • Auteur :
      Candillon
      Candillon

      Architectes et entrepreneurs à Fransures (Somme) dans la seconde moitié du XIXe siècle. Les prénoms d'Ulphi et Josué sont cités dans les sources pour cette période.

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      entrepreneur attribution par source
  • Typologies
    vallée sèche ; village-rue

Documents d'archives

  • AD Oise. Série J ; sous-série 49 J : 49 Jp 12. Gouy-les-Groseillers. Inventaire des croix et calvaires. Archives de l'association pour la connaissance et la conservation des calvaires et croix du Beauvaisis, 2007.

    AD Oise
  • AD Oise. Série M ; sous-série 6 M : 6 Mp 313. Gouy-les-Groseillers. Recensements de population (1806 à 1936).

    AD Oise
  • AD Oise. Série O ; sous-série 2 O : 2 O 5874. Gouy-les-Groseillers. Écoles (1864-1932).

    AD Oise

Bibliographie

  • DELATTRE, Daniel. Le canton de Saint-Just-en-Chaussée : 84 communes, 84 lieux incontournables. Grandvilliers : éditions Delattre, 2020.

    p. 299-302.
  • LAMBERT, Émile. Dictionnaire topographique du département de l'Oise. Amiens (Musée de Picardie) : Société de linguistique picarde, 1982 (tome 23).

    p. 249.
  • LEBÈGUE, Maurice. Les noms des communes du département de l'Oise. Amiens : Musée de Picardie, 1994.

    p. 106.
  • Notice descriptive et statistique sur le département de l'Oise. Paris : Imprimerie du service géographique, 1902.

    p. 232.

Périodiques

  • GRAVES, Louis. Précis statistique sur le canton de Breteuil, arrondissement de Clermont (Oise). Annuaire de l'Oise. Beauvais : Achille Desjardins, 1843.

    p. 71.

Documents figurés

  • Gouy-les-Groseillers. Cadastre rénové, 1963 (AD Oise ; 1964 W 76).

    AD Oise

Annexes

  • Les activités anciennes des habitants et habitantes de Gouy-les-Groseillers
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024, 2023
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Chamignon Lucile
Chamignon Lucile

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (depuis 2020).

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