Dossier d’œuvre architecture IA60005465 | Réalisé par
Chamignon Lucile (Rédacteur)
Chamignon Lucile

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (depuis 2020).

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  • inventaire topographique, Communauté de communes Oise Picarde
Le village de Fléchy
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de l'Oise Picarde - Saint-Just-en-Chaussée
  • Commune Fléchy
  • Dénominations
    village
  • Parties constituantes non étudiées
    remise de matériel d'incendie, puits, mairie, croix de chemin

Fléchy est un village-rue établi dans une vallée sèche et situé entre Blancfossé à l'ouest et Esquennoy à l'est. D'après le dernier recensement de population disponible en 2022, la population était de 87 habitants répartis dans 44 logements.

Origine

Les premières mentions de Fléchy dans les sources ont été relevées au XIIIe siècle et attestent la présence d'une agglomération à cette période. Les termes de Fleceioe, en 1230 et Flechiez en 1277 dans le cartulaire de l'abbaye de Chaâlis sont cités par Émile Lambert dans son Dictionnaire topographique du département de l'Oise (1982). D'après Maurice Lebègue (1994), ce nom serait issu de l'association entre le prénom gallo-romain Flaccius et le suffixe "-acum" qui signifie "domaine". Il se traduirait donc par "le domaine de Flaccius". Sous l'influence de la langue picarde et de son "chuintement", le "ci" se serait transformé en "chy".   

D'après Louis Graves (1843), les terres et revenus situés à Fléchy étaient en possession d'une petite noblesse locale comme Jean de Francastel, écuyer, qui vend en 1277 les dîmes du village à l'abbaye de Chaâlis. Avant la Révolution, la seigneurie de Fléchy est possédée par la maison de Lameth.

Le village aurait subi plusieurs incendies dont l'un particulièrement violent qui a entraîné le déplacement de la population un peu plus à l'ouest de son emplacement originel, en effet situé alors vers le cimetière actuel, près de la chapelle.

L'incendie de 1773 aurait été particulièrement dévastateur puisqu'il aurait détruit les trois quarts du village. Il aurait même atteint le souterrain-refuge qui se trouvait à l'ouest de l'agglomération dans la rue Blanche, et entraîné sa fermeture. Constitué de cellules, le lieu-dit "Le Fort" mentionné sur les cadastres (celui du premier tiers du XIXe et celui de 1933) signale son existence. 

 

Évolution de la morphologie et du parcellaire

Le village est lové dans le creux d'une vallée sèche, ou "fond" dont il suit la forme allongée d'est en ouest. Il prend la forme d'un village-rue, dont le bâti est organisé le long d'une voie principale, nommée Grande Rue sur le cadastre du premier tiers du XIXe siècle (aujourd'hui Rue Principale). Deux fourches ferment ses extrémités : la première, à l'est, est occupée par la chapelle dite des Brabans ou de l'Ecce Homo ; la seconde, à l'ouest, comprend la rue Blanche et la rue la Ruellette (autrefois divisée en rue Berthe et "Ruellette").

D'après le cadastre du premier tiers du XIXe siècle, le bâti était très dense le long de la rue Principale, et formait des fronts de granges alignés sur la rue, caractéristiques des villages de l'Oise picarde. Le nombre de maisons était important dans la rue la Ruellette et plusieurs bâtiments, aujourd'hui disparus, étaient implantées dans la rue du Tour de Ville (côté sud), signe d'une extension plus tardive.

La baisse démographique causée par l'exode rural que connaissent les campagnes à partir du milieu du XIXe siècle, est particulièrement marquée à Fléchy. D'après les recensements de population, le nombre d'habitants passe de 324 en 1831 à 174 en 1901. En conséquence, le nombre de logements diminue : sur 87 maisons en 1831, il n'y en a plus que 52 en 1901. Sur le cadastre de 1933, le bâti est plus clairsemé le long de la rue Principale, un seul bâtiment occupe la rue du Tour de Ville et la rue de la Ruellette a également perdu plusieurs logements.

Comme dans les autres villages-rues de l'Oise picarde, le parcellaire est constitué de fines lanières juxtaposées, les "trinquettes", établies perpendiculairement à la rue. Elles s'étirent à l'arrière du logis, jusqu'au tour de ville.

 

Lieux partagés et structurants

 

               Les limites du village

                               Le tour de ville

Les sentiers du tour de ville constituent une ceinture qui sépare nettement la zone habitée de la zone cultivée. Bien visibles sur le cadastre du premier tiers du XIXe siècle, ils sont situés à l'arrière des habitations, après une ou deux parcelles de pâtures. Leur réseau tel qu'il est figuré au XIXe siècle est remarquablement conservé aujourd'hui.

 

                              Les croix de chemin

Les relevés réalisés par l'Association des Croix et Calvaires du Beauvaisis aident à localiser les croix de chemin conservées dans les villages et leurs environs. À Fléchy, la croix de la Place, érigée dans un espace structurant de la rue Principale (près d'une ancienne mare et d'un puits), constituait une étape dans le parcours de processions. Déjà signalée sur le cadastre du premier tiers du XIXe siècle, elle semble toutefois avoir été remplacée. Le piédestal porte un décor constitué d'une couronne d'épine sur l'une des faces et d'un Sacré-Cœur associé à la croix et à une ancre marine, symbole du christianisme primitif.

La seconde croix se trouve près de l'église et de l'ancien cimetière. Par conséquent, elle a pu constituer une station de la procession funéraire des défunts : le cercueil était posé devant et recevait la bénédiction du curé et de l'assemblée avant de gagner le caveau.

La dernière croix est implantée à l'extérieur du village, à l'ouest, et marque l'intersection entre la route de Bonneuil-les-Eaux et celle de Blancfossé. Elle a été restaurée en 1998 par Pierre Lefèvre, maréchal-ferrant à Bonneuil-les-Eaux. Le foisonnement des volutes en fer forgé entre les traverses de la croix est particulièrement remarquable.

              

               Gérer et partager l'eau

Malgré sa situation en fond de vallée, aucune rivière ne traverse Fléchy et la nature sèche et poreuse des sols calcaires de l'Oise picarde fait de la gestion et du partage de l'eau un enjeu majeur pour les habitants. Probablement en raison de la crainte des incendies qui se sont révélés dévastateurs à plusieurs reprises, le village possède, au début du XXe siècle, deux remises des pompes avec deux pompes. Ces dernières, conservées, sont en cours de restauration par la commune. Les remises se situent aux deux entrées du village afin de le couvrir au mieux en cas d'incendie. La première, récemment restaurée, se trouve dans l'ancienne rue Berthe (aujourd'hui rue la Ruellette) et la seconde dans la partie est de la rue Principale, près de la mare établie en face du n°11. Celle-ci est la seule conservée aujourd'hui. D'après la Notice descriptive et statistique du département de l'Oise (1902), Fléchy est doté de deux mares vers 1900. La première, citée ci-dessus, est déjà figurée sur le cadastre du premier tiers du XIXe siècle, mais se trouvait alors sur un terrain privé. La seconde s'étendait sur la place près de la pompe. Figurée sur le cadastre de 1933, elle a disparu au milieu du XXe siècle car elle n'est plus visible sur les photographies aériennes des années 1960.

En plus des mares, les puits sont également des équipements communaux constituant des réserves d'eau pour les habitants. D'après la Notice descriptive et statistique du département de l'Oise, quatre se trouvaient à Fléchy. Aujourd'hui, trois sont encore conservés. Celui de la Place, équipé d'une pompe de la marque Dragor, est le plus remarquable. Le mécanisme actuel comprenant une pompe à godets a certainement été installé dans les années 1930. Le village d'Abbeville-Saint-Lucien compte également plusieurs pompes Dragor.

                Les bâtiments communaux

                              Le presbytère (détruit)

En 1855, la commune valide la construction d'un nouveau presbytère. Les plans et devis sont dressés par monsieur Auxcousteaux, architecte à Beauvais. Le logis doit se situer à l'ouest du village, à l'angle de la rue Principale et la Ruellette (voir plan en ill.), sur un terrain acheté par la commune à monsieur et madame Mascrez. Construit en brique et couvert d'ardoise, il comprend un étage avec quatre chambres. Au rez-de-chaussée se trouvent une cuisine, une salle à manger d'un côté ; et de l'autre côté du vestibule un salon avec cabinet ou bibliothèque attenant. Un cabinet d'aisance est construit dans un angle de la cour. L'entrepreneur Baticle, domicilié à Bretueil, est adjudicataire des travaux, réceptionnés en 1857.

Un curé a logé dans le presbytère jusqu'au début du XXe siècle. Sa vente par la commune est décidée en 1926. Il a ensuite été détruit.

 

                                L'ancienne école

Dans le recensement de population de 1806, un "maître d'école" est mentionné, signifiant que Fléchy est doté d'un établissement scolaire. En 1835, le conseil municipal décide d'acquérir une propriété pour établir une école et un logement pour l'instituteur. Comme souvent, la classe devait se tenir dans une maison louée par la commune. Toutefois, la vente n'est pas conclue car monsieur Lefranc, le propriétaire, refuse d'exécuter la promesse de vente.

En 1839, la commune trouve une autre propriété, appartenant à Fuscien Watin, située au centre de la rue Principale. Son logis en fond de cour sera aménagé pour l'instituteur tandis qu'un bâtiment neuf sera construit pour l'école, d'après les plans d'Honoré Bellanger, architecte de l'arrondissement de Clermont (ill.). Aligné sur la rue, ses maçonneries seront en briques de Breteuil et ses toits en ardoise. Les travaux sont adjugés à Cyr Baticle, entrepreneur à Breteuil, et réalisés en 1842.

En 1866, la maison dans laquelle logeait l'instituteur est jugée trop étroite et il est décidé de la surélever en construisant un étage supplémentaire en bois et torchis. Les travaux, réalisés par Ulphy Candillon à Fransures (Somme), sont réceptionnés en 1867.

En 1904, il est question de transférer la mairie, qui se trouve alors dans un "appartement" (lieu non identifié, peut-être dans le bâtiment de l'école) au presbytère, qui ne semble plus utilisé à cette époque. Cependant, aucun document ne permet d'attester que cette décision a été appliquée.

Aujourd'hui, la mairie est installée dans cette ancienne école, au n°22 de la rue Principale.        

  • Typologies
    village-rue ; vallée sèche

Documents d'archives

  • AD Oise. Série J ; sous-série 49 J : 49 Jp 11. Fléchy. Inventaire des croix et calvaires. Archives de l'association pour la connaissance et la conservation des calvaires et croix du Beauvaisis (ACCCCB), 2007.

    AD Oise
  • AD Oise. Série M ; sous-série 6 M: 6 Mp 268. Fléchy. Recensements de population (1806 à 1936).

    AD Oise
  • AD Oise. Série O ; sous-série 2 O : 2 O 4690. Fléchy. Mairie (1869-1925).

    AD Oise
  • AD Oise. Série O ; sous-série 2 O : 2 O 4691. Fléchy. École (1835-1935).

    AD Oise
  • AD Oise. Série O ; sous-série 2 O : 2 O 4695. Fléchy. Presbytère (1852-1927).

    AD Oise

Bibliographie

  • LAMBERT, Émile. Dictionnaire topographique du département de l'Oise. Amiens (Musée de Picardie) : Société de linguistique picarde, 1982 (tome 23).

  • LEBÈGUE, Maurice. Les noms des communes du département de l'Oise. Amiens : Musée de Picardie, 1994.

  • Notice descriptive et statistique sur le département de l'Oise. Paris : Imprimerie du service géographique, 1902.

Périodiques

  • GRAVES, Louis. Précis statistique sur le canton de Breteuil, arrondissement de Clermont (Oise). Annuaire de l'Oise. Beauvais : Achille Desjardins, 1843.

Documents figurés

  • Fléchy. Cadastre dit napoléonien, [premier tiers du XIXe siècle] (AD Oise ; Pp 4815).

    AD Oise
  • Fléchy. Cadastre rénové, 1933 (AD Oise ; 1964 W 66).

    AD Oise

Annexes

  • Les activités anciennes des habitants et habitantes de Fléchy
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Chamignon Lucile
Chamignon Lucile

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (depuis 2020).

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