Dossier collectif IA62002963 | Réalisé par
Laget Pierre-Louis (Rédacteur)
Laget Pierre-Louis

Né en 1950 en Algérie. Titulaire d’un doctorat en médecine - thèse soutenue en 1995 : « Histoire et architecture des amphithéâtres d’anatomie et des salles de dissection à Paris sous l’Ancien Régime » -, d’un certificat de médecine tropicale-santé dans le monde, d’une licence de langue et civilisation arabe, enfin d’un D.E.A. d’histoire de l’art soutenu en 1999 : « Histoire des locaux destinés à l’enseignement de l’anatomie dans les institutions parisiennes : de la création de l’École de santé de Paris à la construction du premier institut d’anatomie (1794-1832) ».

Après sa réussite au concours de conservateur du patrimoine en juin 1985, Pierre-Louis Laget a occupé de 1985 à 2017 un poste de chercheur dans le service de l’Inventaire de la Région Nord-Pas-de-Calais (puis Hauts-de-France).

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  • enquête thématique régionale, patrimoine hospitalier du Nord - Pas-de-Calais
  • patrimoine hospitalier
Les hôpitaux marins de Berck
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  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

  • Dénominations
    hôpital marin
  • Aires d'études
    Berck

La naissance de Berck-Plage comme station sanitaire avec la création du premier hôpital maritime en 1861

Paul Perrochaud, médecin inspecteur des enfants assistés de l'arrondissement de Montreuil, eut l'idée de confier, en 1857, un petit groupe d'enfants affectés de scrofule - terme qui recouvre une atteinte ganglionnaire de la tuberculose accompagnée souvent de lésions cutanées (même racine grecque que le terme désuet écrouelles qui désignait d'ailleurs la même affection) - à une vieille femme, la veuve Duhamel, qui habitait le village de Groffliers. Ayant observé une amélioration chez certains enfants, Perrochaud décida de poursuivre l'expérience en demandant en 1859 à une autre veuve, Marianne Brillard, demeurant à Berck, de prendre désormais soin des enfants. Il entreprit ensuite des démarches auprès de l'administration de l’Assistance publique de Paris afin de convaincre ses dirigeants de fonder à Berck un hôpital, à l'intention des enfants scrofuleux de la capitale. Toutefois, pour juger de l’opportunité de pareille fondation, l’Assistance publique préféra construire d’abord un hôpital provisoire où l'expérimentation serait poursuivie sur un échantillon plus large et sur plusieurs années. Cet hôpital fut bâti entre mai et juillet 1861 par l’architecte Émile Lavezzari avec un gros œuvre entièrement en bois et une contenance limitée à 100 lits. La fondation de cet établissement fut le germe du développement du site de Berck-Plage comme « ville-hôpital » avant même et indépendamment de son essor comme station balnéaire.

Le même Paul Perrochaud introduisit dans le mode de fonctionnement de cet hôpital expérimental une innovation majeure en rendant le séjour des enfants permanent sur l'année et non saisonnier - généralement estival, rarement hivernal (sauf sur la côte méditerranéenne) -, ainsi que cela était pratiqué dans tous les établissements de soin par bains de mer fondés jusqu'alors en Europe avec des temps de séjour limités parfois à trois semaines seulement. L’expérience ayant été jugée concluante, le directeur de l'Assistance publique de Paris, Armand Husson, fit entreprendre la construction d’un édifice en maçonnerie, prévu pour abriter 500 lits. Les travaux en furent exécutés sur les dessins de l’architecte Émile Lavezzari à partir du janvier 1867, et l’ouverture de l'hôpital eut lieu le 18 juillet 1869. Peu après, le baron James-Nathan de Rothschild songea à faire bénéficier les enfants juifs nécessiteux des bienfaits de la cure marine et semble avoir acquis pour ce faire, dès 1870, un vaste terrain au nord du secteur en cours d'urbanisation de Berck-Plage, chargeant par ailleurs le même Émile Lavezzari d'établir les plans de l'hôpital projeté qui fut inauguré le 24 mai 1872 sous le nom de Nathaniel de Rothschild, décédé en 1870, père du baron James.

A partir semble-t-il des recommandations d'Henry Cazin, chirurgien en chef du grand hôpital maritime, les bâtiments de l'hôpital Rothschild furent disposés parallèlement au front de mer afin que le vent du large s’engouffrât plus puissamment à l’intérieur des salles et renouvelât de la sorte beaucoup plus promptement l’atmosphère corrompue par les exhalaisons corporelles. Ainsi, cette amplification de la circulation de l'air dans les salles faisait beaucoup mieux bénéficier les enfants des bienfaits des effluves marines et ce, même lorsque des conditions météorologiques défavorables empêchaient leurs ébats à l’extérieur. L’importance extrême attachée au mode de circulation de l’air en lien avec l'évitement du confinement, tenait au fait que l’inhalation continue de l’atmosphère océane par les enfants constituait alors, avec des immersions marines réitérées, les deux pôles du traitement de la scrofule. Aussi, tous les établissements hospitaliers de Berck construits par la suite adoptèrent-ils le mode d'agencement de l’hôpital Rothschild.

Le succès confirmé du traitement marin et une première floraison de constructions d'établissements de soins

Très vite, l’hôpital maritime connut l’encombrement en raison de l'insuffisance criante de la capacité d'accueil des trois hôpitaux d'enfants de la capitale et du transfert à Berck des enfants en surnombre. Cette incapacité chronique à satisfaire la demande amena l’administration de l’Assistance publique de Paris à passer en 1879 une convention avec un certain Pierre Cornu pour accueillir son surplus d’enfants : ainsi furent créées successivement la maison Cornu pour garçons, puis en 1883 la maison Cornu pour filles. Pierre Cornu était le premier de ces entrepreneurs avisés qui, profitant de l'accroissement très rapide de la demande d'hospitalisation pour enfants scrofuleux, fonda un établissement de soins à but lucratif, compte tenu que les frais de leur hospitalisation seraient remboursés sur le budget de l’Assistance publique. Dans la même perspective lucrative fut créé, en 1887, tout à fait au nord de Berck-Plage, l’hôpital Malingre-Rivet qui prit peu après le nom de sanatorium de l’Oise et des départements et qui, en dépit de son statut privé, recevait à, l'instar des maisons Cornu, exclusivement des malades adressés par des institutions publiques communales ou départementales, mais en provenance d'autres secteurs géographiques que le département de la Seine. En outre l’administration de l’Assistance publique de Paris commença, toujours pour désengorger ses services d'enfants parisiens, à transférer à l’hôpital maritime de plus en plus d'enfants n’appartenant pas à l'une des catégories de valétudinaires justiciables de la cure marine, c'est-à-dire les scrofuleux, rachitiques et lymphatiques (terme ancien pour anémiques). Elle lui adressait ainsi de jeunes patients uniquement coupables d’immobiliser des lits de façon durable, étant atteint d'affections incurables, notamment des déformations congénitales ou acquises du squelette : gibbosités, luxations congénitale de la hanche, pieds-bots, scoliose, cyphoses, etc. L’afflux de ce type de patients incita les praticiens en poste à l’hôpital maritime – et Henry Cazin le premier – à y développer une chirurgie réparatrice de plus en plus interventionniste associée à de la mécanothérapie, à de la gymnastique correctrice et aux massages dits suédois. Ce fut l'essor de ces divers formes de traitement réparateurs et correcteurs qui assureraient rapidement une renommée internationale aux médecins et surtout aux chirurgiens de Berck.

L’ouverture, en 1891, d’une ligne de chemin de fer permettant de relier Berck à Montreuil-sur-Mer et donc au réseau national ferré, avec construction d’une gare à Berck-Plage même, allait stimuler la floraison d'établissements de santé privés. Ainsi, en 1893, les religieuses expulsées de l’hôpital maritime entreprirent de créer leur propre établissement de soin en s’installant dans un ancien hôtel dont elles aménagèrent les locaux et qu’elles agrandirent dès 1898 ; elles le baptisèrent institut ou hôpital Cazin-Perrochaud. En 1901, le docteur François Calot, ancien interne en chirurgie d'Henry Cazin à l’hôpital maritime, fonda au nord de l'hôpital Cazin-Perrochaud, l’institut orthopédique Saint-François-de-Sales, vite connu sous l’appellation d’institut Calot, dont la construction s’échelonna entre 1901 et 1906. Le docteur Pierre, ancien interne du docteur Calot à l’hôpital Rothschild, avait ouvert l'année précédente, soit en 1900, une maison de santé chirurgicale dite clinique orthopédique. Madame Bouville, qui avait acquis, en 1890, la maison Cornu pour garçons rebaptisée du nom de Bouville après ce rachat, fit bâtir à partir de 1902, immédiatement au nord de l’institut Calot, un second établissement désigné de ce fait comme hôpital Bouville 2. Les quatre établissements susmentionnés avaient été implantés en bordure de plage. Compte tenu de cette vague de fondations, le nombre des établissements de soins répertoriés en 1912 se montait alors à plus de dix-huit dont sept pour malades indigents et plus de onze pour malades payants.

L'hôpital Bouville 2 fut le premier établissement de soin de Berck à se voir pourvu d’emblée de galeries de cure à tous les étages, ce qui deviendrait dès lors un trait distinctif des hôpitaux marins et même de certaines maisons de santé par rapport aux villas. La mise en œuvre de ces galeries de cure procédait des doctrines du phtisiologue allemand Peter Dettweiler en matière de traitement de la tuberculose pulmonaire ou phtisie, lesquelles avaient reçu leur première application en Allemagne, et en tout premier lieu au sanatorium de Falkenstein construit en 1876 selon les directives de Dettweiller, avant d'être importés en France et mises en œuvre au sanatorium d’Hauteville, dans l’Ain et à celui d’Angicourt, dans l’Oise, tous deux inaugurés en 1900. Cette importance thérapeutique accordée aux galeries de cure fit que presque tous les établissements qui en étaient dépourvus, en furent dotés après coup sur une de leurs façades qui se voyait ainsi radicalement transformée. La transformation portait soit sur la façade tournée vers l’océan, soit sur celle tournée vers le sud et ce, à l'instar des sanatoriums germaniques dans lesquels avait été privilégiée dès le départ une orientation méridionale de la façade principale du bâtiment d'hospitalisation.

L'adoption en 1919 d'une législation antituberculeuse et l'apogée de la station de Berck-Plage dans l'entre-deux-guerres

Après la Première Guerre mondiale, l’essor de Berck en tant que station de cure marine se poursuivit grâce à l'adoption de de la loi du 7 septembre 1919 sur les sanatoriums, puis de son décret d’application du 10 août 1920 lesquels, en assimilant l'ensemble des établissements de soin pour tuberculeux à des sanatoriums, permirent désormais à tous de bénéficier de subventions accordées par l’État après agrément du ministère de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale créé en juillet 1920. La poursuite de cet essor résultait par ailleurs de la diversification de l’accueil car, si certains établissements continuaient à ne recevoir que des enfants au-dessous de quinze ans, si ce n’est de dix, beaucoup avaient entamé un élargissement du recrutement des candidats potentiels à la cure marine en l'ouvrant à des malades appartenant à de nouvelles tranches d’âge, ajoutant ainsi l’adolescence et l’âge adulte jeune à l’enfance. Cette diversification de l’accueil fut donc en partie à l’origine de cette surprenante seconde floraison de création d’établissements dans la période de l’entre-deux-guerres et ce, en dépit d'une inflexion à la baisse notable de l’incidence de la scrofule et des autres formes de tuberculose extra-pulmonaire (osseuse et articulaire) observée dès cette époque à l’intérieur de la population enfantine.

L’Assistance publique de Paris paraît avoir été l'une des promotrices de cette diversification en faisant l’acquisition, le 1er janvier 1921, de l’hôpital Bouville 2, renommé dès lors par elle hôpital Lannelongue et ce, afin d'y recevoir les enfants ayant dépassé l'âge de quinze ans exclus de l’hôpital maritime par les règlements ayant fixé cette limite d’âge. Le mouvement était lancé et, dès 1922, les frères Bouville achetèrent une maison, appelée Villa Carmen, sur un des flancs de laquelle ils accolèrent une construction longitudinale pour constituer un établissement désigné comme hôpital Bouville 3. La même année, l’aîné des quatre frères, Pierre, édifia sur l’arrière de l’institut Calot, le sanatorium Victor-Ménard, tandis que le dernier, Jules, entreprenait, en 1923, la construction, juste à côté, de l’Institut hélio-marin. Par ailleurs, fut fondé en1924, juste en face du sanatorium de l’Oise et des départements, le sanatorium Quettier, ce qui portait à sept le nombre d'hôpitaux marins groupés dans ce petit secteur nord de la station de Berck-Plage. Quant au quartier sud de la ville dit de Lhomel, la fondation Franco-Américaine y acheta en 1920 l’hôtel de Russie pour y édifier sur son emplacement l’hôpital Pasteur, inauguré en 1925. Dans ce même quartier de Lhomel, une maison de cure privée dénommée villa de la Santé, qui existait déjà en 1904, s'étendit en 1922 par la construction en contiguïté d'une annexe, l’hôtel Régina, tandis qu’une belle demeure, la Villa Normande, dont l’affectation sanitaire était elle aussi attestée depuis 1904, recevait l’adjonction d’un nouveau corps de logis pourvu de galeries de cure.

Ces quelques exemples ne suffisent à rendre entièrement compte de l'offre de soins disponible localement en marge des hôpitaux marins, répartie entre une multitude de maisons de santé privées, au statut flottant entre fonctions sanitaire et hôtelière, et à l’architecture souvent impossible à distinguer du reste de l'habitat de villégiature. Du fait de leur extraordinaire prolifération presque concomitante à celle des hôpitaux marins, un dénombrement, publié par le "Guide du baigneur" dans son édition de 1925, recensait déjà quarante sept de ces maisons de santé et pensions de famille - les deux catégories n’y étant point distinguées -, alors que les établissements qualifiés de sanatorium s’élevaient seulement au nombre de onze. Dans son édition de 1935, le nombre de maisons de santé ou pensions de famille se montait désormais à soixante deux, le nombre le plus élevé jamais atteints pour ces deux catégories confondues d'établissement, alors que ceux qui étaient proprement qualifiés de sanatorium plafonnaient toujours à onze. Le Comité national de défense contre la tuberculose, en se basant sur des critères probablement plus précis de médicalisation, livrait en 1934, le chiffre de vingt deux établissements de soins qualifié de sanatoriums maritimes ou de cliniques (s'ils recevaient des malades payants), avec l'effectif considérable d’un peu plus de 6 550 lits alors comptabilisés sur l'ensemble d'entre eux. Un dernier grand établissement de soin commença à être édifié à partir de 1934, tout à fait au nord de Berck-Plage, en bordure du lotissement avorté du quartier de Bellevue, le sanatorium Gressier, mais la déclaration de guerre en interrompit définitivement le chantier alors que le gros œuvre, exécuté tout en béton armé, venait tout juste d'être achevé.

Les destructions de la guerre, l'apparition d'antibiotiques antituberculeux et l'amorce du déclin des établissements de soins

Ce ne fut pas tant les bombardements alliés pourtant massifs, précédant le débarquement en Normandie, qui affectèrent la station de Berck-Plage que les destructions systématiques du bâti, perpétrées par l’armée allemande, durant la période de l'Occupation, et portant sur une large bande de terrain en front de mer afin d’établir à leur place des défenses côtières. Au surplus, les troupes d'occupation ne se privèrent pas de prélever sur les édifices hospitaliers qu'elles avaient pourtant épargnés les matériaux dont elles avaient besoin, particulièrement les éléments métalliques, y compris dans le gros œuvre de ces mêmes édifices. Les lourdes dégradations qui en résultèrent expliquent pourquoi certains établissements, le grand hôpital maritime en particulier, tardèrent à renouer avec leur pleine activité d'avant guerre.

L'apparition de médications antituberculeuses efficaces qui débuta juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec la commercialisation de la streptomycine en 1946, premier antibiotique actif sur le bacille de Koch, suivie par celle de l’isoniazide en 1952, ne tarda pas à bouleverser les conditions de traitement de la tuberculose toutes formes cliniques confondues, ce qui aurait dû conduire à une prompte inflexion de la politique de santé publique en matière de lutte antituberculeuse. Toutefois, en raison des pesanteurs institutionnelles, on poursuivit aveuglément la réalisation de programmes relatifs qui venaient d'être arrêtés dans le cadre de l'ordonnance du 31 octobre 1945. Ainsi on mit à profit la restauration des bâtiments du grand hôpital maritime, en 1948-1953, pour leur ajouter de nouvelles galeries de cure, quadruplant ainsi les structures de ce type par rapport celles qui étaient déjà existantes. De leur côté, l’institut Calot et l'hôpital Cazin-Perrochaud qui avaient relativement peu souffert durant l'Occupation retrouvèrent assez vite leur prospérité : l'hôpital Cazin-Perrochaud compléta lui aussi son équipement en galeries de cure ; quant à l'institut Calot, il s'agrandit d'une chapelle qui lui avait manqué jusqu'alors.

Compte tenu de la régression rapide de la tuberculose infantile à la suite de la commercialisation d'antibiotiques antituberculeux, la reconversion des hôpitaux de Berck était à moyen terme inévitable, ce qui allait les inciter à se regrouper pour faire plus aisément face aux difficultés. L’Institut hélio-marin avait absorbé, dès le lendemain de la guerre, plusieurs établissements voisins : le sanatorium de l'Oise, le sanatorium Victor-Ménard, l'hôpital Bouville 3 et le sanatorium Quettier dont la réunion avait formé l’Union des établissements hélio-marins. Cette nouvelle entité hospitalière commença tôt à opérer sa reconversion en accueillant des malades atteints de lésions ostéo-articulaires non plus tuberculeuses, mais post-traumatiques ainsi que de séquelles neurologiques également post-traumatiques : elle se spécialisa ainsi dans la rééducation fonctionnelle, pour laquelle elle reçut l'agrément de la sécurité sociale en 1959. L’institut Calot et la Fondation franco-américaine se reconvertirent à leur tour dans la rééducation fonctionnelle. L’institut Calot poursuivit son développement au point d'éprouver bientôt le besoin de procéder à de nouvelles extensions dès les années 1960 sur des terrains circonvoisins. Quant à la Fondation franco-américaine, elle fit élever sur l’emplacement de l'hôpital Rothschild, rasé par l'armée allemande durant la guerre, le centre médical Jacques-Calvé inauguré en 1968. Toutefois ce centre médical fut, dès le départ, conçu pour la rééducation fonctionnelle en milieu marin puisque la clientèle traditionnelle des enfants tuberculeux était alors en voie de disparition.

Par la suite, l’Union des établissements hélio-marins et l’institut Calot fusionnèrent entre eux ainsi qu’avec l’autre grande institution privée à vocation médicale – la Fondation franco-américaine –, pour constituer en 1996 un ensemble unique intitulé fondation Hopale. Ce groupement d'établissements participant au service public hospitalier (PSPH) et le grand hôpital maritime qui dépend toujours de l'Assistance publique/Hôpitaux de Paris (AP/HP), sont les deux seules institutions subsistant à Berck-Plage ayant conservé leur fonction soignante. La fondation Hopale dont la direction siège à l'institut Calot continue à gérer le centre médical Jacques-Calvé et à utiliser certains des édifices hospitaliers absorbés lors des fusions successives - le sanatorium Victor-Ménard, l'Institut hélio-marin et la villa Normande - au prix parfois de lourdes transformations ; les autres ont été soit désaffectés (sanatorium Quettier, hôpital Pasteur), soit détruits (sanatorium de l'Oise, hôpital Bouville 3).

Le corpus étudié comprend des édifices qualifiés par le Comité national de défense contre la tuberculose de sanatoriums maritimes ou de cliniques, selon qu'ils appartenaient à la catégorie des établissements non payants ou à celle des établissements payants. A l'apogée de la station sanitaire de Berck-Plage, soit à la veille de la Seconde Guerre mondiale, les édifices comptabilisés en 1934 de manière exhaustive par ce Comité national de défense contre la tuberculose, étaient au nombre de 22 dont 14 sanatoriums maritimes (recevant des malades indigents) et 8 cliniques (recevant des malades payants). Parmi ces 22 établissements, 18 ont été étudiés, quoique la plupart d'entre eux aient été lourdement remaniés ou détruits, et sur ces 18, 12 étaient destinés aux malades indigents, 6 aux malades payants. Quant aux 3 édifices étudiés non compris dans la liste exhaustive publiée en 1934 : l'un était déjà détruit, un second est de construction postérieure à 1934, le troisième semble avoir été purement oublié dans le fatras des maisons de santé non prises en compte. Sur les 21 édifices étudiés, 12 ont actuellement disparus.

  • Toits
  • Décompte des œuvres
    • repéré 25
    • étudiées 21