Photographe du service régional de l'Inventaire général Hauts-de-France.
- enquête thématique régionale, patrimoine de la Reconstruction
- enquête thématique régionale, la seconde Reconstruction
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune de Calais
Dossier non géolocalisé
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Aires d'étudesHauts-de-France
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Adresse
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Commune : Calais
Adresse :
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Commune : Calais
Le présent dossier décrit les objectifs scientifiques et la méthode de réalisation de l’étude que le service d’Inventaire de la région Hauts-de-France consacre entre 2024 et 2026 au patrimoine de la Seconde Reconstruction de Calais (62) dans le périmètre de Calais-Nord. Cette étude est la première d’une opération thématique régionale portant spécifiquement sur le patrimoine de la Seconde Reconstruction dans les Hauts-de-France, qui ambitionne d’élaborer un cadre méthodologique commun.
1 Contexte et opportunité de l’étude
1.1 Les reconstructions du XXe siècle, une phase spécifique dans l’histoire urbaine
Les reconstructions du XXe siècle - Grande Reconstruction après la guerre de 1914-1918 puis Seconde Reconstruction après la Seconde Guerre mondiale - sont des périodes de mutations profondes dans l’histoire, pourtant très longue, de nombreuses villes de la région des Hauts-de-France. Sur ce grand palimpseste qu’est l’espace urbain, où chaque époque dessine ses éléments en effaçant partiellement les éléments antérieurs, les reconstructions témoignent de véritables réécritures urbaines. Parfois un nouveau tissu vient se greffer à l’ancien, préservé des destructions. Ailleurs un nouveau projet urbain est dessiné sur la "table rase" qui succède au champ de ruines. Partout, dans un contexte difficile marqué par l’immense traumatisme des populations et la rareté des moyens, la reconstruction oscille entre recherche de continuité et engagement sur de nouvelles voies.
Contrairement à la Grande Reconstruction, globalement laissée à l’initiative des sinistrés, la Seconde Reconstruction est strictement contrôlée par l’État. L’acceptation de ce contrôle par les sinistrés (réunis en associations syndicales) et les élus locaux conditionne la perception des indemnités et l’aide à la reconstruction. Ce principe d’urbanisme dirigé, instauré sous Vichy avec le CRI (Commissariat à la Reconstruction Immobilière), est prorogé après la Libération avec la création du MRU (Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme). Il repose sur un système réglementaire et administratif complexe ; ne peuvent être financés par l’État que des projets qu’il a confiés à des professionnels agrémentés (urbanistes en chef chargés des plans généraux, hiérarchies d’architectes agréés chargés des opérations) et validés par les services administratifs idoines.
L’État, garant de l’intérêt collectif, oriente donc la reconstruction vers les objectifs qu’il a lui-même définis. Ces objectifs allient une reconstruction rapide et encadrée par le Plan, et un rattrapage de la situation préoccupante de l’avant-guerre : pénurie de logement, insalubrité et vétusté, centres anciens surpeuplés et congestionnés, lotissements anarchiques en périphérie. L’État souhaite ainsi mettre à profit les importantes destructions pour rationaliser l’espace urbain et moderniser les villes, y garantir une meilleure hygiène et y assurer une meilleure circulation automobile.
Obéissant à ce grand principe, les plans de reconstruction (appelés Plans de Reconstruction et d’Aménagement - PRA) doivent proposer un zonage des activités planifiant la délocalisation des activités industrielles en périphérie, une dédensification des centres et un nouveau réseau de voirie moderne et hiérarchisé.
Le remembrement (modification du découpage parcellaire) est l’instrument principal de cette politique ; il permet de redresser et élargir les voies, simplifier la forme des îlots bâtis, fusionner des parcelles trop petites ou complexes, instaurer des copropriétés. La modification du parcellaire va également de pair avec la redistribution les populations à l’échelle de la ville, parfois vers des quartiers ou secteurs "de compensation" périphériques qui préfigurent les grands ensembles.
À l’échelle du logement l’État promeut un habitat normalisé moderne, hygiénique et confortable qui s’incarne dans les immeubles préfinancés : l’Immeuble Collectif d’État (ICE) ou l’Immeuble Sans Affectation Immédiate (ISAI).
La Seconde Reconstruction marque ainsi l’avènement d’une politique étatique volontariste et planificatrice et les débuts de la phase inédite d’urbanisme opérationnel d’État qui accompagne les Trente Glorieuses.
1.2 Le patrimoine des Reconstructions : de mieux en mieux connu, protégé, mis en valeur… et apprécié
Le patrimoine de la Reconstruction suite à la Seconde Guerre mondiale (ou Seconde Reconstruction) fait aujourd’hui l’objet d’un intérêt nourri au sein de la communauté scientifique et patrimoniale. Des études d’inventaire ont été conduites notamment en Normandie (Le Havre, Rouen, Evreux, Saint-Valéry-en-Caux, Saint-Lô…), en Ile-de-France (Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge, Paray-Vieille-Poste, Mantes-la-Jolie), en Nouvelle-Aquitaine (Royan), en Bretagne (les baraquements), en Grand-Est (La Bresse), en Centre-Val-de-Loire (Programme pluriannuel Val de Loire et Reconstructions : Tours, Gien, Blois, Orléans…) et bien entendu en Hauts-de-France (Dunkerque, Abbeville, Maubeuge, Berck, inventaire thématique des églises paroissiales et chapelles de la seconde moitié du XXe siècle). Porté par la dynamique liée au centenaire de la Première Guerre mondiale, ce champ de recherche s’est par ailleurs élargi à la Grande Reconstruction, ouvrant de très intéressantes possibilités de comparaisons.
La meilleure connaissance du patrimoine de la Seconde Reconstruction s’accompagne de mesures de protections plus nombreuses bien qu’encore limitées (protection au titre des Monuments historiques, prise en compte dans les projets d’urbanisme), ainsi que d’une politique de mise en valeur et d'une reconnaissance accrue de la part du grand public. À ce titre la ville du Havre, reconstruite par l’Atelier d’Auguste Perret, distinguée en 2005 "Patrimoine mondial de l’humanité" (Unesco), est exemplaire. Mais on peut également citer la mise en valeur de la Seconde Reconstruction de Saint-Lô, Saint-Nazaire, Lorient, Dunkerque, Beauvais ou très récemment Amiens et Abbeville. Nombreux sont aujourd’hui les musées, services patrimoniaux et Villes et Pays d’art et d'histoire à s’emparer avec bonheur du sujet. La labellisation par les DRAC de la qualité "Architecture Contemporaine Remarquable" (ACR – qui fait suite au label Architectures XXe siècle) distingue également le patrimoine de la Seconde Reconstruction, attirant les regards et favorisant la prise en considération de ce patrimoine longtemps négligé et mal aimé, et qui demeure fragile.
1.3 Les Reconstructions : un patrimoine omniprésent dans les Hauts-de-France, un axe de recherche de premier plan
Ce bref tour d’horizon souligne la contribution déjà importante de la région des Hauts-de-France dans ce travail d’étude et réappropriation du patrimoine des deux Reconstructions. Ceci est somme toute logique étant donné le très lourd tribut payé par les 5 départements qui la constituent, aux deux conflits mondiaux qui se sont succédés à moins d’une génération d’intervalle - une minuscule période à l’échelle de l’histoire d’une ville. Ampleur et succession des reconstructions signent donc la spécificité de la région des Hauts-de-France, notamment au regard d’autres régions restées épargnées par les destructions de la Grande Guerre. Concernant spécifiquement la Seconde Reconstruction, les Hauts-de-France rassemblent 3 des 4 départements les plus touchés par les destructions et plus de 25% des immeubles déclarés sinistrés.
Pour finir on peut noter qu’en Hauts-de-France la mise en œuvre de la Seconde Reconstruction s’inscrit dans des contextes locaux dissemblables, du fait du statut administratif particulier d’une partie de la région : si l’ancienne Picardie est rattachée à la zone occupée administrée par l’État Français, le Nord et le Pas-de-Calais sont rattachés à une vaste zone d’administration militaire de la Belgique et du Nord, placée sous administration directe du Reich. À ceci s’ajoute une "zone interdite" large d’une vingtaine de kilomètres le long de la côté, liée à la construction du Mur de l’Atlantique, dans laquelle sont situés par exemple Dunkerque et Calais. Cette diversité de contextes locaux enrichit l’approche globale de la Seconde Reconstruction d’autant de nuances et d’éclairages particuliers.
Ces considérations ont conduit depuis quelques années le service de l’Inventaire Général du Patrimoine Culturel de la Région Hauts-de-France à considérer les Reconstructions comme un sujet d’intérêt majeur au sein de l’axe 3 "patrimoine militaire, mémoriel et des reconstructions" de la délibération d’application de la politique de l’Inventaire général du patrimoine culturel (2023.01243).
La présente étude se veut donc la première d’une plus vaste opération d’inventaire thématique consacrée spécifiquement à la Seconde Reconstruction à l’échelle de la région des Hauts-de-France. La méthodologie mise en place à l’occasion de cette première étude a pour objectif d’être transposée dans toute autre ville des Hauts-de-France, ceci afin d’homogénéiser les données produites, et de permettre comparaisons et synthèse. En effet, aucune synthèse à l’échelle régionale n’existe à l’heure actuelle (nous renvoyons ici à l’intervention de Françoise Laty, CRMH adjointe à la DRAC des Hauts-de-France lors du Colloque : La Seconde Reconstruction en France. Nouveaux regards, nouveaux terrains, nouveaux enjeux, organisé les 13 et 14 janvier 2022).
1.4 Une première étude sur la Seconde Reconstruction portant sur Calais, à travers le quartier de Calais-Nord
Suite à une sollicitation pour partenariat du service Ville et Pays d’art et histoire de la ville de Calais, il a été décidé d’inscrire au programme de recherche une étude thématique sur le patrimoine reconstruit de la Seconde Guerre mondiale de Calais. Une convention de partenariat avec la ville de Calais est ainsi rédigée au premier trimestre 2024 et validée en préfecture le 26 mai 2025. La ville de Calais s’y engage à assurer la valorisation de l’étude.
Parmi les villes reconstruites des Hauts-de-France, Calais présente un intérêt certain :
· Une reconstruction massive : la ville est sinistrée à 73% (80% pour Calais-Nord) avec 34 153 sinistrés ; on comptabilise 3 550 immeubles totalement détruits et on estime que 3 maisons sur 4 sont endommagées. Le quartier de Calais-Nord (représentant 11 600 habitants) est quasiment rayé de la carte, à l’exception de quelques maisons à l’est, de l’église Notre-Dame et de la Tour du Guet.
· Une reconstruction concentrée sur le quartier septentrional de Calais-Nord (incluant le secteur du Courgain-Maritime), ainsi que les quartiers jouxtant la voie ferrée : Les Cailloux et Les Fontinettes. On relève cependant des destructions plus sporadiques bien que conséquentes dans les autres quartiers (Saint-Pierre, Petit-Courgain…).
· Une reconstruction de Calais-Nord "sur table rase", dans une zone demeurée interdite toute la durée de la guerre, mais où subsistent quelques rares édifices.
· Une reconstruction projetée de façon précoce, sous Vichy, mais non initiée du fait notamment des contraintes fortes de la zone d’administration militaire de la Belgique et du Nord et de la zone littorale interdite ;
· Une reconstruction longue et mouvementée (1941-1965) : l’élaboration, la validation et la mise en œuvre du Plan de Reconstruction et d’Aménagement (1948) par l’urbaniste en chef Jean Gondolo est laborieuse ; l’architecte en chef Georges Labro, contesté par le MRU notamment pour son traditionalisme, est évincé en 1952 au profit de Clément Tambuté à qui l’État donne pour mission d’achever au plus vite la Reconstruction, dans une optique moderniste.
. Une reconstruction qui a finalement généré un tissu urbain et une architecture hétérogènes. L’îlot urbain traditionnel y côtoie l’îlot ouvert, ainsi que des secteurs d’urbanisme moderne, morphologiquement analogues aux grands ensembles dont ils constituent une forme de préfiguration. L’immeuble urbain construit sur parcelles mitoyennes se distingue du collectif en copropriété. Globalement les nouveaux édifices adoptent tantôt un style régionaliste et traditionnel, tantôt un "style MRU", tantôt un style moderne.
Vu le temps imparti et l’ampleur du sujet il a été décidé de circonscrire l’étude au quartier de Calais-Nord, le plus important quartier de la reconstruction calaisienne, correspondant au centre-ville historique de la cité portuaire, cernée par ses fortifications.
Pour finir notons qu’une première étude d’inventaire a été conduite au début des années 1980 sur le quartier Saint-Pierre de Calais. Elle a donné lieux à près de 3500 prises de vues photographiques (actuellement en cours de numérisation) mais aucun dossier n’a été formalisé à cette époque. Une synthèse de cette recherche est cependant présentée dans l’ouvrage La Pioche et l’Aiguille, Calais industriel et monumental 1817-1914. Dans ce contexte il était donc pertinent de se pencher sur le territoire calaisien, d’autant que le Pas-de-Calais constitue un département prioritaire pour les études du service et que la communauté d’agglomération Grand Calais Terres et Mers fait partie des territoires de contractualisation régionale spécifique.
2 Objet de l’étude
2.1 Aire d’étude
La présente étude s’inscrivant dans l’opération thématique régionale sur la Seconde Reconstruction dans les Hauts-de-France, son aire d’étude est communale.
2.2 Le périmètre étudié : la ville de Calais et le quartier Calais-Nord
Bien que les quartiers aient été touchés à des degrés très différents et que le périmètre de reconstruction (le seul où la reconstruction est prise en compte financièrement par l’État) soit en général circonscrit, la reconstruction s’appréhende à l’échelle de la ville entière. En effet, comme nous l’avons vu plus haut, le plan de reconstruction, dit Plan d’Aménagement et de Reconstruction (PRA) prend en compte toute l’agglomération. Il tend à y redéfinir les grands équilibres, les polarités, les relations entre quartiers, les nouveaux grands axes de communication et circulation, ainsi que la nouvelle répartition de la population et des activités qu’impliquent le zonage et la dédensification du centre, souhaités par l’État.
L’étude replacera la reconstruction de Calais-Nord dans son contexte communal, support du PRA et objet général de la reconstruction, mais également dans le contexte général de la modernisation et du renouveau urbain qui lui sont intimement liés.
Logée sur le littoral de la Mer du Nord, la commune de Calais (62) s’étend sur une superficie est de 3350 hectares. Elle abrite 67 544 habitants en 2020 selon l’INSEE. Situé comme son nom l’indique au nord de l’agglomération, le quartier de Calais-Nord correspond à l’ancienne cité historique fortifiée de Calais, siège de la commune de Calais avant la fusion avec Saint-Pierre-lès-Calais en 1885. Calais-Nord présente une surface hexagonale de 85 ha, presque totalement cernée par les bassins portuaires et les canaux. Sa forme est très régulière sauf au nord, au débouché du canal des Pierrettes, exutoire régulateur de l’eau des wateringues (petits canaux d'assèchement et de régulation des terres basses). Sur les côtés nord-est, les infrastructures portuaires (bassins, quais, et chemin de fer) forment une large frange, réduisant la surface habitable à environ 75 ha. Avant-guerre le quartier accueille 11 600 habitants plutôt modestes, notamment au niveau du Courgain Maritime.
2.3 Définition de la Seconde Reconstruction
La Seconde Reconstruction désigne l’ensemble des projets et réalisations, architecturaux et urbains, effectués dans le cadre de la politique nationale dite "de Reconstruction" mise en place par l’État suite aux destructions causées par la Seconde Guerre mondiale. La définition de la Seconde Reconstruction est donc historique et administrative : elle relève d’une période et d’un cadre règlementaire particulier.
2.4 Limites chronologiques
Les limites chronologiques de la Seconde Reconstruction varient d’une ville à l’autre mais la période à considérer débute dès les premières destructions. En effet les municipalités sinistrées peuvent très rapidement projeter les travaux nécessaires en s’appuyant sur les lois Cornudet de 1919-1924 qui étendent l’élaboration des Plans d’Aménagement d’Extension et d’Embellissement (PAEE) aux communes détruites par faits de guerre.
Avec la loi du 11 octobre 1941 (modifiée le 12 juillet 1942) l’État français offre un cadre juridique à l’œuvre de reconstruction, instaurant les grands principes d’une politique et un cadre administratif idoine (le Commissariat à la Reconstruction Immobilière - CRI et ses délégations locales) qui sera repris à la Libération dans le cadre du Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU). Nous renvoyons à ce sujet à l’ouvrage incontournable de Danièle Voldman : La reconstruction des villes françaises de 1940 à 1954 : Histoire d'une politique.
Bien entendu l’histoire des projets urbains comme architecturaux se nourrit également de projets plus anciens : les PRA sont bien souvent des réactualisations des PAEE des années 1930, et les municipalités sinistrées se tournent en premier lieu vers les architectes avec lesquels elles ont déjà travaillé. L’étude rétrospective des plans et projets de l’entre-deux-guerres, voire un retour sur la Grande Reconstruction peut se révéler nécessaire.
Ainsi à Calais, la reconstruction débute dès 1940, alors que le préfet du Pas-de-Calais demande au maire de faire établir ou rectifier le plan d’urbanisme et d’aménagement existant. Dès septembre 1941 Jean Gondolo est désigné par l’État pour réaliser le Projet d’aménagement et de Reconstruction ; il s’appuie sur le PAEE élaboré (mais non validé) par l’architecte Calaisien Royer Poyé et sur ses propres travaux d’urbanisme sur Calais, datant de 1936.
La fin de la Reconstruction est encore plus difficile à déterminer, tant la solution de continuité est importante avec la période de développement volontariste et planifié du logement par l’État qui lui succède. Comme l’a souligné Bruno Vayssière dans son ouvrage de référence Reconstruction, déconstruction : le hard french ou l'architecture française des trente glorieuses, les grands ensembles ont leurs prémisses dans les centres-villes reconstruits.
D’un point de vue administratif cependant plusieurs étapes peuvent définir une date de clôture "officielle" de la reconstruction : liquidation de l’Association Syndicale de Reconstruction (ASR - regroupant les sinistrés), ou remise des voiries. Les trois Associations Syndicales de Reconstruction actives à Calais-Nord sont ainsi dissoutes entre 1963 pour Calais-Nord 1 et Calais-Nord 2, et en 1967 pour l’ASR du Courgain-Maritime.
2.5 Les objets pris en compte par l’étude
Compte tenu des considérations précédentes, l’étude d’inventaire du patrimoine de la Seconde Reconstruction à Calais (Calais-Nord) porte sur tous les ensembles urbains et édifices (de logements, industriels ou publics) qui ont été construits, en conséquence des destructions de la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre de la politique de Reconstruction de l’État, soit sur les terrains des anciens bâtiments détruits, soit sur les terrains dits de compensation. L'étude porte donc sur les ensembles et édifices inscrits dans le périmètre de reconstruction de la commune, et projeté dans le cadre du Plan de Reconstruction et d'Aménagement (PRA) et ses modifications. L’inventaire ne porte donc pas sur le bâti privé isolé sortant de ce périmètre (par exemple dans le quartier Saint-Pierre).
3 Enjeux scientifiques, objectifs et problématiques de l’étude
3.1 Enjeux scientifiques
Nous rappelons ici les deux enjeux principaux, déjà abordés plus haut lorsque nous avons présenté l’opportunité de réaliser cette étude :
· améliorer la connaissance et sensibiliser au patrimoine de la Seconde Reconstruction dans les Hauts-de-France à partir du cas de Calais (Calais-Nord) ;
· élaborer une méthodologie transposable à d’autres villes reconstruites après la Seconde Guerre mondiale.
3.2 Objectifs scientifiques
L’objectif général de l’étude est de comprendre et décrire la morphologie urbaine et l’architecture de Calais-Nord reconstruit en étudiant sa genèse. Sont ainsi analysés l’histoire et le processus opérationnel de la Seconde Reconstruction sur le territoire calaisien, ainsi que l’élaboration et la réalisation des différents projets urbains et architecturaux concernés.
Cette démarche permet d’aborder les problématiques générales liées à la Seconde Reconstruction et à son patrimoine au prisme particulier de la ville et de son quartier Calais-Nord. De façon concomitante cela interroge la représentativité et la spécificité de Calais au sein de la région et plus généralement des autres villes reconstruites. Ainsi une attention particulière sera portée aux autres reconstructions conduites par l’architecte Clément Tambuté, notamment celle d’Abbeville (Somme).
3.3 Problématiques de l’étude
On peut distinguer deux principaux champs de problématiques qui seront abordés au cours de l’étude :
A - Quelles ont été les grandes transformations opérées par la Seconde Reconstruction, de l’échelle urbaine à l’échelle du logement ?
Comme évoqué plus haut, la Seconde Reconstruction donne aux pouvoirs public l’occasion de remanier profondément l’urbanisme en repensant les quartiers selon leurs fonctions (zonage), en redessinant la voirie et les secteurs d’habitation, en redéfinissant les espaces publics, équipements et espaces verts. Quels choix ont été faits à Calais-Nord, au cours de cette reconstruction qui, on l’a vu, a été laborieuse et conflictuelle ? Quel parti l’a finalement emporté, et à l’issue de quelles réflexions, quels débats ? Quelles ont été les sources d’inspirations des différents plans et projets de secteurs urbains ? Les chartes publiées et les directives de l’État ont-elles joué un rôle important ? Comment le paysage et le contexte architectural proche ont-ils été pris en compte dans le nouveau projet ? Comment ont été traités les rares vestiges subsistant dans Calais-Nord (Tour du Guet, maisons du quartier de l’Europe) ? Leur présence a-t-elle influencé les choix de reconstruction ?
La dédensification des centres voulue par l’État s’est faite grâce au remembrement et à la création de secteurs de compensation périphériques, où les ISAI ont accueilli prioritairement les sinistrés ne pouvant attendre le long processus de compensation. Il semble qu’à Calais-Nord ce phénomène ait été quasi absent : la reconstruction de Calais-Nord s’effectue sur place et quasiment en l’absence de secteur de compensation. Dans ces conditions y a-t-il eu réelle dédensification du Calais historique, dans quelles proportions et surtout dans quelles conditions ? Quelle est l’ampleur du remembrement ? Et surtout : quelles ont été les conséquences, en matière de morphologie urbaine et de logement, du maintien sur place d’un nombre important de sinistrés au patrimoine relativement modeste ?
Quel a été l’impact de la Seconde Reconstruction sur les grands équilibres urbains de Calais et son identité actuelle ? Un des objectifs du PRA de Calais était en effet d’atténuer la bipolarité de Calais, ville issue de la réunion en 1885 de deux cités : au nord le Calais historique né de la ville portuaire fortifiée (Calais-Nord), au sud la commune de Saint-Pierre-lès-Calais, issue du développement fulgurant des activités dentelières au cours du XIXe siècle. Y est-elle parvenue ? A-t-elle affirmé ou au contraire affaibli l’ancien pôle historique que constitue Calais-Nord ?
On l’a vu, la Seconde Reconstruction donne à l’État l’opportunité de moderniser le parc de logements. Il instaure de nouvelles normes d’usages, d’hygiène et de confort autour de la cellule type d’habitat F4 (décrite par Bruno Vayssière) dont le plan type sera transposé, des baraquements de l’habitat provisoire aux premiers grands ensembles. Alors que les ¾ de la population souhaite être propriétaire d’une maison individuelle, l’État tend également à promouvoir d’autres types et statuts : ainsi Raoul Dautry, ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme déclare dans Les Echos, 24 mars 1945 que "le droit des sinistrés à reconstruire intégralement et à l’identique adopté en 1919 n’est pas envisageable. Il faut faire des constructions à prix bas et persuader les anciens propriétaires de maisons individuelles de vivre dans des logements collectifs". L’étude cherchera donc à évaluer dans quelle mesure et par quel moyens ces mutations du logement sont mises en œuvre à Calais-Nord. Quel rôle jouent à Calais les immeubles d’État préfinancés, Immeubles Collectifs d’État (ICE) et Immeubles Sans Affectation Individuelle (ISAI) ? Quelle place prend le logement collectif (horizontal et vertical) dans le parc reconstruit ? Quelle est l’ampleur du passage du logement individuel à la copropriété, et quel est le type de copropriété le plus répandu : petite copropriété (maison partagée) ou grande copropriété (immeuble)?
On questionnera finalement le lien complexe entre la typologie de l’habitat à Calais-Nord et les formes urbaines et architecturales adoptées. Quelles sont ainsi les formes adoptées par l’habitat individuel, par les logements collectifs ? Une première analyse du terrain montre que différents types d’habitat peuvent présenter de grandes similitudes morphologiques et stylistiques, de petits immeubles collectifs venant ainsi se fondre dans un rang de maisons individuelles de facture identique. Comment se répartissent les différents types d’habitat au sein des différentes opérations de reconstruction ?
Une part importante du travail consistera à qualifier et expliquer les choix de style urbain et architectural réalisés à Calais-Nord. Quelle explication peut-on donner à la mise à l’écart de Georges Labro au profit de Clément Tambuté, et au virage moderniste donné à la reconstruction calaisienne ? De même on cherchera à établir la place de la modernisation des techniques constructives dans la reconstruction de Calais-Nord.
B - Quel lien peut-on établir entre l’hétérogénéité flagrante du patrimoine urbain et architectural de la reconstruction de Calais-Nord et l’histoire, longue et mouvementée, de la Seconde Reconstruction dans cette ville ?
Cette question concerne toutes les échelles d’analyse, du quartier (Calais-Nord) à l’édifice en passant par le secteur urbain. Elle nous semble devoir guider toute l’étude, tant la reconstruction de Calais–Nord est à la fois complexe par son processus, riche et singulière par son hétérogénéité.
Une première analyse permet de considérer la Seconde Reconstruction de Calais comme une "reconstruction à plusieurs mains", où différents urbanistes et architectes aux partis très différents - traditionnels à modernes - se sont succédés, dessinant chacun leur portion de ville et leurs propres édifices. Reste à savoir comment s’organise la constitution de ce qui apparaît in fine comme un "patchwork urbain".
Ainsi le PRA, validé avec difficultés en 1948 et contesté, n’est finalement modifié qu’à la marge bien qu’il impose un schéma de voirie très traditionnel au moderne Clément Tambuté. Ce dernier, nommé architecte en chef en 1952 à la place de Georges Labro, loin de pouvoir faire table rase des projets entamés, s’ingénie à contourner les difficultés que lui pose le PRA : il enjambe ainsi la voirie par des immeubles-ponts qui constituent à Calais, comme à Abbeville, un élément fort du nouveau paysage urbain.
Les choix dans la morphologie des secteurs urbains reconstruits connaissent au fur et à mesure du temps d’importantes modifications : dans le quartier de l’Europe sont édifiés de nouveaux îlots urbains traditionnels (ce qu’on appelle couramment des pâtés de maisons), puis apparaissent des îlots de plus en plus ouverts. D’autres secteurs proposent des immeubles et les plans de masse modernes (implantation géométrique, absence de rapport à la rue…) qui évoquent très nettement ce qu’on qualifiera bientôt de "grands ensembles". Si nous rejoignons ici Bruno Vayssière qui affirme : "la naissance du grand ensemble se situe en plein cœur des centres urbains historiques d’Orléans, Troyes, Beauvais, Tours, Calais, Valenciennes", il reste à montrer pourquoi et comment s’effectue à Calais cette mutation progressive de la Seconde Reconstruction vers l’urbanisme des grands ensembles, qui en est l’héritier direct.
Parallèlement on observe une dissociation progressive mais flagrante entre les îlots en tant qu’unités opérationnelles de la reconstruction (secteurs désignés par une lettre chacun et confiés aux architectes chefs d’îlots) et les unités morphologiques observables sur le terrain : c’est notamment le cas au Courgain-Maritime, dans les secteurs de l’Esplanade, sur la Place d’Armes… Sur le plan opérationnel les îlots sont parfois regroupés en opérations plus vastes à l’image du secteur de la place d’Armes ; parfois subdivisés en unités d’opérations ; parfois les deux à la fois. Sur le plan sémantique on observe ainsi que le terme d’îlot est lui-même remplacé par celui d’"unité" ou disparaît derrière celui du secteur urbain ("front nord ouest"). Ailleurs, les unités d’opérations, morphologiquement homogènes, sont réparties dans plusieurs îlots bordant une même rue, afin de proposer une façade cohérente.
Comment expliquer et comprendre ces mutations ? Les conceptions urbaines et le style des architectes à l’œuvre sont-ils seuls en cause ? Quelle part prend le MRU ? Quels rôles tiennent le contexte et la conjoncture locale ?
4 Méthodologie et approche
4.1 Le cadre méthodologique : un inventaire topo-thématique
L’étude étant un inventaire topo-thématique, elle consiste à étudier selon la méthode topographique le quartier reconstruit de Calais-Nord.
4.2 Une étude urbaine
En tant qu’étude urbaine, l’étude consacrée à la Seconde Reconstruction de Calais (Calais-Nord) dépasse l’approche individuelle ou collective des édifices et opère un va-et-vient constant du général au particulier. Ce jeu d’échelles vise à l’analyse morphologique de ces objets d’étude à part entière que sont la ville, ses secteurs et ensembles urbains (rues, places…), et bien entendu ses édifices.
4.3 Critères guidant l’élaboration de la méthode
La méthode élaborée doit être rapide car elle doit s’adapter à un temps d’étude court (2 ans) pour un secteur à étudier très vaste de 75 ha et 93 îlots, souvent subdivisé en unités d'opérations ou de chantiers.
La méthode doit également être transposable, afin de pouvoir être réutilisée lors de l’étude d’autres villes reconstruites après la Seconde Guerre mondiale. L'objectif est que les résultats puissent être comparés d’une ville à l’autre.
4.4 Une "adaptation" de la méthode repérage/sélection
Le choix d’une méthodologie "adaptée" pour l’étude de Calais-Nord part d’un double constat :
. l’importance du corpus au regard du temps imparti ;
. la très grande variété (en terme opérationnels, en termes morphologiques et en terme d’échelle) des opérations d’urbanisme et/ou des édifices susceptibles de constituer les "unités d'étude"1 pouvant faire l’objet de la démarche classique de repérage/sélection. Ainsi, contrairement au cas d’autres villes reconstruites, Calais présente des îlots de reconstruction "classiques" mais également des secteurs urbains outrepassant totalement le cadre de l’îlot ou inversement courant sur plusieurs portions d’îlots adjacents, sans compter les immeubles et maisons issus des procédures de reconstruction isolée…
Ainsi nous n’avons pu identifier pour Calais-Nord un corpus homogène et quantitativement maîtrisable en 2 ans pour la démarche classique de repérage/sélection.
Toutefois nous avons choisi de nous rapprocher le plus possible de cette méthode en identifiant les grandes familles d’unités urbaines et d’édifices issus de la reconstruction calaisienne et en tentant pour chaque famille une approche typologique, aboutissant à une synthèse et à l’étude de cas significatifs.
La très grande variété opérationnelle et morphologique de la reconstruction calaisienne nous incite par ailleurs à penser que les critères d’étude des familles qu’on aura identifiées pourront être réutilisés dans de futures études sur les autres villes reconstruites.
Le cadre temporel de l’étude implique également les choix suivants :
· il n’est pas envisageable d’appliquer un repérage/sélection à l’échelle de l’habitat, ni de créer un dossier collectif "maisons-immeubles". L’analyse de l’architecture sera incluse soit au sein de dossiers d’ensembles urbains étudiés, soit de dossiers d’édifices. Ces dossiers comprendront de même un échantillon des éléments de second œuvre significatifs encore observables.
· enfin l’inventaire des objets mobiliers se limitera, s’il peut être réalisé, à l’espace public (sculptures).
4.5 Types de dossiers créés et arborescence
Les données issues de l'étude seront analysées et restituées dans un dossier de synthèse sur la Seconde Reconstruction de Calais-Nord. Dans ce dossier, les différentes familles d’ensembles urbains et d'édifices seront présentées dans une logique chronologique et thématique (partie historique, avec liens vers les dossiers d’étudiés). Les données de synthèse sur ces familles seront présentées dans la description.
Les dossiers monographiques "étudiés" (les plus fouillés) comprendront les ensembles urbains (places, îlots, unités de chantier, ensembles d'immeubles...), édifices (immeubles, maisons, entreprises...) et équipements publics (poste, groupe scolaire...) sélectionnés à l'issue du "repérage". Les autres dossiers monographiques seront traités comme "repérés" (dossier plus réduit mais présence de photographies).
4.6 Utilisation des fonds d’archives
Les archives de la Reconstruction sont abondantes et leur classement, aux archives communales comme départementales, est par ailleurs encore en cours. Une rigoureuse gestion du temps implique donc de se concentrer sur les sources archivistiques les plus strictement nécessaires, et rapides à exploiter.
Il s’agit de trouver trois types d’éléments :
1. Des données fiables sur la chronologie générale et l’organisation de la Seconde Reconstruction à Calais, l’élaboration et la mise en œuvre des plans d’urbanisme : PRA, plan-masse de Calais-Nord.
2. Des données homogènes essentielles sur l’ensemble des items du repérage, ensembles urbains de la Reconstruction, ainsi que des équipements publics : localisation, date de clôture du remembrement, programmes réalisés (type et statut des logements), nom des architectes d’îlots ou en charge des projets, date de début et fins de travaux. Ces données alimenteront le dossier de synthèse.
3. Des données plus précises sur les opérations étudiées : cahiers des charges, projets des architectes d’opérations, plans, photographies d’époque…
Plusieurs fonds d’archives ont d’ores et déjà été repérés et sondés :
Archives communales de Calais :
· Délibérations du conseil municipal
· Dommages de guerre, reconstruction et Association Syndicales de Reconstruction de Calais Nord (41 W)
· Dommages de guerre (878 W)
· Cotes provisoires (O)
· Permis de construire (27 W)
· Fonds Soupey (7 Fi) et Leducq
· Fonds iconographique : nombreuses photographies (2 Fi) et cartes portales (5 Fi) ; plans (1 Fi)
Archives départementales du Pas-de-Calais :
· Archives de la délégation départementale du MRU (1569 W)
· Associations Syndicales de Remembrement (92 W)
· Dommages de guerre, Associations Syndicales de Reconstruction de Calais, en cours de classement (74 W)
· Archives de l’action économique de la préfecture du Pas-de-Calais (1 W)
Et des fonds ou la documentation sur Calais est bien plus ponctuelle :
· Archives de la sous-préfecture de Calais : affaires économiques (12W)
· Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (1 271 W)
· Délégation départementale du MRU (2406 W)
Archives nationales
· MRU ; direction de l’aménagement foncier et de l’urbanisme : Plans d’aménagement et de Reconstruction : 19900181/147 ; PRA de Gondolo, 1946
· MRU ; direction des dommages de guerre : Archives relatives aux associations syndicales et aux sociétés coopératives de reconstruction (19890249)
· Fonds F 14 travaux publics :
F/14/14908 et 14909. Plans d'aménagement des communes. Classement départemental. 1940-1955.
F/14/14910 à 14914. Procès-verbaux des séances du comité national d'urbanisme (1946-1956).
· Photothèque du MRU
Archives de l’IFA / centre d’archives d’architecture contemporaine
Y sont conservés deux dossiers relatifs aux opérations calaisiennes des architectes :
· Emile Aillaud : Projet AILEM-H-53 - Immeubles des îlots BD-BE-BF(pourtour), bd des Alliés, Calais (Pas-de-Calais). 1953-1959
· Arthur Héaume et Alexandre Persitz : Projet HEAAR-B-49-01 - Ensemble de logements 'A 47', n.l., Calais (Pas-de-Calais). 1949-1950
Ces fonds seront complétés par les articles de la presse quotidienne régionale (La Voix du Nord, Nord Littoral), et les revues spécialisées (L’Architecture Aujourd’hui, Technique et Architecture, par exemple).
4.7 Gestion des illustrations
Le volet illustration des dossiers sera volontairement limité.
· Une partie seulement des photographies prises sur le terrain sera liée au dossiers, les photographies complémentaires seront consultables uniquement sur la photothèque du service régional de l'Inventaire du patrimoine culturel, en ligne : https://images-inventaire.hautsdefrance.fr/accueil
· Les reproductions de documents anciens seront limitées : on privilégiera les photographies d’époque et les cartes postales conservées dans les collections publiques, réservant la reproduction des plans d’archives aux projets non réalisés, aux édifices extérieurement très modifiés, et aux plans d’intérieur, ceci afin de documenter l’organisation des logements.
5 Moyens scientifiques et techniques
5.1 Durée de l’étude
Le délai accordé à l’étude est de 2 ans. Ce délai comprend la rédaction du présent Cahier des Clauses Scientifiques et Techniques, mais exclut les relectures des dossiers précédant leur mise en ligne, la valorisation de l’étude et l’éventuelle publication. Passé ce délai sera étudiée l’opportunité de poursuivre l’étude en l’élargissant aux autres secteurs reconstruits de Calais.
5.2 Equipe
L’étude est conduite selon les normes nationales de l’Inventaire général du patrimoine culturel et dans le respect de ses prescriptions méthodologiques et techniques, sous la supervision du chef de service et sous le contrôle scientifique de l’État (Ministère de la Culture - Mission Inventaire).
L’étude est réalisée exclusivement en interne par une chercheuse. Cette dernière est chargée des recherches, de la rédaction des dossiers et se consacre également à la mise en forme de l'ensemble des données dans le logiciel de saisie Gertrude, sous contrôle de la gestionnaire de base de données du service.
Les prises de vues et leur immatriculation sont intégralement réalisées par un photographe du service, qui travaille en binôme avec la chercheuse ; la gestion du fonds photographique produit est confiée à la documentaliste-iconographe.
Cette étude est l’occasion pour le service d’expérimenter la mise en place d’une cartographie dynamique sur SIG. Dans ce domaine la chercheuse bénéficie du soutien du chercheur-référent-cartographe du service, et le projet est réalisé avec l’appui du service Système d’information géographique et appui à la connaissance de la Région Hauts-de-France.
Les schémas et cartes figées sont quant à eux réalisés par le dessinateur-infographiste.
La relecture des dossiers, préalable à leur diffusion, est réalisée par les membres du service.
La valorisation de l'étude relève de la chargée de valorisation.
5.3 Calendrier prévisionnel
rédaction CCST : juin 2024
conception arborescence : août-sept 2024
SIG : mise en route du projet
recherches archives : calendrier soumis au projet de déménagement des archives départementales du Pas de Calais
photos terrain : juin-sept 2024 ; avril-sept 2025 ; mars-avril 2026
photos archives : calendrier soumis au projet de déménagement des archives départementales du Pas de Calais
rédaction des dossiers : dossier d'opération en juin 2024 ; autres dossiers : sept 2024-avril 2026
5.4 Restitution
Comme pour toute étude d’inventaire, les résultats prennent la forme d’une arborescence de dossiers électroniques. Ces dossiers sont mis à la disposition du public sur le site régional de l’Inventaire : https://inventaire.hautsdefrance.fr/. Une version simplifiée est en outre reversée sur le portail POP (Plateforme Ouverte du Patrimoine) du Ministère de la Culture : https://www.pop.culture.gouv.fr/
Selon l’issue de l’expérimentation, la cartographie dynamique élaborée pour l’étude pourra être partiellement mis en ligne, par exemple sous forme d’un web journal.
Outre les réunions d’information et restitutions partielles des travaux, l’actualité de l’étude sera partagée en ligne avec le public via le blog du service : https://fabriquehdf.hypotheses.org/
L’opportunité d’une publication dans la collection des Images du patrimoine ou des Itinéraires du Patrimoine sera étudiée à l’issue de l’étude.
6 Bilan opérationnel et scientifique
Ce paragraphe sera rédigé une fois l'étude achevée.
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune de Calais
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune de Calais
Bibliographie
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ABRAM, Joseph. L'architecture moderne en France. Tome 2. Du chaos à la croissance 1940-1966. [s.l.] : Picard, 1999.
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DALLOZ, Pierre. Mémoires de l'ombre. Paris : Éd. du Linteau, 2012.
-
DELEMONTEY, Yvan. Reconstruire la France, l'aventure du béton assemblé - 1940-1955. Paris : Éditions de la Villette, 2015.
-
DIEUDONNE, Patrick (dir.). Villes reconstruites, du dessin au destin. Paris : L'Harmattan, 1994.
-
DIRECTION REGIONALE DES AFFAIRES CULTURELLES. La Seconde Reconstruction en France. Nouveaux regards, nouveaux terrains, nouveaux enjeux. Colloque sous la dir. de Françoise Laty. [Lille], 13-14 janvier 2022.
-
ETIENNE-STEINER, Claire, SAUNIER, Frédéric [et al.]. Le Havre : un port, des villes neuves. Paris : Monum / Éd. du patrimoine, 2005.
-
FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Architecture : description et vocabulaire méthodiques. Réd. Jean-Marie Pérouse de Montclos. Paris : Editions du patrimoine, Centre des monuments nationaux, 2011. (Principes d'analyse scientifique)
-
FRANCE. Ministère de la Culture et de la Communication. Sous-direction de l’archéologie, de l’ethnologie, de l’inventaire et du système d’information. Principes, méthode et conduite de l’inventaire général du patrimoine culturel. Dir. Hélène Verdier ; réd. Xavier de Massary et Georges Coste ; collab. Bruno Malinverno, Jean Davoigneau, Anne-Claire Viron-Rochet. 2e éd. Paris : Ministère de la culture et de la communication, 2007. (Documents et Méthodes, n°9).
-
FRANCE. INVENTAIRE GENERAL DU PATRIMOINE CULTUREL - REGION NORD-PAS DE CALAIS. L'œuvre de Lurçat à Maubeuge. Réd. Paul Hilaire ; Thierry Petitberghien. [Lille] : Association C. Dieudonné, 1994. (Itinéraires du patrimoine, ISSN 1159-1722 ; 74).
-
FRANCE. INVENTAIRE GENERAL DU PATRIMOINE CULTUREL - REGION NORD-PAS DE CALAIS. Dunkerque, Dunes, briques et béton. Réd. BONDUELLE Anne, CORBEL Jean-Yves, FAUCHERRE Nicolas, OGER-LEURENT Anita, PORTHEL Jean-Luc ; photogr., DAPVIL Philippe. Lille : Association Christophe Dieudonné, 1995.
-
GAUTHIEZ, Bernard. Espace urbain, vocabulaire et morphologie. Paris : Monum / Ed. du patrimoine, 2003.
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GOURBIN, Patrice. Les monuments historiques de 1940 à 1959 : administration, architecture, urbanisme. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2008.
-
GOURBIN Patrice. Un Creuset de la création architecturale et urbaine au 20e siècle : la Reconstruction française après la Seconde Guerre mondiale. In Res Urbanae. A look at cities under reconstruction. Amandine DIENER, Patrick DIEUDONNE, Georg LIPPERT [et al.]. Dresde et Munich : Thelem, 2024.
Traduction aimablement communiquée par l’auteur de l’article : Reconstruction in France after the Second World War. A melting pot for architectural et urban creativity in the 20th century.
p. 107-115. -
KOPP, Anatole, BOUCHER, Frédérique, PAULY, Danièle. L'architecture de la Reconstruction en France, 1945-1953. Paris : Le Moniteur, 1982.
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LUCAN, Jacques. Architecture en France, 1940-2000 : Histoire et théories. Paris : Le Moniteur, 2001. (collection Architextes).
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PLUM, Gilles. L'architecture de la reconstruction. Paris : N. Chaudun, 2011.
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RAGOT, Gilles (dir.). L'Invention d'une ville. Royan années 50. Paris : Monum / Ed. du patrimoine, 2003.
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VAYSSIERE, Bruno. Reconstruction, déconstruction : le hard french ou l'architecture française des Trente glorieuses. Paris : Picard, 1988.
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VOLDMAN, Danièle. La reconstruction des villes françaises de 1940 à 1954 : histoire d'une politique. Paris ; Montréal : l'Harmattan, 1997.
Documents figurés
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[Reconstruction de Calais-Nord], ensemble de documents iconographiques, noir et blanc et couleur, 1900-1970 (AC Calais. Fonds iconographiques Fi - Fi CCI (collection Chambre de Commerce et d’Industrie, non coté) - Fonds Leducq).
Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France.
Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France.