Dossier d’œuvre architecture IA80009838 | Réalisé par
Grembert Lucie (Rédacteur)
Grembert Lucie

Chargée de mission à l'Inventaire général du patrimoine culturel Région Hauts-de-France (depuis 2020).

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  • opération ponctuelle
Église Saint-Pierre
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes du Grand Roye
  • Commune Roye
  • Adresse 10 rue Saint-Pierre
  • Cadastre 2025 AR 231
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Saint-Pierre

L’église Saint-Pierre est attestée en 1184. Elle est reconstruite vers 1535. L’église est classée au titre des Monuments historiques en 1908.

En décembre 1914, le clocher est dynamité par les Allemands pour éviter qu’il ne soit utilisé comme repère pour l’artillerie française. La nef et le transept sont détruits et le chœur est endommagé.

Selon la loi, les édifices protégés au titre des Monuments historiques et détruits pendant la Première Guerre mondiale doivent être reconstruits à l’identique. Mais un autre choix est fait pour l’église de Roye, choix unique en Picardie : celui de faire une construction mixte. En 1924, un nouveau décret classe le chœur de l’église Monument historique et déclasse la nef et le transept, détruits.

De 1931 à 1933, le chœur est restauré par M. Moreau, architecte des Monuments historiques tandis que la nef, le transept et le clocher sont reconstruits dans un style résolument contemporain par les architectes Emmanuel Gonse et Charles Duval. Ces derniers ont créé l’agence d’architecture "La Cité nouvelle" à Roye pour œuvrer à la reconstruction en Picardie au lendemain de la guerre - le chantier de l’église de Roye est l’un des plus coûteux pour l’agence.

Dans La Revue d’art sacré de 1936, Emmanuel Gonse présente son parti-pris : il préfère une construction moderne tant dans les formes que dans les techniques plutôt qu’une reconstruction dans un style "pseudo-gothique". Une reconstruction moderne a d’abord, selon lui, l’avantage d’être moins coûteuse. Mais surtout il avance des raisons esthétiques : une reconstruction moderne peut être harmonieuse avec la partie conservée et selon lui "chaque époque doit marquer son passage avec franchise en évitant les reconstitutions stériles".

Les architectes choisissent le béton armé pour reconstruire la nef et le clocher. Ce dernier est une véritable réplique du clocher de l’église Notre-Dame du Raincy (Seine-Saint-Denis) construite en 1923 par Auguste Perret, à une exception près : les panneaux de remplissage sont en brique avec motifs de losanges en brique surcuites, référence aux traditions décoratives du Santerre (Reconstructions en Picardie, 2000).

Décor intérieur

Les économies obtenues par l’utilisation de matériaux de gros-œuvre peu coûteux ont permis de faire appel à des artistes de premier plan pour le décor intérieur.

Les sculptures sur béton sont réalisées par Raymond Couvègnes (1893-1985) pionnier de la sculpture sur béton frais : chemin de croix, tympan, frise du narthex.

Les autels latéraux couverts de céramiques vernissées incorporées au ciment frais et les céramiques en ronde-bosse dans les niches des transepts sont l’œuvre de Maurice Dhomme (1882-1975).

Henri Marret (1878-1964) peint les fresques des transepts. Raymond Subes (1891-1970) réalise les grilles intérieures en fer forgé, les portes intérieures et la grande porte d’entrée.

Jean Hebert-Stevens (1888-1943) réalise les vitraux de l’église en collaboration avec son épouse Pauline Peugniez (1890-1987). Une partie de ses vitraux sont détruits en 1940. Ils sont restaurés ou remplacés par Pauline Peugniez puis par sa fille Adeline Hebert-Stevens (1917-1998) et son gendre Paul Bony (1911-1982).

La baie 8 est une création du maître-verrier Tournel en 1938 : il recompose une baie à partir de fragments des verrières du XVIe siècle, détruites pendant la guerre (ill.) (Corpus vitrearum, 1978).

L’église présente un plan en croix latine et se compose d’un narthex, d’une nef de cinq travées, de deux bas-côtés et d’un chœur de deux travées et abside. La nef et le transept sont construits en béton, le chœur en pierre, l’ensemble est couvert en ardoise. Le clocher s’élève sur la façade occidentale, coiffée d’une flèche ajourée. L’ossature est en béton, les panneaux de remplissage en brique.

La porte d’entrée est en fer forgé format des motifs de dentelles qui encadrent quatre cabochons dorés représentant les quatre évangélistes. Le tympan sculpté en béton représente saint Pierre entouré du premier pape et du pape Pie XI et des artistes ayant œuvré à la construction de l’église Les parties hautes du narthex sont décorés de sculptures en béton représentant des scènes de la vie de saint Pierre (Gonse, 1936).

Les murs des transepts et des partie hautes de la nef sont couvertes de fresques représentant des saints.

  • Murs
    • béton
    • pierre
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan en croix latine
  • Techniques
    • sculpture
    • peinture
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    classé MH partiellement, 1908/07/20
    classé MH partiellement, 1924/12/18
    classé MH partiellement, 1997/04/29
  • Précisions sur la protection

    Eglise, à l'exception de la nef et du transept (première travée du chœur) détruits pendant la guerre : classement par arrêté du 20 juillet 1908 et par décret du 18 décembre 1924 -

    Nef, clocher et transept (cad. AR 231) : classement par arrêté du 29 avril 1997

  • Référence MH

Bibliographie

  • FRANCE. Corpus Vitrearum Medii Aevi. Les vitraux de Paris, de la Région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais. Recensement des vitraux anciens de la France, vol. 1. Paris : éditions du CNRS, 1978.

    p.231-232
  • Reconstructions en Picardie après 1918. Red. NIVET, Philippe, LOBRY, Gérard, et al. Paris : Réunion des Musées Nationaux, 2000.

    [Exposition. Laon, Archives départementales de l'Aisne, 2000-2001 ; Blérancourt , Musée national de la coopération franco-américaine, 2000-2001 ; Noyon, Musée, 2000-2001 ; Soissons, Musée, 2000-2001 ; Albert, Office culturel, 2000-2001 du 16 septembre 2000 au 16 décembre 2001]

  • CAPPRONNIER, Jean-Charles. FOURNIS, Frédéric. GERARD, Alexandra, TOUZET, Pascale. L’art sacré entre les deux guerres : aspects de la Première Reconstruction en Picardie. In Situ [En ligne], décembre 2009.

    [en ligne]

Périodiques

  • GONSE, Emmanuel. L'église Saint-Pierre de Roye. L'Art sacré, mars 1936, n°9, pp. 76-81

  • LEZÉ-OLIVIER, Élisabeth. Maurice Dhomme (1882-1975). Sèvres. Revue de la société des amis du musée national de Céramique, 2018, n°27.

Date(s) d'enquête : 2026; Date(s) de rédaction : 2026
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Grembert Lucie
Grembert Lucie

Chargée de mission à l'Inventaire général du patrimoine culturel Région Hauts-de-France (depuis 2020).

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