Photographe au service de l'Inventaire général du patrimoine culturel - Région Hauts-de-France.
- inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre - Rue
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Commune
Saint-Riquier
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Adresse
24 rue Verte
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Cadastre
2024
AE
167, 183
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Dénominationsdemeure
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AppellationsChâteau Saint-Mauguille, Maison Hordequin
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Autres parties constituantespigeonnier, remise agricole, bûcher, ferme
La demeure, érigée dans les années 1920 pour un industriel en remplacement d’une précédente détruite par le feu, évoque les grandes maisons bourgeoises de villégiature de style anglo‑normand. Pour la commune de Saint‑Riquier, située à une trentaine de kilomètres de la côte, cet édifice présente plusieurs singularités qui en soulignent tout l’intérêt. D’une part, il fait partie des rares ensembles construits durant l’entre‑deux‑guerres dans le Ponthieu. D’autre part, il illustre la diffusion et l’adaptation des modèles architecturaux typiques des bords de mer à l’intérieur des terres.
Sous l'Ancien Régime, le lieu est déjà occupé par un manoir important et une ferme, qui dépendent du fief de Saint-Mauguille Drugy. Ce fief appartient à la famille de Quevauvillers (ou Quevauviller) depuis le début du XVIe siècle. Le premier d'entre eux serait Christophe Quevauviller qui en serait devenu propriétaire par son mariage en 1527 avec Jeanne de la Chapelle, dont le père était chargé de la défense de la cité centuloise pour le compte du seigneur de la Ferté. Même si certains sont déclarés comme laboureurs, ou grenadier, les autres "sieurs de Saint-Mauguille" qui suivent jusqu'à la Révolution sont majoritairement issus de la noblesse de robe : ils sont procureurs, notaires ou greffiers et exercent plutôt à Abbeville où ils résident également.
Distincts du fief proprement dit, le manoir et la ferme de Saint-Mauguille sont exploités par des fermiers ou laboureurs. Suivant les travaux non publiés de l'historien Philippe Bucamp, en 1633 "la terre seigneurie et ferme de Saint-Mauguille, [consiste] en maison amasée, pourpris [c'est-à-dire close d'une haie végétale], tènement [terre d'un seul tenant], terre en dîmage, par messire Henry Fleureton, conseiller du Roy, demeurant à Abbeville, acquéreur". En 1694, le Recueil des cens de Saint-Riquier attribue le manoir et la ferme de Saint-Mauguille, qui comprend alors une maison avec 7 à 8 journaux de terre (environ 3 ha), à Jean Douzenel, sieur de l'Epine, garde du corps du roi.
Après la Révolution française, l'église Saint-Mauguille (IA80011128) et le manoir attenant sont acquis par M. Joseph-Sulpice Sueur, receveur principal des douanes, chargé de la topographie et de la statistique de l'administration des douanes, et son épouse Louise Merlin. La vente semble effective après l'union du couple, le 11 août 1816 et avant l'annonce de la mise en location "d'un manoir amasé de maison, fournil, étable, hangars, caves, cour, jardin potager, plants à l'herbe et en culture, contenant 8 journaux situé à Saint-Riquier, lieu nommé Saint-Mauguille, appartenant à Sueur-Merlin", parue dans le Journal d'Abbeville, le 25 janvier 1821.
En 1852, Joseph Sueur fait démolir l'ancien manoir pour le remplacer par une imposante demeure, aux allures de château brique et pierre néo-Louis XIII. L'édifice présente alors un corps central avec une élévation ordonnancée de cinq travées. Il est flanqué de deux pavillons en retour (ill.). Cette nouvelle construction est achevé en 1854. En l'absence d'archives spécifiques, le nom de l'architecte n'est pas connu. Les travaux concernent également la ferme (étables, grange, pigeonnier...) et la conciergerie situées à l'entrée de la propriété. Après le décès de Joseph Sueur en 1763, sa veuve Louise Merlin continue d'y habiter. L'acte de succession estime la demeure, "récemment reconstruite à Saint-Mauguille à la somme de 15.000 francs".
En 1905, le domaine composé "d'une propriété sise à Saint-Mauguille (cadastrée G 76 à 82 ), de 3 ha 54 ares et 28 centiares, entourée de haies vives, avec grille d'honneur, château élevé d'un étage, maison de concierge, vieille église, cour d'honneur, jardin, pâture plantées de pommiers bosquets" est vendue à René Lelièvre et Marie Amélie Petit, son épouse, suivant acte passé devant Me Marcassin, notaire à Saint-Riquier (acte du 29 mai 1905). La séparation du couple conduit cependant à la vente du domaine cinq ans plus tard. En juin 1910, il devient la propriété d'Arsène Hordequin, réputé avoir fait fortune dans l'exploitation des phosphates de Beauval (IA00076654), puis de Marcheville (IA80011240), une commune associée à Crécy-en-Ponthieu depuis 1973.
En 1922, le "château Saint-Mauguille" périt entièrement dans un incendie ravageur. Sa reconstruction, plus modeste et dans un style balnéaire anglo-normand, est engagée le 15 juin 1923. Le propriétaire fait appel à l'architecte abbevillois Marcel Dingeon, qui signe un plan pour l'installation du système de chauffage et met en avant sa réalisation dans une publicité (coll. part.).
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Période(s)
- Principale
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Dates
- 1923, daté par source
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Auteur(s)
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Auteur :
Dingeon Marcelarchitecte attribution par sourceDingeon MarcelCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Elève de l'école des Beaux-Arts de Paris d'où il sort diplômé architecte, en mars 1914. Après la Première Guerre mondiale, il devient architecte municipal à Abbeville. Capitaine à Abbeville lors de la Seconde Guerre mondiale.
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Auteur :
La maison, située à l'extrémité sud du village, est construite à l'emplacement de l'ancienne demeure du XIXe siècle qui avait été incendiée en 1928. A l'époque, elle était précédée d'un vaste parc arboré et d'une petite ferme et maison de gardien. Cette situation explique l'implantation actuelle, en fort retrait de la rue.
La maison présente un plan massé rectangulaire et s'élève sur deux niveaux surélevés, avec étage de combles habitables abrités sous une forte toiture à croupes et pignons débordants. Elle s'articule autour d'un large pignon de façade de deux travées en avant-corps, flanqué de deux ailes latérales plus basses. Ce pignon de façade concentre l'entrée en plein cintre sous porche, les bow-windows et l'enduit en faux pan de bois. La largeur de cette entrée et son traitement en plein cintre permet de la distinguer des autres ouvertures verticales et relativement étroites.
La façade postérieure adopte un traitement plus sobre mais aussi plus homogène, scandé par trois travées et un petit avant-corps médian.
La toiture est constituée d'une haute couverture à forte pente en tuile mécanique brune, animée de croupes, de noues, de lucarnes rampantes et de quatre cheminées en brique, caractéristiques de l'architecture de villégiature anglo-normande. Sur l'une d'elle figure la lettre H en fer d'ancrage pour Hordequin, le propriétaire de l'époque.
Des éléments de l'ancien château de Saint-Mauguille ne subsistent qu'un bûcher (ou remise en pan de bois apparent et silex en remplissage), une glacière en brique et quelques bâtiments de l'ancienne ferme, dont un pigeonnier octogonal, relativement effilé, sur socle carré et coiffé d'un toit polygonal en ardoise. Sa restauration, engagée avec le soutien de la Fondation du Patrimoine, a permis de souligner les éléments de sa modénature, comme les pilastres d'angle saillants aux angles reliés par un jeu de cintres décoratifs.
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Murs
- brique
- ciment enduit d'imitation
- faux pan de bois
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Toitstuile mécanique
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Plansplan massé
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Étagesétage de soubassement, en rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage en surcroît, étage de comble
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Couvertures
- toit à longs pans croupe
- noue
- croupe polygonale
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Statut de la propriétépropriété privée
Le service de l'Inventaire du patrimoine culturel de la Région Hauts-de-France et le Syndicat mixte Baie de Somme - Trois Vallées remercient monsieur Bucamp pour le partage de ses connaissances et sa précieuse collaboration à l'élaboration de ce dossier.
- (c) Département de la Somme - Archives départementales
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
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- (c) Collection particulière. Droits réservés
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Bibliographie
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[Saint-Riquier : dossiers documentaires]. Dossiers de notes établis par Philippe Bucamp, 1991-2025. [non publié ; non coté].
Dossiers constitués de notes manuscrites établies à partir des archives notariales, foncières et municipales, conservés aux Archives départementales de la Somme.
Périodiques
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Le Journal d'Abbeville.
Hebdomadaire régional français fondé à Abbeville en 1812. D'abord titré Journal d'Abbeville puis Le Pilote de la Somme, il prend la dénomination de Abbeville libre après la Libération, le 3 septembre 1944. En 1992, il retrouve son titre d'origine, Journal d'Abbeville. Depuis 2001, le journal est la propriété du groupe Sud Ouest. Diffusé principalement dans le département de la Somme, l'hebdomadaire couvre essentiellement l'actualité locale d'Abbeville et de son agglomération.
25 janvier 1821
Documents figurés
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AD Somme
Plan masse de la demeure, voisine de l'église Saint-Mauguille, extrait du plan parcellaire cadastral de Saint-Riquier, section G développé, 1811 (AD Somme ; 3 P 1237).
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Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Cheminée en bois sculpté dans la propriété de Melle Sueur-Merlin à Saint-Mauguille, commune de Saint-Riquier, par Oswald Macqueron, 28 août 1882 (Abbeville, Archives et Bibliothèque patrimoniale - fonds Macqueron ; B800016201_AIL_176).
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Collection particulière
Publicité de l'architecte Marcel Dingeon pour une maison dans les environs d'Abbeville. In : Abbeville et ses environs : guide illustré, Abbeville : Syndical d'initiative et du tourisme, [s.d.] (coll. part.).
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Collection particulière
[L'ancien château Saint-Mauguille construit en 1853], tirage photographique, vers 1910 (coll. part.).
Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France
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