Cette œuvre reprend l'iconographie de sainte Véronique tenant le sudario où sont imprimés les traits du Christ. Elle connut à partir de 1630 une grande faveur sous l'impulsion d'Urbain VIII. Ici, est seulement figurée la Sainte Face apparaissant sur le voile. Il s'agit d'une huile sur toile et non sur bois, comme l'indique erronément l'arrêté de protection.
Il s'agit probablement d'une copie attribuable à l'école française, d'après une composition, du peintre français d'origine bruxelloise, Philippe de Champaigne (1602-1672). L'œuvre originale, présumée perdue, aurait été peinte vers 1654, elle est connue par deux gravures au burin exécutées par des graveurs parisiens, l'une de Jacques Alix, l'autre de Nicolas Poilly. L'œuvre de Montcornet semble être la plus proche de ce dernier.
Cette composition est à replacer dans un ensemble de quatre modèles élaborés successivement ou conjointement par Philippe de Champaigne, dont un premier prototype fût gravé en 1630 par Lucas Vosterman.
Ce tableau date probablement de la 2e moitié du XVIIe siècle. On ne peut exclure, au regard de sa grande qualité plastique, l'hypothèse d'une œuvre originale issue de l'atelier de Philippe de Champaigne. Il témoigne de la notoriété des compositions de ce peintre profondément marqué par le réalisme de la peinture flamande, où se mêlent étroitement, dans un style noble et monumental, les caractéristiques formelles de la peinture flamande et française.
Dans un mauvais état de conservation, le tableau de Montcornet a déja fait l'objet de restaurations anciennes sommaires, et paraît avoir changé de châssis, comme en témoignent les traces de clous. Le cadre pourrait être celui d'origine.
Élève de Jacques Fouquières à Bruxelles puis peintre à Paris.