L'église de Coisy, entièrement reconstruite par l'architecte amiénois Victor Delefortrie en 1853-1854, comprend un intéressant mobilier néo-gothique en partie conçu par Delefortrie lui-même. Malheureusement ce mobilier néo-gothique n'est pas toujours intact : la chaire, ornée des quatre Docteurs de l'église, a perdu son pied et n'occupe plus son emplacement originel. Les verrières figurées exécutées par le maître verrier amiénois Couvreur ont été recomposées et en partie perdues à la suite de la première guerre mondiale. Le maître-autel n'a plus son tabernacle ni l'exposition pyramidale qui le surmontait.
Malgré ces disparitions, cet ensemble néo-gothique est fort intéressant car il fut le premier du canton, et servit d'exemple à d'autres communes. Le mobilier de l'église de Fréchencourt, par exemple, s'est en manifestement inspiré : son maitre-autel donne une idée de ce que devait être celui de Coisy en 1854.
Le style de ce mobilier est conforme à celui de l'architecture qui les abrite. Les deux grandes figures de la verrière centrale sont même délibérément copiées sur des modèles médiévaux, puisés dans la statuaire de la cathédrale d'Amiens : le verrier a repris les deux statues les plus célèbres de la cathédrale, celle du Christ au portal central de la façade occidentale, et celle de la Vierge à l'Enfant au portail du bras sud du transept (la "Vierge dorée"), sans prêter égard par ailleurs aux différences stylistiques des deux originaux. Le ciboire offert à l'église de Coisy en 1863 imite quant à lui la technique médiévale de l'émail champlevé.
Comme en matière d'architecture, les ambitions néo-gothiques sont toutefois tempérées par la faiblesse des moyens financiers d'une si petite commune. L'ensemble de statues en plâtre polychrome qui devait orner la nef ne put jamais être complété : les consoles et les dais ménagés dans le vaisseau central sont restés vides. Le mobilier réalisé trahit lui aussi une relative modestie : la chaire est d'un modèle assez simple, le maître-autel est en bois peint. C'est le mobilier d'une église de campagne.
L'église de Coisy abrite peu d'éléments antérieurs à sa reconstruction. Le plus remarquable est la cloche médiévale (1492), la plus ancienne aujourd'hui conservée dans le canton de Villers-Bocage (classé M.H.). On trouve également dans le chœur et la sacristie, quelques éléments de menuiserie sculptée du 18e siècle : un tabernacle et un couronnement de retable.
Charles-Frédéric Berger est associé à Henri Nesme dans la fabrication d'orfèvrerie d'église et de table. Leur atelier était situé 25 montée du Chemin-Neuf, puis en 1900 à 122 rue Saint-Georges à Lyon. La maison d'orfèvrerie diversifie par la suite ses activités en proposant à la vente, des bronzes d'église par exemple.
Le poinçon de leur maison, les lettres B et N avec un calice entre les lettres, fut instauré en 1889. Un autre fabricant fut associé à eux entre 1891 et 1897, François-Louis-Elysée Sève sans que le poinçon original ne change.