Dossier d’œuvre objet IM80002195 | Réalisé par
Hoin Karl-Michael (Rédacteur)
Hoin Karl-Michael

Responsable-adjoint (2018-2023) puis conservateur régional (depuis 2024) de l'Inventaire général Hauts-de-France.

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  • opération ponctuelle
Tableau : représentation du monument funéraire de Marie de Berchem, comtesse d’Hinnisdal (église de l’Hôpital Saint-Jacques, Tongeren, Belgique)
Œuvre recensée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes du Grand Roye - Roye
  • Commune Tilloloy
  • Lieu-dit Château de Tilloloy
  • Adresse rue de Flandre
  • Cadastre 2025 D 221
  • Emplacement dans l'édifice Galerie du second étage du château de Tilloloy.
  • Dénominations
    tableau
  • Titres
    • Représentation du monument funéraire de Marie de Berchem, comtesse d’Hinnisdal (église de l’Hôpital Saint-Jacques, Tongres)

Le tableau représente le monument funéraire de Marie de Berchem, comtesse d’Hinnisdal, conservé dans l'église de l’ancien hôpital Saint-Jacques à Tongres (Tongeren, Belgique, province de Limbourg). Édifiée vers 1660, cette église en brique, à nef unique divisée en quatre travées et clôture de chœur, constitue aujourd’hui l’unique vestige d’une phase de construction entreprise au XVIIᵉ siècle. Le monument funéraire, de style baroque, est l’œuvre du sculpteur liégeois Jean Del Cour (1631-1707). Il a été commandé par l’époux de la défunte, François d’Hinnisdal (1672-1728), seigneur de Betho et autres lieux. Par son ampleur et sa qualité d’exécution, ce monument s’inscrit dans la tradition des tombeaux monumentaux aristocratiques, associant affirmation sociale, célébration du lignage et mémoire funéraire.

La maison d’Hinnisdal, dont le berceau se situe dans le comté de Loos, au pays de Liège, appartient à la noblesse chevaleresque dès la fin du XIIᵉ siècle. Ses membres ont été parmi les principaux feudataires et défenseurs de l’abbaye impériale de Saint-Tron. L’ancêtre fondateur, Gautier de Hinnisdal, né vers le début du XIIᵉ siècle, est mentionné dans une charte vers 1170, confirmant une donation faite à l’église de Liège avec son épouse Marie. François, comte de Hinnisdal, chevalier et seigneur de Soumagne, de Betho, d'Oleye, du Grand-Assch, de Melin, etc., avait épousé en 1691 noble et illustre demoisellle Marie-Anne-Florence-Thérèse de Berchem, dame de Tonglaer, de Saint-Pierre-Wolluwe, etc. Elle était issue d’une branche de l'illustre maison de Berthout, sires et princes de Grimberghe et de Malines, puissante famille des Pays-Bas, Elle décéda le 31 décembre 1697 et fut inhumée dans l'église Saint-Jacques de Tongres. Après le décès de son épouse, François d'Hinnisdal s’engagea dans la voie ecclésiastique, devenant chanoine de la cathédrale de Liège et prévôt de Tongres (LAINÉ, 1848).

Réalisé au XIXᵉ siècle par un peintre relevant de l’école flamande, le tableau constitue une représentation réfléchie d’un lieu de mémoire, le monument funéraire devenant le véritable sujet de l’œuvre. Par son traitement architectural et sa rigueur perspective, il s’inscrit dans le sillage des représentations d’intérieurs d’églises prisées au XVIIᵉ siècle par des artistes tels que Pieter Saenredam (1597-1665) ou Emanuel de Witte (1617-1692). Toutefois, loin de relever d’un simple pastiche stylistique ou d’un goût historiciste, l’œuvre répond à un projet mémoriel plus profond, caractéristique du XIXᵉ siècle, période marquée par le tri, le classement et l’inventaire des traces du passé, ainsi que par la redécouverte et la mise en valeur des archives familiales.

Dans cette perspective, la représentation d’un tombeau situé loin des résidences françaises du lignage prend tout son sens. Du point de vue de la branche française de la famille d’Hinnisdal, il s’agit de rattacher visuellement et symboliquement l’histoire familiale de la branche française à son passé dans les anciens Pays-Bas méridionaux, en intégrant ce monument éloigné à l’espace domestique et mental de la mémoire lignagère. Le tableau fonctionne ainsi comme un outil de transmission, comparable aux portraits de famille, participant à la mise en scène savante du passé et à la construction d’un récit dynastique. Une autre reproduction du monument funéraire, en trois dimensions, était exposée à la Belle Époque sur le grand palier en haut de l'escalier d'honneur du château de Tilloloy.

  • Période(s)
    • Principale : 19e siècle
  • Dates
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Gasne Louis
      Gasne Louis

      Louis Gasne succède en 1874 au maître de forges Édouard Zégut à la tête des Fonderies de Tusey, à proximité de Vaucouleurs (Meuse), fondées en 1832 par Pierre-Adolphe Muel, issu d'une famille vosgienne de maître de forges.

      Il est actif à Tusey entre 1874 et 1896. Il fait également de la fonte au sable et de la fonte à la cire perdue. Médaille d'or à l'Exposition universelle de 1889. En 1901, il reprend la Société anonyme de fonderie artistique, branche de la fonderie Victor Thiébaut.

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Le monument funéraire, bien que légèrement décalé vers la gauche, constitue le point focal de la composition, vers lequel convergent les lignes de fuite de l’architecture. Il s’inscrit dans une niche architecturée adossée au mur du chœur. Il se compose d’un soubassement massif portant une épitaphe gravée, sur lequel repose un gisant féminin représenté allongé, légèrement de profil, les mains jointes dans une attitude de prière. La figure, traitée dans une pierre claire, se détache nettement de l’architecture environnante par son modelé doux et son éclairage uniforme, qui accentuent son caractère intemporel. Le tombeau est surmonté d’un édicule monumental structuré par des pilastres et couronné d’un entablement cintré, intégrant un relief central figuré et des armoiries sculptées dans la partie supérieure, affirmant l’identité lignagère de la défunte.

L’architecture de la chapelle, de style gothique, est rendue avec une grande précision (piliers cylindriques élancés, arcs brisés, voûtes d’ogives). La nef, qui se devine obliquement, se déploie vers la droite dans une perspective rythmée par les piles et les arcs. Le pavement en damier noir et clair, soigneusement tracé, renforce l’effet de profondeur et guide le regard vers le monument. À droite, un long rang de stalles en bois sombre court le long du mur : leur ligne horizontale accompagne et prolonge la fuite de la nef, tout en constituant un contrepoint visuel au tombeau, plus frontal et massif. Par leur présence, ces sièges liturgiques ancrent la scène dans le cadre concret de l’office choral, rappelant que le monument n’est pas isolé mais inséré dans un dispositif communautaire de prière.

À l’arrière-plan, quelques figures humaines, réduites à une échelle modeste et représentées de dos ou de profil, semblent absorbées dans leurs déplacements ou leur recueillement. Parmi elles, un ecclésiastique se distingue, tenant un livre à la main : ce détail l’identifie comme officier du culte, médiateur entre la communauté des vivants et la mémoire de la défunte. Le volume fermé ou à demi ouvert qu’il porte renvoie aux textes sacrés – missel, livre d’heures ou bréviaire – et suggère que la commémoration s’inscrit dans la répétition des lectures et des prières, au rythme régulier de la liturgie. Sa silhouette discrète, à proximité des stalles, souligne combien la présence du clergé et le chant de l’office enveloppent le tombeau d’une intercession continue.

La lumière, diffuse et froide, semble filtrer latéralement et par le fond de l’édifice, sans source clairement identifiable. Elle ne crée ni contrastes violents ni effets dramatiques, mais enveloppe l’ensemble d’une atmosphère douce et méditative. La palette chromatique, dominée par des tons ocre, gris et brun, confère à la scène une unité visuelle patinée, évoquant à la fois l’ancienneté du lieu et une forme de suspension du temps. Probablement rapporté, le cadre sculpté et doré, orné de motifs végétaux ajourés, participe pleinement à la lecture de l’œuvre : il isole et sacralise la représentation, transformant le tableau en un objet autonome de contemplation, presque en un reliquaire visuel dédié à la mémoire familiale.

  • Catégories
    peinture
  • Structures
    • support, rectangulaire vertical
    • surface, rectangulaire vertical
  • Matériaux
    • matériau textile, support toile, peinture à l'huile, vernis
  • Précision dimensions

    h = 106 ; la = 85

  • Inscriptions & marques
    • inscription concernant le titre, peint, sur cartel
  • Précision inscriptions

    "MONUMENT / M.me la Comtesse d'HINNISDAL / dans l'Eglise de l'Hopital de Tongres / aux Pays-Bas / ✝ le 31 X.BRE 1697."

  • État de conservation
    • mauvais état
  • Précision état de conservation

    Usures, manques de matière. Cadre en mauvais état.

  • Statut de la propriété
    propriété privée, Propriété de Mademoiselle Charlotte d'Andigné, cette œuvre sera présentée en vente publique en décembre 2025 (Tessier & Sarrou, Paris, 16 décembre).
  • Intérêt de l'œuvre
    À signaler
  • Protections

Propriété de Mademoiselle Charlotte d'Andigné, cette œuvre sera présentée en vente publique en décembre 2025 (Tessier & Sarrou, Paris, 16 décembre).

Bibliographie

  • LAINÉ, P.-Louis. Généalogie de la maison de Hinnisdal extraite du tome onzième des archives généalogiques et historiques de la noblesse de France publiées par M. Lainé, successeur de M. de Courcelles, généalogiste des rois Louis XVIII et Charles X. Paris : chez l’auteur (8 rue Taranne) (impr. Bautruche, 90 rue de la Harpe), 1848.

    pp. 2-3 ; 37-39.

Documents figurés

  • 16 - TILLOLOY - Grand Palier au haut de l'escalier. Carte postale, Octave Lelard (phot.), [ca 1900] (AP Château de Regnière-Écluse (Somme)).

    Archives privées : non coté
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Hoin Karl-Michael
Hoin Karl-Michael

Responsable-adjoint (2018-2023) puis conservateur régional (depuis 2024) de l'Inventaire général Hauts-de-France.

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