Photographe du service régional de l'Inventaire général Hauts-de-France.
- opération ponctuelle
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes du Grand Roye - Roye
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Commune
Tilloloy
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Lieu-dit
Château de Tilloloy
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Adresse
rue de Flandre
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Cadastre
2025
D
221
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Emplacement dans l'édifice
Contre-allée de tilleuls côté gauche (depuis la grille d'honneur).
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Lieu-dit :
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Dénominationsportail
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Titres
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AppellationsPortail de l'hôtel d'Hinnisdal
Ce portail monumental provient de l'hôtel d'Hinnisdal, rue Cassette à Paris, dans le quartier Saint-Sulpice. Édifié au début du XVIIIᵉ siècle sur un terrain de 3000 m² entre cour et jardin, donnant à la fois sur la rue Cassette et sur la rue de Vaugirard, cet hôtel particulier est acquis en 1807 par Joachim comte d'Hinnisdal (1779-1814) pour 100 000 F auprès de Jean-Barthélemy Le Couteulx, comte de Canteleu (1746-1818). Banquier (fondateur et régent de la Banque de France de 1800 à 1804), industriel impliqué dans la traite négrière et homme politique (député aux États généraux en 1789, président du Conseil des Anciens en 1796, sénateur conservateur de 1799 à 1814, puis pair de France jusqu'en 1818), Le Couteulx de Canteleu traverse alors de graves difficultés financières qui motivent la cession.
Le comte d'Hinnisdal s'y installe avec son épouse, Mélanie de Villeneuve-Tourrettes (1778-1848), et leurs trois enfants. Le couple entreprend rapidement d'importants travaux de rénovation et de décoration, confiés à Pierre-Claude Convers (1735-1820). Ce dernier avait été l'architecte de la princesse de Conti sous Louis XVI et habitait rue Cassette.
À la mort de Joachim d’Hinnisdal en 1814, sa veuve demeure jusqu'à sa propre mort en 1848 dans l’hôtel avec leur dernière fille, Roseline (1810-1878), restée célibataire, qui y décède en 1878. Dès 1877, Roseline d'Hinnisdal a légué la demeure à sa nièce Marie-Thérèse d’Hinnisdal, devenue comtesse de Lévis-Mirepoix (1844-1934). Cette dernière vend l'hôtel d'Hinnisdal en 1905 à l’Institut catholique de Paris, déjà établi dans l’ancien couvent voisin des Carmes. Cette cession s’explique par la situation nouvelle de la comtesse. Épouse de Gaston de Lévis-Mirepoix, elle appartient désormais à une famille qui possède rue de Lille l’ancien hôtel Turgot, hérité des Crillon. En 1895, son mari y fait élever par l’architecte Louis Parent un vaste immeuble de cinq étages à l’emplacement des anciens communs. Cette résidence moderne et confortable rendait ainsi superflu l’hôtel hérité de la rue Cassette, demeure du XVIIIᵉ siècle sans doute moins adaptée aux exigences du temps. Il est vendu en 1891 à l'Institut catholique de Paris via la société civile immobilière de la rue Cassette.
Dès la cession de l'hôtel à cette société civile immobilière par acte du 1er avril 1891, Marie-Thérèse de Lévis-Mirepoix avait pris soin de se réserver le portail, avec stipulation qu'il ne pourrait être enlevé avant quinze ans, précaution prise par l'Institut qui envisageait sérieusement de démolir en partie l'hôtel et de faire reconstruire à front de rue. Une tentative d'enlèvement anticipé, diligentée par son mari le marquis Gaston de Lévis-Mirepoix en 1896, se heurte au refus du conseil d'administration de la société, qui réclame une indemnité compensant le coût d'une porte de remplacement et une garantie contre les recours des quatre locataires de l'hôtel particulier. Le portail n'est donc vraisemblablement démonté qu'aux alentours de 1906, à l'expiration de la clause, dans le cadre des travaux d'agrandissement de l'Institut catholique, avant d'être transporté et remonté dans le parc du château de Tilloloy.
Ce portail est remonté dans une contre-allée de l'avenue (face au porche central des communs) comme un vestige transplanté donnant accès au parc du château depuis la maison du régisseur.
Cette translation monumentale s'inscrit dans un mouvement de goût pour le pastiche et la reconstitution patrimoniale typique de la Belle Époque. Les grandes familles fortunées acquéraient alors fréquemment des éléments architecturaux anciens pour orner leurs propriétés. C'est dans ce contexte, doublé d'une intention mémorielle, que le parc du château de Tilloloy, alors propriété d'Henri d'Hinnisdal (1841-1922) - frère de Marie-Thérèse -, a ainsi été enrichi de cette fabrique de jardin improvisée, créant un élément de surprise romantique dans le paysage.
À peine remonté, le portail subit les affres de la Première Guerre mondiale et sort très éprouvé du conflit.
La tradition familiale ajoute une note plus fragile à cette histoire patrimoniale : elle veut que la vente soit financée par des emprunts russes — ou que son produit y soit placé. Or la Révolution de 1917 entraîne la répudiation de ces dettes par le nouveau pouvoir. Les titres ne sont pas remboursés : l’investissement se dissout dans l’histoire, perte sèche qui contraste avec la survie bien tangible du portail sauvé.
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Période(s)
- Principale : 2e quart 18e siècle
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Dates
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Lieu de provenanceÉdifice ou site : Paris, 6ème Arrondissement, rue Cassette et rue de Vaugirard
Le portail de l'hôtel d'Hinnisdal est une porte cochère monumentale en pierre de taille calcaire. Elle est composé d'une travée centrale à arc en plein cintre surmontée d'un tympan semi-circulaire richement décoré. Si le portail lui-même date du XVIIIᵉ siècle, les deux ailes en retour qui l’encadrent sont modernes. Elles sont construites lors de son remontage dans le parc du château de Tilloloy, où leur rôle est avant tout structurel : contrebuter et stabiliser un élément initialement conçu pour s’inscrire dans un bâti continu.
L'ornementation, concentrée sur l'arc et sur les consoles sculptées à volutes, présente un vocabulaire rocaille caractéristique : cartouche, rinceaux, coquilles et motifs végétaux asymétriques.
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Structures
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Matériaux
- calcaire
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Iconographies
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Inscriptions & marques
- inscription concernant le propriétaire, sur l'œuvre
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Précision inscriptions
Le tympan comporte un cartouche, aujourd'hui altérée, comportant l'inscription : HOTEL / D'HINNISDAL.
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État de conservation
- mauvais état
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Précision état de conservation
Nombreux manques. Les parties supérieures montrent des signes d'érosion.
Traces de lichénisation, conséquence de son exposition en milieu forestier.
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Statut de la propriétépropriété privée
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Intérêt de l'œuvreÀ signaler
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Protections
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Documents d'archives
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Archives privées : non coté
Réponse de l'Institut catholique de Paris (Joseph Chobert (1852-1916), administrateur délégué, secrétaire du conseil) au marquis Gaston de Lévis-Mirepoix (1844-1924), époux de Marie-Thérèse d'Hinnisdal (1844-1934), qui a demandé à l'Institut catholique de Paris l'autorisation d'enlever la porte cochère de l'hôtel d'Hinnisdal, 18 mars 1896 (AP Château de Tilloloy (Somme) ; non coté).
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Archives privées : non coté
[Archives relatives aux dommages de guerre et à la reconstruction du château de Tilloloy]. Liasses et boîtes non inventoriées et non classées (AP Château de Tilloloy (Somme) ; non coté).
Bibliographie
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MARTY, Aurélien. Regnière-Écluse. Un domaine, une famille. Regnière-Écluse : Association pour la sauvegarde et la valorisation du Domaine millénaire de Regnière-Écluse, 2017.
pp. 186-187.
Documents figurés
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Portail de l'hôtel d'Hinnisdal, rue Cassette à Paris. Photographie d'Eugène Atget (1857-1927), juin 1904 (AP Château de Regnière-Écluse, non coté).
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[en ligne]
Front de l'Oise et de la Somme, décembre 1916. Tilloloy (Somme). Le château, une porte [légende d'origine], photographie d'Édouard Brissy (1882-1960) (ECPAD Images Défense ; SPA 39 D 3066). [en ligne]
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Vue aérienne du domaine de Tilloloy. Le portail d'Hinnisdal est placé dans l'axe central du pavillon des communs. Une allée transversale coupe l'avenue du château pour rejoindre, depuis les communs la maison de l'architecte Albert Montant et l'une des portes du domaine. Carte postale, Cim (éd.), [ca 1950] (AP Château de Regnière-Écluse).
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22- TILLOLOY - Portail de l'hôtel d'Hinnisdal Rue Cassette. Carte postale, Octave Lelard (phot.), [ca 1900] (AP Château de Regnière-Écluse (Somme)).
Lien web
- Portique dans le parc du château [de Tilloloy], au fond l'église [Notre-Dame-de-Lorette]. [légende d'origine] Photographie d'Édouard Brissy (1882-1960), décembre 1916. Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP), notice APD0003033. [consulté le 30/01/2026]
- Portail. Hôtel d'Hinnisdal, 24 rue Cassette, Paris (VIe). Photographie d'Eugène Atget (1857-1927), [ca 1900]. Base Joconde, notice M1104320044228. [consulté le 03/02/2026]
- Portail. Hôtel d'Hinnisdal, 24 rue Cassette, Paris (VIe). Photographie d'Eugène Atget (1857-1927), [ca 1900]. Base Joconde, notice M1104320044028. [consulté le 03/02/2026]
- Portail. Hôtel d'Hinnisdal, 24 rue Cassette, Paris (VIe). Détail du heurtoir de porte. Photographie d'Eugène Atget (1857-1927), [ca 1900]. Base Joconde, notice M1104320040442. [consulté le 03/02/2026]
- Portail. Hôtel d'Hinnisdal, 24 rue Cassette, Paris (VIe). Photographies d'Eugène Atget (1857-1927), [ca 1900]. Base Mérimée, notice PA00088563 comprenant trois photographies (le portail, détail d'un heurtoir). [consulté le 03/2/2026]
- Destruction d'une partie de l'hôtel d'Hinnisdal. Photographie de l'Union Photographique Française, 1909. Base Joconde, notice M1104320205558. [consulté le 03/02/2026]
- Front de l'Oise et de la Somme, décembre 1916. Tilloloy (Somme). Le château, une porte [légende d'origine]. Photographie d'Édouard Brissy (1882-1960). ECPAD Images Défense, SPA 39 D 3068. [consulté le 03/02/2026]
- Les ruines de villages de Picardie situés dans la région de Beuvraignes. Tilloloy (Somme). Vieille porte près du château [légende d'origine]. Photographie d'Edmond Famechon (1883-1961), 1918. ECPAD Images Défense, SPA 146 R 4948. [consulté le 03/02/2026]
Annexes
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Réponse de l'Institut catholique de Paris (Joseph Chobert (1852-1916), administrateur délégué, secrétaire du conseil) au marquis Gaston de Lévis-Mirepoix (1844-1924), époux de Marie-Thérèse d'Hinnisdal (1844-1934), qui a demandé à l'Institut catholique de Paris l'autorisation d'enlever la porte cochère de l'hôtel d'Hinnisdal, 18 mars 1896 (AP Château de Tilloloy (Somme) ; non coté).
Responsable-adjoint (2018-2023) puis conservateur régional (depuis 2024) de l'Inventaire général Hauts-de-France.
Responsable-adjoint (2018-2023) puis conservateur régional (depuis 2024) de l'Inventaire général Hauts-de-France.