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Ancienne broderie mécanique Daltroff, usine de la Société Industrielle et Technique pour l'Electricité, Ateliers de Constructions Electriques de Delle, puis de la Sté UNELEC, puis Laboratoire GE-Power Controls et ateliers MECA-ELEC

Dossier IA02002910 réalisé en 2005

Fiche

  • Vue aérienne du site en 1989.
    Vue aérienne du site en 1989.
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  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • entrepôt industriel
    • bureau
    • cantine
    • logement patronal
    • conciergerie

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Appellations Daltroff, Daltroff Veuve J. et Compagnie, Société Industrielle et Technique pour l'Eléctricité, Ateliers de Constructions Electriques de Delle (ACED), UNELEC
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, entrepôt industriel, bureau, cantine, logement patronal, conciergerie
Dénominations usine de broderie mécanique, usine de matériel électrique industriel
Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
Adresse Commune : Harly
Adresse : 1572 rue de Guise
Cadastre : 2005 AB 149, 287, 289, 291, 293, 295, 197, 199, 301, 303, 306, 308, 310, 314, 316, 318, 320, 322, 324, 326, 352 à 356, 359, 366 à 369

Julien Daltroff fonde sur ce site une usine de broderie mécanique en 1875, probablement construite sur les plans de l'architecte Charles Chérier. L'usine est dotée d'une cantine en 1880, d'un logement patronal en 1882. En 1895, des logements ouvriers sont édifiés, ainsi qu'une salle des machines, une chaufferie, etc. La même année, Julien Daltroff acquiert l'ancienne filature de Lucy à Ribemont, à 20 Km à l'est de Saint-Quentin, qu'il reconvertit en usine de blanchiment, apprêt et tissage de tulle. En 1904, probablement lors du décès de Julien Daltroff, une nouvelle société est créée entre la veuve Daltroff, Alisa Bernet, et son fils Albert Jacob Daltroff, sous la raison sociale Veuve J. Daltroff et Cie. A cette date, la société exploite des ateliers de broderie mécanique en Suisse (Abtwyl, Berg et Gossau), en Autriche (Laustenau), et possède des maisons de vente à Londres, Vienne et Saint-Gall. A partir des années 1890, l'usine d'Harly est dirigée par un directeur, M. Boëtschi. A la veille de la Première Guerre mondiale, l'usine produit des broderies sur tissus de coton du "genre Saint-Gall", des broderies sur tulle et guipure du "genre Plauen", et des garnitures dites "nouveautés". L'usine, stoppée dès août 1914, est complètement détruite par les bombardements et les incendies entre le 3 et le 9 octobre 1918. Seules une partie des logements ouvriers, la cantine et quelques éléments mineurs de l'usine, pourront être restaurés tandis que les ateliers de fabrication et les bureaux sont reconstruits entièrement en 1920, pratiquement à l'identique, mais avec de nouveaux matériaux (le métal remplace le bois des sheds, etc). En 1921, la production redémarre, dans 5000 m2 d'ateliers neufs. L'usine de broderie mécanique, dirigée par M. Weiss, cesse toute activité entre 1934 et 1935.

Les ateliers sont repris vers 1936 et reconvertis en usine de matériel électrique industriel, spécialisée dans la fabrication de matériel basse tension, par la Société Industrielle et Technique pour l'Electricté (S.I.T.E.L.). Lui succèdent les Ateliers de Constructions Electriques de Delle (A.C.E.D.) vers 1950, puis en 1965 la société UNELEC, fondée par le groupe C.G.E. et Alsthom. Les ateliers sont agrandis à plusieurs reprises, en 1949, au milieu des années 1950 et en 1966. En 1986, la société UNELEC est absorbée par le groupe belge Vynckier. En 1995, UNELEC est acquise par le groupe américain General Electric. A partir de 1999, un processus de délocalisation des ateliers de l'usine d'Harly est enclenché.

Aujourd'hui, coexistent sur le site un laboratoire d'essai et des bureaux de la société GE - Power Controls, ainsi que les ateliers de la société MECA-ELEC.

A la veille de la Première Guerre mondiale, l'usine est dotée d'une machine à vapeur du constructeur suisse Sulzer de 120 ch., datée de 1892. Les ateliers sont alors dotés de 90 métiers à broder à pantographe, remplacés après 1918 par 20 métiers automatiques (munis de Jacquard) de 20 yards, et 5 métiers à pantographe de 10 yards pour les petites séries. En 1924, l'usine dispose de 35 métiers de 20 yards.

L'usine de broderie mécanique emploie 460 personnes en 1914 (365 femmes, 93 hommes, 3 contremaîtres). Au total, Daltroff emploie à Harly et Ribemont 600 personnes, sans compter les ouvriers façonniers travaillant à domicile. En 1922, les ateliers n'emploient plus que 150 ouvriers. L'usine de matériel électrique emploie 815 salariés en 1960, 900 en 1966, 1300 en 1972, 1100 en 1977, 825 en 1988, 675 en 1992, 400 en 1999. Aujourd´hui, 70 salariés travaillent sur ce site.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1875, daté par source
1880, daté par source
1882, daté par source
1895, daté par source
1920, daté par source
1949, daté par source
1966, daté par source
Auteur(s) Auteur : Chérier Charles, architecte, (?), attribution par source
Personnalité : Daltroff Julien, commanditaire

Face à la route de Guise, se dresse un pavillon central, encadré de deux ailes latérales et d'une aile en retour, délimitant ainsi une cour fermée par un bahut de brique surmonté de grilles métalliques et de piliers, interrompu par la conciergerie de l'usine (en rez-de-chaussée, couverte d'un toit en pavillon à égout retroussé, en ardoise et zinc). Toutes ces constructions de brique datent de 1920. Le corps central est doté de caves, d'un étage carré et d'un étage en surcroît. Sa façade antérieure est rythmée par cinq travées encadrées de piliers en brique et brique silico-calcaire. Elle est percée de larges baies couvertes d'arcs segmentaires et animée de bandeaux, de modillons, d'impostes en pierre de taille en calcaire. Ces anciens bureaux, auxquels on accède par un perron, sont couverts d'un toit à longs pans et croupes en ardoises, percés en façade antérieure d'une lucarne pendante, à baie rectangulaire, coiffée d'un fronton en pierre de taille. Les ailes, initialement à usage de magasin industriel (aile ouest), d'atelier d'apprêt (aile est) et d'atelier de tulle, sont composées d'un rez-de-chaussée et d'un étage de comble. Les façades antérieures sont percées de baies sensiblement similaires à celle des bureaux, entre lesquels s'intercalent des piliers portant des ancres métalliques. Certaines travées sont percées sous la corniche de fenêtres oblongues, ajouts tardifs pour éclairer les combles. Ces ailes sont couvertes de toits à longs pans en tuile mécanique, percés au sud, côté ateliers, de lucarnes. Ces bâtiments ont en partie une structure interne en béton armé (poteaux portant les planchers des combles). Initialement, les toitures des ailes étaient dotées de verrières au niveau du faîtage. Adossés à la façade postérieure des bureaux et des ailes latérales, se dressent les anciens ateliers de broderie, construits de 1920 au milieu des années 1950. Ceux de 1920 forment un parallélogramme couvert de six sheds. Ceux-ci, ainsi que la structure porteuse interne, sont réalisés en profilés métalliques, et sont couverts en tuile mécanique. Les pignons à chaque extrémité, à redents, sont en brique. Ces ateliers ont été prolongés avant 1948 de deux sheds supplémentaires (non visités) dont les parties vitrées ne sont plus inclinées mais verticales, tandis que les briques des pignons à redents, simplifiés, sont enduites. Au sud de l'ensemble ainsi formé, est accolé un vaste atelier, construit en béton armé en 1949. Il est couvert d'une lourde charpente en béton armé, constituant un ensemble de dix-huit toits à longs pans dont les faîtages sont perpendiculaires aux sheds précédemment décrits. Les pans orientés à l'ouest sont vitrés, les pans est sont en tuile mécanique. Ces toitures sont masquées par de hauts murs enduits, percés de deux bandeaux de baies superposés apportant un éclairage latéral à l'atelier. Cet ensemble a été complété au milieu des années 1950 par deux ateliers à structure métallique et charpente à longs pans avec verrières en faîtage et couverts en fibro-ciment, et un atelier couvert d'une terrasse, percée d'un lanterneau. A l'ouest de cet ensemble se dresse un vaste entrepôt désaffecté, construit en 1949. Il dispose des mêmes bandeaux de baies que l'atelier qui lui est contemporain, tandis que son toit à longs pans, masqué pour partie par le prolongement des murs gouttereaux et des pignons, est en tuile mécanique et verre (verrière en faîtage). Enfin, à l'est et à l'ouest de l'ensemble ainsi formé, ont été édifiés deux ateliers en 1966, construit en béton armé préfabriqué, et couverts de terrasses percées de lanterneaux carrés à dôme. A l'est, entre l'usine et la cité ouvrière voisine, s'intercale l'ancienne cantine, en brique, composé d'un corps central en rez-de-chaussée et de deux pavillon à un étage carré et un étage de comble. Corps central et pavillon sont couverts de toits à longs pans en tuile mécanique (faîtages perpendiculaires). Du côté opposé, se dresse l'ancien logement patronal. Construit en brique, avec des jeux de briques silico-calcaires et de pierres de taille de calcaire, il se compose de caves, d'un rez-de-chaussée et d'un étage en surcroît. Il est couvert de combles brisés, en ardoise et zinc. Les baies de l'étage sont coiffées de frontons à base interrompue en calcaire. A l'arrière de l'usine, sont implantés des hangars, bardés de tôles ondulées. Une partie des locaux désaffectée n'a pu être visitée.

Murs béton
métal
calcaire
brique
brique silico-calcaire
enduit partiel
essentage de tôle
béton armé
pierre de taille
Toit tuile mécanique, ardoise, zinc en couverture, verre en couverture
Étages sous-sol, 1 étage carré, étage de comble, étage en surcroît
Couvertures terrasse
verrière
shed
toit à longs pans
toit brisé en pavillon
croupe
Énergies énergie thermique
produite sur place
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Les origines de la société Daltroff et de la broderie mécanique à Saint-Quentin

    Ernest Iklé (La broderie mécanique : 1828-1930, p. 193) attribue à Julien Daltroff l'installation des premiers métiers à broder mécanique :

    A Saint-Quentin, les premiers métiers ont été montés en 1869 par M. Julien Daltroff dans la rue de Téligny. Il commença avec deux métiers, mais, peu de temps après, il construisit une fabrique très importante à Harly, près de Saint-Quentin. J'aurais voulu savoir le nombre de machines qui s'y trouvaient, mais à la demande très polie que j'adressai aux héritiers, je ne reçus aucune réponse, ce qui ne m'empêche pas d'affirmer qu'il était le plus grand fabricant de broderie pour la lingerie en France, ayant lui-même sa blanchisserie et son installation d'apprêt.

    Plus loin, Iklé situe l'installation par Hector Basquin de ses premiers métiers à broder en 1872. Or cette version de l'histoire de l'introduction de la broderie mécanique semble contestable.

    Selon Eugène Plouchart (Le département de l'Aisne à l'Exposition Universelle de Paris en 1900, p 149-150), ce serait Hector Basquin, à l'issue de l'Exposition universelle de 1867, qui aurait introduit la broderie mécanique à Saint-Quentin :

    Parlons donc de l'origine de la broderie mécanique à Saint-Quentin. Un nom s'impose avant tout : celui de M. Hector Basquin, l'introducteur de cette industrie dans le Vermandois où elle a pris un essor considérable. Nous avons eu la bonne fortune de mettre la main sur un mémoire que cet industriel éminent adressa en 1869, au préfet de l'Aisne, sur la demande de ce fonctionnaire. Saint-Quentin tira longtemps des Vosges les broderies à la main nécessaires à ses articles ; mais tout en restant en relation avec l'Est, les négociants de cette place avaient formé des brodeurs et des brodeuses, et l'industrie de la broderie à la main était très florissante quand la broderie mécanique suisse vint lui faire une concurrence désastreuse. La broderie saint-quentinoise tomba à rien. Un homme énergique entreprit de la relever et il y parvint. Avec une modestie qui n'exclut pas le sentiment légitime de sa valeur, voici comment il explique son action dans le mémoire auquel nous venons de faire allusion :

    Ce programme : relever une industrie défaillante, et lui infuser un sang nouveau, n'est pas chose facile à résoudre, et l'expérience que j'en fis me le prouva bien. Reconnaissant d'abord que je ne pouvais suffire à cette lourde tâche, j'ai fait, successivement appel au concours, à l'association de mes confrères, sans pouvoir vaincre une timidité que je ne partageais pas, mais qui m'a contraint d'ajourner l'application de mes projets. Pénétré cependant de l'avenir réservé à l'industrie que je voulais implanter dans le pays, j'employai tous mes moyens à grouper des adhérents, et, c'est alors qu'arrivé à la veille de l'exposition de 1867, l'un de mes amis, M. Hugues, industriel de mérite et d'expérience, me conseilla d'attendre encore, afin de profiter des enseignements que devait nous donner ce magnifique concours des industries du monde. L'étude mûrie de cette question, l'ardent désir d'être utile à mon pays et les chaleureux appui de notre chambre de Commerce fixèrent, le 17 octobre 1867, ma détermination d'une façon inébranlable : bien résolu, cette fois à marcher seul si mon exemple ne devait pas être suivi. Dans ce but et à la même date, j'adressai à S. E. M. le Ministre du commerce une demande sollicitant l'entrée en franchise, de Suisse en France, de vingt machines à broder. Mais ma demande ne fut admise que pour une seule machine, faveur dont je ne profitai même pas, les formalités à remplir dépassant les frais à payer. M'étant rendu à Saint-Gall, centre de l'industrie des machines à broder, en Suisse, j'y passai tout le temps nécessaire pour en étudier l'application et les différents systèmes. J'y commandai quatre machines représentant deux systèmes différents ; et c'est ainsi, Monsieur le Préfet, que fut fondé l'établissement que vous avez bien voulu honorer de votre visite le 11 septembre. Ma première machine a fonctionné le 2 janvier 1868 ; les trois autres ont immédiatement suivi. Désormais, certain de la marche régulière de mes machines, j'en augmente successivement le nombre et j'ai tout lieu de croire que mon établissement actuel ne suffira pas longtemps à l'extension sur laquelle je compte. L'isolement dans l'industrie est une mauvaise condition, même au point de vue personnel. Mû par cette pensée et appuyé sur l'expérience acquise, j'ai pu vaincre enfin la résistance de mes confrères et j'ai la satisfaction d'avoir déterminé un mouvement utile puisqu'il m'est permis de considérer comme le fruit de ma persistance la récente installation de six ateliers de Broderie Mécanique fonctionnant aujourd'hui à Saint-Quentin. En raison de ce développement même une sérieuse difficulté est survenue : c'est la pénurie d'ouvriers brodeurs. Les bons ouvriers suisses, recherchés dans leur pays, ne s'éloignent que très difficilement et à des conditions onéreuses, acceptables seulement pour un début ; or, ceux qu'on obtient ainsi sont quelques fois médiocres et souvent sans conduite ; ce qui aggrave la situation par tous les faux frais qu'elle entraîne. Pour obvier ces inconvénients qui faisaient réfléchir et reculer ceux que mon exemple avaient ébranlés, je songeais à l'établissement d'une Ecole de brodeurs pour former les ouvriers de la localité et nous affranchir du joug étranger quand, par votre heureuse initiative, vous avez, M. le Préfet, mis le pays dans une excellent voie en engageant à former une Société Industrielle, à l'instar de cités florissante [sic] telles que Mulhouse, Reims, Amiens, etc. Cette inspiration, accueillie comme elle le méritait, ne tarda pas à se réaliser grâce à un faisceau d'efforts sérieux et bien dirigés. Notre naissante industrie eut bien quelque peine à prendre place parmi ses aînées ; mais ce résultat pu être obtenu et j'eus la satisfaction de déterminer la création d'un comité spécial de Broderie et Lingerie. Puis à l'aide d'une machine que j'ai offerte à la Société, avec celle que j'ai pu obtenir du constructeur, dans le même but, nous avons fondé dans ce local de la Société Industrielle une Ecole pratique de Brodeurs ouverte le 20 juin de cette année. Permanente et gratuite, cette Ecole, dirigée par un ouvrier habile venu de Saint-Gall, forme des élèves nombreux et assidus etc.

    Un autre auteur, Jean Macaigne (L'industrie de la broderie mécanique à Saint-Quentin et dans les environs, p. 15) retrace l'historique de la broderie mécanique saint-quentinoise en 1908 :

    La broderie à la main à Saint-Quentin est en pleine décadence à la fin des années 1850, concurrencée par la broderie mécanique Suisse (métiers à bras à pantographe). La fermeture du marché américain durant la guerre de Sécession pousse les producteurs suisses de Saint-Gall à chercher alors de nouveaux débouchés étrangers, dont le marché français. La production saint-quentinoise se replie alors sur les articles fins que les machines ne peuvent encore concurrencer ; mais le traité de libre-échange de 1866 porte à nouveau un rude coup à la broderie saint-quentinoise. Les projets d´Hector Basquin, remontant à 1858, sont ajournés jusqu´en 1867, suite à l´exposition universelle de 1867. Macaigne note qu'à la mort d'Hector Basquin en 1877, la plupart des ouvriers brodeurs suisses sont repartis.

    A la lumière d'autres sources (Bulletins de la Société Industrielle, patentes, annuaires, etc), il semble qu'effectivement Hector Basquin soit à l'origine de l'introduction de la broderie mécanique, et non Julien Daltroff. Hector Basquin apparaît dans les annuaires de Saint-Quentin dès 1857, tandis que Julien Daltroff est absent de ces mêmes annuaires jusqu'en 1869 (pour la période 1870-1879, la bibliothèque municipale de Saint-Quentin, lieu de conservation principal de conservation de ces documents, ne possède aucun annuaire).

    La "Maison Daltroff" aurait été fondée en 1865 (AD Aisne. Série R : 15 R 1081. Dommages de Guerres. Dossier n° 4566 - Julien Daltroff & Cie), sans doute sous la forme d'une maison de négoce à Paris, mais l'usine d'Harly n'est construite qu'entre 1875 et 1877. En 1904, la société Veuve Julien Daltroff et Cie, fondée après le décès de Julien Daltroff, par sa veuve Elisa Bernet et son fils Albert Jacob Daltroff, se compose :

    des ateliers de broderie mécanique d'Harly,

    des ateliers de blanchisserie, d'apprêt et de tissage à Ribemont, dans l'Aisne (acquis en 1895),

    des ateliers de broderie mécanique à Abtwyl, Berg et Gossau en Suisse,

    des ateliers de broderie mécanique à Lustenau en Autriche,

    une maison de négoce à Paris, rue de Cléry,

    des maisons de vente à Londres, Vienne et Saint-Gall.

  • Equipements de l'usine Daltroff en 1914

    Expertise de 1920, rectifiée en 1922.

    Energie :

    - Générateur semi-tubulaire - Meunier & Cie (Fives-Lille) - 1886.

    - Générateur semi-tubulaire - Meunier & Cie (Fives-Lille) - 1897.

    [ces chaudières sont restaurée et remise en marche en 1920]

    - Machine à vapeur verticale (pour la teinturerie) - Haubault (Chemnitz) - 6 HP.

    - Machine à vapeur à condensation - Sulzer (Winterthur) - 120 HP - 1892.

    - Dynamo courant continu - 200 A, 120 V.

    - Dynamo courant continu - 250 A, 120 V.

    - 600 lampes à incandescence (de 16 à 50 bougies) dans les ateliers.

    - 200 lampes à incandescence (de 16 à 200 bougies) dans les bureaux et habitations.

    Métiers à broder à bras :

    - 2 machines doubles 4/4 - Martini (avec appareils à festonner, percer et poinçonner Saurer) - 1885.

    - 18 machines 12/4 - Martini (avec appareils à festonner, percer et poinçonner Saurer) - 1885.

    - 10 machines doubles 6/4 et 12/4 - Martini (avec appareils à festonner, percer et poinçonner Saurer) - 1885.

    - 4 machines doubles 4/4 et 8/4 - Martini (avec appareils à festonner, percer et poinçonner Saurer) - 1885

    Métiers à broder à fil continu :

    - 6 machines 4/4 - Diétrich - 1900.

    - 1 machine 6/4 double - Kappel.

    - 2 machines 12/4 doubles - Martini - 1890.

    - 2 machines 18/4 doubles - Martini - 1890.

    - 1 machine 4/4 double "ancienne" - Kappel - 1891.

    - 4 machines 4/4 doubles "nouvelles" - Kappel - 1895.

    - 9 machines 4/4 - 6,10 m - Saurer - 1910.

    - 6 machines 4/4 - 6,10 m - Saurer - 1912 et 1913.

    - 3 machines 6/4 - 6,10 m - Saurer - 1903.

    - 2 machines 6/4 doubles - Saurer - 1892.

    - 1 machine 4/4 - 9,20 m - Saurer - 1910.

    - 1 machine 4/4 - 6,20 m - Saurer - 1892.

    - 2 machines 6/4 - 6,20 m - Saurer - 1892.

    - 12 machines 4/4 - 6,20 m - Saurer - 1912.

    Les machines acquises en 1912-1913 n'étaient pas des machines neuves ; mais des machines d'occasion liquidées à cette époque par les Suisses pour être remplacées par des machines automatiques, les belles machines conduites par des cartons, genre Jacquard, que la maison Saurer venait alors de lancer pour remplacer les machines à pantographes.

    Ces dernières machines (à pantographes) devenues désavantageuses pour la fabrication de St-Gall, broderie sur blanc en grande série, restaient recommandables pour la fabrication de Saint-Quentin : fabrication de broderies nouveauté en petite quantité que le métier automatique ne pouvait pas au contraire produire dans de bonnes conditions.

    C'est dans ces circonstances que la maison Daltroff a pu acquérir d'occasion en Suisse en 1912-1913, 24 métiers à pantographe qu'elle n'a payés que 500 à 630 fr l'un.

    Divers :

    - 8 machines à faire les jours - Gégauff.

    - 2 machines à broder - Wleeder.

    - 2 machines à coudre les motifs - Singer.

    - 13 machines à broder Wleeder.

    - 8 machines à plis - Singer.

    - 5 machines à bobiner en bois - Martini.

    - 7 machines à bobiner en métal - Martini.

    - 2 machines à enfiler - syst. Levy - 1910.

    - 1 appareil à festonner 4/4 en réserve.

    Retorderie :

    - 1 doubleuse assembleuse - 140 bobines - Stubbs - 1899.

    - 9 continus à retordre - 300 broches - Howard & Bullough Ltd - 1900.

    - 1 continu à retordre - 300 broches - Howard & Bullough Ltd - 1908.

    - 1 dévidoir - 40 broches - Stubbs - 1900.

    - 1 cannetière - 100 broches - Stubbs - 1900.

    - 1 bobinoir - Stubbs - 1900.

    - 1 dévidoir- Stubbs.

    - 1 machine à gazer - 100 becs - Arundel & Cie.

    Extrait de : AD Aisne. Série R : 15 R 1081. Dommages de Guerre. Dossier n° 4566 - Julien Daltroff & Cie. Etat estimatif du matériel détruit ou enlevé par l'ennemi.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Saint-Quentin. Série F ; 3 F 4. Statistiques.

    Année 1878
  • AC Saint-Quentin. Série F ; 3 F 5. Statistiques.

    Année 1874
  • AD Aisne. Série Mi ; 1 Mi 127. Situation industrielle (1869-1886). [Rapport sur la situation industrielle de l'Aisne - 1er trimestre 1875 : annonce de la construction d'une grande usine de broderie mécanique à Harly].

  • AD Aisne. Série P ; 4 P 371 - Matrices cadastrales d'Harly.

    Cases 13 à 21 - Veuve Julien Daltroff
  • AD Aisne. Série R ; 15 R 1081. Dommages de guerre. Dossier n° 4566 - Julien Daltroff et Cie.

  • AD Aisne. Série U ; 255 U 176. Justice de Paix de Saint-Quentin - Actes de sociétés - Constitutions - Statuts - Dissolutions.

    19-02-1920 - Vve Daltroff et Cie - Modification de statuts
  • AD Aisne. Série U ; 255 U 185. Justice de Paix de Saint-Quentin - Actes de sociétés - Constitutions - Statuts - Dissolutions.

    08-06-1925 - Vve Daltroff et Cie - Modification des statuts
  • AD Aisne. Série U ; 289 U 131. Tribunal de Commerce de Saint-Quentin - Dépôt des actes de sociétés - Registres d'enregistrement.

    1920 - Vve Daltroff et Cie - Modification de statuts
  • AD Aisne. Série U ; 289 U 135. Tribunal de Commerce de Saint-Quentin - Dépôt des actes de sociétés - Registres d'enregistrement.

    1925 - Vve Daltroff et Cie - Modification des statuts
  • AD Aisne. 9409. Industrie - Etudes du Comité d'Etudes et de Liaison Interprofessionnel du Département de l'Aisne - Recensement des industries pour 1960, 1964, 1966 et 1868.

  • AD Aisne. 9411. Industrie .

    Liste des établissements classés recensés au 1er janvier 1965
  • BM Saint-Quentin. Fonds local. Annuaires et almanachs.

    années 1880 à 1931
Documents figurés
  • Maison Julien Daltroff. Papier à en-tête, 22-07-1922 (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • N° 8 - Manufacture de broderies mécaniques Vve Julien Daltroff - Atelier de Harly (Aisne) - Plan d'ensemble de l'usine. Plan, tirage, 1 : 200, 114 x 75 cm, n.d (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • N° 7 - Atelier de broderie - Coupe n° 1 : Salle de broderies mécaniques. Plan, tirage, 1 : 100, 50 x 38 cm, n.d (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • N° 6 - Cantine - Habitation du directeur. Plan, tirage, 1 : 100, 50 x 38 cm, n.d (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • Plan d'ensemble de la manufacture de broderie mécanique Vve J. Daltroff & Cie à Saint-Quentin (Aisne) - [Etat des reconstructions]. Plan, tirage, 1 : 50, 100 x 48 cm, 15-02-1922, par Pasquet Albert (architecte). (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [L'usine Daltroff vue depuis la rue de Guise]. Photograph. pos., n. et b., 22,5 x 14,5 cm, [avant 1914] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [L'usine vue depuis le logement patronal]. Photograph. pos., n. et b., 22,5 x 14,5 cm, [vers 1895] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [L'usine Daltroff vue depuis la rue de Guise]. Photograph. pos., n. et b., 22,5 x 14,5 cm, [vers 1895] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Façade antérieure de l'usine et logement patronal]. Photograph. pos., n. et b., 15 x 22,5 cm, [avant 1914] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Les ateliers de broderie mécanique]. Photograph. pos., n. et b., 22,5 x 14,5 cm, [avant 1914] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Installation d'un arbre de transmission : de gauche à droite, les chaufferies, la salle des machines (à droite du porche), les ateliers]. Photograph. pos., n. et b., 11,5 x 17 cm, [avant 1914] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Cour et façade antérieure de l'usine]. Photograph. pos., n. et b., 11,5 x 17 cm, [avant 1914] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Les ateliers de broderie mécanique]. Photograph. pos., n. et b., 11,5 x 17 cm, [avant 1914] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Les ateliers de broderie mécanique]. Photograph. pos., n. et b., 11,5 x 17 cm, [avant 1914] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Les ateliers de broderie mécanique]. Photograph. pos., n. et b., 11,5 x 17 cm, [avant 1914] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Les ateliers de broderie mécanique]. Photograph. pos., n. et b., 11,5 x 17 cm, [avant 1914] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Façade postérieure des bureaux en ruine]. Photograph. pos., n. et b., 16 x 11,5 cm, [1918-1919] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Façade antérieure de l'usine et des bureaux]. Photograph. pos., n. et b., 16 x 11,5 cm, [1918-1919] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Les logements de contremaître]. Photograph. pos., n. et b., 16 x 11,5 cm, [1918-1919] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Les ateliers en ruine]. Photograph. pos., n. et b., 16 x 11,5 cm, [1918-1919] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Façade postérieure de la cantine]. Photograph. pos., n. et b., 16 x 11,5 cm, [1918-1919] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Les ruines de l'usine Daltroff vue depuis la rue de Guise]. Photograph. pos., n. et b., 16 x 11,5 cm, [1918-1919] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Les ateliers en ruine]. Photograph. pos., n. et b., 16 x 11,5 cm, [1918-1919] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Les ruines des bureaux et du logement patronal (au fond)]. Photograph. pos., n. et b., 16 x 11,5 cm, [1918-1919] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [Salle des machines (à droite) et chaufferies]. Photograph. pos., n. et b., 16 x 11,5 cm, [1918-1919] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • [L'usine de Lucy à Ribemont]. Photograph. pos., n. et b., 16 x 11,5 cm, [1918-1919] (AD Aisne. Série R ; 15 R 1081).

  • 68 - St-Quentin - Usine Daltroff - Pendant le goûter. Impr. photoméc (carte postale), n. et b., n.d (BM Saint-Quentin. Fonds local : cartes postales).

  • Vue générale des usines Daltroff. A droite : les établissements industriels ; au centre : le restaurant collectif ; à gauche : les nouvelles habitations ouvrières (Entreprise E.O.B.H.). Impr. photoméc., 23 x 8 cm, [1920-1921]. Le Monde Illustré - La reconstitution des régions dévastées : L'Aisne 1918-1922. Tome 6, 65ème année, 1922. p. 51.

  • Intérieur du grand atelier de broderie : cet atelier comprend 20 métiers automatiques à broder de 14,40 mètres de long ; ils sont réservés à la grande production. Impr. photoméc., 23 x 9,5 cm, [1920-1921]. Le Monde Illustré - La reconstitution des régions dévastées : L'Aisne 1918-1922.,Tome 6, 65ème année, 1922. p. 51.

  • Atelier de broderies et dentelles. Impr. photoméc., 5,5 x 7,5 cm, [1924]. L'Illustration Economique et Financière. L'Aisne, supplément au numéro du 01/11/1924, p. 39.

  • Atelier de manutention. Impr. photoméc., 5,5 x 7,5 cm, [1924]. L'Illustration Economique et Financière. L'Aisne, supplément au numéro du 01/11/1924, p. 39.

  • Les nouveautés, fantaisies et échantillons se font à l'aide de métiers à pantographes ; il ne s'agit là que d'une production moins imposante mais beaucoup plus délicate. Impr. photoméc., 11,5 x 10,5 cm, [1920-1921]. Le Monde Illustré - La reconstitution des régions dévastées : L'Aisne 1918-1922. Tome 6, 65ème année, 1922. p. 51.

  • [Vue aérienne]. Photogr. pos., n. et b., 18 x 13 cm, [vers 1960], par Lapie (AD Aisne ; 10 Fi Saint-Quentin 12).

Bibliographie
  • L'Aisne. L'Illustration Economique et Financière, supplément au numéro du 01/11/1924.

    p. 39
  • CELEDA. L´industrie du département de l´Aisne au 1er janvier 1977. Saint-Quentin, [1977].

  • CHAMBRE REGIONALE DE COMMERCE ET D'INDUSTRIE DE PICARDIE. Panorama des industries de Picardie : 1983. C.R.C.I., [1983].

  • CHAMBRE REGIONALE DE COMMERCE ET D'INDUSTRIE DE PICARDIE. Panorama des industries de Picardie : 1988. C.R.C.I., 1988.

  • IKLE, Ernest. La broderie mécanique : 1828-1930. Paris : chez l'auteur - A. Calavas, 1931.

    p. 193
  • MACAIGNE, Jean. L'industrie de la broderie mécanique à Saint-Quentin et dans les environs. Saint-Quentin : imp. Gén., 1908.

    p. 15
  • PLOUCHART, Eugène. Le département de l'Aisne à l'Exposition Universelle de Paris en 1900. Coll. Publications locales du Journal de Saint-Quentin - n° 10 - Journal de Saint-Quentin, 1901.

    Plouchart Eugène. Le département de l'Aisne à l'Exposition Universelle de Paris en 1900. Coll. Publications locales du p.149-150
  • Qui fabrique Quoi ? Répertoire des industriels et producteurs de l'Aisne. Saint-Quentin : CCI de l'Aisne, [1972].

  • La reconstitution des régions dévastées. Tome 6 : L'Aisne 1918-1922. Le monde Illustré, 65ème année, 1922 (Imprimerie E. Defossés, 1922).

    pp. 50-51
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) Communauté d'agglomération et ville de Saint-Quentin (c) Communauté d'agglomération et ville de Saint-Quentin - Pillet Frédéric - Dufournier Benoît
Benoît Dufournier

Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.


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