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Ancienne école primaire de garçons et mairie de Saint-Léger-lès-Domart, devenue mairie et poste, puis mairie, poste et dispensaire, actuellement mairie

Dossier IA80009661 inclus dans Le village de Saint-Léger-lès-Domart réalisé en 2008

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Genre de garçons
Parties constituantes non étudiées cour, jardin, logement
Dénominations école primaire, mairie, poste, dispensaire
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Domart-en-Ponthieu
Adresse Commune : Saint-Léger-lès-Domart
Adresse : 15 rue Anatole-Jovelet , ancienne rue de Bas
Cadastre : 2007 AC 165 à 167

L'ancienne école de garçons et mairie

Un petit bâtiment visible sur le cadastre napoléonien de 1832, en bordure de la rue Gosselin, correspond vraisemblablement à la première école de Saint-Léger, construite en 1823. Le recensement de 1851 indique que l'instituteur, Romain Jolibois, habite avec sa famille, rue de Bas.

Les sources conservées aux archives départementales (série T) indiquent que l'édifice à usage de mairie et d'école primaire a été construit, sur les plans de l'architecte Charles Demoulins de Doullens, de 1848. Les travaux sont adjugés au maçon Daullé et au menuisier Fuiret, de Domart, en 1850. En 1851, on décide d'agrandir les dimensions du bâtiment en les portant à 18 m au lieu des 16 prévus. Les travaux sont achevés en 1852. De 1856 (date de la fermeture de l'ancienne église) à 1860 (date de l'ouverture de la nouvelle église), la salle de classe est affectée au culte et la salle de mairie sert de salle de classe. En 1878, la capacité d'accueil de l'école est devenue insuffisante, en raison de l'accroissement de la population. En hiver, elle est alors fréquentée par plus de cent enfants, répartis dans la salle de classe et dans la cuisine de l'instituteur. Les plans réalisés par l'instituteur en 1878 montrent un édifice comprenant un bâtiment principal à usage d'école, de logement pour l'instituteur et de mairie, une cour postérieure, dans laquelle sont situés les latrines, la remise de la pompe à incendie et les dépendances du logement de l'instituteur (four et étable), et un jardin en fond de parcelle. Le bâtiment à étage carré et étage de comble est construit en briques et couvert d'ardoises. Il présente une élévation à sept travées en façade antérieure. Au nord, se trouvent la salle de classe d'environ 45 m2, au rez-de-chaussée, éclairée par six fenêtres, et la salle de mairie, à l'étage ; le logement de l'instituteur occupe la partie sud du bâtiment (salle, cabinet, cuisine et arrière-cuisine au rez-de-chaussée et trois chambres à l'étage).

Le recensement de population de 1872 mentionne un seul instituteur, Adolphe Morel, domicilié rue de Bas, celui de 1881 signale la présence de deux instituteurs rue de Bas, l'un, Elie, Désiré Boulenger, habitant le logement de l'école, avec sa famille, le second, Eugène Legris, pensionnaire chez le marchand faïencier Adolphe Morel, non loin de chez l'ancien instituteur de Saint-Léger, Firmin Carpentier.

Au début du 20e siècle, il est nécessaire d'agrandir l'école de garçons pour aménager des classes supplémentaires et une cour de récréation plus vaste. L'architecte Anatole Bienaimé propose un projet d'extension, dans lequel le bâtiment aurait été affecté aux logements pour les enseignants, en bordure d'une nouvelle cour dont le fond, gagné sur le jardin du presbytère, aurait accueilli un long bâtiment en rez-de-chaussée pour quatre classes. Ce projet, probablement jugé trop coûteux, est abandonné. A partir de 1900, la municipalité loue le château voisin, pour y transférer l'école de garçons, puis en fait l'acquisition, en 1904.

L'édifice est alors utilisé comme mairie et poste, comme le montre des cartes postales du début du 20e siècle (fig.).

La nouvelle mairie, poste et dispensaire

Comme la commune est située au centre d'une agglomération industrielle, dont la population est exposée à la tuberculose, au cancer et à la syphilis, le conseil municipal du 14 août 1927 décide la création d'un dispensaire.

Il est alors envisagé de construire un nouveau bâtiment à usage de mairie, de dispensaire et de bureau de poste, À l'emplacement de l'ancienne école, devenue mairie et poste.

Le choix se porte sur l'architecte Claude-Antonin Dory, architecte à Amiens, dont les plans sont adoptés lors du conseil municipal du 10 avril 1927. Les locaux sont inaugurés le 7 octobre 1928 (date portée sur le fronton), quelques mois après la salle des Fêtes, également construites sur les plans de l'architecte.

Si le bâtiment construit est conforme aux plans de l'architecte, sa destination évolue toutefois. Le dispensaire, qui devait occuper une grande salle au rez-de-chaussé, voire peut-être une seconde au premier étage, laisse finalement place aux services municipaux. Il est installé dans un petit bâtiment jouxtant le bâtiment principal à l'est, dont Dory donne également les plans ainsi que ceux de l'agrandissement de l'édifice en 1931 (devis de 20 juillet 1931, réception des travaux le 25 juin 1932).

Après la suppression du dispensaire, lié aux progrès de la médecine préventive, et le départ de la poste dans l'ancien presbytère, les services municipaux ont progressivement occupé l'ensemble de l'édifice.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , (détruit)
Principale : 2e quart 20e siècle
Dates 1848, daté par source
1928, daté par source, porte la date
Auteur(s) Auteur : Demoulins Charles, architecte, attribution par source
Auteur : Dory Claude Antoine, dit(e) dit Claude-Antonin,
Claude Antoine Dory , dit(e) dit Claude-Antonin (7 décembre 1882 - 1951)

Architecte, né à Mornant (Rhône). Architecte du département de la Somme en 1922, vice-président de la Commission d'aménagement des villes et villages du département de la Somme; directeur de l'École régionale des Beaux-arts d'Amiens [en 1927, honoraire en 1949].

1926 : architecte membre de la société centrale. Expert des tribunaux. 37 rue Robert-de-Luzarches. Amiens (AC. Poeuilly).

1929 : chevalier de la Légion d'honneur.

1941-1942 : Prisonnier au Stalag : DORY Antoine (57771), Stalag IA. E.D.B.A. Alel. Recoura. (Architecture française, 1941 et 1942). 1941. Concours prisonniers en Allemagne.

Voir le site http://www.purl.org/inha/agorha/002/76493.


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architecte, attribution par source
Auteur : Daullé,
Daullé

Maçon à Domart en 1851 (Saint-Léger-lès-Domart).


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maçon, attribution par source

Le bâtiment s'élève à l'extrémité de la place principale, en bordure de la rue Principale. Il est construit en brique jaune sur un solin de pierre à bossages. L'élévation à travées sur deux niveaux n'est pas symétrique. Les baies sont couvertes d'un arc polygonal à trois pans. Trois portes en façade y donnent accès en façade antérieure, une porte en façade latérale.

La travée centrale est surmontée d'un fronton triangulaire en pierre, sur lequel est représenté un décor en relief (palmes et laurier) ; le monogramme RF et le date 1928. Au-dessus, un faisceau coiffé d'un casque. L'angle sud-ouest est agrémenté d'une tourelle en surplomb avec culot de pierre. Le toit d'ardoise est à longs pans et croupes.

Murs brique
Toit ardoise
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à longs pans croupe
toit conique
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Typologies école, mairie et logement sous un même toit
Techniques sculpture

Elevé à l'emplacement de l'ancienne école de garçons et mairie, la nouvelle mairie et poste de Saint-Léger est construite sur les plans de l'architecte amiénois Claude-Antonin Dory, auquel la municipalité fait appel pour construire une salle des fêtes, également inaugurée en 1928. L'ouverture d'un dispensaire, qui complète l'ensemble, suit de près celle du dispensaire de Saint-Ouen, construit à l'initiative de Madame de Berny.

L'édifice se signale par un style Art Déco, le choix des matériaux (la brique claire) et un décor caractéristiques de l'entre-deux-guerres mais dont le parti pittoresque est tout à fait inhabituel dans l'architecture publique rurale.

Dans le val de Nièvre, les réalisations de Charles Desmoulins, auteur des plans de l'ancienne école de garçons construite en 1853, sont nombreuses : églises de Bettencourt-Saint-Ouen et de Saint-Léger-lès-Domart, église et école de garçons de Saint-Ouen, presbytère de Canaples.

Statut de la propriété propriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série O ; 99 O 3387. Saint-Léger-les-Domart, administration communale, 1870-1939.

Documents figurés
  • Commune de Saint-Léger-lès-Domart. Plan de la maison d'école de garçons, dessin à l'encre et à l'aquarelle sur papier, 4 août 1878 (AD Somme ; 99 T 3807/708).

  • Saint-Léger-lès-Domart. Projets pour la mairie, le dispensaire et le bureau de poste. Plans-tirages au bleu signés par Claude-Antonin Dory, avril 1927 (AD Somme ; 99 O 3387).

  • Saint-Léger. La mairie et le bureau de poste, carte postale, vers 1910 (coll. part.).

  • Saint-Léger-lès-Domart. La place. Carte postale, début du 20e siècle (coll. part.).

  • Saint-Léger-lès-Domart. La mairie, carte postale, vers 1930 (coll. part.).

  • Saint-Léger-lès-Domart (Somme). Hôtel de ville et poste, carte postale, vers 1930 (coll. part.).

Bibliographie
  • INVENTAIRE GENERAL DU PATRIMOINE CULTUREL. Région PICARDIE. Le Val de Nièvre, un territoire à l'épreuve de l'industrie. Réd. Frédéric Fournis, Bertrand Fournier, et al. ; photogr. Marie-Laure Monnehay-Vulliet, Thierry Lefébure. Lyon : Lieux Dits, 2013. (Images du patrimoine ; 278).

    p. 92

Liens web

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Fournier Bertrand - Fournis Frédéric - Barbedor Isabelle
Isabelle Barbedor

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


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