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Ancienne fabrique Postel-Dubois, puis Châtel-Postel, puis Delaux-Châtel

Dossier IA80010690 inclus dans La ville de Villers-Bretonneux réalisé en 2016

Fiche

Parties constituantes non étudiéeslogement, cour
Dénominationsusine de bonneterie
Aire d'étude et cantonCommunauté de communes du Val de Somme - Corbie
AdresseCommune : Villers-Bretonneux
Adresse : 7 rue
de Péronne
Cadastre : 1828 A 197 à 201 ; 2016 A 225, 226, 413, 446, 501

L'ancienne fabrique Postel-Dubois est fondée par François Postel-Dubois, marchand et fabricant de bas, puis cultivateur et fabricant de bonneterie (recensements de 1846 et 1851). Elle est ensuite dirigée par son gendre Léon Châtel-Postel (1863 et 1881), qui fait construire une filature et un magasin achevés en 1866 et une nouvelle demeure sur un terrain attenant, ainsi que des logements et un magasin, au sud de la route, imposés en 1881 et salle de gymnastique. La filature est équipée d'une chaudière à vapeur Vaillet-Lescure déclarée en 1869 par Chatel-Postel (AD ; M 96852), reprise en 1897 par Delaux-Châtel. L'activité de l'usine Delaux-Châtel, dirigée par Edmond Delaux-Châtel et son fils Robert, est attestée dans les annuaires jusqu'au milieu du 20e siècle. Les anciens établissements Delaux-Châtel deviennent les Tricotages de la Somme en 1927.

La représentation schématique de la fabrique sur l'entête de papier à lettre du début du 20e siècle montre la disposition des principaux bâtiments : ateliers en fond de cour et la salle des machines, au milieu de la cour.

Une carte postale du début du 20e siècle montre les bâtiments sur rue de la fabrique : un pavillon à 4 travées, un bâtiment en pan de bois à 6 travées à étage carré mais moins haut que les bâtiments en briques, un bâtiment en briques à 6 travées avec un passage cocher latéral flanqué de deux petites portes, enfin une maison en briques à 3 travées surmontée d'un fronton.

Une vue des années 1920 montre les bâtiments reconstruits sur rue et la création d'une composition de deux pavillons surmontés d'un fronton triangulaire. Le passage cocher est toujours flanqué des deux petites portes. Les ateliers en fond de cour, surmontés d'un lanternon, est partiellement visible sur cette image.

Le descriptif des dommages de guerre donne la composition de la propriété à la veille de la Première Guerre mondiale.

"Usine proprement dite : la partie en façade comprend logement de directeur, logement de contremaître, bâtiment d’entrée et magasin, et, disposés autour de la cour intérieure : atelier de préparation et de fabrication, magasins de matières premières et fabriquée, salle des machines et hangar.

Bâtiments annexes, de l’autre côté de la route, à l’angle de la rue de Montdidier, comportant grande cour avec entrée charretière, logement de concierge, écuries, remises, petites étables, basse-cour et bâtiment à colonnes, à plusieurs nefs, à usage de magasin ; un terrain clôturé contigu à usage ultérieur de construction.

Chalet démontable dans la partie formant parc. A l’est, pâture. Dans l’angle de la pâture, bâtiment à usage de magasin, étable et grange

Logements ouvriers : 38 Grande-Rue : deux maisons construites sur le même terrain, une sur rue, l’autre à l’arrière."

Les matrices cadastrales signalent la construction de huit logements ouvriers en 1921 rue de Montdidier et rue de Péronne, deux en 1923 et huit en 1930.

Les bâtiments industriels en fond de cour ont été détruit au début du 21e siècle.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle

L'édifice occupe une vaste parcelle desservie par la route de Péronne, à proximité du carrefour avec les routes de Corbie et de Montdidier. Il est aujourd'hui composé d'un alignement sur la rue et d'une vaste cour et espace libre à l'arrière.

Le bâtiment principal, aligné sur rue, est formé d'un alignement de constructions mitoyennes unifiées par la présence de frontons triangulaires surmontant les deux plus étroits (bandeaux et clefs plates). Le tout est construit en briques et couvert d'ardoises.

L'alignement est composé d'un bâtiment à 10 travées avec passage cocher traversant décentré et petite porte piétonne. (rez-de-chaussée transformé à l'est du passage cocher). Porte latérale à l'ouest. Reprise des modénatures des baies. Bandeau plat surmontant les baies.

A l'est de ce bâtiment, une maison en briques à trois travées et porte latérale, surmontée d'un fronton triangulaire à oculus. Traces de reprises de maçonnerie (plusieurs couleurs de briques).

A l'ouest, une construction en briques à 3 travées, également surmontée d'un fronton triangulaire à oculus. Ces deux "pavillons" présentent des bandeaux plats et des couleurs de briques différentes pour les frontons.

Enfin, à l'extrémité ouest, un bâtiment en briques à quatre travées en façade sur rue, sans accès depuis la rue. Bandeaux et modénature des encadrements de baies en léger relief.

A l'est se situe une demeure patronale qui comprend un logis, des communs et un vaste parc. La cour antérieure est flanquée de deux pavillons en briques en rez-de-chaussée et fermée d'une grille surmontant un mur bahut. Un portail et une porte piétonne y donnent accès depuis la rue. Le portail est marqué au monogramme CP.

Mursbrique
Toitardoise

La filature de Léon Chatel-Postel fait partie des usines construites à Villers-Bretonneux, dans les années 1860. La reconstruction après la première guerre mondiale est l'occasion pour Edmond Châtel-Delaux, d'homogénéiser les bâtiments sur la rue. Le logis est reconstruit à l'identique.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Edmond Delaux-Câtel, créateur du "chandail

    La réponse d'Edmond Delaux-Châtel à une question sur l'origine du mot "chandail" est publiée dans le Progrès de la Somme du 2 avril 1915, p. 2.

    "Villers-Bretonneux, le 21 mars 1914. Je me hâte de répondre à votre honorée d’hier et suis très heureux de vous renseigner sur l’étymologie du mot <« chandail » qui, entre parenthèses, n’a rien d’esthétique. Le "chandail" pour messieurs, dames et enfants a été créé par moi, il y a vingt et un ans, et mon échantillon déposé au secrétariat du Conseil de Prud’hommes à Amiens, le 5 mai 1891. Sur le seul et premier métier paru, que j’avais déjà depuis 1880, susceptible de fabriquer ce genre, je faisais pour un de mes clients de Paris, M. Pringault, rue des Bourdonnais, quelques douzaines d’un article souple, à côte 2 et 2, destiné aux forts de la halle, marchands d’ail, etc. Et, en bon Parisien, le père Pringault en était arrivé, par abréviation, à me demander son "genre" pour ses "chands d’ail". De là me vint l'idée d’appeler ma création "chandails", terme qui vient de "marchand d’ail", comme je l’ai souvent dit, bien que beaucoup l’ignorent encore. La chose remonte donc à trente-quatre ans, mais le mot "chandail" n’a paru sur les factures et catalogues que depuis 1894. Aujourd’hui, tous les fabricants de bonneterie de France, et même de l’étranger, font du "chandail". Cet article a pris rapidement une grande extension. L'armée l'a adopté, et j’en fournis pour les troupes du Maroc et autres…"

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série M ; M 96852. Déclarations et autorisations d'appareils à vapeur.

    1897. Delaux-Chatel signale que la chaudière à vapeur déclarée en 1869 par Châtel-Postel est alors à son nom.
  • AD Somme. Série P. 3P799/6. Villers-Bretonneux. Matrices des propriétés 1830-1890.

  • AD Somme. Série R ; 10 R 1276. Dommages de guerre de l’usine de bonneterie Delaux-Châtel (1920-1928).

  • Le Progrès de la Somme.

    2 avril 1915, p. 2.
  • Bulletin des annonces légales obligatoires à la charge des sociétés financières.

    14 novembre 1927, p. 3.
Documents figurés
  • Vue cavalière de l'usine, détail de l'en-tête de lettre commerciale, avant 1914 (AD Somme ; 10 R 1276).

  • En tête de lettre commerciale de la société Delaux-Châtel, 1919 (AD Somme 10 R 1276).

  • M. Delaux-Châtel industriel à Villers-Bretonneux. Plan général, 1919, Bouff architecte (AD Somme ; 10R1250).

  • Propriété de M. Delaux-Châtel à Villers-Bretonneux. Plan du rez-de-chaussée, [1919] (AD Somme ; 10R1250).

  • Propriété de M. Delaux-Châtel à Villers-Bretonneux. Plan du premier étage, [1919] (AD Somme ; 10R1250).

  • Propriété de M. Delaux-Châtel à Villers-Bretonneux. Plan et coupe de la maison non reconstruite, [1919] (AD Somme ; 10R1250).

  • Pignon est des grands ateliers de bonneterie, tirage photographique noir et blanc, 1920 (AD Somme ; 10 R 1276).

  • Intérieur du grand atelier de fabrication, tirage photographique noir et blanc, 1920 (AD Somme ; 10 R 1276).

  • Vue générale vers l'ouest des bâtiments de l'usine donnant sur la cour, [Bâtiment en retour à l'ouest / salle des machines / Bâtiment à la suite /habitation du directeur] tirage photographique noir et blanc, 1920 (AD Somme ; 10 R 1276).

  • Le grand atelier de fabrication et le bâtiment en retour à l'ouest, vue d'ensemble sur cour, tirage photographique noir et blanc, 1920 (AD Somme ; 10 R 1276).

  • État des destructions de l'habitation et de la conciergerie, vue vers l'ouest [Habitation / cheminée à vapeur / Ateliers face ouest /Conciergerie], tirage photographique noir et blanc, 1920 (AD Somme ; 10 R 1276).

  • l'habitation en ruine, tirage photographique noir et blanc, 1920 (AD Somme ; 10 R 1276).

  • Villers-Bretonneux. Plan cadastral. Section A, dite du Nord, feuille A2, 1933 (AD Somme 73W_CP_496_3).

  • Villers-Bretonneux. Plan cadastral. Section B, 2e feuille, 1933 (AD Somme ; 73W_CP_496-4).

  • [Villers-Bretonneux. La fabrique Delaux-Châtel. Vue aérienne], carte postale, milieu 20e siècle (coll. part. Drillancourt).

Bibliographie
  • HAREUX, Jean-Michel. Villers-Bretonneux. Société d'Etudes et de recherches Historiques et Archéologiques de Montdidier et sa région. Amiens, 2007.

    tome 2, p. 92-127.
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


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- Fournier Bertrand