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Ancienne ferme du sanatorium de Zuydcoote, dite ferme Nord.

Dossier IA59005539 réalisé en 2021

Fiche

  • Vue d'ensemble de la ferme depuis le sud-est.
    Vue d'ensemble de la ferme depuis le sud-est.
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  • hôpital marin et colonie de vacances dit sanatorium de Zuydcoote ou sanatorium maritime Vancauwenberghe, puis hôpital maritime Vancauwenberghe
    • Parties constituantes

      • écurie
      • étable à vaches
      • bergerie
      • porcherie
      • logement
      • abattoir
      • poulailler
Appellationsdite ferme du Nord
Parties constituantes non étudiéesécurie, étable à vaches, bergerie, porcherie, logement, abattoir, poulailler
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonCommunauté urbaine de Dunkerque
AdresseCommune : Zuydcoote
Lieu-dit : Adresse : chemin
privé
Cadastre : 2021 AA 49

La ferme Nord du sanatorium de Zuydcoote constitue, par sa taille et son organisation spatiale et fonctionnelle, un ensemble exceptionnel de ferme industrielle antérieure à la Première Guerre mondiale. Conçue dans un style régionaliste flamand, elle est, avec la ferme Sud (détruite) et la ferme Bouvery, l'une des trois fermes du sanatorium de la ville. Chacune d'elle avait sa spécialité : la ferme Sud était consacrée à la production céréalière, la ferme Bouvery à la production maraichère et la ferme Nord à l'élevage. Ensemble, elles assuraient les ressources alimentaires des 1 400 enfants du sanatorium.

Construit en 1910 par l'architecte Alexandre Maistrasse (1860-1951), qui réalise en même temps le sanatorium de la ville impulsé par Georges Vancauwenberghe, à l'époque maire de Saint-Pol-sur-Mer, l'édifice est inauguré le 25 juillet 1910. Il comprenait à la fois des bâtiments destinés à l'élevage : écurie, étables, porcherie, bergerie, poulailler, laiterie, ainsi que des logements pour le chef l'élevage et pour le personnel, y compris saisonnier, pour qui des dortoirs étaient aménagés sous les combles au-dessus des écuries.

Durant la Première Guerre mondiale, le site est utilisé par l'État-Major de l'armée anglaise. Par la suite, durant la Seconde Guerre mondiale, afin de venir en appui de la clinique de Dunkerque qui est forcée d'évacuer, plusieurs bâtiments de la ferme servent d'infirmerie. Le site ne retrouve son activité initiale que plusieurs années après la fin du conflit, notamment grâce à la famille Fossaert qui l'exploite jusqu'en janvier 1966. Elle en assurera encore la gestion jusqu'en 1975, suite à l'acquisition en 1971 des bâtiments par le Département du Nord. Dès lors, l'activité agricole disparaît au profit d'une activité de loisirs qui s'y développe à partir de 1977. Jusqu'en 1985, la ferme accueille une base de loisirs et de nature encadrée par l'association Études et Chantiers. Après cette date, elle est désaffectée. L'ensemble fait l'objet de plusieurs projets de reconversions immobilières demeurés sans suite. La ferme Nord est alors acquise par la Communauté Urbaine de Dunkerque qui souhaite y développer à horizon 2023 un pôle touristique, patrimonial et environnemental dans le cadre de l'obtention du label Grand site naturel de France.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1910, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : Maistrasse Alexandre
Maistrasse Alexandre (1860 - 1951)

Architecte français, né le 11 décembre 1860 à Paris et mort le 17 novembre 1951 à Suresnes. Elève de Julien Guadet, il est notamment l'auteur de la cité-jardin de Suresnes ainsi que de l'église Saint-Julien de Domfront (Orne). Son engagement auprès de la ville de Paris et du département de la Seine lui vaudra d'être nommé Chevalier de la Légion d'Honneur en 1923, puis Officier en 1936.


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La ferme Nord est implantée sur les franges de la Dune Dewulf de Zuydcoote. Elle est organisée autour d'un quadrilatère irrégulier de 170 mètres de longueur sur 100 mètres de largeur qui délimite une cour pavée sur une moitié est et se prolonge à l'ouest de pâturages. Tous les bâtiments qui composent ce vaste ensemble agricole sont construits en brique rouges et brique silico-calcaire donnant l'apparence d'un appareil mixte alterné de brique et pierre. Ils sont couverts de toitures en tuile flamande mécanique. Entre ces bâtiments, un mur de clôture en brique délimite la propriété.

L'accès à la ferme s'effectue uniquement à l'est par un chemin relié à la voie qui mène directement au sanatorium voisin. La large entrée est cantonnée de part et d'autres de bâtiments destinés à droite au logement du chef d'élevage et à gauche à un important magasin à fourrage doté d'ailes courtes en retour qui logent une écurie dans chacune d'elle. La façade sur cour de ce premier bâtiment est marquée par une succession de trois larges entrées charretières à linteau cintré qui permettaient de faire entrer les charettes de fourrage à décharger. Ce bâtiment, doté d'un étage de comble à surcroît, est éclairé de lucarnes passantes situées dans l'axe de chaque entrée. La toiture est à longs pans, à fermes débordantes et pignons découverts avec croupes à pans inclinés inversés en facade pour les deux ailes en retour.

Perpendiculairement, au sud, se développent plusieurs espaces à vocation technique, ainsi que des étables et une remise à matériel agricole, regroupés sous un vaste corps de bâtiment. Comme pour le bâtiment précédent, la façade sur cour est ouverte par trois grandes arcades surmontées de deux baies rectangulaires et d'une lucarne passante dans l'axe de l'arcade centrale. La façade extérieure sud est quant à elle rythmée de sept ouvertures et de baies jumelées pour marquer les retours. Les combles sont éclairés de cinq lucarnes passantes à couronnement droit et sont abrités d'un toit à longs pans à égouts retroussés et croupe de façade sur les retours.

À l'ouest, trois bâtiments parallèles se succèdent, séparés par autant de cours délimitées par un parapet bas en brique. Suivant les époques, ces bâtiments ont servi de bergerie ou de porcherie d'élevage ; les bêtes passant d'un bâtiment à l'autre suivant leur âge et leur taille jusqu'à l'abattoir qui constituait le bout de la chaîne d'élevage. L'accès s'effectuait par les portes aménagées dans les pignons sur cour de chaque bâtiment. À l'intérieur, un couloir central desservait les boxes dotés de mangeoires. Ces boxes sont construits en structure de charpente en bois et panneaux de béton enduits de lait de chaux. Ils ont cependant été démontés dans deux des bâtiments. Le couvrement du rez-de-chaussée est composé de voûtains en béton brut armé, au-dessus duquel se trouvaient des combles servant de grenier à fourrage. Tous ces bâtiments sont éclairés de baies jumelles verticales percées sur les façades longitudinales. Au-dessus sont aménagées d'autres baies à linteau cintré, plus courtes, destinées tantôt à à l'aération, tantôt à l'alimentation en fourrage depuis l'extérieur. Les pignons sont également percés de baies en plein cintre au niveau des combles. L'abattoir se distingue par une partie de sa toiture augmentée d'un évent de toit et à l'intérieur de murs carrelés pour les zones d'abattage à l'intérieur.

À l'opposé, un long bâtiment occupe le côté nord de la ferme d'élevage. Il abrite l'étable à vaches. Il se compose d'un corps de bâtiment avec étage de combles régulièrement ouvert de lucarnes passantes à fronton à pas-de-moineaux. Comme ailleurs, ces lucarnes permettaient de monter le fourrage directement dans les combles au dessus des étables. Les travées centrales sont animées d'une partie formant un avant-corps de 6 mètres de saillie qui répond à l'ouest à la laiterie et au magasin desservi par voie ferrée. Celle-ci pénètre directement dans le bâtiment par un large porche central qui marque l'axe d'une élévation ordonnancée. L'ensemble est doté d'un plafond en béton armé avec poutre IPN en renfort. Le toit à longs pans et croupes brisées inversées est porté par une charpente métallique apparente.

Enfin, à l'est, la maison du chef d'élevage est précédée d'une terrasse délimitée par un petit muret de brique, qui sépare l'espace domestique de l'espace agricole. Elle présente un plan centré avec double avant-corps central, à terminaison droite du côté est et polygonale du côté ouest. Bâti sur cave à voutains de brique, l'édifice présente une élévation avec rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de combles, desservis par un escalier dans œuvre, tournant rampe sur rampe à jour, logé sur un côté du vestibule. La charpente métallique apparente porte un toit à longs pans et pignons découverts à redents et croupe polygonale sur l'avant-corps occidental. À l'intérieur, la cave abrite une réserve d'eau ainsi qu'une resserre carrelée de carreaux rouge et beige sur la moitié de la hauteur des murs intérieurs.

Mursbrique appareil mixte
calcaire pierre de taille
fer pan de fer
béton béton armé
Toittuile flamande mécanique
Étages1 étage carré
Couvrementsdalle de béton, en béton armé
Élévations extérieuresélévation ordonnancée sans travées
Couverturestoit à longs pans pignon découvert
croupe polygonale
toit à longs pans inversés
pignon couvert
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
Typologiesnéo-flamand
État de conservationdésaffecté

Le service de l'Inventaire du patrimoine culturel de la Région Hauts-de-France a engagé l'étude de la Ferme Nord du sanatorium de Zuydcoote dans le cadre du projet de restauration et de reconversion du site appelé à devenir la maison du Grand site naturel de France des Dunes de Flandres au cœur d'un massif dunaire de plus de quinze kilomètres de long présentant une richesse environnementale exceptionnelle à préserver. Ce projet est porté par la Communauté urbaine de Dunkerque.

Statut de la propriétépropriété publique, Propriété de la Communauté Urbaine de Dunkerque.
Intérêt de l'œuvreà signaler
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Fournier Bertrand