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Ancienne filature de coton Maydieux, puis Cadot, filature de coton et bains publics Théry, tissage de coton Décaudin, entrepôt commercial et bains publics

Dossier IA02002876 inclus dans Les établissements industriels et commerciaux de la ville close et des boulevards réalisé en 2005

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination filature de coton
Appellations Maydieux-Baroux Pierre Aîné et Compagnie, Cadot, Théry, Théry Veuve et Théry A., Décaudin
Destinations immeuble
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication
Dénominations filature, entrepôt commercial, bains publics
Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
Adresse Commune : Saint-Quentin
Lieu-dit : Ville close
Adresse : 14 rue Renan , ancienne rue Neuve Saint-Prix , 18 rue Arthur-Gibert
Cadastre : 1821 D 2256 ; 2004 AK 92, 93

En 1821, Pierre Maydieux, associé aux négociants Jean Derche, Pierre Baroux et Jean-baptiste Cadot, implante sur ce site une filature de coton, exploitée sous la raison sociale Maydieux-Baroux Pierre Aîné et Cie. Elle est acquise en 1835 par Jean Emmanuel Cadot-Scales, puis en 1858 par Adolphe Théry, qui fait construire des bains publics à côté de ces ateliers, en 1861.

En 1875, après le décès d'Adolphe Théry, l'exploitation de la filature et des bains publics est reprise par sa veuve, sous la raison sociale Veuve Théry et A. Théry. En 1881, un an après la dissolution de la société, les ateliers sont partiellement détruits par un incendie.

Auguste Décaudin, fondateur de la maison de commerce Décaudin et Béguin en 1877, reprend et reconstruit les ateliers qu'il transforme en tissage de coton, actif jusqu'à la fin des années 1890. Les bains, exploités jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale, seront détruits pour permettre le prolongement de la rue Jumentier vers la rue Saint-Prix (actuelle rue Renan). Les anciens ateliers de la filature sont occupés au début des années 1900 par un commerce de graines fourragères, puis durant l'entre-deux-guerres par un entrepreneur de travaux publics. Ces ateliers sont aujourd'hui reconvertis en logements.

Cette filature est équipée d'une des premières machines à vapeur de type Trevithick construites à partir de 1819 par les ateliers Casalis et Cordier, à Saint-Quentin. Elle est dotée en 1832 de 20 métiers à filer (16 en fin, 4 en gros), puis en 1847 de 16 métiers à filer totalisant 3840 broches. Dans les années 1870, la puissance disponible est de 20 ch. La filature est dotée de 3700 à 4100 broches dans les années 1860-1870. Le nombre déclaré de métiers mécaniques à tisser pour le calcul de la patente varie entre 62 et 66 entre 1885 et 1895.

En 1847, la filature emploie 56 d'ouvriers, dont 27 femmes et 14 enfants ; en 1869 : 39 ouvriers entre 12 et 16 ans et 2 de moins de 12 ans. En 1873, ils sont 36, dont un tiers de femmes et un tiers d'enfants.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1821, daté par travaux historiques, daté par source
1861
1881
1909
Auteur(s) Personnalité : Maydieux Pierre, commanditaire
Personnalité : Théry Adolphe, commanditaire
Personnalité : Décaudin Auguste, commanditaire

L'ancien tissage, construit en brique, est couvert d'un toit à longs pans et d'une croupe, en fibrociment. Il se compose d'un rez-de-chaussée, d'un étage carré et d'un demi-étage carré. La façade rue Renan est rythmée par six travées dont cinq sont identiques, à forte verticalité : une baie couverte d'un linteau droit (profilé métallique), surmontée d'une baie couverte d'un arc segmentaire en brique avec allèges animées par des bandes verticales de briques jaunes, puis au demi-étage une petite baie rectangulaire à linteau droit. La sixième travée diffère par sa baie du rez-de-chaussée : plus large que les travées voisines, et couverte d'un arc en plein cintre partiellement en calcaire, elle est surmontée d'une corniche, animée de ressaut et portant un décor de volutes. Probablement ancienne entrée des ateliers, puis des bains publics, l'ouverture a été comblée en partie basse (formant désormais une fenêtre avec appui). La façade rue Arthur-Gibert est composée de trois travées, identiques au cinq travées de la façade précédente, à l'exception du rez-de-chaussée, qui a reçu lors du réaménagement en logement un parement de briquettes, percé simplement d'une porte d'entrée et d'une porte de garage. A l'intérieur, les planchers sont portés par des colonnes de fonte.

Murs brique
fonte
parement
Toit ciment en couverture
Étages 2 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
croupe
Énergies énergie thermique
produite sur place
États conservations établissement industriel désaffecté

En 1892, cette société acquiert le vaste tissage De Rossignol et Hamelin, dans le quartier Remicourt.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • La vente en 1832 de la filature

    A vendre ou à louer.

    Un établissement de filature de coton situé rue Saint-Prix, n°16, composé de 16 métiers en fin, 4 id. en gros, 1 banc à broches, 2 étirages et bancs de lanternes, 14 cardes, aiguisoir mécanique, machine à feu, cahuffage à la vapeur, mouvemens et tous les accessoires.

    Cet établissement, entièrement neuf, filait les plus fins numéros que la fabrique de Saint-Quentin emploie et l'un des propriétaires, qui l'a monté, se fera un plaisir au besoin d'aider de ses conseils la personne avec laquelle on traiterait.

    S'adresser à Mrs Maydieu, Cadot et Baroux aîné.

    Extrait de : Le Journal de la ville de Saint-Quentin et des communes environnantes, n°666, 20-05-1832, p. 16.

    La vente en 1835 de la filature.

    Revente par suite de surenchère etc.

    M. Jean-Emmanuel Cadiot, propriétaire, demeurant à Saint-Quentin, hôtel du Cygne, s'est rendu adjudicataire d'un établissement de filature de coton, terrain, bâtimens et dépendances, ensemble du matériel et mobilier industriel qui s'y trouve, le tout situé à Saint-Quentin, rue neuve Saint-Prix, numéro seize, dont la désignation suit :

    Un bâtiment, construit en briques, couvert en ardoises, à usage de filature de coton, mesurant vingt-cinq mètres de longueur sur dix mètres de largeurs, ayant deux étages et une encuvelure, étant éclairé par dix-neuf fenêtres au midi sur ladite rue neuve Saint-Prix, dont cinq au rez de chaussée, portant contrevents : ledit bâtiment ayant son entrée par une porte cochère peinte en vert, contre le pignon qui règne sur le jardin des bains Saint-Prix, avec la pompe à feu de la force de six chevaux, et la cheminée qui se trouve derrière ledit bâtiment.

    Un autre bâtiment, au fond de la cour, servant de magasin, construit aussi en briques et couvert en ardoises, d'environ dix mètres de longueur sur cinq mètres de la largeur, avec étage, éclairé sur la cour par quatre croisées, et en bas par une porte et une croisée.

    Un autre bâtiment en retour d'équerre, attenant audit magasin, aussi de mêmes construction et longueur, servant de forge et de logement au portier, y ayant deux portes et trois fenêtres sur ladite cour, avec tous les outils et ustensiles qui se trouvent dans ladite forge, tels que soufflet, enclume, bigorne, étaux, marteaux, tenailles, pinces, limes, etc.

    Un appentis sur la gauche, de même construction, également sous lequel sont plusieurs cabinets d'aisance et un petit magasin pour resserrer les quinquets.

    Cour, puits et autres lieux en dépendant, sans en rien excepter ni réserver, tenant d'une lisière etc.

    Ensemble les arbres de couche, engrenage et tambours, composant le mouvement intérieur de ladite filature, les tuyaux de chauffage qui existent dans ledit bâtiment et les machines et ustensiles de filature y existant pareillement, consistant en dix-sept métiers en fin de deux cent quarante broches chaque, deux métiers en gros de cent vingt broches chaque, quatorze cardes, deux étirages, deux bancs de lanternes, cinq dévidoirs, un batteur-éplucheur, cinq tables à battre, à étaler et à éplucher, un aiguisoir de bois à émeri, cent quarante pots en fer-blanc, balances diverses et poids, une presse à paquets, une machine à cylindrer, une autre machine à monter les noix, une romaine, une machine à alaiser, trente-six quinquets et leurs plateaux ; cuirs et cordages pour le mouvement intérieur, une brouette à coton, une boite à vapeur en cuivre, paniers et sceaux à incendie, échelles, arrosoirs, lanternes, mesures, caisses, outils et ustensiles divers pour monter et entretenir les machines, bureaux, tables, lampes, comptoirs, casiers, tiroirs, portes, vitrages, mesures et autres meubles de bureau etc.

    Adjudication suite à la saisie immobilière sur Pierre-Toussaint Maydieu (ancien négociant), Jean-Nicolas-Joseph Derche (ancien négociant), Pierre-Philippe-André Baroux (ancien négociant), Jean-Baptiste-Louis-Désiré Cadot (ancien négociant), co-propriétaires de la filature.

    Prix : 43 600 frs.

    Extrait de : Le Journal de la ville de Saint-Quentin et des communes environnantes, n°823, 24-05-1835, pp. 1-6.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Saint-Quentin. Service de l'Urbanisme ; non coté. Cadastre - Etat des sections en 1831.

  • AC Saint-Quentin. Série G ; 1 G 61. Matrice des propriétés baties [1842-1846].

  • AC Saint-Quentin. Série G ; 1 G 50 à 53. Registres des patentes pour les années 1861, 1862 et 1863.

  • AC Saint-Quentin. Série G ; 1 G 24 à 93. Matrices des contributions personnelles et des patentes. 1864-1914.

    années 1868 (1 G 25), 1877 (1 G 26), 1881 (1 G 30), 1885 (1 G 34), 1891 (1 G 40), 1895 (1 G 44)
  • AC Saint-Quentin. Série D ; 3 D 85. Correspondance générale - Travail des enfants dans les manufactures - Arrondissement de Saint-Quentin. Liste des manufactures, usines, ateliers et fabriques soumis à la loi du 22 mars 1841. [1869].

  • AC Saint-Quentin. Série I ; 5 I 2. Hygiène et salubrités - Etablissements insalubres et dangereux - [1836-1877].

    29-11-1853 - Autorisation pour l'installation d'une chaudière à vapeur
  • AC Saint-Quentin. Série F ; 7 F 12. Conseil des Prudhommes - Liste des électeurs : patrons et ouvriers, 1883 à 1886.

    Auguste Décaudin (né le 06-02-1845)
  • AC Saint-Quentin. Série F ; 3 F 5. Statistiques.

    Années 1873, 1876, 18788888
  • BM Saint-Quentin. Fonds local. Annuaires et almanachs.

    années 1834 à 1868
  • AD Aisne. Série P ; 4 P 691/10. Matrices des propriétés mixtes et non bâties - Première série (1827-1883).

    état de sections - 1827-1831 (Maydieux) ; registre des augmentations et diminutions - années 1845 et 1861
  • AD Aisne. Série U ; 289 U 126. Tribunal de commerce de Saint-Quentin - Dépôt des actes de sociétés - Registres d'enregistrement.

    1875 et 1880 - Création et dissolution de la société Veuve Théry et A. Théry
Documents figurés
  • Filature de coton - Ad. Théry - Saint-Quentin. Papier à en-tête, [1875] (AC Saint-Quentin. Série F ; 3 F 5. 1880-1894 - Statistique : [réponses individuelles des industriels pour les statistiques de décembre 1875]).

  • Ville de Saint-Quentin. Supplément à la section D de la ville. 3e feuille. Plan cadastral, manuscrit, couleur, 1 : 2500, [1821-1831] (AC Saint-Quentin ; non coté).

  • Plan de la ville de Saint-Quentin avec ses agrandissements sur l'emplacement des fortifications cédées à la ville par décret impérial du 28 avril 1810. Plan imprimé, surchargé en rouge (plan des fontaines), 1 : 4000, 58 x 77,5 cm, gravé en 1828, par Védié (architecte voyer), Pelletier (architecte), Tardieu Pierre (graveur). (AC Saint-Quentin. Série O ; 1 O 2. Voirie urbaine. Plan des rues, voies et ruelles - 1807 à 1860).

  • Rue Jumentier - Propriété des bains Saint-Prix - Prolongement de la rue Jumentier à travers la propriété - Année 1909. Plan, encre sur calque, 1 : 200, 56 x 61 cm, 1909 (AC Saint-Quentin. Service de l'Urbanisme ; Voirie. Dossier n° 286 - rue Jumentier).

Bibliographie
  • Le Journal de la ville de Saint-Quentin et des communes environnantes.

    n°666, 20-05-1832, p. 16
  • Note sur les machines à vapeur construites par MM. Casalis et Cordier, mécaniciens à Saint-Quentin. In Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, 20e année. Paris : Imprimerie de Madame Huzart, 1821.

    p. 202
  • PICARD, Charles. Saint-Quentin de son commerce et de ses industries (1789-1866). Jules Moureau, 1867. Tome 2.

    p. 568
  • Statistique de la France publiée par le Ministre de l'Agriculture et du Commerce. Paris : Imprimerie Royale, 1847.

    p. 164
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) Communauté d'agglomération et ville de Saint-Quentin (c) Communauté d'agglomération et ville de Saint-Quentin - Pillet Frédéric - Dufournier Benoît
Benoît Dufournier

Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.


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