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Eglise paroissiale Saint-Germain l'Auxerrois et ancien cimetière de Vaire-sous-Corbie

Dossier IA80003484 réalisé en 2016

Fiche

Œuvres contenues

VocablesSaint-Germain-l'Auxerrois
Parties constituantes non étudiéespresbytère
Dénominationséglise paroissiale, cimetière
Aire d'étude et cantonGrand Amiénois - Corbie
AdresseCommune : Vaire-sous-Corbie
Cadastre : 1827 A1 222, 223

Le cadastre napoléonien de 1827 donne une représentation de l'ancienne église de Vaire-sous-Corbie, orientée est/ouest, qui occupe une parcelle d'angle en bordure des rues de l'Eglise et du Marais. Une petite rue-place et visible au nord de l'église, le cimetière s'étend au sud et le presbytère est bâti au sud-est. L'édifice de plan allongé présente un chevet à pans coupés et dispose d'une sacristie adossée au sud-est du choeur.

Le dessin d'O. Macqueron, conservé à la bibliothèque municipale d'Abbeville, donne une représentation de la façade occidentale et du clocher en 1877. Le dessin montre aussi le portail donnant accès au cimetière depuis la rue de l'Eglise, comme les cartes postales du début du 20e siècle.

Enfin, le devis estimatif des dommages de guerre effectué après sa destruction durant la première guerre mondiale (AD 80 ; 10R 1236), accompagné de relevés (ill.) la décrit en ces termes : "La façade de style grec, était en pierre de taille catégorie A (genre Banc royal de Saint-Maximin), les côtés du porche en narthex. Les retours extérieurs sur la nef et toute la partie du choeur et de la nef à partir de son élargissement étaient en pierre de même nature, ainsi que les contreforts attenant à ces parties, le tout d'un travail particulièrement soigné. / La partie intermédiaire formant rétrécissement était en pierre blanche de pays, les contreforts édifiés après coup étaient en briques".

Les sources conservées aux archives départementales (10R) comprennent un projet de reconstruction de l'architecte Kueff (avant-projet de 1923 et plans de 1920 et 1924) sur les fondations de l'ancienne église. Ce projet est approuvé par le maire et le ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. L'architecte de l'agence H. Durante et Cie, chargé de la contre-expertise de l'évaluation des dommages, adresse un rapport à la commission cantonale en décembre 1923 dans lequel il indique que l'église doit être considérée comme totalement détruite. Il signale également que la sacristie "était construite en torchis". Dans son appréciation sur le projet de reconstruction proposé par Kueff, il signale les modifications en augmentation sur l'ancien projet (cf. annexe). De son côté, l'architecte Fabre attire l'attention sur le choix de reconstruction sur les fondations de l'ancienne église "de nombreux obus sont tombés au pied du bâtiment détruisant totalement la superstructure et certainement une partie de l'infrastructure".

Le projet de reconstruction, proposé par l'architecte Fabre en 1925 (devis et plans), est conservé dans la série O. Les devis sont approuvés en 1927 et les travaux confiées aux entreprises adjudicataires (DCM 28 août 1928) Hector Dellier, entrepreneur à Vaire (maçonnerie), Buffet et Duday entrepreneur à Corbie (couverture et menuiserie).

La plaque commémorative fixée à l'entrée de l'église donne la date de bénédiction (28 août 1927) et les noms des maîtres-d'oeuvre : Maurice Fabre (architecte), Hector Dellier (entrepreneur) et Léon Lefebvre.

Période(s)Principale : 18e siècle , (détruit)
Principale : 1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle
Dates1924, daté par source
1927, porte la date
Auteur(s)Auteur : Kueff architecte attribution par source
Auteur : Fabre Maurice
Fabre Maurice

Architecte à Corbie, 10 rue Victor-Hugo.


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architecte signature

L'édifice de plan allongé, orienté nord/sud, est construit en briques et couvert d'ardoises. Il présente un chevet arrondi, un clocher-porche et deux chapelles au bas de la nef, celle des fonts baptismaux (à l'ouest) et celle de la Vierge (à l'est), ainsi qu'une sacristie à l'est du choeur.

Mursbrique
Toitardoise
Plansplan allongé
Étages1 vaisseau
Typologiesstyle néoclassique ; reconstruction ; réorienté ; clocher-porche

Annexes

  • DOMMAGES DE GUERRE - Eglise de Vaire-sous-Corbie

    VAIRE-SOUS-CORBIE - DEVIS ESTIMATIF des dommages causés à l’église, par faits de guerre

    DEVIS DESCRIPTIF SOMMAIRE

    La façade de style grec était en pierre de taille catégorie A, les côtés du porche en narthex. Les retours extérieurs sur la nef et toute la partie du choeuf et de la nef à partir de son élargissement étaient en pierre de même nature, ainsi que les contreforts attenants à ces parties, le tout d’un travail particulièrement soigné.

    La partie intermédiaire formant rétrécissement était en pierre blanche de pays, les contreforts édifiés après coup étaient en briques.La partie du bâtiment en pierre dure était surmontée à l’intérieur et à l’extérieur d’une corniche moulurée.

    Deux piliers à l’entrée de la nef soutenaient la tribune et la partie postérieure du clocher.

    Le sol des fonts baptismaux et du confessionnal était en pierre.Une allée cimentée de 1,80 m de large allait de l’entrée jusqu’au degré qui se trouvait au milieu de la nef.

    Les côtés de cette allée étaient pavés en briques sur lesquelles était établi un plancher en chêne.

    A partir de cette marche et jusqu’au chevet, le sol était en carreaux de marbre noirs et blancs.

    La marche du milieu de la nef, ainsi que celle qui se trouvait devant le chœur, étaient en marbre noir.

    Un plafond en plein cintre sur charpente indépendante de celle du toit, régnait sur toute la surface. Il formait corniche sur les côtés de la partie rétrécie de la nef.

    On accédait à la tribune par un escalier de vingt marches, il était entièrement en chêne.

    Sur le devant de la tribune régnait un garde-corps à balustres en bois chantournés découpé et [non lu].

    On avait accès au clocher par une échelle et une trappe.

    A gauche en entrant se trouvait le confessionnal, au-devant, une balustrade à claire voie avec portillon.

    A droite, les fonts baptismaux étaient en pierre de taille portant des écussons sculptés et l’escalier de la tribune.

    Le porche était séparé de la nef par une grille en fer forgé de 2,00 m de hauteur moyenne avec panneaux en bois au bas de cette grille.

    Les deux côtés de la nef jusqu’à la partie où elle s’élargissait étaient garnis de lambris avec moulure figurant des panneaux d’une cymaise moulurée à denticules.Une plinthe en chêne courait tout autour de la nef et du chœur.

    La partie haute de la nef et le chœur étaient lambrissés sur deux mètres de hauteur par des panneaux de chêne assemblés à petits cadres et platebandes, surmontés d’une cymaise.

    La porte de la sacristie et une fausse porte en vis-à-vis étaient garnies de chambranles moulurés avec entablement.

    Les angles des pans coupés étaient ornés de lambris formant pilastres, reposant sur des piédestaux également en lambris, le tout en chêne, les panneaux des pilastres étaient cintrés dans leur épaisseur.

    De chaque côté d’un tableau placé au-dessus de l’autel se trouvaient des panneaux en lambris, montant jusqu’à la corniche.Le tout peint au ton bois, les moulures réchampies en noir, les panneaux du chevet et des pilastres décorés en faux marbre et toutes les parties nues du chœur, c’est-à-dire non boisées, ornées de motifs religieux en divers tons et or sur fond bleu.

    Chair en chêne, sans style particulier, se trouvait à gauche de la nef.Celle-ci était garnie de forts bancs en chêne scellés sur une charpente qui servait de support au plancher.

    Le rang de bancs, qui se trouvait au-dessus de la marche du milieu du chœur, avait pour dossier une grille ornée en fer forgé, un portillon en fer forgé reliait les grilles au même rang à l’endroit du passage central.

    L’autel en chêne sculpté aux angles et sur la façade, était placé sur une estrade de 3 marches également en chêne. Il était surmonté de deux gradins sculptés et dorés surmontés aux mêmes d’un tabernacle également sculpté et doré. Le tout peint en faux marbre blanc.

    A droite du chœur se trouvait la sacristie. Elle n’offrait rien de particulier, elle était éclairée par deux fenêtres et comportait une porte donnant sur le jardin du presbytère.

    La porte d’entrée de l’église était en chêne à grands cadres.

    La charpente était importante était en chêne et la couverture en ardoises.

    La surface totale occupée par l’Eglise était de 305 mètres superficiels.

    Celle de la sacristie était de 19 mètres.

  • Commune de Vaire-sous-Corbie. Reconstruction de l'église

    Commune de Vaire-sous-Corbie - Reconstruction de l’Eglise (rapport sur avis de la commission spéciale)

    "Le projet présenté par la commune de Vaire-sous-Corbie en vue de la reconstruction de l’église et se montant à 631 875,53 F, soit :

    Devis estimatif s’élevant à 124 066,05 F (valeur 1914)

    Constitution de dossier : 6 203,30 F

    Devis de reconstruction se montant à 601 786,23 F

    Honoraires d’architecte : 30 089,30 F

    = 631 875,53 F

    a été soumis à l’examen de la commission spéciale instituée par le loi du 17 avril 1919 art. 12 et accepté par celle-ci sous quelques réserves que nous allons successivement examiner :

    1° que les anciennes fondations paraissent pouvoir être utilisées davantage.

    Dans un rapport en date du 22 xbre 1923, M. Durand, expert de la commission cantonale de Corbie indiquait que l’église pouvait être reconstruite sur les anciennes fondations. Tel est également notre avis mais à une condition toutefois, c’est que le plan de la reconstruction projeté soit absolument identique à celui de la construction ancienne, et ce n’est pas le cas ainsi que l’on pourra s’en convaincre par l’examen du plan nouveau joint au dossier, sur notre domaine, et qui indique la situation ancienne et celle projetée.

    Etant donné que les dimensions du nouvel édifice seront légèrement inférieures à celles de l’ancien pour la nef et entièrement différentes pour le chœur et le narthex, nous concluons que l’économie qui serait susceptible d’être réalisée par l’utilisation des fondations anciennes ne compenserait certainement pas les frais qu’occasionnerait une construction de dimensions plus grandes.

    Cette économie ne serait d’ailleurs dans le cas le plus favorable, c’est-à-dire celui où l’on utiliserait entièrement les anciennes fondations, que de 13 386 F suivant le devis présenté, alors que l’augmentation qui résulterait de ce mode de reconstruction porterait sur un plus fort cube de maçonnerie et de charpente et sur une plus grande surface de couverture, enduits, peinture, carrelage, etc…

    2° qu’il y aurait intérêt, etc.

    3° que les petits locaux prolongeant, etc.

    4° que pour les parties hautes de l’édifice, etc.

    5° qu’enfin les contreforts du clocher, etc.

    Nous partageons à ce sujet entièrement l’avis de la commission spéciale et l’architecte reconstructeur devra modifier son projet en ce qui concerne les § 2, 3 et 5. Mais il résulte de notre examen et de l’évaluation sommaire que nous en avons faite de concert avec l’architecte (manque un bout de page) projet, que les économies qui pourront résulter des suppressions ou modifications demandées par la commission spéciale seront peu importantes et à peine suffisantes pour, si l’on veut comme suite à l’observation fort judicieuse de ladite commission, renforcer les contreforts du clocher de façon à donner à cette partie de l’édifice l’assiette et les conditions de stabilité nécessaires à sa conservation et à sa solidité.

    En ce qui a trait à l’emploi de pierre de taille moins coûteuse que celle prévue pour les parties hautes de l’église, nous ferons connaître à la commission que la pierre de St Maximin (Oise) est certainement celle qui dans notre région, et en raison de la proximité de sa provenance, revient le meilleur marché rendu à pied d’œuvre après le Banc royal tendre et qu’aucune économie ne saurait, à notre avis, être réalisée de ce chef sans encourir le risque de mécomptes dans l’avenir.

    Amiens, le 13 août 1924

    L’expert".

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série O ; 99O 3643. Vaire-sous-Corbie. Bâtiments communaux (1870-1939).

  • AD Somme. Série R ; 10R 1236. Dommages de guerre 1914-1918. Vaire-sous-Corbie.

Documents figurés
  • Eglise de Vaire sous Corbie. Aquarelle d'Oswald Macqueron, d'après nature, 24 septembre 1877 (BM Abbeville ; Cor. 43).

  • Commune de Vaire-sous-Corbie. L'église. Façade occidentale. Relevé effectué pour l'estimation des dommages de guerre, effectué par l'architecte Kueff en 1920 (AD somme ; 10R 1236).

  • Commune de Vaire-sous-Corbie. L'église. Coupe longitudinale. Relevé effectué pour l'estimation des dommages de guerre, effectué par l'architecte Kueff en 1920 (AD somme ; 10R 1236).

  • Vaire-sous-Corbie. Avant-projet de reconstruction de l'église, proposé par l'architecte Kueff en 1920 (AD somme ; 10R 1236).

  • Reconstruction de l'église de Vaire-sous-Corbie. Plan des fondations. 1924 (AD Somme ; 10R 1236).

Bibliographie
  • SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. Dictionnaire historique et archéologique de la Picardie. Tome II. Arrondissement d'Amiens : cantons de Corbie, Hornoy et Molliens-Vidame. Amiens : Yvert et Tellier, 1909.

    p. 85-89.

Liens web

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


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