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Église paroissiale Saint-Médard d'Aizy-Jouy

Dossier IA02001634 inclus dans Le village d'Aizy-Jouy réalisé en 2003

Fiche

Œuvres contenues

Vocables Saint-Médard
Parties constituantes non étudiées crypte
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Soissonnais - Vailly-sur-Aisne
Adresse Commune : Aizy-Jouy
Lieu-dit : Aizy
Adresse : rue des Anges
Cadastre : 1987 A2 427

L'église primitive dédiée à saint Médard avait été construite au début du 13e siècle. Il s'agissait d'une construction imposante située au centre du village. Entièrement en pierre de taille, elle était bâtie sur un plan en croix latine dont la nef, flanquée de bas-côtés, faisait quatre travées de long. Le clocher s'élevait à la croisée du transept. Le choeur avait été dessiné, selon Lefèvre-Pontalis, par le même architecte que l'église de Vailly-sur-Aisne. Les pierres des deux édifices étaient issues des mêmes carrières. Des analogies stylistiques étaient également observables sur l'un et l'autre des portails des églises d'Aizy et de Jouy. Des modifications architecturales avaient été apportées à l´édifice vers 1856. Classé parmi les monuments historiques le 2 juin 1911, l´édifice, ayant connu de fortes destructions lors des conflits de la Première Guerre mondiale, fut ensuite déclassé. Seul le portail sud conserva le classement parmi le M. H. selon la décision de la commission du 27 août 1927. Le plan de la nouvelle église fut dessiné en 1920 par Jean Lapeyre, architecte parisien, qui décéda au début des travaux. L´entreprise Turbil, dirigée par M. Trouvelot, architecte en chef des Monuments Historiques, en assura la construction, sur l'emplacement primitif. Le culte était alors rendu dans une chapelle-provisoire installée depuis 1920. Le 30 avril 1933, le Cardinal Binet bénit l´édifice et baptisa les trois cloches. L'église eut à souffrir à nouveau de quelques dommages lors des conflits de la Seconde Guerre mondiale.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Dates 1933, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Lapeyre Jean, architecte, attribution par source
Auteur : Trouvelot M., architecte des Monuments historiques, attribution par source
Auteur : Turbil Pierre, entrepreneur, attribution par source

Entièrement composée de pierre savonnière de la Meuse pour les murs, en pierre de Bonneuil pour le soubassement et en matériau de substitution pour le plafond et la structure en béton armé, l´église, construite sur un plan en croix latine, comporte un narthex, une nef longue de deux travées et flanquée de bas-côtés plus bas. Le transept saillant, percé de trois baies à linteau triangulaire, précède le choeur. L'église présente une façade massive, pourvue d'un pignon triangulaire ajouré de trois baies cintrées. Le portail du 13e siècle se trouve inséré dans le collatéral sud. Quelques blochets du 13e siècle ont été réutilisés pour en orner la corniche. La croisée du transept est couverte d'une lanterne à base octogonale. Les croisillons sont surmontés de gâbles. Le clocher massif, placé au sud du choeur, est orné de quatre anges en atlantes, ajoutant ainsi à l´élan de l´édifice. La croix, prise dans la structure, se confond avec le sommet de la flèche. Le chevet à trois pans est plus bas que la nef, ajourée de deux fois trois fenêtres en plein cintre. La toiture est pourvue de tuiles vernissées rouges et noires. L'intérieur de l'édifice frappe le visiteur par sa nudité. La lumière envahit abondamment ce vaste espace entièrement composé de pierre de taille, disproportionné par rapport à la superficie du village. Tout comme l'ancien édifice, l'église a conservé son éclairage sommital. L'espace interne se caractérise par une alliance de styles moderne et classique (caractérisé par la présence de chapiteaux à motifs traditionnels). La charpente en béton armé apparente est recouverte d'un enduit rose pâle. Le narthex est surmonté d'un arc diaphragme percé de trois baies cintrées. Les arcs doubleaux sont ajourés d'un triplet cintré. Tous les chapiteaux ont bénéficié d'un traitement ornemental propre. Le clocher totalement en pierre de taille a reçu un escalier en colimaçon en béton armé. La sacristie, surmontée d'une tribune, trouve son pendant de l'autre côté du choeur, dans un très mauvais état (le plafond en lattis de bois s'écroule). Le sol de l'édifice est entièrement composé de dalles de ciment. Le collatéral sud est percé d'un portail pourvu de chapiteaux du 13e siècle. La crypte, construite à cet effet, rassemble un dépôt lapidaire provenant de l'ancien édifice.

Murs matériau synthétique en gros oeuvre
béton
pierre de taille
Toit tuile
Plans plan en croix latine
Couvrements charpente en béton armé apparente
Couvertures toit à longs pans

On observe sur le nouveau bâtiment religieux une rupture radicale avec le plan et le style de l'ancien édifice de par sa structure en béton armé, la pureté de ses volumes, l'imbrication de ses modules architecturaux et le dépouillement volontaire dont elle a fait l'objet. Les anges en atlantes du clocher rappellent ceux de l'église de Martigny-Courpierre ou de Brancourt. L'emploi du dôme et la disposition des volumes permettent de faire un parallèle entre la basilique de Lisieux et l'église étudiée ici. Les références au style byzantin sont ici largement employées (la coupole, les fenêtres cintrées). Le dépouillement stylistique dont a fait l'objet cet édifice pourrait être lié à une volonté ferme de l'architecte et non pas à un manque de financement, qui aurait amené à une simplification du projet architectural initial, comme cela est souvent le cas pour les églises du Chemin des Dames. Cet archaïsme se traduit par la massivité des piliers de la nef, l'utilisation du style néo-roman des chapiteaux, l'emploi de la coupole de style néo-byzantin. N'ayant pas bénéficié de la pose de gouttières, il souffre aujourd'hui d'un surplus d'humidité qui suinte des murs et facilite la progression de mousses et le développement de salpêtre. La bâtisse est construite directement sur le sol, aucune aération n'est possible, ce qui accélère le phénomène. L'infiltration de l'eau a engendré l'éclatement des solives en béton armé, laissant désormais apparaître l'armature, ainsi que le déplacement de la charpente en ciment qui n'est plus solidaire du mur en pierre de taille. Des travaux sont actuellement en cours : les plombs des toitures sont refaits à neuf, les gouttières seront posées très prochainement, les lattis en bois vont être remplacés.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH partiellement, 1927/08/21
Précisions sur la protection

Eglise : classement en totalité par décret du 2 juin 1911 ; déclassement à l'exception du portail sud encore subsistant par décret du 21 août 1927. Suite aux destructions importantes subies par l'église lors de la Première Guerre mondiale, l'édifice fut déclassé à l'exception du portail sud qui échappa à la ruine. Il fut réintroduit dans la nouvelle construction.

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan, par Etienne MOREAU-NELATON, 1913 ( Les Eglises de chez nous, p. 9).

  • Eglise d'Aizy (abside), dessin, par Amédée Piette, 1862 (AD Aisne : 8 Fi Dossier Piette 1).

  • Eglise d'Aizy (portail, 1862), dessin, par Amédée Piette, 1862 (AD Aisne : 8 Fi Dossier Piette 1).

  • Environs de Vailly - Aizy-Jouy, carte postale, [s.n.], 1er quart 20e siècle (AP).

  • Environs de Vailly - Aizy-Jouy, carte postale, [s.n.], 1er quart 20e siècle (AD Aisne : 4 Fi 260).

  • Eglise d'Aizy (Aisne) - Le portail ouest, carte postale, par Vergnol photographe, 1er quart 20e siècle (AP).

  • Eglise d'Aizy (Aisne) - Le portail sud, carte postale, par Vergnol photographe, 1er quart 20e siècle (AP).

  • Aizy (Aisne) - Intérieur de l'église, carte postale, par L. Blanchevoye photographe, 1er quart 20e siècle (AP).

  • Carte postale, [s.n.], 1er quart 20e siècle (AP).

  • Aizy (Aisne) - Ruines de l'église, carte postale, [s.n.], 1er quart 20e siècle (AD Aisne : 3 Fi 1073).

  • Aizy, carte postale, par Vergnol photographe, 1er quart 20e siècle (AP).

Bibliographie
  • La semaine religieuse, 27 mai 1933, n° 21.

    p. 266
  • Bulletin de la Société Archéologique de Soissons, 1864, t. 18.

    p. 24-25
  • MOREAU-NELATON, Etienne. Les Eglises de chez nous. Arrondissement de Soissons. Paris : H. Laurens, 1913.

    p. 7
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