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Jardin d'un anonyme

Dossier IA59005082 réalisé en 2014

Fiche

Parties constituantes non étudiéesmaison
Dénominationsjardin
Aire d'étude et cantonCommunauté de communes Coeur d'Ostrevent
AdresseCommune : Somain
Lieu-dit : Adresse :

C’est son épouse qui a été notre interlocutrice lors de la visite du jardin.

L’auteur est né le 14 septembre 1923 dans une cité minière d’Abscon ; fils de mineur, il a lui-même travaillé à la mine pendant 13 ans, puis il est entré en tant que chef des travaux dans une entreprise de bâtiment. Cela lui a permis de voyager en France au gré des chantiers. Ils se sont installés dans leur maison actuelle en novembre 1970. C’est à ce moment-là que le propriétaire a commencé à travailler son jardin en même temps qu’il restaure leur fermette. En effet des parties entières, essentiellement des annexes de la ferme, ont été détruites ce qui leur donne l’occasion de récupérer tout ce qui pourrait être utile à la transformation du jardin. Il a ainsi réutilisé toutes sortes de matériaux, comme par exemple les dalles du jardin de la maison de cité qu’occupait sa mère. Monsieur travaillait surtout le week-end et pendant les vacances, il n’était pas rare qu’il reste seul pour travailler pendant les vacances ou lors des visites de sa femme dans sa famille.

Le jardin d’inspiration médiévale n’est malheureusement plus entretenu et les œuvres ainsi que toute la décoration, se dégradent peu à peu. Il est situé dans la région de Marchiennes.

Période(s)Principale : 3e quart 20e siècle , daté par tradition orale

Le jardin est composé de deux espaces distincts : l’un situé sur le côté de la maison est occupé par un potager et un jardin d’agrément, l’autre à l’arrière et à proximité directe de la maison, a été le terrain d’expression privilégié de cette personne. Pratiquement toutes les parois existantes (murs de la maison côte jardin, murs des annexes et de la terrasse) sont décorées et couvertes de dessins ou motifs géométriques peints. On y trouve également deux lions peints sur bois et une tête de lion partiellement édenté qui cache le robinet d’arrivée d’eau du tuyau d’arrosage. Sur pratiquement toutes les autres surfaces non peintes ainsi que sur les piliers, on peut voir des imitations de pierre de taille ou de meulière plaquées en ciment. ; toutes les arcades sont stylisées et s’inspirent du style hispano-mauresque. L’habitant a réalisé des trompe-l’œil et de faux chapiteaux sur lesquels sont modelés des visages peut-être en référence aux gargouilles de l’architecture médiévale des cathédrales. Un peu partout, d’autres masques d’hommes ou de femmes très expressifs réalisés en ronde-bosse rythment les surfaces en particulier au niveau des arcades et des piliers de la terrasse couverte. Des trophées d’animaux sortis de l’imagination, comme ce buffle presque souriant ou ce sanglier mythologique proche du minotaure, ou encore cette tête de cheval animent les autres surfaces lisses des murs. Au fond du jardin le propriétaire a érigé une tour de guet qui semble être un vestige hérité du patrimoine fortifié du Moyen Age. Entièrement réalisée en pavés, cette tour de forme circulaire dont l’étage est accessible par un escalier, est accolée à la maison. Elle offre un panorama sur la campagne environnante et devait pouvoir lui servir de refuge. Une autre construction du même type mais à un seul niveau lui fait face. Il existe également une niche en bois pour le chat (coffre en bois peint) et une niche pour un chien que les propriétaires des lieux avaient recueilli et appelé « chien sans nom » ; au-dessus de l’entrée de la niche, une tête de chien le représente avec un pelage noir et frisé. C’est dans la partie centrale du jardin laissé libre, délimitée par ces constructions et la maison, que l’artiste a réalisé des statues représentant des personnages historiques. Ainsi cet Hercule ou son semblable, inspiré des statues de l’antiquité grecque (ou du culturisme) se tient debout, entièrement nu, les mains sur les hanches, tournant le visage aux cheveux courts et frisés vers la maison. Il en impose par sa musculature impressionnante de ses bras, de son torse et de ses cuisses. A première vue, on l’imagine coulé dans du bronze ou du moins en métal… alors qu’il est entièrement modelé dans du ciment et peint d’une couleur cuivre. Dans une annexe de la maison, lovée dans une niche, le buste d’une autre figure de l’histoire française est posée sur un socle solide, facilement identifiable à sa longue chevelure, sa moustache et sa barbichette. Il s’agit de D’Artagnan. A proximité, une statue placée sur un piédestal peint représente un personnage majestueux, debout, portant une chasuble, les mains posées sur le devant du corps. D’après son épouse il représenterait Jésus ou Dieu et serait la dernière œuvre réalisée par son mari. Non loin de cette œuvre, son mari a sculpté un rocher sur lequel se pose un aigle attiré par la présence d’un gros lézard et d’un serpent. Le chapeau placé sur la paroi de fausse roche était prévu pour le personnage en pied identifié à Dieu ou son fils. Enfin devant la maison au niveau des jardinières « fait main » et recouvertes de ciment peint représentant des roses et des feuillages se cache un petit buste reproduisant le visage de Louis XIV réalisé d’après un sou. Dans l’espace situé à droite de la maison, le jardin proprement dit, se trouve une dalle de ciment peinte en blanc sur laquelle est gravé en ronde-bosse un bas-relief représentant un visage allongé à la manière de ceux réalisés par l’artiste peintre et sculpteur Amadeo Modigliani. Toute les œuvres sont réalisées en ciment grâce à des moules de toutes sortes et sont ensuite peintes ; le sable est le seul matériau qu’il achète pour travailler ; tout le reste provient de la réutilisation de divers objets de la vie quotidienne. Même les pavés qui ont servi à construire la tour et l’escalier ont été récupérés, avec l’autorisation du chef de chantier quand la grand route passant devant la maison a été refaite. Les moules, par exemple,proviennent des ustensiles de la maison ou de récipients comme des pots de fromage blanc ou de yaourts, ou de déchets comme des coquilles d’huître, des noix de Saint-Jacques, des coquillages et même un banjo ! Des boules de pétanques en plastique coupées en deux ont été utilisées pour décorer les façades de la maison et le porche d’entrée ; d’autres moules réalisés à partir de saladiers ou des douilles de lampes d’éclairage entre autres ont été utilisés pour donner du relief aux murs.

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Van Bost Nathalie