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L'ancienne église paroissiale Saint-Martin de Noroy-sur-Ourcq (détruite)

Dossier IA00067086 réalisé en 1985

Fiche

VocablesSaint-Martin
Parties constituantes non étudiéescimetière
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonSud de l'Aisne - Villers-Cotterêts
AdresseCommune : Noroy-sur-Ourcq
Adresse : rue
Joseph-Letessier
Cadastre : 1835 B2 517, 518 ; 1987 B2 41

L'ancienne église paroissiale Saint-Martin "simple et vieille, a été construite au XIIe siècle et restaurée au XVIe". Cette brève description, rédigée par Alexandre Michaux dans le troisième quart du 19e siècle, est peu étoffée par les rares auteurs - parfois très sévères - qui ont mentionné l'édifice. On n’en connaît aucun plan détaillé, dessin ou description, qui soit antérieur au milieu du 19e siècle. À la fin du 18e siècle, L'abbé Houllier, peu intéressé par l'apparence des lieux de culte, signale juste l'existence de deux cloches dans un clocher implanté sur la nef.

Dans le tableau de la paroisse qu’il brosse en 1805, le desservant souligne uniquement l’état désastreux de l’édifice. La toiture et le clocher qui menacent ruine sont à réparer de toute urgence, leur dégradation ayant été accrue par un ouragan en décembre 1803. Les délibérations du Conseil municipal, qui ne sont pas conservées avant 1821, ne permettent pas de connaître les suites immédiates données à cet alarmant constat. Toutefois, d’importants travaux concernant la nef sont entrepris en 1825. Les délibérations du Conseil municipal n'apportent malheureusement aucune précision sur l’étendue de cette intervention. Le cahier des charges qui y figure spécifie juste que les candidats devront avoir "des connaissances dans l'art de construire", qu'il s'agit d'effectuer des constructions neuves et que ces travaux devront être réalisés dans l'espace de quatre mois. Même si la monographie communale rédigée dans les années 1880 évoque alors une reconstruction complète de la nef, il faut plutôt comprendre cette campagne de travaux comme une réédification partielle ou un renforcement de maçonneries déficientes. La conservation de la voûte en berceau lambrissée, attestée par Leclercq de Laprairie en 1862, et l'apparence assez homogène de la façade, transmise par le dessin d'Amédée Piette en 1875, en témoignent.

D’après les rares documents qui s’y rapportent, l’église, vers le milieu du 19e siècle, est un édifice de plan rectangulaire, bâti en pierre. Elle est protégée par un toit à longs pans, à pignon découvert (au moins du côté de la façade), réalisé sans doute en tuile plate. Un clocher en charpente, coiffé d’une flèche carrée en ardoise, surmonte la nef. Le monument se compose d’un chœur de plan carré, à chevet plat, voûté d’ogives, bâti au 12e siècle. Ce chœur est prolongé à l’ouest par une nef de quatre travées, voûtée en berceau avec charpente apparente et lambris de couvrement. La nef, qui date au plus tard du 16e siècle et a donc été restaurée en 1825, est longée au nord par un unique bas-côté "de style ogival", généralement daté du 16e siècle. L’église se complète d’une sacristie, antérieure au 19e siècle, qui prend place, soit à l’arrière du sanctuaire, soit (plus probablement) sur son côté. Comme le révèle le dessin d’Amédée Piette, le comble est accessible, depuis l’élévation nord, par une porte ménagée à la base de la toiture, peut-être desservie par un escalier extérieur en pierre – comme semble l'indiquer le dessin d'Amédée Piette. Un cimetière clos de murs précède l’édifice, voire l’entoure en partie.

Malgré les travaux réalisés en 1825, l’église manque de solidité et le maire doit se résoudre à en interdire l'accès en mai 1887. Dans le courant des mois suivants, un architecte et un entrepreneur élaborent plusieurs projets allant de la réparation intégrale - et onéreuse - à la suppression partielle de l’église, solution plus économique. Finalement, obligé de désigner un architecte chargé de dresser les plans, devis et cahier des charges, le conseil municipal confie la responsabilité des travaux à l'architecte cotterézien Émile Pottier le 27 octobre 1888 et approuve son projet le 18 novembre suivant. Pendant que la municipalité aux revenus modestes se préoccupe de trouver le financement des travaux, un pavillon dépendant du château de Noroy est aménagé en oratoire en 1889, pour les besoins du culte catholique. Grâce à une aide financière de l’État et après un ajustement du projet, les travaux commencent en avril 1890. Les besoins d’agrandissement du cimetière, soulignés avec insistance par la population, sont alors résolus par la suppression de la première travée occidentale de l’église. Le bâtiment rénové - entièrement reconstruit ou presque - est enfin rendu au culte le 15 novembre 1891.

Les bombardements de la Première Guerre mondiale détruisent cet édifice, n’en laissant que des pans de murs disloqués. La clôture et la croix en pierre du cimetière partagent le même sort. Au lendemain du conflit, les parties ruinées de l’église sont démolies en ne laissant que quelques traces au sol, puis un nouveau lieu de culte est édifié à partir de 1928 en face de la mairie-école. En revanche, le cimetière, restauré lui-aussi à partir de 1928, a été conservé au même emplacement et sert depuis de cimetière communal.

Période(s)Principale : 12e siècle , (détruit)
Principale : 16e siècle , (détruit)
Secondaire : 2e quart 19e siècle , (détruit)
Principale : 4e quart 19e siècle , (détruit)
Dates1890, daté par source
Auteur(s)Auteur : Pottier ou Pottier-Delinge Émile
Pottier ou Pottier-Delinge Émile (1857/05/08 - 1912/07/24 (?))

Désiré Émile Pottier est né à Villers-Cotterêts le 8 mai 1857. Il est le fils de Charles Pottier, géomètre à Villers-Cotterêts, puis architecte. Émile Pottier rentre à l'école nationale des Beaux-Arts à Paris en 1877 où il est élève d'André. En 1888, lors de son mariage avec Juliette Delinge (d'où le nom de Pottier-Delinge), il est déjà inspecteur des travaux du département de la Seine. A été lauréat de la Société des Artistes français (AC Largny : 1 M 2).

Il serait décédé à Villers-Cotterêts le 24 juillet 1912 (à vérifier).


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architecte attribution par source

L'église adoptait un plan irrégulier, connu par un relevé qui figure dans le dossier de reconstruction du lieu de culte après la Première Guerre mondiale. Elle était constituée d'un chœur à chevet plat, prolongé par la nef. La nef était bordée au nord par un bas-côté partiel, avec lequel elle communiquait par trois arcades, séparées par deux supports. La sacristie prenait place au nord-est de l'église, implantée dans l'angle rentrant formé par le mur nord du chœur et le mur oriental du bas-côté. La chambre de la cloche était située dans la partie occidentale du comble de la nef, juste derrière la façade. Ce clocher était accessible depuis l'extérieur de l'édifice.

La maçonnerie de l'église était constituée de moellons et blocs de calcaire et grès mélangés, avec des chaînages en pierre de taille calcaire. Toutefois, la façade était entièrement bâtie en pierre de taille calcaire, soigneusement appareillée et ornée d'un sobre décor. Le vaisseau principal était protégé par un toit à longs pans et pignons découverts, alors que l'unique bas-côté était surmonté par trois petits toits juxtaposés à deux pans et pignon découvert, l'ensemble de la toiture étant réalisé en tuile plate.

Rien de sûr n'est connu sur le couvrement intérieur du monument. Toutefois, il est précisé dans l'état de la paroisse vers 1895 que le Conseil municipal n'a pas voulu de voûtes et que, malgré la récente reconstruction du lieu de culte, le plafond tombe déjà.

Murscalcaire pierre de taille
moellon
grès moellon
appareil mixte
Toittuile plate
Étages2 vaisseaux
Couverturestoit à longs pans pignon découvert
toit à deux pans noue
Escaliers
État de conservationdétruit
Techniquesmaçonnerie
vitrail
Précision représentations

La maçonnerie de la façade était ornée de polylobes, de croix et de colonnettes, traités en relief, en ronde-bosse ou en creux. La baie dominant le maître-autel avait reçu un vitrail représentant la Charité de saint Martin.

Statut de la propriétépropriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Aisne. Série E-dépôt (Archives communales déposées) ; sous-série E-dépôt 0411 (Noroy-sur-Ourcq) : 1 D 1 (Registre des délibérations du Conseil municipal : 25 mars 1821-14 juin 1835).

    Séances des 19 juin 1825 (f° 11 v°-13 r°) et 30 septembre 1827 (f° 18 r°).
  • AD Aisne. Série E-dépôt (Archives communales déposées) ; sous-série E-dépôt 0411 (Noroy-sur-Ourcq) : 1 D 3 (Registre des délibérations du Conseil municipal : 15 août 1861-18 avril 1901).

    Séances des 12 juin 1887 (f° 178 v°), 10 juillet 1887 (f° 179 r°), 15 septembre 1888 (f° 189 r°-v°), 27 octobre 1888 (f° 190 v°-191 r°), 18 novembre 1888 (f° 192 r°-v°), 5 avril 1889 (f° 195 v°-196 r°), 2 octobre 1889 (f° 203 v°), 3 novembre 1889 (f° 204 v°-205 r°), 2 avril 1890 (f° 207 r°-v°), 27 avril 1890 (f° 208 v°), 21 juin 1890 (f° 212 v°), 14 novembre 1891 (f° 223 r°), 1er février 1893 (f° 236 v°), 19 août 1894 (f° 250 r°).
  • AD Aisne. Série T (Enseignement, affaires culturelles, sports) ; Sous-série 13 T : 13 T 323 ([Anonyme]. Département de l'Aisne. Arrondissement de Soissons. Canton de Villers-Cotterêts. Commune de Noroy-sur-Ourcq. Monographie. [ca 1884], non paginé).

    Géographie historique, question n° 8.
  • AD Aisne. Série T (Enseignement, affaires culturelles, sports) ; Sous-série 13 T : 13 T 324 ([Anonyme]. Aisne. Arrondissement de Soissons. Canton de Villers-Cotterêts. Monographie de la commune de Noroy-sur-Ourcq. Monographie. [1888], non paginé).

    Géographie historique, question n° 8.
  • AC Noroy-sur-Ourcq : non coté (?). Dossier de reconstruction de l'église après la Première Guerre mondiale.

  • A Évêché Soissons. Série F (discipline diocésaine) ; sous-série 3 F : Questionnaire préparatoire à la visite des paroisses (1805). Archidiaconé de Soissons. Doyenné de Villers-Cotterêts.

    Commune de Noroy.
  • A Évêché Soissons. Série F (discipline diocésaine) ; sous-série 3 F : Questionnaire préparatoire à la visite des paroisses (1890-1896). Diocèse de Soissons, archiprêtré de Soissons, doyenné de Villers-Cotterêts.

    État des annexes ou autres églises desservies par M. le curé de Chouy. Paroisse de Noroy-sur-Ourcq.
Documents figurés
  • Noroy. Plan cadastral parcellaire [cadastre napoléonien]. Section B des grandes grèves, 2e feuille (n° 378 à 526), Demoulin, géomètre du cadastre, encre et lavis sur papier, terminé sur le terrain le 10 juin 1835, 1/2500 (AD Aisne : E_Dépôt_0411_1G1_04).

  • Eglise de Noroy sur Ourcq, dessin au crayon et à l'encre, par Amédée Piette, dessinateur, 19 mai 1875 (AD Aisne : 8 Fi Noroy-sur-Ourcq 1).

  • Environs de La Ferté-Milon (Aisne) - Noroy - L'Eglise, carte postale, Crépaux, imprimeur-libraire à La Ferté-Milon, [vers 1910] (coll. part.).

  • NOROY-SUR-OURCQ. Façade Nord, impr. photoméc., par Étienne Moreau-Nélaton, photographe, 1913. In : MOREAU-NÉLATON, Étienne. Les Églises de chez nous. Arrondissement de Soissons. Paris : H. Laurens, 1914, t. 2, fig. 571.

Bibliographie
  • HOULLIER, Abbé Pierre. État ecclésiastique et civil du diocèse de Soissons. Compiègne : Bertrand, Imprimeur du Roi ; Paris : Mérigot jeune, Libraire, 1783.

    p. 310.
  • LECLERCQ DE LAPRAIRIE, Jules-Henri. Répertoire archéologique de l'arrondissement de Soissons. Canton de Villers-Cotterêts. Bulletin de la société archéologique, historique et scientifique de Soissons, 1862, t. 16, 9e séance, lundi 6 Octobre 1862, p. 178-203.

    p. 192.
  • MICHAUX, Alexandre. Histoire de Villers-Cotterêts. La ville, le château, la forêt et ses environs. Deuxième édition, augmentée et mise au courant des événements jusqu'en 1885. Paris : Marchal et Billard, libraires-éditeurs, 1886.

    p. 176.
  • MOREAU-NÉLATON, Étienne. Les Églises de chez nous. Arrondissement de Soissons. 3 volumes. Paris : H. Laurens, 1914.

    t. 2, p. 341.
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) Département de l'Aisne (c) Département de l'Aisne ; (c) AGIR-Pic (c) AGIR-Pic - Riboulleau Christiane