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La Reconstruction sur le Chemin des Dames : le territoire de la commune de Craonne

Dossier IA02002052 réalisé en 2003
Aires d'études Grand Laonnois
Adresse Commune : Craonne

Les origines de Craonne semblent remonter à quatre siècles avant notre ère. Le village tient son nom du celte « craon » qui signifie la pierre, évoquant ainsi les multiples carrières de calcaire du plateau. Placé sous le patronage de saint Martin, le domaine de Craonne fut donné en 918 par la reine Frédégonde à l´abbaye Saint-Remi de Reims qui en conserva les deux tiers jusqu´en 1790, le dernier tiers appartenant au trésorier de la cathédrale de Laon. Exploitant la vigne, les villageois se convertirent à la culture maraîchère au 19e siècle suite à la crise du phylloxera qui anéantit les vendanges. Craonne devait également sa richesse à l'exploitation de carrières de pierre à bâtir et de chaux. Avant 1914, Henry Vasnier, riche propriétaire, possédait sur le plateau de Californie une grande propriété composée d'une ferme, d´une carrière, d´une maison d'habitation et d´un zoo appelé "jardin de Californie". Trois carrières de pierre à bâtir ont été recensées sur le territoire de Craonne (la carrière de la Croix de Guidon, la carrière de la Caricailloux, la carrière du four à chaux) et une quatrième de pierre à chaux (la carrière du bois de Geny). Craonne était desservi par une gare. Le village possédait également une usine de traitement des fruits et légumes, un moulin (à l´actuel emplacement du monument de Napoléon). Le château était une bâtisse en pierre de taille aux chaînages harpés possédant une tour ronde à l´angle de deux corps, couverte d´un toit à six pans. La position défensive qu'offrait le village et ses alentours à l'extrémité orientale du Chemin des Dames, au sommet d'un plateau pentu, lui valut d'être largement sollicité tout au long de la Première Guerre mondiale. Dès le 13 septembre 1914, les combats ravagèrent le site, qui se trouvait alors derrière la ligne dans le camp ennemi. Le front se stabilisa jusqu'en avril 1917. Pendant trois ans, les troupes adverses purent fortifier le secteur en construisant des abris bétonnés, des casemates, en creusant des tunnels permettant un accès couvert à la première ligne et en consolidant un vaste réseau de tranchées. Le plateau de Californie, d´une importance stratégique essentielle pour l´occupation et la maîtrise du Chemin des Dames, fit ainsi l´objet de nombreux affrontements très violents. La vue imprenable sur la vallée de l'Aisne permettait à l´ennemi d'appréhender les assauts, expliquant en partie l'échec de l'offensive Nivelle. L'attaque fut réitérée plusieurs fois jusqu'au 21 avril 1917. Le 6 mai, les Français parvinrent enfin à gravir les pentes et à accéder au plateau, conservant le secteur jusqu´à la fin de la guerre. Confié à l'Etat et racheté par l'ONF, le site de l'ancien Craonne fut reboisé ; un arboretum en occupe aujourd'hui l'emplacement. En 1911, les 608 habitants du Craonne d'avant-guerre n'était plus que 44 en 1921 et 143 en 1926. Le chiffre est aujourd'hui d'environ 96 personnes.

Références documentaires

Documents figurés
  • La montagne de Craonne, plan, par Henri Delacourte, 1908 (AD Aisne : 4° Br 51).

  • Craonne (Aisne) - Hôtel et café Lefèvre, carte postale, par Hardy photographe, 1er quart 20e siècle (AP).

  • Craonne (Aisne) - La tour, carte postale, [s.n.], 1er quart 20e siècle (AP).

  • Craonne (Aisne) - Monument élevé en souvenir de la bataille de Craonne, carte postale, F. Barnaud photographe, 1er quart 20e siècle (AP).

  • Photographie ancienne, [s.n.], 1er quart 20e siècle (ECK, Francis. Il était une fois dans l'Aisne. Laon, Graines d'histoire, 2001, t. 2 : Châteaux construits ou reconstruits au 19e siècle et détruits au 20e siècle, p. 121).

Bibliographie
  • DELACOURTE, Henri. Craonne et sa montagne. Reims : Matot-Braine, 1908.

  • TRANCHART, A. Monographie. Craonne : [s.n.], 18 avril 1888.

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