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La ville d'Abbeville - conditions d'enquête

Dossier IA80010356 réalisé en 2015

Fiche

1 - Contexte institutionnel et objectifs

Partageant le même dessein de la constitution d'une vaste étude sur l'histoire et le patrimoine abbevillois, la Ville d'Abbeville, au travers du service patrimoine, et le Conseil régional de Picardie, au travers de la direction de l'inventaire et du patrimoine culturel, ont signé une convention pluriannuelle 2015-2017 qui a pour objectif la réalisation d'un inventaire du patrimoine culturel du territoire communal.

Œuvre scientifique, l'inventaire du patrimoine culturel d'Abbeville permettra d'améliorer la connaissance historique et patrimoniale du territoire, en rendant sa constitution et son bâti intelligibles. Les connaissances ainsi rassemblées seront par ailleurs utiles à l'obtention du label Pays d'art et d'histoire – qui concerne Abbeville et une partie de la Picardie maritime –, tout en permettant de positionner le patrimoine comme une clef de développement des fédérations des entités urbaines. Ces connaissances seront également fortement appréciées par les services de la ville qui œuvrent sur les questions de cadre de vie, ainsi qu'aux urbanistes et aménageurs, notamment dans le cadre de l'élaboration de prescriptions. Enfin, le patrimoine constituant un enjeu pour la revitalisation des territoires, l'Inventaire permettra de contribuer à l'amélioration tant de l'attractivité du cadre de vie des habitants de la ville que de l'attrait touristique.

Identifiée, dans le Schéma Régional d'Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SRADDT) de Picardie, comme une des villes piliers de la métropole en réseau, Abbeville est également un acteur majeur du grand projet régional "Côte Picarde Vallée de Somme". Parce qu'elle permet de qualifier les espaces urbains et les relations entre la ville et son territoire, l'opération d'inventaire peut contribuer à encourager la mixité des fonctions et à accroître les fonctions de centralités d'Abbeville en réseau avec les pôles urbains du territoire, à renforcer son attractivité et à appuyer les développements touristiques pérennes au service de tous. Elle peut aussi permettre de nourrir les réflexions sur les problématiques mises en évidence dans la Directive Régionale d'Aménagement (DRA) "Vallées" et plus particulièrement dans la DRA "Quartiers de gare".

Consciente de la richesse de son patrimoine et souhaitant mieux le connaître et le valoriser, la ville d'Abbeville a créé en 2011 un service dédié à la préservation, à la connaissance, à la valorisation et à l'animation du patrimoine, qu'il soit immobilier, mobilier ou naturel. Cet engagement politique fort participe à la démarche de labellisation Pays d'art et d'histoire, qui permettra à la Ville de jouer pleinement son rôle moteur et fédérateur sur le territoire de la Picardie maritime.

Depuis janvier 2014, le service patrimoine d'Abbeville s'est vu en outre confié la mission de procéder à l'inventaire et au récolement de tous les objets mobiliers conservés dans les différents sites patrimoniaux, qu'il soient ou non protégés au titre des monuments historiques. Ces opérations se font sous le contrôle scientifique et technique de la DRAC Picardie (CRMH) et du Conseil général de la Somme (CAOA).

Accroître les connaissances du patrimoine abbevillois, c'est également poursuivre la mission de valorisation confiée au Service Patrimoine d'Abbeville. Ce travail sur le patrimoine mobilier et l'opération d'inventaire, qui portera plus particulièrement sur l'urbanisme et l'architecture de la ville, constitueront une garantie solide pour le dossier de candidature du label Ville et Pays d'art et d'histoire et la préparation du futur Centre d'Interprétation de l'Architecture et du Patrimoine (CIAP).

2 - Descriptif de l’opération

a. Délimitation de l’aire d’étude

Le périmètre de l'opération est le territoire de la commune d'Abbeville, dans la chronologique habituelle des opérations d'inventaire, soit de l'époque médiévale à trente ans avant nos jours.

Configuration géographique du territoire, situation et site

Sous-préfecture de la Somme, seconde ville du département en terme de population, Abbeville prend place aux confins de l'embouchure du fleuve, à 45 kilomètres en aval d'Amiens. D'une superficie de 26,42 kilomètres carrés, la commune comptait 24104 habitants en 2011 – soit une densité au kilomètre carré de 912 habitants. Implantée en fond d'estuaire, sur un site à l'hydrographie très riche, Abbeville fut longtemps une ville d'eau. Ses terrains marécageux sont en effet le point de confluence de nombreux ruisseaux et rivières qui ne sont aujourd'hui plus visibles dans leur traversé de la ville suite aux travaux d'assainissement entrepris notamment lors de la seconde reconstruction.

Périodisations

Occupé dès le Paléolithique, le territoire d'Abbeville fut le cadre de découvertes d'industries lithiques acheuléennes. Ces vestiges, qui furent notamment étudiés par Jacques Boucher de Perthes (1788-1868), illustre abbevillois considéré comme un des fondateurs de la science préhistorique, furent mis au jour sur les plateaux cernant l'actuel centre-ville. Les fouilles effectuées dans le centre-ville n’ont en revanche pas révélé d'occupation du site durant les périodes préhistorique et antique. Durant cette dernière, Abbeville était en effet une zone marécageuse et entourée de forêts, à l'écart de la voie romaine qui reliait Samarobriva (Amiens) à Gesiracum (Boulogne). L'état actuel de l'art fait donc débuter l'histoire de la ville plus tardivement, durant le haut Moyen Âge.

L'essor médiéval

En 1088, Hariulf (v. 1060-1143), un annaliste de l'abbaye de Centula (Saint-Riquier), mentionna pour la première fois Abbeville comme faisant partie, en 831, des biens de l'abbaye sous le nom d’Abbatis Villa (ferme de l'abbaye). Cette dernière ne fut toutefois ni décrite, ni localisée. Ce qui devait ainsi constituer un domaine rural de faible importance, une métairie, aurait été, selon Hariulf, prise aux moines par Hughes Capet (v. 940-996) pour en faire une place forte contre les raids normands. Un autre annaliste de l'abbaye du 15e siècle, Jean de la Chapelle, raconta cependant une version différente. Capet n'aurait ainsi pas dépossédé les clercs, à l'inverse il leur aurait autorisé la fortification de leur domaine. Toujours est-il que les abbés-comtes perdirent leur pouvoir au 10e siècle : vers 994 Capet maria sa fille Gisèle (v.968-v. 1000) à l'avoué de Saint-Riquier, le chevalier Hugues (?,-1000), fondant ainsi la maison de Ponthieu.

En l'absence de sources archéologiques et textuelles, la topographie de la ville au 10e siècle n'est pas connue avec certitude, une hypothèse est cependant émise sur l'existence de deux noyaux d'habitation qui se seraient développés. D'une part le château, dont la littérature ignore tout, qui aurait été édifié à l’emplacement de l’actuel lycée Saint-Pierre – ancien prieuré Saint-Pierre Saint-Paul – et, d'autre part, le castellum qui aurait pris place sur une île formée par la rivière de l’Hôtel Dieu et les bras principal et secondaire de la Somme, à l'emplacement supposé de la métairie de l'abbaye. Ce castellum aurait été structuré par une voirie, la cauchie du Castel aujourd'hui rue Saint-Vulfran.

En 1130, Guillaume Ier de Ponthieu (1095-1171), dit Guillaume Talvas, accorda aux bourgeois de la ville le droit de Commune, aboutissant à la constitution d'une administration municipale. Ces libéralités – inspirées de la constitution de la commune amiénoise en 1113 – furent, à la demande des habitants, ratifiées en 1184 par le comte Jean Ier Montgommery (1141-1191) par la rédaction d'une charte communale.

Favorisés par la géographie de la ville – fleuve aisément navigable, proximité de la Manche et d'Amiens –, les échanges commerciaux d'Abbeville se développèrent. En 1200, Philippe II (1165-1223), dit Philippe Auguste, accorda aux marchands de la cité le droit de naviguer sur la Somme. Les échanges se multipliant – s'agissant notamment du commerce de la draperie –, la ville connut un fort accroissement de population qui engendra un important développement urbain. Au 11e siècle Abbeville s’étendit puis, au 12e siècle, de nouvelles fortifications furent édifiées, Abbeville doublant sa superficie pour atteindre quinze hectares intra-muros.

À partir du 13e siècle, Abbeville connut une grande prospérité économique et prit une importance politique, Saint-Louis (1214-1270) y organisant en 1250 les états généraux de la France. L’essor économique fut facilité par la réunion de commerçants et d’artisans au sein de corporations et de guildes. La ville devint alors l'un des ports les plus importants de la monarchie, il fut considéré comme le quatrième de France au 13e siècle, Abbeville comptant en 1469 entre 13 et 14 000 habitants.

Déclin et embellie des temps modernes

À la fin du 13e siècle, la ville atteignit – à l'exception d'un agrandissement entrepris à l'ouest depuis le pont des Près jusqu'à la porte d'Hocquet en 1477 – son extension maxima. Si les enceintes furent renforcées et entretenues, leur tracé resta toutefois identique. Hors les murs, des faubourgs se constituèrent le long des routes – Saint-Gilles, les Planches, Rouvroy, Menchecourt, Thuison, Bouvaque et le faubourg de la porte du bois –, mais leur développement date principalement de l'époque contemporaine. Ainsi, de la fin du 15e au début du 20e siècle, la morphologie urbaine abbevilloise évolua peu, l'entrée de la ville dans l'époque moderne coïncidant avec un déclin qui ne prit fin qu'avec l'embellie liée au renouveau de l'activité textile au 18e siècle. Cette chute d'Abbeville s’inscrivit à plus large échelle dans les troubles de la Renaissance picarde, époque qui fut synonyme de guerres et d'invasions, la Picardie constituant de 1477 à 1659 une marche frontière de la France.

À la fin du 15e siècle, Abbeville s'affaiblit. Sa population chuta – dans des proportions difficilement quantifiables –, et son économie entra en récession. Tahar Ben Redjeb note que ce déclin est lié à des causes multiples : "un mémoire de 1664 constate la décadence de l'industrie attribuée aux troubles civils et religieux du siècle précédent, aux contagions, au taux élevé des octrois et à l'envahissement monacal". Les épidémies marquèrent durablement la ville, la peste y sévit à de nombreuses reprises. Abbeville s'endetta, du fait notamment de l'entretien particulièrement onéreux de son enceinte. En 1646, les dettes de la commune se chiffrèrent à 150 000 livres, une somme très importante pour les finances communales. Enfin, les avantages consentis aux manufactures de tissage entraînèrent la fermeture des anciennes industries de lin et de coton et le départ de nombreux ouvriers.

En 1665 les privilèges accordés par Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) au néerlandais Josse Van Robais (1630-1685) permirent la création d'une manufacture de draps fins façon Hollande. En 1667 ce fut une manufacture royale de moquettes qui s'installa dans la ville. Ces établissements, créés dans le dessein d'un renouveau de l'activité textile et qui s'inscrivirent dans une politique nationale de modernisation des industries du Royaume, permirent à Abbeville une embellie durant le siècle des Lumières, sans toutefois renouer avec l'essor de l'époque médiévale. Au 18e siècle le textile permettait ainsi de nourrir les quatre cinquièmes de la population.

L'époque contemporaine, entre apathie, destructions et renaissance

L'entrée d'Abbeville dans la période contemporaine engendra l'effondrement de son fleuron, la manufacture royale des rames. Le traité commercial Eden-Rayneval – qui fut signé entre la France et la Grande-Bretagne en 1786 – porta en effet un coup fatal à la manufacture qui fut transformée en 1790 en simple société. Ruinée, elle fut vendue en 1805 et devint une fabrique de draps ordinaires. L’économie abbevilloise étant mono-industrielle, l'effondrement de sa manufacture entraîna la ville dans le déclin puis dans l'apathie. Tout au long du 19e siècle, la ville se tint en effet à l'écart du grand mouvement d'industrialisation. La construction du canal maritime de 1824 à 1827 et des écluse de Saint-Valéry de 1813 à 1825, et l’arrivée du chemin de fer en 1847, n'entraînèrent pas de sursaut industriel.

Abbeville ne connut pas, au cours des trois premiers quarts du 19e siècle, de grandes modifications de sa morphologie urbaine. Le changement n'intervint que le 2 avril 1878, date à laquelle Albert-Alexandre Carette (1841-1908), alors maire de la ville, présenta un rapport portant sur le plan d'ensemble pour la réorganisation du territoire abbevillois. Ce projet se concentrait sur le renouvellement des voiries. Il s'agissait, d'une part, de la destruction de l'enceinte et de l'édification de boulevards extérieurs sur son emplacement, mais également de percées dans la ville intra-muros afin d'en faciliter la circulation. La démolition tardive des remparts, entamée suite au déclassement militaire de la ville en 1867, fut achevée le 2 mai 1906. Les espaces libérés permirent notamment l'édification du théâtre municipal à partir de 1911. À la veille de la Grande Guerre, la ville fut ainsi libérée de son enceinte.

Les hostilités du 20e siècle frappèrent durement Abbeville. Siège du quartier général britannique sur le front ouest, elle fut bombardée durant la Grande Guerre. Ces destructions, concentrées sur l'année 1918, entraînèrent une première reconstruction dont le quartier de la gare représente aujourd'hui un témoignage. Comme à Amiens, un Plan d'Aménagement d'Embellissement et d'Extension (PAEE) fut élaboré en application de la loi Cornudet du 14 mars 1919, mais il ne trouva pas d’aboutissement.

La Seconde Guerre mondiale porta quant à elle un coup fatal à la ville. Le 20 mai 1940, la Luftwaffe déversa cinq mille bombes – notamment incendiaires –, anéantissant la quasi-totalité du centre-ville ancien et provocant l'exode de la majeure partie des habitants. Durant l'occupation, un premier projet de reconstruction fut élaboré par Jacques-Henri-Auguste Gréber (1882-1962), célèbre architecte beaux-arts qui fut ardent défenseur du mouvement City Beautiful en Amérique du nord. Déjà auteur du PAEE abbevillois en 1932, Gréber participa dès 1940 à l'élaboration d'un plan de reconstruction qui, tout en présentant une réflexion sur les voiries, demeurait résolument régionaliste dans ses formes architecturales. Son projet, rectifié en 1943, servit de cadre à la seconde reconstruction. Mise en œuvre partiellement, il fut, en raison de son coût et de la lenteur de son exécution, abandonné en 1950 au profit des réalisations de Clément Tambuté, architecte dont l’œuvre est aujourd'hui ignorée par la littérature. La seconde reconstruction d'Abbeville, qui sortit la ville de l'insalubrité, fut ainsi l'objet de deux phases entremêlées.

Les grands bouleversements urbains des Trente Glorieuses eurent un écho limité à Abbeville. La reconstruction du centre-ville achevée, seul le sud-est de la ville – entre les faubourgs du bois et Saint-Gilles –, avec notamment la zone d’aménagement concertée, entra dans une phase d'expansion, les autres faubourgs restant en dehors du processus d'étalement urbain programmé ou non. Cependant, la zone sud-est ne prit pas l'ampleur initialement envisagée. Les différents plans d'urbanisme prévoyaient en effet une augmentation considérable du nombre d'habitants : le plan d'occupation des sols, prescrit par le Préfet le 6 juillet 1972, espérait une population de 32 500 habitants en 1985 – grâce au développement urbain concentré sur le sud-est puis sur le nord-ouest – tandis que le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme, approuvé le 27 juin 1976, tablait sur une population de 45 000 à une échelle de 30 ans.

Les formes de la ville et du bâti

L'essor médiéval, le déclin puis l'embellie des temps modernes, l'apathie, les destructions puis la renaissance de l'époque contemporaine ont façonné le territoire abbevillois. Les formes de la ville et de son bâti témoignent ainsi aujourd'hui de ce continuum historique, et ce, à différentes échelles.

Sur le noyau médiéval détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, prennent place aujourd'hui les immeubles – souvent à usage mixte – des deux phases de la seconde reconstruction, ainsi que la collégiale Saint-Vulfran et le beffroi, vestiges de l'ancienne cité. Le cœur de ce centre reconstruit, de cette "croix" selon la dénomination vernaculaire, constitue la place Max-Lejeune, sur laquelle fut édifié l'actuel hôtel de ville. Cette place n'a plus la physionomie ni l'emplacement exact de l'ancienne place de l'amiral Courbet qui permettait précédemment la croisée des grandes voiries. Autour du noyau reconstruit, subsistent des édifices à l'architecture des 17e, 18e et 19e siècles qui cohabitent dans certaines zones avec des îlots datant de l'après-guerre. Habitats populaires souvent jumelé, hôtels particuliers, édifices religieux et équipements publics se côtoient ainsi jusqu'aux boulevards extérieurs qui, prenant place sur l'ancienne enceinte, marquent toujours une rupture entre le cœur de ville et ses périphéries.

Autour de cet ensemble qui constitue l'ancienne ville intra-muros, s'échelonne le périurbain abbevillois. Majoritairement, ce dernier est composé de faubourgs dont la physionomie n'a que peu évoluée et qui gardent bien souvent un caractère rural : de part et d'autre d'une route d'accès à la ville prennent place des maisons mitoyennes ou non. Au-delà de celles-ci, les terrains sont restés vierges de toutes constructions. Il n'y eut qu'au sud-est, que la ville s'étendit et ses faubourgs se rurbanisèrent au cours de la seconde moitié du 20e siècle – à travers notamment le développement de la ZAC. Cette vaste zone mêle aujourd'hui différents édifices : équipements, maisons et immeubles de logement des Trente Glorieuses mais également plus ancien, le long des faubourgs.

Enfin, au sud-ouest, au-delà de la Somme et du canal de transit latéral, la rupture est marquée par la gare, après laquelle s'étend une zone non aedificandi de terrains marécageux. Les édifices côtoyant la gare sont quant-à-eux majoritairement de la fin 19e siècle et de l'entre-deux-guerre, certains témoignant de la première reconstruction.

Abbeville compte vingt-huit édifices classés ou inscrits au titre des monuments historiques, dont sept édifices religieux, la majeure partie de l'architecture sacrée de la ville étant ainsi protégé. En outre, aucun édifice postérieur à la Grande Guerre n'est inscrit ou classé. Pourtant une grande partie de l'architecture et de l'urbanisme abbevillois date du 20e siècle. L’inventaire du patrimoine d'Abbeville permettra donc un renouvellement de l'approche patrimoniale et la prise en compte d'édifices jusque ici ignorés.

Raisons scientifiques du choix de l'aire d'étude

Ancienne capitale du comté de Ponthieu, cité commerçante, maritime et manufacturière, Abbeville a toujours tenu une place particulière dans la Picardie. Seconde ville du département de la Somme, implantée aux confins de l'embouchure du fleuve, la cité fut, au cours du 20e siècle, le théâtre des ravages des deux conflits mondiaux. De cette histoire riche, Abbeville conserve aujourd'hui un important patrimoine. Pourtant celui-ci reste encore méconnu et peu étudié. Faire l'état de l'art consacré à l'histoire et au patrimoine de la ville, revient à faire le constat d'une piètre fortune critique. Aucune étude scientifique sur la construction du territoire depuis ses origines n'a été en effet réalisée depuis le 19e siècle et les ouvrages de Charles Léopold Louandre (1812-1882) et d'Ernest Prarond (1821-1909). Par conséquent, aucune publication permettant de comprendre le continuum historique et les évolutions urbaines n'existent sur la ville.

Cherchant à combler cette lacune, l'étude d'inventaire d'Abbeville s'inscrit en outre dans la continuité des enquêtes sur les villes moyennes de Picardie initiées dans les années 1980 avec l'étude de Noyon, puis poursuivit avec celles de Laon ou encore de Château-Thierry.

b. Les enjeux scientifiques

Intérêt scientifique de l'opération

De l'histoire abbevilloise, résulte une stratification du bâti dont l'articulation – faite de ruptures et de continuités – reste à rendre intelligible. Il s'agit ainsi de comprendre l'histoire de la ville à travers une approche spatiale et une analyse urbanistique. Par ses qualités et ses dimensions, le territoire communal permet de renouveler l'approche scientifique et de construire des outils de lecture de la ville transposables et qui permettront à terme des comparaisons avec d'autres villes de la région.

Les problématiques scientifiques

Compte-tenu de l'état des lieux et des enjeux scientifiques de l'étude, trois problématiques ont été définies afin de décrire et d’analyser les principaux enjeux urbains :

  • ville et eau qui interroge la place de l'eau dans l'évolution de la morphologie urbaine ;
  • centralités et périphéries qui questionne, sur le temps long de l'histoire, les échelles et les interfaces de le ville ;
  • ainsi que reconstructions qui porte sur les destructions massives liées aux hostilités du 20e siècle qui engendrèrent une transformation radicale du tissu urbain abbevillois.
Aires d'études Trois Vallées
Adresse Commune : Abbeville

Références documentaires

Documents figurés
  • [Reconstruction de la rue Saint-Vulfran depuis le parvis de la collégiale], photographie, 1951 (AC Abbeville ; PHNB 1291).

  • [Le centre reconstruit depuis l'hôtel de ville vers le nord], photographie, [dans les années 1960] (AC Abbeville ; PHNB 1361).

  • [L'Hôtel de ville d'Abbeville], photographie, [dans les années 1970] (AC Abbeville ; PHNB 1186).

  • [ZAC sud-est en construction depuis le centre aéré Robert Viarre], photographie, 1973 (AC Abbeville ; PHNB 1351).

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) Ville d'Abbeville - Noyer-Duplaix Léo