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Le territoire communal de Saint-Quentin-en-Tourmont

Dossier IA80007290 réalisé en 2005

Fiche

Œuvres contenues

La carte de Cassini indique très clairement le contexte naturel au milieu du 18e siècle : un massif dunaire longeant le territoire à l´ouest, la baie de Somme et les marais arrières littoraux du Marquenterre, traversé par la Maye.

La marche des dunes dans cette zone particulière rend l'histoire du territoire assez complexe, reflétant un village déstabilisé par l'évolution naturelle du littoral. En effet, d'après Demangeon et Darsy : "Le curé disait en 1728 que le tiers de sa dîme était perdu par suite de l'invasion des champs par le sable. Une enquête faite dans le pays en 1786 apprit, de la bouche des vieillards, que les habitants de Saint-Quentin en étaient à leur troisième église et que le village, chassé par les sables, avait été déjà démoli et reconstruit plus loin ». En effet, la carte de Cassini (vers 1756) indique l´ancien emplacement du village en bordure de mer. De plus, la date de construction de l´église (1779) permet de dater le déplacement du village.

Au milieu du 19e siècle, les dunes avaient largement progressé vers l´est et la Baie de Somme s´était ensablée.

Limites administratives

Louandre indique que la banlieue de Saint-Quentin, « bornée au nord par l´Authie, au sud par la banlieue de Rue, s´étendait à l´est jusqu´au fief de Villers et à l´ouest jusqu´à la mer ».

L´occupation humaine traduit deux préoccupations, d´après la carte de Cassini : celle de la défense militaire d´une façade littorale avec une succession de trois corps de garde et d´autre part, la vocation agricole de la région avec l´indication d´une série de fermes et moulins isolés.

De nombreux lieux-dits apparaissent en 1756 : la Verdurette (justice maison, aujourd´hui disparu), Petite et Grande Pastures (justices maisons), la Violette (justice maison et moulin à vent, aujourd´hui disparus), l´Eclusé (idem), le Bout des Crocs (hameau sans église), Quenquenoi (justice maison, aujourd´hui ferme), la Haye Pené près d'une écluse (hameau sans église, aujourd´hui ferme), la Margueritel (justice maison, aujourd´hui ferme), le Platon (justice maison), Froise (hameau sans église, aujourd´hui sur le territoire de Quend), le Bosquet (justice maison).

Le cadastre napoléonien (1826) complète cette vision du territoire, composé de deux entités : le village et le hameau du Bout des Crocs, ainsi que d´une multitude de fermes isolées au coeur des bas-champs. Le sud-ouest du territoire a été ajouté à la commune après 1832, c´est pourquoi la Haie Penée, la Pâturette, les Clière n´apparaissent pas sur le cadastre. Dans le recensement de population, le Fort-Mahon faisait partie du territoire jusqu´en 1881 mais ne figure pas sur le cadastre napoléonien. Le territoire de Saint-Quentin varia ainsi de superficie : en 1836, il comptait 3259 ha, 3289 en 1899 pour atteindre 2421 dès 1911.

Le port de Saint-Quentin-en-Tourmont

L´existence d´un port à Saint-Quentin-en-Tourmont est attestée dans les textes dès le 9e siècle (Louvencourt). D'après Dufételle, le village accueillait, encore en 1754, des bateaux de pêche. Un endroit propice pour recevoir les bateaux devait sans doute exister au lieu-dit « Le Grand Gouffre », aujourd´hui à plus d´un kilomètre de la mer. Situé à l´embouchure de la Maye, le port aurait été créé afin de remplacer celui de Rue dont l´entrée se fermait par l´apport d´alluvions. Il semble pourtant ne pas avoir une grande importance. Il s´agissait probablement d´une crique naturelle où les pêcheurs retiraient leur bateau pour les protéger de la tempête. Progressivement des bancs de sable et des dunes se formèrent au large, achevant d´en obturer la sortie. Le port fut ainsi définitivement abandonné au 18e siècle. La pêche occupait pourtant encore au milieu du 20e siècle quelques habitants du Bout des Crocs.

Evolution démographique

En 1800, le territoire rassemblait 551 individus. Ce chiffre diminua au cours du premier quart du 19e siècle pour atteindre les 534 habitants en 1836. Stagnante jusqu´au milieu du 19e siècle, la population chuta à 345 habitants à la fin du 19e siècle pour ensuite retrouver le chiffre de 500 âmes en 1906. A partir de cette date et jusqu´en 1936, la population ne cessa de diminuer pour atteindre les 339 habitants. Selon Pinchemel, la commune perdit 23 % de sa population au cours de la période étudiée (1836-1936).

Tout au long du 19e siècle, le chiffre des constructions resta stable, aux alentours d´une centaine (sauf une baisse importante entre 1800 et 1836 passant de 98 à 86 maisons, sans doute liée à la chute démographique). Le chiffre ne cessa d´augmenter jusqu´en 1906 (122 maisons), puis diminua à nouveau jusqu´en 1936 (94), suivant ainsi la courbe sinusoïdale que dessinait l´évolution de la population.

Revenus communaux

A la limite des 18e et 19e siècle et ce, jusqu´au début du 20e siècle, Saint-Quentin disposait d´un moulin à vent mais était dépourvu de moulin à eau.

Les dunes, autrefois à usage de garenne, servaient au 18e siècle de pâturage au bétail. Afin de les étendre davantage, la commune avait émis le projet de fixer les dunes par la plantation d´oyats. L´importante superficie du massif sableux donnait à la commune au milieu du 20e siècle la ressource d´exploitation d´arbres nombreux, qui fut d´ailleurs anéantie par les Allemands au cours des années d´occupation.

Evolution de l´économie

D´après le recensement de population, en 1836, les professions les plus rencontrées étaient domestique, cultivateur, serrurier, journalier, ouvrier, berger, pêcheur, marin, charron ménagère, tailleur d´habit, cabaretière, fileuse, douanier, coutrière, cordonnier, manouvrier.

Sur le canton de Rue, d´après Pinchemel, « l´artisanat textile représente 80% des effectifs industriels de 1836 avec 374 artisans. Favières et Saint-Quentin ont de 10 à 30 artisans textiles. Ces artisans sont surtout des tisserands et des badestamiers mais il y a aussi des fileuses et quelques artisans spécialisés. Ils travaillaient pour deux fabricants de bas de Quend et de Rue. Il est très vraisemblable que la situation de 1836 reflète un artisanat déjà en déclin ».

Peu à peu, la diminution de l´artisanat engendra l´augmentation du nombre d´exploitations par la conversion des artisans en paysans. Le nombre de fermes passa de 7 à 34 entre 1836 et 1911 pour diminuer à 18 en 1945. L´évolution du nombre des ouvriers agricoles est liée à celle du nombre d´exploitations (de 40 à 124 entre 1836 et 1911).

La surface totale des terres de la commune (2359 ha) était répartie pour plus de la moitié en dunes, le reste étant occupé par les prés, les terres à labour et les bois dans une proportion à peu près égale.

Le graphique présentant l´évolution de la culture sur le territoire entre 1853 et 1945 indique l´abandon de certaines plantes, telles que la chicorée, le froment et le méteil et, au contraire, l´apparition d´autres (pomme de terre, betterave, légumes verts en quantité importante). La superficie des prairies avait largement diminué alors que la surface consacrée à l´avoine avait quasiment doublé. Dans les années 1920, on cultivait également sur le territoire tomates et endives en serres, ainsi que artichauts, poireaux et choux fleurs. La culture des artichauts (107 ha) se développa sur la commune en raison de la présence de terres argileuses sous l´impulsion de Henri Jeanson, grand propriétaire. En 1945, la superficie cultivée (sur un total de 273 hectares de terres labourables) comportait essentiellement du blé, de l´avoine et des betteraves industrielles et fourragères. Les autres plantes étaient cultivées de manière parcimonieuse (lin, légumes verts, seigle, orge).

Concernant l´évolution des espèces animales sur le territoire, il est flagrant, d´après le graphique, de voir que le nombre des bovins augmenta largement entre 1911 et 1918, alors que les ovins ont quasiment disparu. L´élevage devint donc au milieu du 20e siècle de plus en plus important dans la commune, c´est pourquoi on préféra convertir les champs en pâture.

Saint-Quentin ne disposait pas d´un accès direct à la mer. Le développement touristique de la commune se fit donc avec la création du parc ornithologique, créé au début des années 1960. Ce polder à vocation agricole fut aménagé en 1973 et acquis par le Conservatoire du Littoral en 1987. Le Domaine du Marquenterre a été créé en 1923 par Henri Jeanson, industriel parisien. Il fixa les dunes par des plantations de pins.

Aires d'étudesSomme
AdresseCommune : Saint-Quentin-en-Tourmont

L´étymologie du nom de la commune n´est pas fixée : son origine proviendrait soit du Normand Tourmond qui aurait débarqué avant de se soulever contre le roi Louis d´Outremer, soit de la dénomination latine « tauri mons » : mont des taureaux, ou« entouré de monts » comme l´indique une charte de 986. D´après Belleval, à l'origine, le village portait uniquement le nom de Tourmont de 986 à 1100 (Tauri en 986 et Tormunt en 1197 selon Delattre). Plus tard, Saint-Quentin devint patron du village : le nom paroissial compléta le nom historique. Brunel parle déjà en 1217 de « Saint-Quentin-de-Tourmont ». Le village est désigné en 1257 (dans le cartulaire de Ponthieu) par l'expression de villa de Torto-Monte". La seigneurie dépendait du chapitre de la cathédrale d'Amiens. En 1257, elle appartenait à l´abbaye de Forest-Montiers : à cette époque, Jeanne, comtesse de Ponthieu, en fit don à son parent Odon de Rocherolles, chevalier. Le territoire passa en 1700 aux mains du marquis de Mailly-Nesle et en 1763, entre celles du roi, comte d´Artois, futur Charles X. Jusqu´à la Révolution, la paroisse de Saint-Quentin-en-Tourmont, formait avec d´autres la commune du Marquenterre, ainsi désignée dans une charte de 1199. En 1791, les terres du Marquenterre furent vendues comme biens publics. La commune d´origine disparut et fut scindée en deux territoires : Quend et Saint-Quentin.

Sites de proctectionZNIEFF, parc naturel

Annexes

  • L´évolution de l´architecture sur le territoire de Saint-Quentin

    Le territoire s´étend sur une grande superficie et s´étire surtout le long des chemins. La commune se scinde en deux entités bâties : Saint-Quentin et le Bout des Crocs, distants l´un de l´autre d´environ un kilomètre, également parsemée de nombreuses fermes.

    Les cartes du 18e siècle (A.D. Somme : RL 343) présentent déjà un bâti relativement aéré, composé de fermes imposantes, isolées, et de logis seuls regroupés en villages ou hameaux, associés par deux ou trois, avec étendues herbagères à l´arrière.

    En comparant le cadastre par masse de culture (1804) et le cadastre napoléonien (1833), on remarque qu´au milieu du 19e siècle, le bâti se densifie autour des noyaux constitués par les fermes du Bout des Crocs, du Champ dit Quesnoy et principalement de Saint-Quentin. Mais l´importance qu´occupent les prairies et jardin-verger-potager à l´arrière de chaque construction permet au territoire de conserver un aspect relativement aéré : l´activité de culture et d´élevage explique cette structuration concentrique des prairies et des champs. Le bâti s´organise le long de la trame viaire, qui résulte des anciens tracés de canaux de drainage, donnant aux parcelles un aspect irrégulier. Irrégulières et entourées de haies ou d´arbres, traversées de nombreux fossés de drainage, elles sont d´une superficie limitée. L´extension du territoire est bloquée à l´ouest par les dunes ainsi qu´au nord et au nord-ouest par les marais.

    D´après le PLU, dans les années 1940, les habitations sont séparées du massif dunaire par des boisements. De nouveaux chemins rattachent le noyau du Bout des Crocs à celui de Saint-Quentin. Dès 1959, la voirie sinueuse en forme de boucle est améliorée.

    Jusqu´en 1990, le bâti s´est peu développé, le parcellaire agricole s´est légèrement simplifié avec quelques regroupements dans le bourg du Bout des Crocs.

    Le graphique extrait de l´état de la matrice cadastrale du territoire indique plusieurs pics de construction (en 1842, 1848, 1877 et 1889) dont nous ignorons les raisons (de plus, ils ne correspondent pas aux augmentations successives de la population).

    Le journal de l´architecte Bertier (auteur des monographies du chantier 1425 commandées par le musée des Arts et Traditions Populaires), nous fournit une description intéressante d'une maison type de ménager à Saint-Quentin en 1945. Nous n´en donnerons que les éléments spécifiques au territoire, le reste de la construction rassemblant les éléments identiques aux maisons de l´arrière-pays maritime :

    « la fondation des murs s´effectue à un mètre avec de la chaux hydraulique ou du ciment et des pierres concassées. La présence de l´eau à 20 cm gêne pour les fondations et l´on doit vider la tranchée creusée. Les charpentes sont en chêne. Avant la guerre, on effectuait des puits en maçonnerie ».

    Orientées pour être abritées contre les bourrasques, les fermes traditionnelles, en long (avec plusieurs fonctions sous le même toit) ou en L, sont indépendamment implantés à l´aplomb des rues ou en retrait suivant le réseau hydrographique. Les constructions sont toutes disposées selon une orientation est-ouest probablement pour limiter les risques d´ensablement ; elles sont donc soit parallèles soit perpendiculaires à la rue. Les logis sont rarement mitoyens. Les volumes sont allongés et bas.

    Toujours selon l´auteur, « les matériaux traditionnels sont des moellons crayeux non gélifs ou le silex pour le soubassement ou solin [ou brique recouverte de goudron]. Les lattes de tilleul recouvrent le tout et le colombage est réalisé à base de torchis (mélange d´argile, de foin et de débris de lin) ». Les briques utilisées à Saint-Quentin sont issues des usines de Saint-Josse et Dame Camier. Ce matériau tend à remplacer le torchis et pans de bois dès la fin du 19e siècle mais les proportions des bâtiments sont conservées. Les pignons des dépendances exposés aux intempéries et aux violences des vents d´ouest disposent d´une maçonnerie alliant brique et silex en lits alternés.

    Les menuiseries sont en bois peint de couleurs sombres (noir, vert foncé, marron). La couverture, généralement en pannes du Nord (tuiles à glissement), est parfois en ardoise. La toiture à deux pans (entre 45 et 50°) dispose à la base d´un coyau et parfois de croupes, mais est dépourvue d´ouvertures. La maison présente « souvent le mur pignon, parfois couvert de pannes, au vent de mer (ouest). A gauche, sont deux petits cabinets dont l´un sert de chambre aux époux et l´autre de débarras. Derrière les cabinets, on trouve l´étable où sont abritées deux vaches. De l´autre côté de la salle commune, une grande pièce qui sert de chambre et même de dortoir aux nombreux enfants. Le chauffage de la maison s´effectuait avec un poêle flamand alimenté au charbon. Dans les années 1930, le feu de bois et la crémaillère étaient encore utilisés dans toutes les maisons qui possédaient une cheminée picarde et un four ».

    Bertier poursuit sa description : « Attenant à la maison vers le jardin, un appentis ou « ravalet » abrite une petite laiterie où l´on écrème et on fait du beurre, plus loin le four et les WC.

    Sur le côté gauche de la cour, un petit bâtiment où se trouvent les porcs, les veaux, les lapins et poulailler. On peut également y placer le charbon et les betteraves. Une petite construction

    abrite le fourneau en brique et l´immense chaudron où on fait cuire les aliments pour les porcs ».

    D´après une habitante, les caves, quand il y en a, sont ici réservées à la conservation du cidre. Il y a trop d´eau pour y laisser les betteraves et pommes de terre.

    D´après les cartes postales du début du 20e siècle, les gardes du littoral et douaniers habitaient des maisons situées au milieu ou en bordure des dunes. La plupart ont disparu : l´auteur cite la maison rouge à Jasper, la maison à canards en limite de la Pyramide, la maison Boucart à la Moulirette. D´autres ont été réhabilitées : la Maison Miennay au Bout d´Amont, la Garennière à l´entrée du parc. Des huttes cubiques en ciment ont été construites au début du 20e siècle par un ancien propriétaire.

    D´après les renseignements que rassembla l´architecte Bertier auprès des habitants lors du chantier 1425 par les ATP après la Seconde Guerre mondiale. On complète la protection des maisons par la plantation de peupliers ou d´ormes. Les peupliers sont de deux essences dont la plus courante est le peuplier blanc de Hollande appelé ‘trembli´ ou plus couramment ‘blanc´. On trouve encore le frêne, le chêne et le sycomore. Le sable ne nourrit plus les ormes qui déprécient et meurent peu à peu. On trouve aussi le hêtre.

  • Evolution du paysage sur le territoire de Saint-Quentin-en-Tourmont

    Le PLU indique les grandes phases d´évolution du paysage :

    La conquête des terres sur la mer par l´édification de renclôtures a permis la formation de bas champs ; l´urbanisation, devenue possible sur ces nouveaux espaces, était à l´origine organisée autour de l´activité d´élevage.

    Les premières digues, établies au 18e siècle, destinées à drainer l´eau à des fins de développements agricoles, sont situées au sud de la commune, à l´entrée de la baie.

    Les parcelles devinrent plus géométriques et plus importantes grâce à l´allègement du réseau de drainage.

    En raison de la difficulté de dessèchement des terres, Henri Jeanson creusa en 1935/1936 un canal qui partait de la Margueritelle pour s´écouler dans la Maye à travers le Bout des Crocs. Il entoura les terres de l´exploitation (située dans la partie la plus basse des bas champs) de digues et de fossés destinés à évacuer par pompage le trop plein d´eau.

    Le massif dunaire, vaste étendue sans culture, ne retenait pas l´attention. A partir du 19e siècle, la protection de l´arrière-pays contre l´ensablement devint une préoccupation essentielle. Une vaste plantation d´oyats et de pins fut mise en place afin de fixer les dunes.

    Selon Pinchemel, avant le recensement de 1911, Quend reçut les deux tiers des dunes du littoral pour plusieurs raisons dont la principale était la présence de Quend-Plage, créé en 1897, dont l´unique route aboutissait à Quend, totalement isolée de son chef lieu, Saint-Quentin. En 1922, le hameau de Fort-Mahon, qui avait également pris une grande importance avec son annexe Fort-Mahon-Plage, née en 1886, fut érigé en commune et son territoire soustrait à celui de Quend.

  • Description du territoire de Saint-Quentin-en-Tourmont

    Au coeur du Marquenterre, le territoire est situé entre Le Crotoy au sud (dont il est séparé par la Maye), Rue à l´est et Quend au nord. Desservi principalement par la Route Départementale 204, il s´étend sur une superficie de 3289 hectares, dont une majeure partie sur les dunes.

    En effet, Saint-Quentin est localisé entre le massif dunaire à l´ouest (qui s´étire entre la baie d´Authie et la baie de Somme sur une profondeur de un à trois kilomètres) et le plateau crayeux du Ponthieu à l´est. Entre ces deux entités s´étendent les bas champs du Marquenterre. Le massif dunaire possède une importance primordiale pour l´agriculture d´une part en limitant l´action éolienne et en conservant les milieux humides des marais arrières littoraux par rétention d´eau.

    Le village s´est implanté sur une platitude composée d´un dépôt de sables et de galets formant une butte, appelée foraine ou pruque. L´eau y est un élément structurant important : « La rivière la Maye et le réseau de canaux qui lui est attaché forment un paysage hydrographique complexe composé d´une multitude de canaux qui se serpentent sur le territoire communal et constitue un aspect paysager caractéristique de la commune » (PLU).

    Le sol argilo-limoneux de l´arrière-pays profite fortement à l´agriculture. Le territoire bénéficie d´une certaine variété des milieux : zones de renclôtures, openfield, bocages. Les digues sont accompagnées de fossés d´écoulement qui entraînent l´eau vers des collecteurs plus importants. « Le parcellaire est hérité du réseau de renclôture qui a délimité les propriétés et les unités culturales. Le tracé viaire ancien est sûrement issu du tracé des anciennes digues, ce qui explique un maillage lâche et un habitat de faible densité. Quelques fermes ont été bâties parallèlement à l´édification de renclôtures ».

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série E ; 206 E_DEP 26. Dénombrement du bétail de Saint-Quentin-en-Tourmont, [1836-1870].

  • AD Somme. Série M ; 2 MI_LN 313. Recensement de population de la commune de Saint-Quentin-en-Tourmont, 1836-1936.

  • AD Somme. Série M ; 9 M 106897/1. Culture du chanvre, 1892-1897.

  • AD Somme. Série M ; 6 M 2408. Situation industrielle dans l'arrondissement d'Abbeville, [2e moitié 19e siècle].

  • AD Somme. Série M ; 6 M 2407. Situation industrielle dans l´arrondissement d´Abbeville [1860-1869].

  • AD Somme. Série M ; 6 M 2299. Statistiques des animaux existants, communes de l'arrondissement d'Abbeville, [1911].

  • AD Somme. Série M ; 6 M 2103. Tableaux synoptiques des réponses par communes concernant la superficie réservée à chaque culture, arrondissement d'Abbeville, 1853-1855.

  • AD Somme. Série M ; 6 M 2032. Enquête auprès des maires. Recensement du bétail existant au 30 juin 1918 et disponibilité pour la boucherie ou la vente. Tableau récapitulatif communal,[1918].

  • AD Somme. Monographie communale de Saint-Quentin-en-Tourmont rédigée par l'instituteur Delecourt. 1899.

  • AD Somme. Série P ; 3 P 713/3. Etat de section de la commune de Saint-Quentin-en-Tourmont, [19e siècle].

Documents figurés
  • Plan du Marquenterre, de la Baie de Somme à la Baie d´Authie, 18e siècle, encre et lavis sur papier, 18e siècle (AD Somme : RL 343).

  • Cartes du pays du Marquentaire entre l´Authye et la Maye, 1717, encre et lavis sur papier, 1717 (A.N. : N III Somme 71).

  • Carte de la Somme, carte, par Cassini, vers 1756.

  • Saint-Quentin-en-Tourmont. Plan cadastral, 1828 (AD Somme ; 3 P 1471).

  • Saint-Quentin-en-Tourmont. Plan cadastral, 1828 (AD Somme ; 3 P 1471).

Bibliographie
  • BACQUET, Gérard. Le Ponthieu. Auxi-le-Château, Gérard Bacquet, 1992.

    p. 475-476
  • BELLEVAL, René de. Chronologie d'Abbeville et du comté de Ponthieu. Paris, P. Chevalier, 1899.

    p. 301
  • BELLEVAL, René De. Les fiefs et les seigneuries du Ponthieu et du Vimeu. Brionne, Gérard Monfort, 1975.

    p. 301
  • BRUNEL, Clovis. Recueil des Actes des Comtes de Ponthieu. Paris : Leroux Ernest, 1930.

  • DALLERY, Francis. Les rivages de la Somme, autrefois, aujourd´hui, demain. Paris, Editions A. et J. Picard et Cie, 1955.

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  • DARSY. Quend et le Marquenterre. La Picardie. Amiens, 2e série, t. 3, 1880.

    p. 51, 52, 58-61
  • DEMANGEON, Albert. La Picardie et les régions voisines. Artois, Cambrésis, Beauvaisis. Paris, Guénégaud, 1905.

    p. 176
  • DUFETELLE, A. Monographie de Quend. Le Marquenterre. Paris : Le Livre d´Histoire, 2003. Réimpression de l'édition originale publiée à Abbeville, 1907.

    p. 2, 28, 31, 33, 77
  • GODARD, Jacques. Les ports maritimes de la Somme et leur arrière-pays, esquisse de leur évolution historique. In Hommes et Terres du Nord. 1967, n° 2, p. 71-76.

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  • GRENIER, Dom. Introduction à l´Histoire Générale de la Province de Picardie. Amiens, Imprimerie Duval et Herment, 1856.

    p. 64, 65, 169, 280
  • GUERVILLE, André. Croix et calvaires en pays de Somme. Abbeville : F. Paillart éditeur, 1998.

    p. 22.
  • HEROLD, B., LOCHMANN, X. Pays de Somme, pays de l´eau, 16e-18e siècles. Cat. Expo., Archives Départementales de la Somme, Musée départemental de l´abbaye de Saint-Riquier, 4 février-10 mars 1991.

    p. 6
  • JEANSON, Claude. La face cachée des dunes. Le domaine du Marquenterre, souvenir et document, 1923-1993. Saint-Quentin-en-Tourmont, Marcanterra Editions, 1993.

    p. 14, 15, 21, 22-24, 168
  • LEDIEU, Alcius. Dictionnaire d´histoire locale. L´arrondissement d´Abbeville de nos jours et le Ponthieu en 1763. Abbeville : Imprimerie E. Caudron, 1881.

    p. 85-86
  • LEFILS, Florentin. Mélanges d´anecdotes et légendes concernant la géographie, l´archéologie et l´histoire des côtes de Picardie. Paris, Société Française, 1859.

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  • LOUANDRE, François César. Histoire d´Abbeville et du Comté de Ponthieu jusqu´en 1789. Abbeville, T. Jeunet, Imprimeur-Editeur, 1844-1845, Réimpression de la troisième édition publiée à Abbeville, Alexandre, 1883, par Marseille, Lafitte Reprints, 1976.

    p. 183
  • LOUVENCOURT, Comte A. Etat des fiefs et arrière-fiefs du comté de Ponthieu. La Picardie, 1880, 2e série, t. 3.

    p. 43, 134, 135
  • MACQUERON, Jean. Et le Marquenterre nous fut conté. Bulletin de la Société d'Emulation historique et littéraire d'Abbeville, 1988, t. XXVI.

    p. 337, 339
  • MACQUERON, Henri. Le Ponthieu en 1700, d'après la mémoire sur la généralité d'Amiens de l'intendant Bignon. Société d'Emulation d'Abbeville, 1884-1886, t. XXVI.

    p. 104
  • MERLIER, Olivier. Navigation et circulation maritime en Baie de Somme aux derniers siècles du Moyen-Age. Mémoire de Maîtrise d´histoire médiévale, sous la direction de G. Jehel et P. Racinet, Amiens, Université de Picardie Jules Verne, oct. 1996.

    p. 20
  • PINCHEMEL, Philippe. Structures sociales et dépopulation rurale dans les campagnes picardes de 1836 à 1936. Paris, Librairie Armand Colin, 1957.

    p. 45, 46, 58, 63, 65, 75, 77, 87, 94, 100, 101, 103, 112, 125, 127, 133, 135, 143, 146, 178, 180, 189, 190, 195, 199 200, 201, 214, 216, 218, 220, 222
  • PRAROND, Ernest. Le cartulaire du Comté de Ponthieu. Mémoires de la Société d'Emulation d'Abbeville, 1897, tome II.

    p. 233
  • PRAROND, Ernest. Histoire de cinq villes et de 300 villages, hameaux ou fermes. Le Canton de Rue. Paris, Abbeville, Dumoulin, Grave, Prévost, 1862.

    p. 219-227
  • RODIERE, Roger. Statistique féodale du baillage de Rue et de quelques villages voisins. Première partie. Communes du canton actuel de Rue. Bulletins de la Société d'Emulation d'Abbeville, 1938-1942, t. XVII.

    p. 207-227
  • YVERT, Jean. Vue et coutumes paysannes dans le Marquenterre aux 18e et 19e siècles. Mémoires de l'Académie d'Amiens, 1997-2000, t. 73.

    p. 69-85
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