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Le village de Berteaucourt-les-Dames

Dossier IA80009601 réalisé en 2008

Fiche

Œuvres contenues

La commune

La commune de Berteaucourt-les-Dames s'étend sur une superficie de 4,6 km². Elle comprend une population de 1161 habitants en 2009, représentant une densité moyenne de population de 250,2habitants / km². (sources INSEE). Par comparaison, cette population était de xx habitants en 1896.

La surface agricole utile est de 624 ha en 2010, contre 532 en 2000 (source : AGRESTE 2010).

Le hameau d'Harondel, par lequel passe la rivière de Nièvre, est le siège d'un fief qui connait très tôt une vocation industrielle. Dès le 13e siècle, la présence de moulins à blé y est attestée. Ils donneront le point d'ancrage de l'importante usine Saint Frères, qui s'installe justement sur ce site d'Harondel à partir de 1861.

L'évolution urbaine et le bâti du village

L'évolution urbaine

Durant le haut Moyen Âge, la terre et seigneurie de Berteaucourt relevait de la châtellenie de Vignacourt, dépendance de la seigneurie de Picquigny. Après la fondation de l'abbaye à la fin du 11e siècle, la seigneurie passe dans la mense abbatiale. Une bulle du pape Nicolas IV confirme en 1292 l'ensemble des biens que possède l'abbaye Notre-Dame de Berteaucourt-les-Dames.

Le fief d'Harondel, pour sa part, dépendait de la seigneurie de Beaumetz, qui relevait elle-même de la châtellenie de Saint-Valery. Au début du 13e siècle, Thomas de Saint-Valéry fait construire un château sur le plateau ainsi qu'un moulin en contrebas sur le cours de la Nièvre.

En 1836, le village compte 740 habitants répartis dans 195 maisons (dont 9 sont inhabitées). La situation n'évolue guère jusqu'au milieu du 19e siècle, où l'effectif de la commune est même en baisse lors du recensement de 1851. Berteaucourt compte alors 680 habitants pour 200 maisons. La reprise des petites usines hydrauliques d'Harondel par Saint Frères en 1861 provoque un afflux massif de population. Entre 1851 et 1881, celle-ci croît de 110 % pour atteindre 1426 habitants en 1881. Le hameau d'Harondel est alors confondu avec le village à cette époque, notamment grâce à la construction de cité la cité Saint Charles, en partie située sur la commune de Saint-Léger-les-Domart. Dans le détail, on observe la construction de 55 maisons entre 1851 et 1872, et 77 maisons entre 1872 et 1881. L'attractivité de l'usine, à l'ouest du village, est manifeste par le nombre de maisons que possède alors la rue des Masures, qui compte 82 maisons et 329 personnes en 1872.

En 2009, le nombre de logements était de 520, dont 1,5 % sont considérés comme des résidences secondaires et 8,3 % sont vacants (sources INSEE).

Le bâti et l'habitat

Parmi les maisons qui figurent sur le plan parcellaire de la commune établi en 1832, un groupe de six maisons identiques est représentées à l'écart, vers l'est, sur la route de Pernois (Section A2, n° 777 à 794). La plupart d'entre elles était occupée par des tisseurs. Malheureusement détruites aujourd'hui, il est difficile de savoir si elles constituaient un ensemble lié à une activité professionnelle.

Les activités économiques : l'agriculture, l'artisanat et l'industrie

Agriculture : La vocation agricole de Berteaucourt-les Dames est peu développée au milieu du 19e siècle, où une dizaine d'exploitants agricoles sont recensés. En 2010, la commune compte six exploitations agricoles.

Artisanat et industrie : Les moulins hydrauliques présents au 18e siècle siècle sont essentiellement des moulin à blé qui existent déjà au Moyen Age. Ils sont parmi les plus anciens de la vallée de la Nièvre, à l'image du moulin de l'Abbaye, attesté dès le 12e siècle, ou de celui d'Harondel, mentionné au 13e siècle. Deux roues y sont installées au 15e siècle, selon une configuration qui existe encore au 18e siècle. Deux moulins à blé fonctionnent alors grâce à deux roues hydrauliques placées en vis-à-vis. Cette vocation de mouture de blé est maintenue jusqu'au milieu du 19e siècle. A la fin du 18e siècle, seul le moulin Helluin, également appelé Moulin des Marteaux, construit en 1797 à quelques centaines de mètres de la chapelle Saint-Gautier, se distingue en étant un des rares moulins à huile présent à cette époque dans la vallée de la Nièvre.

Dans la seconde moitié du 19e siècle, l'industrie se concentre à Harondel où Moinet utilise la force hydraulique pour installer une scierie hydraulique et une filature. Mais c'est surtout à partir de 1861, et surtout après 1870, que le site va connaître un important développement industriel avec l'implantation du second tissage de jute Saint-Frères, augmenté d'une filature quelques années plus tard. En 20 ans, l'usine va passer d'un effectif de 286 personnes en 1861 à 1300 personnes en 1880. Pour autant, avant l'arrivée de Saint Frères dans la commune, l'activité textile est le premier secteur d'activité de la commune et emploie une cinquantaine de personnes en 1851.

Dénominations village
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Domart-en-Ponthieu
Adresse Commune : Berteaucourt-les-Dames
Période(s) Principale : Moyen Age, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle

La commune de Berteaucourt-les-Dames fait partie de la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type 1 "Cours de la Nièvre, de la Domart et de la Fieffes".

Sites de protection zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique

Annexes

  • Le chemin de fer et le développement du Val de Nièvre

    Le développement du Val-de-Nièvre dans la seconde moitié du 19e siècle a été favorisé et accompagné par la création de trois lignes de chemin de fer, tant pour le transport des voyageurs que celui des marchandises ou des produits agricoles.

    La ligne Amiens-Boulogne a été créée en 1847 par la Compagnie du chemin de fer d'Amiens à Boulogne, dont le réseau a été repris en 1851 par la Compagnie des chemins de fer du Nord. Elle suit la vallée de la Somme entre Amiens et Abbeville, et la section Amiens-Longpré-les-Corps-Saints est commune avec la ligne Amiens-Gamaches. Elle forme toujours une section de la grande ligne nationale Paris-Amiens-Boulogne.

    La ligne Amiens-Doullens a été aménagée en deux périodes. Le tronçon Canaples-Doullens a été mis en service en 1874, le tronçon Amiens-Canaples en 1877. Fermée au trafic voyageurs en 1938, la ligne a été temporairement réouverte en 1940-1941.

    La ligne Frévént-Gamaches a été créée par la Compagnie du chemin de fer de Frévent à Gamaches, fondée en 1869. Elle a été reprise en 1881 par la Compagnie des chemins de fer du Nord. Le tronçon Canaples-Longpré-les-Corps-Saints a été ouvert en 1874 comme ligne transversale reliant les axes Amiens-Abbeville et Amiens-Doullens. Il dessert la vallée de la Nièvre puis traverse celle de la Somme entre Flixecourt et Condé-Folie. Le trafic voyageur a également cessé en 1938, avant de reprendre temporairement en 1940-1941. La ligne a été déclassée en 1971, puis déposée entre Saint-Léger-lès-Domart et Canaples à la fin des années 1970, et entre Longpré-les-Corps Saints en 2005. L'ancienne gare de Saint-Léger-lès-Domart abrite depuis peu le siège de la communauté de communes du Val-de-Niève, celle de Pernois a été convertie en habitation particulière. Une partie de l'ancienne voie, déferrée, forme une coulée verte pour chemin de randonnée.

Références documentaires

Documents figurés
  • Carte de Cassini. N°23 : Dieppe, gravure à l'eau-forte, Le Roy le Jeune géographe, 1757.

    détail
  • Berteaucourt-les-Dames. Plan cadastral : tableau d'assemblage, dessin à l'encre, à l'aquarelle et au lavis sur papier, Desgardin géomètre, 1832 (AD Somme ; 3 P 1281/1).

  • Berteaucourt-les-Dames. Plan cadastral : section A2. Le village, dessin à l'encre, à l'aquarelle et au lavis sur papier, Sannier et Desgardin géomètres, 1832 (AD Somme ; 3 P 1281/3).

  • Berteaucourt-les-Dames. Plan cadastral : section C. Lieu-dit Au-dessous du rideau, dessin à l'encre, à l'aquarelle et au lavis sur papier, Sannier et Desgardin géomètres, 1832 (AD Somme ; 3 P 1281/5).

Bibliographie
  • GROUE, Lucien. Aux sources de la Nièvre en Picardie. Abbeville : F. Paillart, 2000.

    p. 57, 126, 140
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