Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Les colonies de vacances et les foyers de villégiature de la Côte picarde

Dossier IA80001519 réalisé en 2002

Fiche

Voir

Une des premières colonies de vacances de la Côte picarde est construite vers 1883 pour l'orphelinat de Cempuis (Oise), sur les hauteurs de Mers-les-Bains. A l'époque, l'édifice est nommé 'colonie scolaire', mais le but est le même que celui des colonies de vacances construites quelques décennies plus tard : celui d'accueillir les enfants des classes sociales défavorisées, vivant le plus souvent en milieu urbain, afin qu'ils profitent de l'air sain du bord de mer.

Les commanditaires de ces édifices sont des structures administratives ou d'assistance de Picardie ou de la région parisienne (orphelinat de Cempuis, département de la Seine) ou des personnes privées (famille Groult à Brighton [fig. 4]).

Au cours de l'entre-deux-guerres, le nombre de colonies de vacances croît, mais rares sont les édifices construits : les établissements sont installés dans des maisons de villégiature (Les Moulinets à Ault, La Bastille à Cayeux-sur-Mer) ou des hôtels de voyageurs (Hôtel des Sapins à Brighton, détruit ou Nouvel Hôtel au Bois-de-Cise) [voir ces dénominations]. Les enfants passent surtout leur été à Cayeux-sur-Mer, Fort-Mahon-Plage et Quend, stations qui connaissent le plus grand nombre de colonies à cette époque. Dans ces deux dernières stations, la volonté était de ne pas voir se développer de sanatoriums, qui ont fait le succès de Berck, mais au contraire d'attirer une clientèle familiale à la recherche d'un air sain. Le succès de leur plage, vaste préventorium, doit beaucoup à cet argument publicitaire.

Beaucoup de colonies de vacances ont été dénaturées au fil des décennies, parmi les plus emblématiques (Fondation Groult à Cayeux-sur-Mer, colonie du département de la Seine à Mers-les-Bains), de même que beaucoup de colonies ont dénaturé d'anciennes villas. A Fort-Mahon-Plage et Quend, un certain nombre d'édifices a été détruit au cours de la Seconde Guerre mondiale et l'on a pu recenser des exemples tardifs [fig. 5].

Pour les adultes des classes sociales défavorisées, travaillant dans les villes, des 'foyers de villégiature' sont fondés à Onival (communes d'Ault et de Woignarue) par des associations philanthropiques [fig. 6]. Ces édifices sont les seuls exemples à avoir cette fonction sur l'ensemble de la Côte picarde. Ceux-ci sont actuellement des immeubles à logements.

Aires d'études Bresle Yères, Trois Vallées
Dénominations colonie de vacances, foyer
Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres repérés 25
étudiés 13

Annexes

  • Liste des colonies de vacances

    Les colonies de vacances attestées dans chaque station (liste non exhaustive, établie grâce au repérage sur le terrain et aux recherches documentaires)

    - Cayeux-sur-Mer : colonie Notre-Dame (dans une villa non identifiée), colonie scolaire de Beauvais (dans l'ancienne villa La Bastide, 1936), en 1938, la colonie de Clermont, Compiègne, Senlis, s'installe rue Dumont-D'Urville.

    - Brighton (Cayeux-sur-Mer) : colonie scolaire départementale de la Somme (dans l'ancien Grand Hôtel, détruit), Fondation Groult, colonie Sainte-Marie de la Mer (par Soeur Rose, ancien hôtel Bellevue, détruit), colonie des Faucons rouges (après 1918), bungalows de la colonie de Beauvais fondée par Raoul Aubaud.

    - Onival (Ault) : colonie scolaire de Creil (Oise), associé au préventorium, près du phare d'Onival.

    - Ault : colonie de vacances de la Poste (dans l'ancien château du Moulinet).

    - Bois-de-Cise (Ault) : colonie de vacances les Hirondelles (orphelines de l'hospice de Cambrai, de 1924 à 1964, dans le Nouvel Hôtel).

    - Mers-les-Bains : colonie scolaire départementale de la Somme

    - Fort-Mahon-Plage : dans un document des Archives départementales de la Somme (1102 W 334) il est mentionné qu'avant 1945, la station possédait 15 colonies de vacances dont Sainte-Jeanne d´Arc (Amiens, située ancienne rue de la Poste), Saint-Louis, Valloires, Gargan, Le Pélican, La Ribambelle (auxquelles nous pouvons ajouter l'institution Dalayrac). Contingent de 2.500 à 3.000 enfants.

    - Quend : dans un document des Archives départementales de la Somme (1102 W 334) daté de 1945, il est fait mention d'une colonie de vacances pour 250 enfants de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne).

Références documentaires

Documents figurés
  • 70 - Onival, Fondation Marie Sourestre (sic), recto de carte postale, par H. Milan photographe éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • 60 - Brighton français. Cayeux. La colonie scolaire, fondation Groult, carte postale, par L.L. photographe éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • 241, Ault-Onival, vue aérienne, le phare, inscription au verso, carte postale, par Greff photographe éditeur, 3e quart 20e siècle (coll. part.).

  • Onival-sur-Mer (Somme), colonies scolaires du comité creillois, dortoir annexe, carte postale, [s.n.], 1er quart 20e siècle (coll. part.).

  • Onival, le préventorium, la colonie scolaire et le phare, carte postale, par Lévêque photographe éditeur, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

Bibliographie
  • Cayeux d'hier. Vie quotidienne à Cayeux-sur-Mer de 1850 à 1940. Abbeville : Chemins de Traverses, Imprimerie F. Paillard, 1990.

    pp. 116-117
  • MASSART, Christian. Cayeux. Joué-les-Tours : Alan Sutton, 1996.

    p. 35, 43
  • MINARD, Alain. Ault et ses environs, Onival, Bois-de-Cise. Saint-Cyr-sur-Loire : Alan Sutton, 2003.

    p. 66, 100, 123
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) Département de la Somme (c) Département de la Somme ; (c) SMACOPI (c) SMACOPI - Justome Elisabeth
Elisabeth Justome

Chercheur à l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie de 2002 à 2006, en charge du recensement du patrimoine balnéaire de la côte picarde.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.