Les lambris de couvrement de la chapelle Saint-Edmund du lycée Corot de Douai
Auteur
Thibaut Pierre
Thibaut Pierre

Photographe au service régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.

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Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération Douaisis Agglo
  • Commune Douai
  • Adresse 133 rue Saint-Vaast , rue Saint-Benoit
  • Cadastre 2022 CR1 501

Les décors du lambris de couvrement sont réalisés par l'entreprise Hardman & Co avec laquelle Pugin travaille depuis 1838. Un membre de cette famille vient d'ailleurs à Douai en 1843, peut-être pour préparer le chantier (Roderick O'Donnel, 1983).

Les grandes figures de l'abside au-dessus du maître-autel sont peintes par Broadhead, qui figure dans les registres d'Hardman & Co. Les trois autres artistes qui ont travaillé aux décors figurés du lambris n'ont pas été identifiés. Les motifs au pochoir et la dorure ont été réalisés par deux moines bénédictins venus spécialement de Birmingham, les frères Binnell.

D'après les livres de commande de Pugin conservés à Woolhampton, les travaux sont achevés en 1851.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
  • Dates
    • 1851, daté par travaux historiques
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Hardman & Co
      Hardman & Co

      Société anglaise de Birmingham, spécialisée dans la réalisation de décors néo-gothiques pour les églises et les demeures : décors peints, vitraux, objets liturgiques, textiles et mobilier religieux et civil. L'entreprise a travaillé sur presque tous les chantiers menés par Pugin à partir de 1838.

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L'ensemble du lambris, y compris celui situé sous la tribune de l'orgue, est recouvert d'un fond bleu décoré au pochoir de séraphins (trois paires d'ailes) et de chérubins (deux paires d'ailes) aux ailes dorées et d'étoiles dorées. Sur ce fond se détachent plusieurs décors figuratifs que l'on peut réunir en deux ensembles.

Dans l'abside, cinq personnages en pied sont représentés. Chacun occupe un quartier de voûte. Au centre de la composition, la Vierge est encadrée par deux anges en adoration puis par saint Benoit à sa droite et saint Edmund à sa gauche. La Vierge, la tête couronnée et nimbée, est habillée du traditionnel manteau bleu. Ses mains sont jointes en prière et son regard est levé vers le ciel. Ses pieds reposent sur un croissant de lune, symbole de l'hérésie qu'elle écrase, et elle est entourée de nuées d'où émergent des putti. Les deux anges sont en adoration. Dotés d'ailes rouges et vêtus d'une robe dorée recouverte d'un manteau bleu, ils portent des phylactères. Enfin, les saints sont tous deux agenouillés, accompagnés de leurs attributs : manteau royal et palme du martyre pour saint Edmund, dont la barbe rappelle qu'il était un laïc, et crosse d'abbé et habit noir des Bénédictins pour saint Benoît. La taille des personnages diminue progressivement vers les extrémités, formant une composition pyramidale dont la Vierge est le sommet. Cette composition est assez similaire à celle des tableaux des Primitifs et pourrait correspondre à la volonté de Pugin d'être au plus près des productions religieuses du XIVe siècle.

Le second ensemble est celui qui est situé dans la nef : au dessus de chaque baie un personnage en buste est représenté dans un cadre ovale. On compte donc douze personnages. Autour de chaque personnage de petits quadrilobes sont décorés d'attributs qui aident à leur identification. Peints dans un style assez naïf, les traits des visages sont différenciés et les attitudes varient. Cependant, agenouillés ou debout, ils sont tous auréolés : il s'agit probablement de saints liés à l'ordre des Bénédictins anglais. Beaucoup d'entre eux sont présentés en prière, à côté d'un crucifix, d'un crâne et quelquefois d'un livre. Certains personnages ont cependant pu être identifiés :

- médaillon n° 1 : un personnage agenouillé en prière avec un soldat en armure s'apprêtant à lui trancher la tête. Il pourrait s’agir de l’assassinat de saint Thomas Becket en 1170.

- médaillon n° 5 : une moniale auréolée en prière devant un livre ouvert, accompagnée d'une crosse d’abbesse et de lys. Il s'agit très probablement de sainte Scholastique (sœur de saint Benoît).

- médaillon n° 6 : un moine auréolé devant un crâne et sous un grand soleil, sans doute une illustration de la vision de saint Benoît (vision d’un globe lumineux).

- médaillon n° 7 : le martyre de saint Edmund qui, comme saint Sébastien, a été transpercé de flèches.

- médaillon n° 9 : un évêque bénissant un personnage couronné assis sous un arbre. Il pourrait s'agir de saint Augustin de Canterbury, évangélisateur de l’Angleterre, convertissant le roi Æthelberht de Kent.

Parmi les religieux encore non identifiés, se trouvent peut-être saint Maur et probablement saint Bède le Vénérable, tous deux importants saints bénédictins.

  • Inscriptions & marques
    • inscription concernant l'iconographie, sur l'oeuvre, latin, peint
  • Précision inscriptions

    Le phylactère de l'ange de gauche porte le texte "monstra te esse matrem" (montre-toi notre Mère), extrait de la prière Ave Maris Stella dédiée à la Vierge. Le texte de droite "sub tuam misericordiam confugimus" (sous l'abri de ta miséricorde) est la première phrase de la plus ancienne prière à la Vierge connue.

  • Protections
    inscrit MH partiellement, 1975/10/29
  • Précisions sur la protection

    Inscription par arrêté du 29 octobre 1975 : chapelle des Bénédictins anglais (ancienne) ou chapelle du Lycée Corot, y compris le réfectoire sous la chapelle

Périodiques

  • O'DONNEL, Roderick. Pugin in France : designs for St Edmund's college chapel, Douai (Nord) 1840. The Burlington Magazine, octobre 1983, vol. 125, n°967.

Date d'enquête 2022 ; Dernière mise à jour en 2022
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