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Les maisons et fermes du canton d'Aubenton

Dossier IA02000758 réalisé en 1998

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Synthèse des observations sur les maisons-fermes

Le canton d´Aubenton a été très marqué par les activités rurales et agro-alimentaires aux 19e et 20e siècles. Sa principale activité agricole a été l´élevage bovin, surtout au 19e siècle, puis le canton a connu au 20e siècle un développement important de la polyculture (en particulier les céréales).

Le paysage bocager qui semble être immémorial, bien qu´il soit en train de disparaître actuellement par le biais du remembrement, date principalement du 19e siècle.

La norme de la taille des exploitations est celle de petites et moyennes unités, peu de grandes exploitations ont été recensées et elles restent des exceptions.

Bilan général

L´habitat en pan de bois et torchis date majoritairement du 19e siècle (seuls quelques logis ou dépendances agricoles en pan de bois et torchis semblent dater du 18e siècle : Coingt, Jeantes, Landouzy-la-Ville, Martigny), mais il est très dénaturé.

Quant à l´habitat en brique ou pierre calcaire, il est relativement important avant le 19e siècle. Cependant, à l´exception des caves ou souterrains refuges d´Aubenton, aucun habitat antérieur au 16e siècle n´a été recensé, et l´habitat ancien date majoritairement des 17e et 18e siècles (Aubenton, Leuze, Martigny, Logny-les-Aubenton, Jeantes, Landouzy-la-Ville et surtout Any-Martin-Rieux où plus de 40 % de l´habitat paraît dater du 18e siècle (linteaux délardés). En revanche, l´hôtel d´Aubenton avec son décor de bustes féminins et masculins en médaillon date du 16e siècle.

A partir de la deuxième moitié du 19e siècle, l´habitat en brique a remplacé le pan de bois et torchis.

Typologie des matériaux employés

Le pan de bois et torchis est toujours accompagné d´essentage d´ardoises ou de planches, et le torchis est généralement pourvu d´un enduit.

essentage de planches concerne rarement la totalité des élévations du logis, mais plutôt les murs pignons, et les élévations postérieures. Les planches peuvent être assemblées horizontalement (plus de 90 %) ou verticalement, mais ce dernier cas est plus rare et n´a été rencontré que sur la commune de Coingt et d´Iviers. Cet essentage de planches est parfois remplacé par de l´essentage en matériau synthétique (ardoise synthétique ou plaques de Fibrociment).

On note la présence de pierre bleue en entourage des ouvertures (baies et portes), majoritairement pour l´habitat du 19e siècle en brique. Il n´y a pas, en revanche, d´utilisation de la pierre bleue comme matériau pour les élévations. Un seul édifice, le présumé presbytère de Leuze, datant du 18e siècle, en pierre calcaire, présente un encadrement de ses ouvertures en brique formant un motif décoratif en « escalier », très proche de la typologie qui se rencontre sur les communes voisines du canton d´Hirson.

La répartition des matériaux entre pan de bois-torchis/brique/calcaire est très marquée entre les communes au nord de la rivière du Thon où prédomine quasi exclusivement la pierre calcaire (Any-Martin-Rieux, Aubenton, Leuze, Martigny et Logny) et celles qui se trouvent au sud. La rivière constitue indéniablement la frontière ; les communes dont le territoire s´étend sur les deux « rives » de celle-ci montrent la même séparation entre le nord et le sud (Martigny, Logny), l´exemple le plus caractéristique étant Martigny. La principale cause en est probablement la présence au nord du Thon de carrières de pierre à Any-Martin-Rieux et Martigny, Aubenton. On en prendra pour témoins les nombreux noms de lieux-dits en relation avec le sujet : « la carrière », « les carrières », « la fosse ».

A partir du milieu du 19e siècle, et le phénomène est général, la brique tend à remplacer le pan de bois et torchis mais reste cependant minoritaire dans les zones où prédomine la pierre (Any-Martin-Rieux, Leuze, communes ou territoire de communes situées au nord du Thon : Martigny, Aubenton, Logny-lès-Aubenton. Cependant, le pan de bois et torchis reste employé tout au long du 19e siècle, même si souvent le logis est partiellement construit ou reconstruit en brique (l´élévation postérieure reste souvent en pan de bois, les autres dépendances agricoles et surtout la grange demeurent également en pan de bois et torchis.

Typologie des datations portées

Les datations portées sont assez fréquentes dans le canton et utilisent des procédés divers. Elles ne remontent pas au-delà du 17e siècle.

Le fer d´ancrage est utilisé dès le 17e siècle : Aubenton (1642 et 1664), Logny-lès-Aubenton (1609), Landouzy-la-Ville (1647), une maison de Landouzy porte une double datation (1776) à la fois en fer d´ancrage et en inscription gravée sur le linteau de l´encadrement de la porte en pierre bleue ; c´est aussi la seule maison-ferme du canton d´Aubenton à comporter une double datation.

Les fers d´ancrage sur le canton d´Aubenton ne comportent pas d´inscription, à l´inverse de certains fers d´ancrage du 17e ou18e siècles comportant souvent des extrémités recourbées ou en forme de fleur de lys.

La présence de fer d´ancrage s´accompagne fréquemment de lettres ou d´initiales qui sont généralement celles du propriétaire ou du constructeur.

La brique vernissée est également utilisée de cette manière : outre les datations sur les églises de Besmont et Leuze, ce type se retrouve aussi sur de l´habitat rural mais, semble-t-il, est toujours lié à un habitat de niveau social élevé, pour un manoir ou le logis d´une ferme de propriétaire foncier important : par exemple, la ferme de Jeantes-la-Cour (1623 et 1627), Landouzy-la-Ville (1803 et 1810), château de Beaumé (1776). Ce type de datation encore présent au début du 19e siècle semble disparaître au cours du 19e siècle et du 20e siècle, car aucun exemple n´a été en effet recensé. On soulignera un exemple unique de datation sur une ferme à Jeantes : sur le mur pignon, par le jeu d´une modénature en brique en relief, on retrouve, outre des décors géométriques, les initiales L.G. (celles du propriétaire Gustave Loriette) et la date de 1902.

On peut trouver également une datation par essentage d´ardoise, mode de datation obtenu par le jeu de l´emploi d´ardoise de couleurs différentes formant des chiffres. Aubenton présente plusieurs exemples de ce type de datation, toujours sur la demi-croupe du logis (Iviers) ou de la grange (Jeantes, Martigny). Sont ainsi datées la ferme du hameau de Corneaux à Iviers (1825), de Martigny (1824) et Jeantes (1821).

L´utilisation d´une inscription gravée ou sculptée pour dater le bâtiment se trouve sur de nombreuses fermes ; la présence de date sur bas-relief est souvent accompagnée d´un décor figuré ou ornemental. Une ferme à Martigny comporte une datation utilisant le calendrier révolutionnaire : « L´An 13 ».

Quelques exemples montrent la diversité des modes et des localisations de la datation ; la date portée peut se retrouver sur un élément de charpente (solive, poutre ou sablière), par exemple à Jeantes où une grange du village est datée de 1795 sur la solive maîtresse, alors qu´un autre logis possède une charpente datée de 1822, la date peut également être localisée sur le linteau de la cheminée de la pièce principale, ce qui est le cas d´une ferme à Saint-Clément (1820).

Le croisement de la typologie des modes de datation avec l´analyse, les matériaux de gros oeuvre des élévations du logis ou des dépendances agricoles montre que la datation par fers d´ancrage ne se retrouve pas sur l´habitat en pan de bois et torchis. Celui-ci est très peu daté par inscription, que ce soit sur la charpente, la cheminée ou tout autre support. On trouve cependant sur le canton d´Aubenton deux exemples attestés, l´un de 1795 à Jeantes, l´autre de 1820 à Saint-Clément, un troisième, à Coingt, n´a pu être vérifié, car il se trouve à l´intérieur d´un logis qu´il n´a pas été possible de visiter. La principale datation de l´habitat en pan de bois et torchis est fourni par la présence sur l´essentage d´ardoise d´inscriptions en chiffres arabes formés par le jeu et l´emploi d´ardoises colorées sur la demi-croupe du logis ou de dépendances agricoles, en particulier les granges (exemples cités plus haut à Jeantes, Martigny et Iviers). L´habitat en brique ou pierre est, quant à lui, généralement daté par fers d´ancrage, briques vernissées ou inscriptions en relief sur des éléments de pierre calcaire.

Si la datation portée existe dès le 17e siècle, son apogée se situe au 19e siècle, avec de très nombreux fers d´ancrage, mais tout mode de datation disparaît après la 1ère guerre mondiale. Si c´est le plus souvent le logis qui comporte la date portée ou les initiales du propriétaire, les dépendances agricoles en comportent également très fréquemment. De même, les dépendances agricoles peuvent comporter une datation portée et non le logis, même si celui-ci est contemporain de la construction de ces dépendances, sans que l´on puisse en déterminer une raison ou tout autre élément explicatif.

Décor porté de l´habitat

Le décor porté est d´une grande modestie en général et son utilisation est limitée à quelques exemples sur le canton d´Aubenton.

On trouve de la céramique architecturale polychrome, à décor géométrique ou floral qui concerne l´habitat de la fin du 19e siècle et de la 1ère moitié du 20e siècle (Martigny, Aubenton, Logny-les-Aubenton), ce type de décor reste limité sur les élévations (petits panneaux ou frises). Aucun exemple ne comportait de signature ou de marque permettant d´identifier le fabricant. De cette typologie de décor peut être rapproché l´emploi simple de brique vernissée polychrome dessinant des motifs ou soulignant la modénature architecturale, ce type est très proche de celui rencontré sur l´habitat urbain sériel de la fin du 19e siècle et du 20e siècle.

L´emploi de fer d´ancrage s´accompagne souvent d´un effet décoratif déjà cité plus haut, en particulier à Leuze (fer en forme de médaillons circulaires à rayons imitant la forme d´un soleil), très perceptible sur l´habitat de la deuxième moitié du 19e siècle et de la première moitié du 20e siècle. Un cas exceptionnel est celui de la maison de Narcisse Greno à Landouzy-la-Ville, ornée de fers d´ancrage en forme de triangle maçonnique ; le décor exprime les convictions de libre-penseur de Greno, comme l´indique aussi l´inscription sur sa tombe. Les fers d´ancrage en forme d´initiales se retrouvent principalement sur l´élévation principale ou les murs pignons du logis ou des dépendances agricoles. Les souches de cheminée peuvent également être ornées de fers d´ancrage formant des initiales, la fonction décorative étant alors doublée d´une volonté ostentatoire manifeste.

Certains corps de logis, en brique, mais surtout en pan de bois et torchis ont reçu, dans les années 1880-1914, un habillage d´enduit cimenté architecturé reprenant une modénature néo-classique (Jeantes, Logny-lès-Aubenton, Iviers, Aubenton : Ribeauville). Selon la tradition orale locale, une entreprise de maçonnerie établie à Logny-lès-Aubenton au début du 20e siècle était spécialisée dans ce type d´habillage (mais cette information n´a pu être confirmée par des sources écrites).

Certaines plaques en pierre calcaire donnant la date de construction du logis comportent également un décor, soit un vase avec des fleurs (Any-Martin-Rieux), soit des fleurs (Saint-Clément) ou des motifs géométriques... De nombreuses fermes comportent également un imposte en bois à décor géométrique ou symbolique (Coingt, Landouzy-la-Ville, Iviers, Besmont).

Il semble que certains décors, assez rares, aient pu correspondre à des métiers ou des statuts sociaux : à Any-Martin-Rieux, une dalle semble porter la représentation d´une charrue et d´une forge (cette ferme aurait été celle d´un maréchal-ferrant ou d´un forgeron) ; à Martigny, on trouve un décor de deux cors de chasse.

Le jeu sur les matériaux permet également des effets décoratifs : on associe brique et silex (Jeantes), brique et pierre de taille, appareil mixte (Mont-Saint-Jean, Martigny, Leuze), etc.

Comme les fers d´ancrage, outre le jeu de coloris de la datation, l´essentage d´ardoise peut comporter un motif figuré (un coeur sur le presbytère de Coingt, un coeur également surmonté d´une croix sur la toiture d´une ferme à Logny, mais ce dernier exemple serait en fait une création récente du début des années 1990 lors de la restauration de la toiture.

Le décor intérieur

De nombreux logis comportent des lambris de revêtement en chêne, à décor géométrique fondé sur le jeu de la juxtaposition de panneaux droits, chantournés ou mixtes. Peu de décors figurés ou à forme végétale. Une seule exception, une ferme à Landouzy-la-Ville, dont le logis en pan de bois et torchis 18e siècle comporte des lambris de style rocaille qui proviendraient de l´abbaye de Bucilly (ils sont en effet identiques aux lambris de Notre-Dame d´Aubenton) et qui semblent donc être « hors typologie ».

Typologie de l´implantation de l´habitat

Pour l´implantation des villages, plusieurs types peuvent être dégagés, reprenant les modèles d´appropriation et d´exploitation du sol. A des villages, sans écarts ou en très petit nombre, formant un noyau centré autour de l´église (Logny-les-Aubenton, Leuze, Mont-Saint-Jean), s´opposent des villages où le noyau autour de l´église n´est qu´un écart parmi d´autres (Jeantes, Beaumé, Besmont, voire Landouzy-la-Ville).

D´autres présentent un urbanisme lâche s´étendant en longueur ou en largeur (Coingt, Iviers, Any-Martin-Rieux). La présence d´écarts formant des rues de plusieurs kilomètres de long correspond au défrichement de type germanique ou siedlungen : il s´agit d´un habitat disposé de part et d´autre de l´axe de communication, ceci est particulièrement perceptible à Jeantes (écart La Sablonnière, La Longue Rue de bas et de haut, Coutenval), Besmont (La Rue Charles), Aubenton (Ribeauville), Martigny (La Grande Boulhoye), Landouzy-la-Ville (La Longue Rue des Boeufs, Le Régiment, l´Ange gardien).

Typologie de l´habitat

Le module le plus fréquent est constitué d´un corps de bâtiment de plan rectangulaire abritant sous un même toit le logis et une étable à vache ou chevaux attenante voire une remise agricole ; le plus souvent, une grange attenante à l´extrémité de ce corps de bâtiment forme un corps en retour ; le plan de la ferme est ainsi en L. La présence ou non d´autres dépendances agricoles ou d´un logement varie selon la taille et l´importance de l´exploitation agricole.

Ce module de base est susceptible de déclinaisons (présence d´une ou plusieurs granges, de porcherie, poulailler, fromagerie ou laiterie, logement ouvrier agricole, etc.), mais reste basé sur le principe d´un logis avec étable attenante sous le même toit et le reste des dépendances disposé autour de la cour. La commune d´Any-Martin-Rieux présente, et plus particulièrement dans le hameau de Martin-Rieux, des fermes possédant une typologie particulière, appelée localement « ardennaise » ; cette commune est, en effet, limitrophe de ce département. Il s´agit d´une ferme constituée d´un corps unique de bâtiment rectangulaire en longueur où se succèdent sous le même toit logis, étable, grange et autres dépendances agricoles. Any-Martin-Rieux possède aussi ce qui semble être une ferme fortifiée, ruinée. C´est un édifice rectangulaire avec à son angle une échauguette circulaire en brique. Cet édifice pourrait cependant ne pas avoir eu de fonctions agricoles.

Le logis comporte un nombre très divers de travées, de 2 pour les plus petites unités (logement d´ouvrier agricole à Aubenton ou Any-Martin-Rieux) à 7 ou 8 travées pour les logis les plus importants (ferme de la Sablonnière à Jeantes). L´analyse de l´emplacement de la porte d´entrée ne permet pas de proposer des conclusions « révolutionnaires », si ce n´est que la recherche d´une symétrie ou d´une élévation architecturée conduit au plan d´un couloir traversant central distribuant les pièces symétriquement. L´escalier est généralement au fond du couloir.

Si l´on excepte le cas de la ferme d´abbaye de Jeantes-la-Cour, qui relève de la typologie des fermes d´abbaye (logis individualisé à étage, corps de bâtiments et dépendances agricoles formant cour fermée, pigeonnier-porche, etc)., la typologie de la ferme à cour fermée avec bâtiments est rare à Aubenton. On dénombre un exemple à Martigny (ferme des Wattines), Jeantes, Iviers (Bois des Nuées), et Leuze (mais il s´agit là d´un cas limite). Les fermes du Bois des Nuées et des Wattines sont exceptionnelles et liées à une occupation ancienne seigneuriale ; les bâtiments actuels datant du 19e siècle ou très remaniés à cette époque semblent reprendre le plan ou les dispositions des bâtiments primitifs.

Le type le plus courant du logis comporte un sous-sol ou cave, et un rez-de-chaussée souvent surélevé avec un comble à surcroît. La présence d´un étage carré ou d´un étage de comble semble être un indice du niveau social et de la richesse de l´exploitation.

Aucun exemple de pigeonnier-porche n´existe encore en place (sauf à Jeantes-la-Cour), les pigeonniers-porches connus par descriptions ou cartes postales (Jeantes : village et La Sablonnière, Besmont : La Rue Charles, Martigny) ont disparu, ils étaient liés à des exploitations agricoles de taille assez importante et des propriétaires aisés, et sont toujours perçus localement comme un signe distinctif de l´architecture traditionnelle en Thiérache.

Couvrement

Le toit à demi-croupe est la norme avec une couverture qui était primitivement en ardoise ou en chaume. S´il est fait mention de couverture en chaume au cours de la 1ère moitié du 19e siècle, aucune n´a subsisté, et le chaume est remplacé par l´ardoise dès la deuxième moitié du siècle. La couverture en ardoise provenant des Ardennes proches est un élément très caractéristique de la typologie du bâti thiérachien. L´ardoise a été progressivement remplacée à partir de la 2e moitié du 20e siècle par de l´ardoise synthétique ou, selon les moyens financiers des propriétaires, par de la tôle ondulée, ce dernier matériau étant principalement utilisé pour les dépendances agricoles.

Aires d'étudesCommunauté de communes des Trois Rivières
Dénominationsmaison, ferme

Les maisons et fermes repérées sont datables du 16e siècle jusqu'à la 1ère moitié du 20e siècle. Le noyau urbain d'Aubenton conserve également un ensemble de caves médiévales dont certaines remontent au 12e et 13e siècle. Cependant l' habitat a été très majoritairement construit au cours du 19e siècle, les principales périodes de construction se situant vers le milieu et le 4e quart de ce siècle. Ce sont les matériaux de construction qui semblent expliquer les disparités entre des communes ayant conservé un nombre relativement important d' habitat d' Ancien Régime (Any-Martin-Rieux, Aubenton, Jeantes, Landouzy-la-Ville, Leuze, Martigny) et des communes comportant principalement un habitat du 19e siècle. En effet peu d' exemples d' habitat en pan de bois et torchis antérieur au 19e siècle ont été conservé (Landouzy-la-Ville, Martigny, Coingt) alors que l'habitat en brique ou en pierre calcaire a été mieux préservé. De même les campagnes de construction ou de reconstruction ont touché prioritairement l' habitat en pan de bois et torchis, expliquant pourquoi de nombreux logis offrent souvent une élévation antérieure et des murs pignons en brique alors que l' élévation postérieure est demeurée en torchis. La carte de la répartition des matériaux est principalement liée à la présence dans le nord du canton de carrières de calcaire sur les communes de Martigny, Any-Martin-Rieux et Aubenton, comme l'atteste encore la toponymie de certains lieux-dits (la Carrière, les Carrières, la Fosse) .

Période(s)Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle

Une carte schématique des matériaux permet d'esquisser une séparation au niveau de la rivière du Thon, avec au nord une prépondérance originelle de l' habitat en calcaire et brique, au sud un bâti anciennement majoritaire en pan de bois et torchis, remplacé au cours du 19e siècle par la brique. Malgré ces différences de mise en oeuvre et d'emploi de matériaux de gros-oeuvre, certains traits typologiques se rencontrent dans la plupart des communes : toit à demi-croupe, essentage de planches ou d'ardoise, décor de brique vernissée, encadrement des ouvertures ou linteaux en pierre de Tournai dite pierre bleue, datation par briques vernissées ou fers d'ancrage. La datation par fers d'ancrage existe dès le début du 17e siècle, elle se rencontre plus particulièrement sur l'habitat en brique. Ces fers d'ancrage peuvent parfois prendre la forme des initiales du propriétaire ou du constructeur, ils peuvent également avoir une forme spécifiquement décorative. Quelques fermes ou granges sont datées par essentage d'ardoise, le chiffre ou les initiales apparaissant par l'emploi d'ardoises de différentes couleurs. Certains fermes comportaient, élément typologique très caractéristique de l'habitat rural thiérachien, des pigeonniers-porches. Aucun n'a cependant survécu, détruits accidentellement ou volontairement, au cours de la 2e moitié du 20e siècle. Seule la ferme d'abbaye de Jeantes-la-Cour en conserve un. La grange traversante se rencontre sur l'ensemble du canton. La majeure partie des fermes, à cour ouverte, offrent une disposition simple des bâtiments : logis avec dépendances sous le même toit formant ainsi un corps de bâtiment unique, logis avec étable attenante sous le même toit avec le reste des dépendances disposés autour de la cour, logis et étable avec la grange faisant suite à l'étable formant ainsi un plan en L inversé, ou encore logis isolé avec les dépendances sur la cour qui peut être à l'arrière ou devant le logis. La commune d' Any-Martin-Rieux offre une typologie spécifique dans certains hameaux avec un corps de bâtiment unique de plan allongé où logis, étable et grange attenants se succèdent sous un toit unique. La typologie de la ferme à cour fermée est très rare.

Typologiespigeonnier-porche ; décor de brique vernissée ; datation par fers d'ancrage ; datation par essentage d'ardoise ; datation par brique vernissée ; toit à demi-croupe ; logis différencié des dépendances ; édifice à corps de bâtiment unique abritant logis et dépendances ; logis et dépendances sous le même toit ; pierre bleue autour des baies
Toitsardoise, matériau synthétique en couverture
Murscalcaire
brique
torchis
silex
enduit
essentage de planches
essentage d'ardoise
moellon
pierre de taille
appareil mixte
pan de bois
Décompte des œuvres bâti INSEE 1679
repérées 776
étudiées 127

Annexes

  • Eléments de description et de datation par commune

    Les maisons et les fermes d'Any-Martin-Rieux

    Datation

    L'habitat d' Any-Martin-Rieux se caractérise par l' abondance de son bâti datant des 17e et 18e siècles, de nombreux logis ayant gardé des ouvertures à linteaux cintrés délardés. Any-Martin-Rieux comporte une ferme fortifiée qui pourrait dater de la fin du 16e siècle ou du 17e siècle et qui offre une typologie inédite dans le canton d'Aubenton. La commune est celle qui, dans le canton, conserve (si l'on excepte le noyau urbain ancien d'Aubenton) l'habitat d' Ancien Régime le plus nombreux quantativement et dans un état de conservation souvent exceptionnel. L'utilisation exclusive de la pierre calcaire, moellon et pierre de taille, comme matériau de gros-oeuvre, en est la principale raison. Il ne comporte pas de datation, les seules dates portées, 1666, 1688 et 1747, semblant se trouver sur des éléments de réemploi. L'habitat du 19e siècle est pareillement peu daté, les logis comportant un chronogramme représentant moins de 5% du corpus. La permanence de l' habitat ancien et de celui de la 1ère moitié du 19e siècle en pierre calcaire explique le peu de maisons ou de fermes construites au cours des décennies suivantes, principalement en brique, ce qui contraste avec les autres communes d' Aubenton. Les datations par fers d' ancrage sont très rares (une seule repérée).

    Description

    L'ensemble du bâti des 17e, 18e et 19e siècles est en moellon calcaire et pierre de taille. Quelques logis présentent un appareil mixte en brique et pierre tout comme le presbytère. Les seules élévations exclusivement en brique sont celles des quelques fermes construites vers la fin du 19e siècle et la maison patronale de la filature Gobert. Les toits à demi-croupe en ardoise ont souvent été remplacés par de l'ardoise synthétique. Les dépendances agricoles comportent parfois un essentage de planches ou d'ardoise. De nombreuses fermes reprennent le plan traditionnel de la ferme thiérachienne, le logis avec l'étable attenante sous le toit avec la grange traversante elle-même attenante à ce corps de bâtiment au fond de la cour (plan en L inversé) ou encore la grange séparée du logis qui comporte toujours une étable attenante. De nombreuses fermes, et plus particulièrement dans les hameaux de Martin-Rieux et de la Folie, offrent une typologie qui peut être rapprochée de celle de l'habitat ardennais. La ferme est ainsi constituée d'un corps de bâtiment unique, en longueur, abritant sous un même toit, outre le logis, les étables, la grange et les remises agricoles. Le logis est souvent doté d'un étage carré à usage de logement ou de grenier, tout comme le reste du bâtiment. La présence de la pierre bleue pour l'encadrement des ouvertures ou les linteaux des baies est marginale, les encadrements étant majoritairement en pierre de taille calcaire. La corniche est généralement en brique.

    Les maisons et les fermes d'Aubenton

    Datation

    Aucune maison ou ferme en élévation sur la commune d'Aubenton n'est antérieure au 16e siècle. Le noyau urbain ancien d'Aubenton conserve cependant un important réseau de caves et souterrains refuges d'époque médiévale, datables du 13e ou du 14e siècle. Deux hôtels particuliers d'Aubenton présentent des élévations datables du 16e siècle, et en particulier un décor porté de bas-reliefs à figuration humaine. L'habitat ancien dans le noyau urbain d'Aubenton ou dans les écarts (Val-la-Caure et Le Haut-Val-la-Caure) date majoritairement des 17e et 18e siècles. Il est en brique ou en pierre calcaire dans la partie nord de la commune, au-delà du Thon, en pan de bois et torchis dans la partie sud, cette répartition étant liée à la présence de carrières de pierre dans le nord de la commune, à proximité immédiate de la ville d'Aubenton. L'habitat construit au 19e siècle puis au cours de la 1ère moitié du 20e siècle est majoritairement en brique. Le rôle d'Aubenton comme centre administratif, judiciaire, fiscal et commercial sous l'Ancien Régime puis comme chef-lieu de canton explique le nombre important d'hôtels ou de maisons de maître. Le développement mesuré des industries à Aubenton, après 1800, n'a pas modifié l'aspect majoritairement rural de l'habitat de la commune. Les quelques destructions de la 2e Guerre mondiale n'ont pas donné lieu à d'importantes reconstruction. La 2e moitié du 20e siècle a vu la construction dans les années 1960 d'un quartier de lotissement jouxtant le centre ancien d'Aubenton. L'habitat vernaculaire en pan de bois et torchis a été très dégradé et remanié à partir des années 1970, en particulier dans les écarts de Ribeauville, Hurtebise et de La Rue Larcher.

    Description

    La commune d'Aubenton, marquée par la présence du noyau ancien de l'agglomération dont la typologie relève de l'habitat urbain d'Ancien Régime (hôtel et maison de maître), présente une séparation très caractéristique de l'emploi des matériaux de gros-oeuvre et de mise en ouvert, de part et d'autre du Thon. Au nord de celui-ci, l'emploi de la pierre calcaire, moellon ou pierre de taille, et dans une moindre mesure de la brique, est quasi-exclusif, alors que le sud de la commune est marquée par la présence du pan de bois et torchis avec essentage de planches ou d'ardoise. Le toit à demi-croupe en ardoise est la règle. Les modes de datation portée se réduisent aux fers d'ancrage ou aux dates gravées sur bas-relief de pierre. La typologie de l'habitat, grange traversante, logis différencié des dépendances ou logis et dépendances sous le même toit, se rencontre dans les autres communes du canton. L'habitat de l'écart dit Les Carrières offre une typologie rare, édifice à corps de bâtiment unique de plan allongé abritant logis et dépendances, qui peut être rapproché de certaines fermes de la commune voisine d'Any-Martin-Rieux. Ce type peut-être comparé à celui de l'habitat vernaculaire des Ardennes voisines.

    Les maisons et les fermes de Beaumé

    Datation

    Deux fermes, comportant logis et dépendances, datent du 18e siècle. Avec les élévations du château portant la date de 1776 en brique vernissée, Beaumé est l'une des rares communes du canton d'Aubenton à conserver un bâti antérieur au 19e siècle. Le reste de l'habitat rural date majoritairement de la 2e moitié du 19e siècle, les quelques fermes en pan de bois et torchis semblant dater de la 1ère moitié de ce siècle. Le principal mode de datation portée sur les édifices est la présence de fers d'ancrage. A la suite des destructions de la 2e Guerre mondiale quelques fermes ont été reconstruites au cours des années 1950.

    Description

    L'habitat est majoritairement en pan de bois et torchis pour la 1ère moitié du 19e siècle et en brique pour les périodes ultérieures, le toit est une demi-croupe. Ces matériaux de gros-oeuvre sont accompagnés d'essentage de planches et d'ardoise. La présence de pierre bleue pour les linteaux et encadrement des ouvertures est généralisée. La typologie la plus fréquente de l'habitat est un bâtiment abritant logis et dépendances sous le même toit avec d'autres parties agricoles indépendantes. Toutes les granges sont traversantes.

    Les maisons et les fermes de Besmont

    Datation

    L'habitat date majoritairement du 19e siècle, aucune élévation antérieure à ce siècle ne semblant avoir été conservée, la ferme la plus ancienne datant du début du 19e siècle. La présence de plusieurs fermes en pan de bois et torchis, dans un état originel assez exceptionnel, au regard de la dénaturation d'une grande partie du bâti qui caractérise généralement ce type de matériaux, doit être notée. La 2e moitié du 19e siècle et le 20e siècle se sont accompagnés de la substitution du pan de bois et torchis par la brique. Le seul mode de datation portée sur les édifices est la présence de fers d'ancrage, de 1846 à 1878. Une ferme comportait un pigeonnier-porche, aujourd'hui disparu.

    Description

    L'habitat est en pan de bois et torchis, souvent pourvu d'un enduit partiel ou complet. Le pan de bois et torchis est présent dans plus de 50 % du corpus. Le solin est majoritairement en brique, mais quelques solins en brique et silex ont été repérés. Les fermes de la 2e moitié du 19e siècle ou celles qui ont été partiellement reconstruites sont majoritairement en brique. Le matériau originel des toits, majoritairement à demi-croupe, est en ardoise, remplacée ou complétée par de l'ardoise synthétique ou de la tôle. La pierre bleue est présente dans les linteaux ou les encadrements des ouvertures. La typologie de la forme de l'habitat la plus répandue est celle du logis et dépendances sous le même toit.

    Les maisons et les fermes de Coingt

    Datation

    Une ferme pourrait dater du 18e siècle, selon les sources orales locales, elle porterait sur sa charpente la date de 1739. L'impossibilité de visiter le logis de cette ferme n'a pas permis de vérifier cette datation, les élévations extérieures étant en outre très dénaturées. Le logis d'une autre ferme semble peut-être également dater de la fin du 18e siècle ou du début du 19e siècle. La totalité de l'habitat date du 19e siècle. L'habitat en pan de bois et torchis date majoritairement de la 1ère moitié du 19e siècle, certains logis ont conservé des décors de lambris de revêtement, de linteaux de cheminée et d'encadrement de porte en chêne datables stylistiquement du 2e quart du 19e siècle. D'importantes campagnes de reconstruction ou de construction ont eu lieu au cours de la 2e moitié du 19e siècle, remplaçant progressivement logis et dépendances en pan de bois et torchis par de la brique. L'habitat de la commune de Coingt a été très dénaturé au cours de la 2e moitié du 20e siècle.

    Description

    L'habitat est majoritairement en brique, avec quelques restes d'habitat en pan de bois et torchis, pourvu d'un enduit ou d'un essentage de planches ou d'ardoise. La couverture en ardoise des toits en demi-croupe a été très souvent remplacée ou complétée par de l'ardoise synthétique voire de la tôle ondulée. Quelques solins sont en moellon de silex et brique, la majorité est en brique. Certains logis en pan de bois offrent un essentage de planches recouvrant la totalité des élévations. Les fermes présentent le type du logis et dépendances sous le même toit. Une ferme, la plus importante de Coingt, présente le type de l'édifice à plusieurs corps de bâtiment formant cour.

    Les maisons et les fermes d'Iviers

    Datation

    Le mur pignon d'une ferme reconstruite après 1950 comporte un décor de brique vernissée qui pourrait dater du 18e siècle voire du 17e siècle. Le bâti d'Iviers date cependant majoritairement du 19e siècle. Le logis d'une des fermes porte une datation en ardoise sur l'essentage de sa demi-croupe. Ce mode de datation est l'un des plus anciens (1825) à avoir été repéré dans le canton d'Aubenton. Iviers est l'une des rares communes de ce même canton à ne pas posséder de fermes ou de maisons comportant une datation par fers d'ancrage. Les matériaux traditionnels de construction et de mise en oeuvre ont été très dénaturés au cours de la 2e moitié du 20e siècle.

    Description

    L'habitat est en pan de bois et torchis, le plus souvent revêtu d'un essentage d'ardoise ou de planches. Un nombre assez important de logis de ferme comportent un essentage de planches, assemblées horizontalement dans le sens de la longueur, couvrant la totalité de l'élévation antérieure voire des autres élévations. Le type majoritaire de la forme de l'habitat est celui du logis et dépendances sous le même toit. Une seule ferme est à cour fermée.

    Les maisons et les fermes de Jeantes

    Datation

    Le nombre très important de dates portées sur l'habitat de Jeantes, quantitativement et statistiquement le plus élevé de l'ensemble du canton d'Aubenton, en fait vraisemblablement la commune la plus à même de se prêter à l'étude de l'évolution du bâti architectural. Si la présence d'une datation par brique vernissée de la 1ère moitié du 17e siècle s'explique par la présence de la ferme d'abbaye de Jeantes-la-Cour, seul édifice de ce type dans le canton, Jeantes a également conservé un habitat rural datant du 18e siècle. La grange datée de 1795 est la seule du canton d'Aubenton à comporter une datation portée si ancienne. De même, la datation par essentage d'ardoise de 1821 sur une grange d'une ferme en fait l'exemple le plus ancien à avoir été recensé dans le canton. Les autres modes de datation, par fers d'ancrage, brique vernissée, inscription sur bas-relief calcaire, sont plus traditionnels. La date de 1902 en relief de brique, accompagnée des initiales du propriétaire, sur le mur pignon d'un logis est par contre unique. L'habitat de Jeantes est également marqué par la présence fréquente de fers d'ancrage représentant les initiales du propriétaire ou du constructeur. Si l'habitat en pan de bois et torchis est majoritaire pour la 1ère moitié du 19e siècle, la deuxième partie de ce siècle, marquée par d'actives campagnes de construction comme en témoigne l'abondance des chronogrammes, voit la généralisation de la brique comme matériau de construction.

    Description

    Certaines fermes présentent un appareil mixte brique et silex ou moellon calcaire et silex. L'habitat en pan de bois et torchis comporte un enduit ou un essentage d'ardoise et de planches, ce dernier élément étant le plus fréquent. Les solins sont en brique ou en silex. L'habitat de la 2e moitié du 19e siècle et de la 1ère moitié du 20e siècle est en brique. Il présente souvent une importante modénature architecturale en relief de brique. Outre pour les linteaux des ouvertures, la pierre bleue est également présente dans l'encadrement de portes, principalement du logis mais aussi de dépendances agricoles. La couverture est en ardoise, souvent complétée ou remplacée par de l'ardoise synthétique ou de la tôle ondulée. La totalité des types de datation portée est présente sur la commune de Jeantes. Si le type le plus fréquent de la forme de l'habitat est celui du logis et dépendances sous le même toit, certaines fermes offrent également celui de l'édifice à plusieurs corps de bâtiment formant cour fermée. La présence de pigeonnier-porche, encore en place ou actuellement détruit, est également attestée.

    Les maisons et les fermes de Landouzy-la-Ville

    Datation

    L'habitat de Landouzy-la-Ville se caractérise par la présence de plusieurs maisons datant du 17e et du 18e siècle. Si l'édifice en brique portant en fers d'ancrage la date de 1647 est le plus ancien bâtiment comportant ce type de datation dans le canton, d'autres maisons ou fermes sont datables également de cette période. L'une, datant de 1776, offre une double datation par des fers d'ancrage et par un écusson en pierre bleue au claveau de la porte d'entrée. Ce dernier type de datation, assez fréquent dans les cantons voisins d'Hirson, de Vervins ou de La Capelle, est cependant très rare dans celui d'Aubenton, la maison de Landouzy-la-Ville semblant être la seule encore en place à avoir été repérée. Quelques exemples d'habitat en pan de bois et torchis du 18e siècle ont également été recensés. Le bâti de la commune date majoritairement du 19e siècle et comporte une datation par fers d'ancrage assez abondante correspondant aux principales campagnes de construction. L'une des fermes, datant de 1804, avait été choisie en 1926 pour illustrer le numéro de La Vie à la campagne consacré à l'architecture rurale traditionnelle artésienne et picarde. Deux fermes sont également datées en brique vernissée (1803 et 1820) . Le 1er quart du 20e siècle a été caractérisé par quelques fermes influencées par l'Art Nouveau et l'Art Déco. Le logis de l'une de ces fermes a été construit par l'architecte Jean Daret-Bourgeois (1861-1932), originaire de Landouzy-la-Ville, et qui travailla sur le chantier du casino de Boulogne-sur-Mer. Landouzy-la-Ville conserve un nombre important de fermes en pan de bois et torchis qui sont cependant pour la plupart menacées de destruction à brève échéance.

    Description

    L'habitat est majoritairement en pan de bois et torchis, sur un solin en brique ou en moellon de silex, mais l'usage de la brique est généralisé pour les fermes construites après 1850. La couverture en toit à demi-croupe en ardoise est la règle. Outre la datation par fers d'ancrage, Landouzy conserve également le type de datation par brique vernissée. La typologie des formes de l'habitat est très varié et reprend celles qui existent dans les autres communes limitrophes : édifice à corps de bâtiment unique abritant logis et dépendances, logis et dépendances sous le même toit, édifice à plusieurs corps de bâtiment formant cour, grange traversante.

    Les maisons et les fermes de Leuze

    Datation

    La présence de carrières sur les communes voisines de Martigny et d'Aubenton se traduit par un bâti majoritairement en moellon et pierre de taille calcaire, la construction d'édifices en brique concernant moins de 5% du bâti. Ces constructions en brique datent principalement du 4e quart du 19e siècle et de la 1ère moitié du 20e siècle. Leuze se caractérise par de nombreuses fermes ou maisons datant du 17e ou du 18e siècle, avec la présence d'ouvertures à linteaux délardés. Une inscription portant la date de 1581 sur une élévation de l'édifice connu traditionnellement comme ayant abrité le presbytère dès le 17e siècle, semble indiquer la présence d'un bâti remontant au 16e siècle. Un autre édifice, aux pièces principales voûtées en brique, paraît également dater de la 1ère moitié du 17e siècle. L'utilisation de la pierre calcaire comme principal matériau de construction paraît être également lié à l'absence constatée de datation par fers d'ancrage, une seule ferme en brique comportant des fers d'ancrage. Datant de 1850, ces fers d'ancrage offrent une typologie relativement originale, ayant la forme de médaillons ovales étoilés contenant au centre le chiffre romain. Aucun autre type de datation n'est présent sur Leuze, ce qui en fait, avec Any-Martin-Rieux, l'une des communes d'Aubenton à comporter le moins de dates portées. L'utilisation du pan de bois et torchis est assez rare, limitée aux dépendances agricoles et principalement aux granges.

    Description

    Les maisons et fermes sont en moellon calcaire, présentant parfois des élévations en pierre de taille calcaire avec un appareil mixte en brique. Les caves sont voûtées en berceau de brique ou de tas de charge de moellon calcaire. Les édifices datant du 17e ou du 18e siècle comportent des ouvertures principalement à linteaux cintrés délardés. Les dépendances agricoles, en moellon calcaire ou en pan de bois et torchis, sont généralement pourvues d'un essentage de planches ou d'ardoise. La couverture des toits, des demi-croupes, est en ardoise, remplacée ou complétée par de l'ardoise synthétique voire de la tôle. Quelques fermes présentent le type de l'édifice à plusieurs corps de bâtiment formant cour. Le type le plus fréquent est celui du logis et dépendances sous le même toit.

    Les maisons et les fermes de Logny-lès-Aubenton

    Datation

    Malgré l'ancienneté attestée de l'habitat vernaculaire de Logny-lès-Aubenton, un seul édifice, certes exceptionnel par sa taille et son importance, datant du 17e siècle, a été repéré. Le manoir du Coq-vert porte la date en fers d'ancrage de 1609, mais certaines de ses élévations pourraient être plus anciennes (16e siècle) . La ferme à cour fermée de La Hayette, aujourd'hui très dénaturée, pourrait également dater du 17e siècle. L'habitat du 18e siècle est également présent avec quelques fermes dont l'une porte la date de 1727. Quelques logis possèdent des ouvertures à linteaux cintrés délardés. L'habitat date cependant majoritairement du 19e siècle et du début du 20e siècle. Seuls deux édifices sont datés par fers d'ancrage (1609 et 1872), les autres portant un chronogramme sous la forme d'une inscription ou d'un bas-relief en pierre de taille calcaire. Les maisons et fermes construites au cours du 19e siècle sont en pierre calcaire ou en brique. Un ensemble de fermes datables du milieu du 19e siècle présentent une typologie aisément repérable, proche de celle de Mont-Saint-Jean, avec un logis à appareil mixte brique et pierre, et une modénature architecturale en pierre de taille inspirée du répertoire néo-classique.

    Description

    La rivière du Thon semble dessiner, tout du moins jusqu'au milieu du 19e siècle, une frontière entre un habitat au nord majoritairement en moellon et pierre de taille calcaire, et au sud une prédominance du pan de bois et torchis, remplacé partiellement au cours du 19e siècle par la brique, les dépendances restant majoritairement en pan de bois, dotées d'un essentage de planches ou d'ardoise. Les toits à demi-croupe sont majoritairement en ardoise, remplacée par de l'ardoise synthétique ou de la tôle ondulée au cours de la 2e moitié du 20e siècle. Plusieurs fermes présentent le type de l'édifice à plusieurs corps de bâtiment formant cour, quelques unes celui du logis différencié des dépendances, proche en cela d'une partie de l'habitat de Mont-Saint-Jean.

    Les maisons et les fermes de Martigny

    Datation

    L'importance du bâti datant du 17e et 18e siècle est relativement significative, particulièrement dans le village même de Martigny et dans le hameau de La Fosse. Cet habitat majoritairement en pierre calcaire est lié à la présence sur la commune de carrières de pierre, aux lieux-dits La Fosse et les Carrières. Ces exploitations sont attestées dès le 17e siècle et servirent en particulier à la construction de l'abbaye de prémontrés Saint-Pierre de Bucilly. Martigny semble avoir en outre conservé un précieux exemple d'habitat en pan de bois et torchis datant du 18e siècle. Une grange porte sur l'essentage d'ardoise de sa demi-croupe une datation en ardoise colorée. Sa date précoce, 1824 en fait l'une des plus anciennes du canton d'Aubenton, de semblables procédés de datation se retrouvent dans les communes de Jeantes (1821) et Iviers (1825) . L'une des fermes conserve une datation portée utilisant le calendrier révolutionnaire, "l'an 13" (1804), seul chronogramme de ce type à avoir été repéré dans ce canton. Les autres datations par fers d'ancrage ou inscription gravée sur une dalle de pierre calcaire sont parfois accompagnées des initiales des propriétaires. La qualité et la bonne conservation du bâti de Martigny en fait l'une des communes les plus remarquables du canton, avec Any-Martin-Rieux et Leuze, pour son habitat civil vernaculaire. La destruction d'un pâté de maison au cours de la 2e Guerre mondiale dans le centre du village, devant l'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste, a entraîné la reconstruction de celui-ci au début des années 1950.

    Description

    La rivière du Thon forme une frontière entre le nord de la commune, marquée par la prédominance ancienne, et ce jusqu'au milieu du 19e siècle, de l'emploi de la pierre calcaire, parfois utilisé en appareil mixte avec la brique et la partie méridionale de Martigny. Le sud de la commune et plus particulièrement les hameaux (le Pont à l'Ecu, la Rue Grande Jeanne ou la Grande Boulhoye) sont en effet plutôt caractérisés par l'emploi du pan de bois et torchis pourvu d'un enduit, remplacé au cours du 19e siècle par l'emploi de la brique. L'emploi de la pierre bleue pour l'encadrement des ouvertures et les linteaux des baies caractérise surtout l'habitat du 19e siècle, sans toutefois être exclusif. Si le toit en demi-croupe est la norme, son matériau originel, l'ardoise, a été très souvent remplacé par de l'ardoise synthétique. Le nombre d'édifices daté par fers d'ancrage est relativement important et concerne plus spécifiquement l'habitat en brique du 19e siècle. La forme de l'habitat est marquée par la présence des différents types rencontrés sur les autres communes : édifice à corps de bâtiment unique abritant logis et dépendances, logis et dépendances sous le même toit, édifice à plusieurs corps de bâtiment formant cour. La ferme des Wattines est l'une des rares fermes à cour fermée à avoir été repérées dans le canton d'Aubenton.

    Les maisons et les fermes de Mont-Saint-Jean

    Datation

    La commune ne semble pas conserver d'habitat antérieur au 19e siècle, même si certaines élévations de logis pourraient dater du 18e siècle. L'habitat en pan de bois et torchis date majoritairement de la 1ère moitié du 19e siècle. Vers le milieu du 19e siècle une série de logis de fermes ont été construits ou reconstruits en appareil mixte de brique et pierre de taille qui utilise une modénature architecturale reprenant un vocabulaire néo-classique. L'une des fermes possède une grange portant sur l'essentage d'ardoise de sa demi-croupe la date 1864 en ardoise colorée. Ce mode de datation est ici très tardif, si on le compare aux autres exemples repérés dans le canton (Jeantes, Martigny et Iviers) et qui datent de la fin du 1er quart et du début du 2e quart du 19e siècle. De nombreuses fermes ont été construites vers la fin du 19e siècle ou le début du 20e siècle, la brique remplaçant alors le pan de bois et torchis. L'habitat en pan de bois et torchis est aujourd'hui très menacé.

    Description

    L'habitat en pan de bois et torchis comporte majoritairement un enduit et un essentage de planches, la demi-croupe du toit est généralement dotée d'un essentage de planches et d'ardoise. Peu de fermes ont conservé leur couverture primitive en ardoise, remplacée par de l'ardoise synthétique voire de la tôle ondulée. Les logis du milieu du 19e siècle présentent un décor sculpté en pierre de taille calcaire issu du répertoire architectural néo-classique. De nombreuses fermes comportent un logis différencié des dépendances.

    Les maisons et les fermes recensées à Saint-Clément

    Datation

    Le bâti en pan de bois et torchis date majoritairement de la 1ère moitié du 19e siècle. Une seule ferme pourrait avoir conservé des élévations de la fin du 18e siècle. Les fermes ou les logis construits ou reconstruits en brique datent du milieu ou de la 2e moitié du 19e siècle, quelques fermes ont été construites au cours de la 1ère moitié du 20e siècle. Seuls deux logis comportent une datation par fers d'ancrage, respectivement 1849 et 1860. La date de 1820 sur le linteau de cheminée du logis d'une ferme a également permis de dater ce bâtiment. La relative homogénéité du bâti, et paradoxalement l'abandon de certaines exploitations, en font l'un des villages à avoir le mieux conservé son aspect originel.

    Description

    Les fermes sont en pan de bois et torchis, avec souvent la présence d'un enduit ou d'un essentage d'ardoise et de planches. Elles comportent un solin en brique, sauf celles datant de la 2e moitié du 19e siècle et de la 1ère moitié du 20e siècle qui ont été construites ou reconstruites en brique. Certains soubassements ou élévations présentent également un appareil en moellon de silex. La pierre bleue est présente pour les linteaux ou l'encadrement des ouvertures. La couverture en demi-croupe en ardoise est la norme. Possédant un sous-sol voûté en brique ou en silex, les maisons ou fermes sont en rez-de-chaussée avec un comble à surcroît.

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