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Palais de justice d'Amiens

Dossier IA80000176 réalisé en 1997

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiées cour, clôture, portail
Dénominations palais de justice
Aire d'étude et canton Grand Amiénois
Adresse Commune : Amiens
Adresse : rue Robert-de-Luzarches , rue Victor-Hugo
Cadastre : 1974 AK 21

Parmi les plans conservés aux archives départementales, celui de 1856 (doc. 1) semble figurer en rose un premier projet de palais de justice, implanté dans le jardin de l'ancien couvent de célestins, face à la rue Saint-Denis (actuelle rue Victor-Hugo). Le plan de 1860 (doc. 2) est sans doute le premier projet présenté au conseil des Bâtiments civils et contesté par Jacques Hittorff. Celui de 1865 (doc. 3) donne l'implantation de l'édifice actuel et le détail d'une place-jardin à aménager à l'est, rue Saint-Denis (actuelle rue Victor-Hugo). Enfin, le plan de 1874 (doc. 4) indique les parties achevées à cette date et en rose les parties en cours d'exécution. On peut voir que la maison d'arrêt et le palais de justice sont encore installés dans les vestiges de l'ancien couvent de célestins, à l'ouest de la rue ouverte (actuelle rue Robert-de-Luzarches).

Selon J. Foucart (1989), qui fait une longue critique de l'édifice (cf. annexe), la construction d'un nouveau palais de justice, alors installé dans l'ancien couvent de célestins, est décidée en 1860 ; elle est contemporaine du projet d'ouverture de la rue Robert-de-Luzarches, dans l'axe du portail de la cathédrale. En 1861, les architectes Herbault et Daullé présentent un projet soumis au conseil des Bâtiments civils, dont le rapporteur préconise l´emploi du style Louis XIII (brique et pierre). L'année suivante, le nouveau rapporteur de la commission, Jacques Hittorff, dénonce un palais de justice aux allures d'hôtel ou de petit château, imposant une salle des pas perdus par étage, au lieu des multiples vestibules. Il suggère en outre l'emploi d'un style plus classique de façon " à appliquer aux façades une dignité architecturale qui ne permette pas de [le] confondre [...] avec une riche habitation et qui exprime mieux le caractère d'un monument dont la destinée est aussi élevée et sévère que celle d'un palais de justice". Un troisième avant-projet à portique également rejeté par Hittorff qui dénonce de plus la similitude des deux façades. Le projet définitif rehaussé de 12 à 20 mètres s'organise autour de trois immenses salles des pas perdus. La construction s'effectue en deux campagnes, l'une de 1864 à 1868, l'autre de 1874 à 1880. Suite aux nombreux vices de construction, l'architecte Herbault se donnera la mort en 1880.

Selon les recherches menées par Nathalie Mette lors de l'enquête de 1997, le palais de justice est construit sur les plans de l'architecte départemental Jean Herbault, à l'emplacement de l'ancien couvent de Célestins. En 1855, l'architecte, associé à Natalis Daullé, est chargé de dresser les plans d'un palais regroupant toutes les juridictions. Le projet examiné par Hittorff est approuvé en juillet 1864 ; il prévoit le remploi de boiseries des sculpteurs François et Charles Cressent, sont fils, réalisées entre 1702 et 1705 pour le couvent de Célestins. L'entrepreneur Leroy-Digeon est adjudicataire des travaux en 1866. La construction s'effectue en deux campagnes, l'une pour la partie est (1866-1874), la seconde pour la partie ouest (1874-1880), sous la direction de Jean Herbault après la mort de Natalis Daullé (1873). L'affaissement des planchers dans les salles aux dimensions démesurées, du à une erreur de calcul et à un mauvais choix des matériaux, nécessita leur renforcement par des colonnes de fonte et des arcs de décharge, réalisé sous la direction de l'architecte Emile Ricquier, après le suicide de Jean Herbault.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 1er quart 18e siècle
Dates 1866, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Herbault Jean,
Jean Herbault (1807 - 1880)

Architecte établi à Amiens en 1841, domicilié 2 rue Napoléon (actuelle rue Lamarck), en 1862 (annuaires).

Né à Paris en 1807, fils de Pierre H. menuisier-ébéniste à Paris, il vient à Amiens en 1833.

Il travaille en collaboration avec l'architecte départemental Cheussey (restauration de la Cathédrale d'Amiens de 1834 à 1844).

Ami de la famille Duthoit, qui collabore étroitement à son chef d'oeuvre : la Visitation de Boulogne-sur -Mer détruite pendant la dernière guerre. Il est également l'auteur du monastère de la Visitation d'Orléans (1840-1850).

Architecte des Hospices et du Département de 1849 à 1858.

Il reçoit d'importantes commandes : le château de Regnière-Ecluse, l'hôtel de Franqueville, l'hôtel de Forceville et la gendarmerie d’Amiens.


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architecte départemental, attribution par travaux historiques
Auteur : Daullé Natalis,
Natalis Daullé (1806 - 1873)

Architecte.

8 cloître de l'Horloge (annuaire 1843).


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architecte départemental, attribution par travaux historiques
Auteur : Sanson Justin Chrysostome,
Justin Chrysostome Sanson (1833 - 1910)

Sculpteur.


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sculpteur, attribution par travaux historiques
Auteur : Cressent François, sculpteur, attribution par travaux historiques
Auteur : Cressent Charles, sculpteur, attribution par travaux historiques
Auteur : Riquier Charles Emile,
Charles Emile Riquier (1846 - 1906)

Architecte.


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architecte, attribution par source
Auteur : Leroy-Digeon François Victor,
François Victor Leroy-Digeon (1814 - 1876)

Père d'Alexandre Leroy.


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entrepreneur, attribution par source

L'édifice occupe une parcelle îlot. Le palais s'articule autour de deux cours intérieures. Les salles des pas perdus superposées forment le lien transversal entre l'aile nord et l'aile sud. Le corps central de la Cour d'Appel est flanqué de 2 pavillons d'angle en brique et pierre et d'un avant-corps central en pierre. Cet avant-corps se compose d'un rez-de-chaussée en bossage de pierre, de 2 étages scandés par des colonnes engagées d'ordre corinthien. Façade sur la cour d'honneur : uniquement en pierre, son accès se fait par une escalier droit majestueux et son portique corinthien hexastyle. L'ensemble des ailes est couvert de toits à longs pans en ardoise, les pavillons d'angles sont couverts de toits en pavillon en ardoise. A l'intérieur, deux escaliers d'honneur symétriques à 2 volées.

Murs brique
calcaire pierre avec brique en remplissage
Toit ardoise
Plans plan symétrique en U
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés
Couvrements
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
Escaliers
Techniques sculpture
Précision représentations

Façade est : statues de Montesquieu et d'Aguesseau par Levêque.

Façade principale : statues par Sanson du Droit et de la Force, de Cicéron et Démosthène, haut-relief du fronton représentant le Châtiment.

A l'intérieur, la Loi par Sanson et la Justice.

Porte sculptée par François Cressent aux armes du pape Urbain VIII dans le bureau du Premier Président et corbeilles de fleurs en dessus de porte dans le cabinet du Procureur de la République et la salle des conciliations.

Ce dossier établi par Nathalie Mette en 1997 lors d'une enquête thématique sur les édifices civils et édilitaires d'Amiens a été mis à jour et enrichi par Isabelle Barbedor en 2002 dans le cadre de l'inventaire topographique d'Amiens métropole.

Statut de la propriété propriété publique
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 1994/06/29
Précisions sur la protection

Grille ; cour ; jardin ; décor intérieur.

Annexes

  • Extrait de : FOUCART-BORVILLE, Jacques. Le palais de justice. In : Le nouvel Amiens, IFA, 1989, p. 139.

    "Quel jugement porter sur ce palais : temple ou caserne du Judiciaire ? Il laisse songeur au regard de ses prétentions : rassembler tous les tribunaux dans un édifice d'apparat sévère et solennel à souhait, qui serait le contrepoint de la cathédrale voisine, temple saint de la Divinité. Un œil scrutateur y décèle en effet de sérieux défauts bien qu'en partie corrigés par la technique moderne : montée raide de trois étages, excès de corridors, d'antichambres, de salles d'audience et de salles des pas perdus..., ornementation pauvre ou factice sacrifiée à l'économie, étroitesse des cours imputable au fait qu'on a choisi un plan carré, alors que l'assiette oblique du terrain eut appelé un pentagone comme au château de Compiègne...

    Quant aux façades destinées à frapper le visiteur de prime abord par l'image d'une justice souveraine quasi sacrale, elles présentent un aspect assez lourd où la décoration d'un éclectisme mal compris est faite de poncifs banalement superposés. Certes les nécessités du service ont tenté par d'incessants remaniements de pallier ces manques [...]. N'empêche qu'a disparu l'idée originelle des trois longues salles des pas perdus superposées assurant la liaison de tous les membres de l'immense bâtisse, comme aussi le corridor de service cerclant les salles d'audience à la manière d'un cloître qu'imagina Herbault à partir de la Visitation d'Amiens et des galeries internes du Louvre parisien. [...] Une intervention décisive a sauvé le palais de la banalité : celle du génial Hittorff auteur direct d'une mise en scène appropriée à la destination majeure de l'édifice. Son porche à six colonnes, juché tout en haut d'un majestueux perron, confère à la Cour d'Appel d'Amiens l'air de grandeur à la fois simple et noble qui convient à une justice supérieure dont le ressort s'étend à toute la Picardie. L'adéquation du bâtiment à la fonction n'est-elle pas le but de l'Architecture ?".

Références documentaires

Documents figurés
  • Palais de justice d'Amiens. Plan de masse de ses abords, dessin, 1856 (AD Somme ; 99 N 136928).

  • Palais de justice d'Amiens. Projet de cour d'assises, dessin, 1860 (AD Somme ; 99 N 136928).

  • Palais de justice d'Amiens. [Plan servant au projet de percement d'une rue entre la rue des Troix-Cailloux et la place du Palais-de-Justice, dessin, 1865 (AD Somme ; 99 N 136928).

  • Plan du Palais de justice d'Amiens et de ses abords, dessin, 1874 (AD Somme ; 99 N 136928).

  • Le palais de justice, imprimé, [s.d.]. In : Nouveau plan d'Amiens monumental, industriel et commercial, vers 1893 (BM Amiens).

  • Amiens. Palais de justice, carte postale, 1er quart 20e siècle (AD Somme ; 8 Fi 266).

  • Amiens. La Cour d'Appel, carte postale, 1er quart 20e siècle (AD Somme ; 8 Fi 268).

  • Vue aérienne, photographie, par Henrard, 1963 (AD Somme ; 6 Fi 29332).

Bibliographie
  • FOUCART-[BORVILLE], Jacques. Le palais de justice d'Amiens. In : Association française pour l'histoire de la Justice. La justice en ses temples. Poitiers : Brissaud, 1992.

    p. 234-249
  • FOUCART-BORVILLE, Jacques. Le palais de justice. In : Institut Français d'Architecture (IFA). Le nouvel Amiens. Dir. Marc Breitman, Rob Krier. Bruxelles : Mardaga, 1989 (Collection Villes).

    p. 136-139
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Barbedor Isabelle
Isabelle Barbedor

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


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- Mette Nathalie