Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Reliquaire-monstrance de la main de saint Quentin

Dossier IM02004664 réalisé en 2009

Fiche

Voir

Dénominations reliquaire-monstrance
Appellations de la main de saint Quentin
Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
Adresse Commune : Saint-Quentin
Adresse : Ancienne collégiale royale, actuellement basilique Saint-Quentin
Emplacement dans l'édifice chapelle nord du choeur anciennement chapelle Saint-Jean-Baptiste puis chapelle Saint-Pierre actuellement chapelle Saint-Quentin

En 1228, alors que le choeur de la collégiale est en cours de construction, le corps de saint Quentin est retiré de la crypte et placé dans une châsse qui est temporairement installée dans la partie ancienne de l'église. C'est en cette occasion que la main et le chef du martyr reçoivent des reliquaires particuliers. Le reliquaire du bras de saint Quentin figure parmi le trésor de la collégiale en 1300, mais Claude Hémeré qui le mentionne n'en livre aucune description. Peu d'éléments sont connus sur cette châsse ou sur les châsses successives qui ont abrité la main de saint Quentin sous l'Ancien Régime. Le reliquaire est volé lors de la prise de Saint-Quentin en 1557. Après avoir été, semble-t-il, achetée par un noble personnage, la relique réapparait à Paris en 1642, puis est restituée à son église d'origine. Le 1er août 1668, le chapitre accorde à Paul Caignart, président au grenier à sel et ancien mayeur de cette ville, l'autorisation de faire enchâsser la main du saint martyr. Ce nouveau reliquaire est réalisé par l'orfèvre parisien Guillaume Loir pour la somme de 3800 livres et, le 30 avril 1669, Paul Caignart fait présent de cette châsse d'argent doré, dans laquelle la main est solennellement déposée. Si l'on en croit une brève description d'époque révolutionnaire, ce reliquaire est orné de quatres "figures" aux quatre angles et surmonté d'une représentation de saint Quentin, en argent doré. Le reliquaire est exposé régulièrement à la vénération des fidèles, dans une des fenêtres grillagées qui sont ménagées à côté des portes latérales du choeur. Le 6 novembre 1790, Jean Baptiste Joseph Leroy et Charles Jean François Le Caisne (le jeune), administrateurs du district de Saint-Quentin, dressent l'inventaire des objets mobiliers de la collégiale. L'armoire à reliquaires ou "Trésor", encore présente aujourd'hui dans le choeur de l'église, contient alors, entre autres reliquaires, la châsse en argent vermeil offerte par Paul Caignart, qui renferme la main de saint Quentin, ornée de bijoux. La menace pesant sur ces objets s'accroît au fil des mois. Le 18 novembre 1793 (28 brumaire an 2), des commissaires accompagnés d'un orfèvre saint-quentinois procèdent à la pesée et à la mise en caisse des pièces d'orfèvrerie, bientôt portées à la Convention nationale. Vers la même époque, les reliques sont mises à l'abri dans le caveau qui servait de sépulture aux chanoines. Si le reliquaire de la main de saint Quentin est à jamais perdu, la relique franchit les heures les plus sombres de la Révolution, ainsi dissimulée jusqu'à son exhumation le 29 juillet 1795. Il faut attendre le début du 19e siècle et la reprise du culte catholique pour que la relique soit à nouveau enchâssée. Ce reliquaire en bois doré, de forme rectangulaire, est ajouré de quatre ouvertures ovales et vitrées. Il est surmonté d'un "chapiteau en tombeau" ayant sur ses quatre faces huit ouvertures ovales vitrées. Mais peu à peu, les fidèles sont frappés et indignés par l'indigence de la châsse de l'apôtre du Vermandois. Des dons et des legs, complétés par le Conseil de fabrique, permettent d'abord la réalisation, par l'artiste parisien Louis Stanislas Lenoir-Ravrio (1784-1846), d'une châsse en bronze de style néo-gothique, destinée au chef de saint Quentin, livrée en octobre 1828. Peu après, grâce au legs de Charles Hubert Bourbier, aux offrandes de fidèles et à la générosité du Conseil de Fabrique, une seconde châsse parfaitement identique, destinée cette fois à la main du saint patron de l'église, est commandée au même artiste. La translation de la relique a lieu le 26 novembre 1829. Le procès-verbal de translation décrit un reliquaire en forme de temple gothique, de plan rectangulaire, en cuivre doré à l'or moulu, mat et bruni, dont les deux longs côtés sont séparés au centre par un pilastre qui forme deux arcades en ogive et dont les petits côtés n'ont qu'une seule arcade. Les six ogives sont terminées chacune par une rosace qui contient les chiffres du martyr, du roi régnant Charles X, de la Vierge, de Marie-Thérèse fille de Louis XVI, le chiffre de saint Louis et le millésime 1829. Sur le socle, on lit la signature du bronzier Ravrio, ainsi que la mention des donateurs. Aucune information ne nous est ensuite parvenue sur ce reliquaire. La relique en a été plusieurs fois retirée, en particulier pendant la guerre de 1870-1871, puis au moment de la séparation des Eglises et de l'Etat, mais a regagné sa châsse par la suite. Depuis 1888, la châsse est exposée sur une console, au-dessus du maître-autel. Le 5 janvier 1918, les Allemands retirent la relique et la transportent à Maubeuge, où l'archiprêtre Démaret vient la reprendre au début de mars 1920. Elle est alors placée dans un reliquaire en cuivre dont on ne possède aucune description. Enfin, l'actuel reliquaire, de style néogothique, est offert à la basilique par M. Léon Lhotte et son épouse, en souvenir de leur grande dévotion au glorieux martyr, et béni en octobre 1925. Les archives paroissiales renferment un dessin préparatoire de cet objet, permettant ainsi de connaître le nom de son créateur, l'orfèvre P. H. Brunel. Actuellement ce reliquaire est présenté dans la chapelle nord du choeur, consacrée à saint Quentin. Il faut ici préciser que la main qui y est renfermée a bénéficié en 2008 d'analyses qui ont permis de rectifier sa datation (fin du 15e ou début du 16e siècle), bien postérieure à l'évangélisation de la Gaule, et qu'il ne s'agit donc pas de la main de saint Quentin. Une conclusion s'impose : la main restituée en 1642 n'était pas celle du martyr.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Dates 1925
Auteur(s) Auteur : Brunel P. H., orfèvre

Le reliquaire est composé de plusieurs éléments, réalisés dans divers matériaux et techniques. Une base rectangulaire et horizontale, en cuivre repoussé et doré, porte sur son pourtour un décor repoussé en faible bas-relief et une ornementation rapportée de cabochons de verre rouge et de médaillons émaillés. Au-dessus de cette base, se dressent deux anges qui servent de support à la monstrance. Les têtes sont fondues, probablement en bronze argenté plutôt qu'en argent massif. Les corps et les ailes sont recouverts de feuilles d'argent fixées par de petits clous et témoignent de la présence d'une âme de bois. La monstrance est réalisée en cuivre, bronze doré et verre. Elle s'ouvre à l'arrière par un battant. Elle porte un décor de faux filigrane et un décor rapporté de bronze, de bandes d'émail et de cabochons de verre rouge.

Catégories orfèvrerie
Structures plan, rectangulaire horizontal présence d'une âme battant
Matériaux cuivre, taillé, repoussé, doré, décor en bas-relief, décor dans la masse, décor rapporté, émail
bronze, fondu, doré, argenté, décor dans la masse, filigrané, décor rapporté, émail
argent, application, (?), fondu, repoussé
verre, rouge, décor, taillé en cabochon
Précision dimensions

Mesures de l'ensemble : h = 95 ; la = 62 ; pr = 33. L'ange de droite mesure 69,5 cm de hauteur, 17 cm de largeur et 25 cm de profondeur.

Iconographies figure biblique, portant, en pied, sourire, ange
ornementation, à enroulements, feuille, fleurette, palmette, arum, colonne, arc trilobé
Précision représentations

Le socle est orné de bandeaux de feuilles et d'enroulements, bornés par des palmettes, et de fleurettes. Le support du reliquaire adopte la forme de deux anges debout et de profil, les ailes éployées. Le visage, tourné vers l'observateur, est souriant. La monstrance a reçu la forme d'une façade de chapelle, où un arc trilobé repose sur deux colonnes. Le rampant est orné de feuilles, arums, enroulements et fleurettes.

Précision état de conservation

La dorure du socle tend à s'effacer. Quelques cabochons sont perdus.

Statut de la propriété propriété d'une association diocésaine
Intérêt de l'œuvre À signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Saint-Quentin. Série P ; 1 P 5.

    Procès-verbal de l'inventaire réalisé le 6 novembre 1790 ; Pesée et mise en caisse des pièces d'orfèvrerie, en date du 28 brumaire an 2
  • AC Saint-Quentin : 6 S 1. Registre des délibérations du Conseil de Fabrique (21 mars 1811-10 janvier 1836).

    p. 276-277 (séance du 13 octobre 1828), p. 278-279 (séance du 17 novembre 1828), p. 280 (séance du 23 février 1829), p. 286-287 (séance du 21 juillet 1829), p.296-297 (séance du 22 janvier 1830)
  • AC Saint-Quentin. Série S ; 6 S 4. Registre des délibérations du Conseil de Fabrique (21 décembre 1906-10 février 1961).

    non paginé (octobre 1925)
  • A Evêché Soissons : 4 G 1. Saint-Quentin. Reliques et reliquaires.

    Authentique daté du 24 octobre 1935
  • Société académique de Saint-Quentin. Journal d'Edmond Oudart, secrétaire de l'église Saint-Quentin (non coté).

    11 avril 1888, 10 octobre1907, 14 octobre 1907
Documents figurés
  • Dessin du reliquaire, dessin au crayon noir avec rehauts de gouache, sur calque, par P. H. Brunel, vers 1925 (AC Saint-Quentin : 6 S 15, dossier : liturgie, pèlerinage).

Bibliographie
  • CARDON, Henri. Extraits du journal de Charles de Croix, chanoine de l'église collégiale de Saint-Quentin (3 février 1645-3 octobre 1685) publiés et annotés par Henri Cardon. Saint-Quentin : Imprimerie Ch. Poette, 1904.

    p. 175-176
  • COLLIETTE, Louis-Paul. Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique, civile et militaire de la province de Vermandois. 3 volumes. Cambrai : Samuel Berthoud imprimeur, 1771-1772.

    t. 3, 1772, p. 365-368, 386
  • GOMART, Charles. Extraits originaux d'un manuscrit de Quentin de La Fons intitulé Histoire particulière de l'église de Saint-Quentin, publiés, pour la première fois, par Ch. Gomart. Saint-Quentin : librairie Doloy, 1854, t. 1er.

    p. 75
  • HÉMERÉ, Claude. Augusta viromanduorum vindicata et illustrata. Duobus libris. Quibus antiquitates urbis, et ecclesiae Sancti Quintini, viromandensiumque comitum series explicantur. Paris : Jean Bessin, 1643.

    p. 362-364
  • LECOCQ, Georges. Notice sur un reliquaire de Saint-Quentin. Saint-Quentin : Imprimerie Ch. Poette, 1874.

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Riboulleau Christiane