Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Suite des quinze reliefs (détruits) de la clôture de choeur : Apostolat et martyre de saint Quentin, invention et culte de ses reliques (première série)

Dossier IM02004653 réalisé en 2009

Fiche

Voir

Dénominations relief
Titres Apostolat et martyre de saint Quentin, invention et culte de ses reliques
Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
Adresse Commune : Saint-Quentin
Adresse : Ancienne collégiale royale, actuellement basilique Saint-Quentin
Emplacement dans l'édifice clôture du choeur élévation externe vers le déambulatoire

Vers 1316, le chapitre fait bâtir une clôture continue autour du choeur liturgique. Le chanoine Quentin de La Fons, source principale de cette information, précise encore que l'auteur de cette construction est le maître-maçon Jehan Lebel. La longue surface plane de ce mur incitant au décor, la décision est prise d'orner la partie supérieure de son élévation externe par une suite de reliefs retraçant l'apostolat de saint Quentin, toutes les phases de son martyre, enfin l'invention puis la translation de ses reliques. D'après le chanoine Colliette, cité dans "l'album Pingret", les bourgeois de la cité et quelques chanoines s'unirent pour financer ces reliefs. Grâce à Quentin de La Fons, le nom de trois de ces mécènes est parvenu jusqu'à nous : les chanoines Pierre Thiart, Robert Le Listeur et Nicaise de Vannechin. Pierre Thiart, mort le 3 juillet 1342, fut inhumé devant la quatrième travée qu'il avait offerte. Sa plaque funéraire qui se voyait encore en 1938 a disparu depuis. A son imitation, Robert Le Listeur, qui mourut en 1351, fut enterré devant le mur du premier entrecolonnement dont il avait financé le décor. Sa plaque funéraire s'y voit encore aujourd'hui. Enfin, Nicaise de Vannechin, qui vivait vers 1340, acquitta le prix du quinzième relief sur lequel il s'était fait représenter. Plusieurs auteurs proposent des datations précises pour la réalisation de ces reliefs, tel Edouard Fleury qui avance la fourchette chronologique 1316-1340. C'est pourtant une tâche impossible en l'état actuel des connaissances. En effet, si les sujets traités respectent un programme d'ensemble, rien ne permet de dire dans quel ordre ils furent réalisés et posés, l'indépendance de chacun des murs d'entrecolonnement offrant toute latitude à ce sujet. On ignore également si les chanoines cités plus haut firent assaut de générosité de leur vivant ou par legs testamentaire. La date de construction du mur en 1316 peut, certes, être proposée comme "terminus post quem" de l'ensemble. Mais, rien n'indique que la décoration de la clôture de choeur ait été amorcée l'année même de son édification. Le chanoine Colliette signale en outre que ce décor fut fait en plusieurs étapes, bien individualisées dans le temps. Il est donc fort possible que l'achèvement de cette clôture et de son décor ait dépassé le milieu du 14e siècle. Il faut enfin préciser que seules 15 des 17 travées du mur avaient reçu ce type de décor. Un des entrecolonnements, occupé par le tombeau en enfeu de Grégoire de Ferrières, n'offrait aucune place. Pour des raisons inconnues, la quatrième travée nord, en regard de l'actuelle chapelle Saint-Quentin, était également dépourvue de reliefs. Par la suite, cette travée a servi de support à un monument funéraire, dans la première moitié du 16e siècle. Ce décor subsiste, sans modifications attestées, jusqu'à la Révolution. Les changements liturgiques induits par le concile de Trente n'ont pas affecté le mur de clôture du choeur liturgique (à l'exception du jubé), contrairement à certaines cathédrales où les murs dressés à l'arrière du maître-autel furent détruits au 18e siècle et remplacés par des grilles. En 1786, les chanoines font restaurer et repeindre ces reliefs par un nommé Gaudalier, puis substituent aux légendes latines des légendes en français. Ce décor est mutilé en 1793, puis les cinq travées axiales du sanctuaire sont détruites, soit pendant la Révolution, soit au début du 19e siècle. Les fragments des dix reliefs subsistants sont arasés en 1812, pour raisons esthétiques. Un nouvel ensemble de onze reliefs, créé à l'imitation du précédent, est réalisé et posé de 1884 à 1890. Le 29 avril 1890, le Conseil de Fabrique vote une dépense de 92 Francs pour cercler en fer ce qui subsiste des anciens bas-reliefs de la sixième travée sud et placer ces vestiges à l'étage de la chapelle Saint-Fursy où ils se trouvent encore actuellement. De la première série de reliefs, il ne reste plus alors in situ que des moulures et bandeaux décoratifs, ainsi que l'encadrement des scènes de la cinquième travée nord. Ces derniers éléments originaux de la clôture médiévale sont endommagés pendant la Première Guerre mondiale et disparaissent pendant la longue période de restauration qui suit le conflit. La guerre n'a épargné que deux anges musiciens, déposés dans une des chapelles absidiales.

Période(s) Principale : 1er quart 14e siècle
Principale : milieu 14e siècle
Dates 1316
Auteur(s) Personnalité : Thiart Pierre, donateur
Personnalité : Le Listeur Robert, donateur
Personnalité : Vannechin Nicaise de, donateur

Les reliefs étaient formés de plusieurs panneaux assemblés. Sans qu'il s'agisse d'un relief pictural, les personnages et leur cadre se détachaient sur le fond en adoptant diverses profondeurs de relief. Ces sujets étaient peints de couleurs variées.

Catégories sculpture
Structures plan, rectangulaire horizontal, 15, juxtaposé
Matériaux calcaire, en plusieurs éléments, taillé, peint, polychrome, décor dans la masse
Précision dimensions

Largeur de la première travée nord et sud : la = 470. Les deuxièmes et troisièmes travées nord et sud mesurent environ 400 cm de largeur.

Iconographies cycle narratif, vie, action pastorale, miracle, martyre, reliques, dévotion aux saints, saint Quentin
Précision représentations

L'ensemble illustrait la vie de saint Quentin, depuis son départ de Rome avec onze compagnons pour évangéliser la Gaule Belgique, jusqu'à son martyre par décapitation, puis l'immersion de son corps et de sa tête dans les eaux de la Somme. La suite des reliefs racontait l'invention des reliques par une Romaine aveugle, Eusébie, leur inhumation et la construction d'une chapelle sur cette tombe. Enfin, les derniers épisodes se rapportaient à la seconde invention des reliques par saint Eloi, au milieu du 7e siècle, leur enchâssement dans un reliquaire précieux, puis à la translation des reliques dans le nouveau choeur de la collégiale, en présence du roi Louis IX en 1257. Il subsiste de l'ensemble les restes du 6e relief où l'on voyait des bourreaux faisant boire à saint Quentin un breuvage composé de chaux, moutarde et vinaigre. Saint Quentin était ensuite conduit devant le préfet Rictiovare.

Inscriptions & marques inscription concernant l'iconographie, peint, latin, disparu
Précision inscriptions

D'après l'album Pingret, chaque scène était accompagnée d'une légende en latin, peinte sur le mur sous-jacent. En 1840, des traces de ces inscriptions étaient encore visibles, comme en témoignent des dessins de cette époque.

États conservations oeuvre mutilée
élément
manque
oeuvre détruite
Précision état de conservation

Les reliefs ont été bûchés ou détruits en 1793. Les éléments subsistants ont été arasés en 1812. Il reste de cette série quelques éléments de l'encadrement décoratif des scènes et la totalité d'un relief mutilé, remonté à l'étage de la chapelle Saint-Fursy.

Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé au titre immeuble, 1840

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Saint-Quentin : 6 S 1. Registre des délibérations du Conseil de Fabrique (21 mars 1811-10 janvier 1836).

    p. 31-32 (séance du 23 mai 1812)
  • AC Saint-Quentin : 6 S 3. Registre des délibérations du Conseil de Fabrique (17 septembre 1875-12 décembre 1906).

    p. 338 (séance du 29 avril 1890)
Documents figurés
  • Légendes historiques et remarques sur le Martyr de Saint Quentin, ensemble de dessins à l'encre aquarellés, par Edouard Pingret, 1804. In : PINGRET, Edouard. Vuës extérieures et intérieures de l'église de Saint Quentin, ainsi que de plusieurs autres monuments de la dite église ; contenant légendes historiques, remarques et explications sur le martyr de saint Quentin, 1804 (coll. part.).

    folios 57 recto, 58 recto, 59 recto, 60 recto, 61 recto, 62 recto, 63 recto, 64 recto, 65 recto, 66 recto, 67 recto, 69 recto, 70 recto, 71 recto, 72 recto.
  • Notes et croquis du Martyr de St Quentin dus à l'obligeance de Mr Alexandre Margerin, ensemble de dessins, septembre 1840 (AD Aisne ; J 2835).

Bibliographie
  • BRANNER, Robert. The Saint-Quentin rotulus. Scriptorium. Revue internationale des Etudes relatives aux manuscrits, tome XXI, 1967.

    fascicule 2, p. 252-260
  • COLLIETTE, Louis-Paul. Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique, civile et militaire de la province de Vermandois. 3 volumes. Cambrai : Samuel Berthoud imprimeur, 1771-1772.

    t. 2, 1772, p. 743-744
  • DESAINS, Auguste. Notes sur l'église de St-Quentin (Extraites d'un Manuscrit portant la date de 1744). Travaux de la Société académique des Sciences, Arts, Belles-Lettres et Agriculture de Saint-Quentin (Aisne) , 3e série, t. 1, travaux de 1855 à 1857.

    p. 57
  • FLEURY, Edouard. Antiquités et Monuments du département de l'Aisne. Paris : imprimerie A. Quantin, 1882, t. 4.

    p. 171-173
  • GOMART, Charles. Extraits originaux d'un manuscrit de Quentin de La Fons intitulé Histoire particulière de l'église de Saint-Quentin, publiés, pour la première fois, par Ch. Gomart. Saint-Quentin : librairie Doloy, 1854, t. 1er.

    p. 29, 81-88
  • GOMART, Charles. Notice sur l'église de Saint-Quentin. Bulletin monumental, 1870, vol. 36 (4e série, t. 6).

    p. 218-219
  • HÉMERÉ, Claude. Augusta viromanduorum vindicata et illustrata. Duobus libris. Quibus antiquitates urbis, et ecclesiae Sancti Quintini, viromandensiumque comitum series explicantur. Paris : Jean Bessin, 1643.

    p. 266
  • RAYMOND, Pauline. La clôture du choeur de la collégiale de Saint-Quentin. Mémoire de Master 2 d'Histoire de l'Art Médiéval sous la direction de Madame Anne-Marie Legaré. Université des Sciences Humaines et Sociales Charles de Gaulle-Lille 3. Domaine universitaire du "Pont de bois". 2 volumes (texte et illustrations), septembre 2008.

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Riboulleau Christiane